VI ‑ LA FAMILLE LABERGE           

 

Désireux de  se  soustraire  à des  relations  superficielles  avec

diverses partenaires,  Jacques eut  le  bonheur  de rencontrer  une

personne qui possédait dans l`ensemble les qualités ou les attributs

qu`il valorisait. Ils se rencontrèrent à la discothèque « au Mât des

oliviers »   au   centre‑ville   de  Montréal,   endroit   facilement

accessible. Elle était accompagnée par une amie qui devait marié un

marocain. Ce  ne fut pas le  coup de foudre, néanmoins,  ils firent

connaissance progressivement. Ils se rencontrèrent fréquemment chez

sa tante demeurant dans l`est de Montréal.         

 

La missive suivante témoignait de la nature et de l`authenticité des

liens véritables unissant deux êtres;  une femme et un  homme.  Des

liens d`amoureux,   d`amours  vécus  intensément.    Cette  missive

reflétait à un  moment donné  la convergence  naturelle, l`état  de

l`union potentiellement  durable de  cet  homme  sur le  marché  du

travail et  de cette  femme  complétant  avec  brio un  retour  aux

études.                              

 

 »                                    Saint‑Norbert, 26 août 1969

 

Allô! mon chéri,                         

 

Mardi soir, 10:30 hres;  la semaine dernière  nous étions  dans les

bras l`un de l`autre  à la même  heure.  Voilà que  ce soir,  je me

retrouve seule à m`ennuyer.  Oui, je m`ennuie de  toi, mon « Minou »,

de cette présence si chère qui fut à mes côtés lors de mon séjour à

Montréal. Un coup  de fil et, voilà, tu te  retrouvais près de moi.

Il ne nous reste plus maintenant qu`à envisager le temps présent.

 

Depuis dimanche soir, je  revis les  moments heureux  et malheureux

passés ensemble. Je considère que tout ce qui est beau, ce qui peut

nous rendre vraiment heureux doit se gagner; tout ce qui est facile

ne peut vraiment être apprécié. Pour nous deux, « faire l`amour » est

maintenant devenu « chose facile ». L`appréciera‑t‑on longtemps?  …

Je pense que pour se  découvrir afin  de s`aimer vraiment,  il faut

apprendre à se sacrifier l`un pour l`autre. Chose assez difficile à

mettre en pratique chez  toi puisque  tu es  habitué à  tout avoir.

Pourtant, tu es en mesure d`admettre que dans la vie lorsqu`on veut

arriver à quelque chose de bien, on doit  refouler certains désirs.

Tu sais, mon  chéri,  j`ai de  la difficulté  à  admettre que  l`on

puisse construire de façon solide en vivant notre  amour tel qu`on

le vit présentement. Non pas que je ne te désire pas; au contraire,

je ne peux oublier ces moments si merveilleux où je me suis donnée à

toi. Principalement  dimanche dernier,  n`étions nous  pas heureux,

mon amour? …                          

 

 

Tu devines, sans doute,  que loin  de toi,  je peux  analyser notre

situation froidement. Non pas que  je ne veuille plus jamais « faire

l`amour » mais  je juge  que  certaines  restrictions à  nos  désirs

s`imposent. Je crois que ceci renforcera notre amour.  De ton côté,

as‑tu analysé la situation? Quelles conclusions en as‑tu tirées?

 

J`ai hâte que tu vois mon petit chez moi.  Je ne  t`en dis pas plus

long; ce sera une surprise. Je l`ai  choisi en pensant à toi, en me

disant: « S`il était avec moi, choisirait‑il cet appartement? ». Tu y

seras toujours bienvenu puisque chez moi c`est aussi chez toi.   

 

J`ai vu Roberte aujourd`hui. Ses  amours avec Edmond n`allaient pas

tellement bien, ils ont contremandé leur voyage  au lac Saint‑Jean.

Petite déception pour nous mais pourquoi m`organiserions‑nous pas un

« p`tit » voyage à Québec chez  ta soeur?   Tu me disais,  la semaine

dernière, que tu  aimerais lui  rendre visite.   Ceci n`est  qu`une

proposition, à toi de décider.                

 

Demain, jour  d`inscription.   Apparemment  qu`il ne  faut  pas  se

décourager car on peut  prendre deux jours  à organiser  ses cours.

J`aimerais tellement t`avoir à  mes côtés  pour me  conseiller.  La

confiance que j`ai en  toi me  rendrait beaucoup  plus sûre  de mon

choix.                               

 

Il est présentement minuit.  L`heure  m`oblige à te laisser  car je

m`endors.   Je crois  que la  meilleure  solution serait  que tu  me

téléphones jeudi soir à l`heure du  souper.  On décidera de  ce que

l`on fera en cette fin de semaine de trois jours.      

 

Je t`embrasse bien fort, mon amour.                

Je t`aime, je vais m`endormir en pensant que je suis dans tes bras.

 

                            « Ta minoune »           

                                 xxx               

 

P.S. Je m`ennuie, j`ai hâte de te voir. Tél: 534‑5432″         

 

 

Dans cette  lettre  teintée  fortement  d`amour  et  d`un  désir  de

respecter les   valeurs  morales   et  chrétiennes,   pointait  les

manifestations   d`initiatives  doublées   d`un  léger   soupçon  de

dirigisme.                           

 

 

                 1‑ La famille Laberge comme telle     

 

A l`hiver 1971 et en pleine tempête, Jacques unissait sa destinée à

 

celle d`une  jolie  mauricienne  (québécoise),  administratrice  et

pédagogue de formation;  une  universitaire des  plus exigeantes  et

performantes. Le  couple Laberge  effectua un premier  voyage, leur

voyage de noce au  Mont Tremblant  dans des  conditions climatiques

glaciales et ils trouvèrent le moyen de réchauffer l`atmosphère; ils

avaient énormément d`affection  et  d`amour à  vivre intensément  à

cette époque  avancée  de  leur existence  afin  d`atteindre  leurs

plénitudes affective, sentimentale, amoureuse, sensuelle, sexuelle,

… Ils aimaient  le ski et ils ne voulaient  pas emprunter pour un

voyage dès  le  début  de  leur mariage  ayant  encore  des  dettes

d`études. Jacques était  familier avec les Laurentides  où il avait

loué un chalet d`hiver avec  trois confrères de classe  incluant un

québécois d`origine algérienne.   Il  avait  recruté, retrouvé  ces

confrères en organisant un club de rencontre dans Outremont avec une

grande amie.                            

 

Un fils naquit de leur union,  un an  plus tard.   Jacques comptait

assister à l`accouchement de son  fils après avoir suivi  les cours

prénataux.   Malencontreusement,  des   complications  médicales  de

dernières minutes l`empêchèrent d`être  présent.  La mère  de Suzie

étant morte à la naissance d`un enfant, elle avait probablement été

traumatisée par cet événement.  De  plus, Jacques apprit  alors que

Suzie aurait pu  ne  pas avoir  d`enfants  en raison  d`antécédents

médicaux. Son fils séjourna quelques jours dans un incubateur.  Les

Laberge encourageaient les  futures mères  à visiter  régulièrement

leur médecin à  l`approche  de la  naissance  surtout d`un  premier

enfant. L`obtention,  par téléphone, d`informations  médicales même

d`un centre  hospitalier  ne  saurait  remplacer  adéquatement  une

consultation dans le doute.                   

 

En tant que parents, ils apprécièrent les qualités professionnelles

de plusieurs membres du personnel médical  d`un hôpital montréalais

pour enfants.   L`accompagnement de leur enfant  dans sa croissance,

son développement  personnel,   intellectuel,  physique,  scolaire,

moral, sportif permirent à Jacques de mieux s`intégrer à la société

dans   les  domaines   scolaire,   municipal,  sportif,   religieux,

hospitalier et des  loisirs.  Sa  mère avait  eu la  possibilité de

comparer l`évolution de ses  enfants tandis  que Jacques  et Suzie,

avec seulement  un  enfant,   ils  réagissaient  probablement  plus

fortement.                           

 

Son fils fit son premier  apprentissage de la langue  anglaise dans

une pré‑maternelle  anglophone  des  environs.   Suite  au  premier

semestre, il sembla un peu à l`aise. Cet apprentissage apparaissait

pénible à Jacques.                       

 

La garde de  Simon fut  une opération  que Jacques  et son  épouse,

Suzie,   traitèrent   sérieusement.    Comme  critères,   les   plus

 

importants, ils voyaient chez  une famille de  gardiennage, l`amour

des enfants surtout chez la mère, un faible nombre d`enfants du même

âge ou avoisinant et la proximité des gardiens. Il découvrit en une

occasion que le père  de la  famille, où  Simon était  gardé, était

froid et n`aimait pas vraiment les enfants contrairement à sa femme.

Heureusement que Simon était un peu plus vieux  et que, rapidement,

il fit part de cette situation à ses parents. Jacques avait pensé à

une famille composée de trois enfants où les deux sexes auraient été

représentés et  les  conditions  observées à  la  naissance  et  au

développement du  premier  enfant  modifièrent  leurs  expectatives

surtout celles de Suzie.                      

 

Suzie, son épouse aimait cuisiner et Jacques croyait que l`époux qui

n`appréciait pas la cuisine et celle de son  épouse en particulier,

dès le début de leur mariage, devait en subir les conséquences toute

sa vie.   Son épouse  ayant expérimentée  quelques difficultés  à la

confection de tartes  chez ses  parents antérieurement  et Jacques,

ayant eut quelques succès avec une  simple recette de tartes  de sa

soeur Hélène alors qu`il  était célibataire, prit  la relève  et la

conseilla.   Elle  reprit  confiance  en ses  moyens  et  devint  un

véritable cordon bleu. Son fils était non seulement un gourmet mais

aussi un excellent cuisinier ce qui le rendait moins dépendant de la

cuisine maternelle  et,  quelques  fois,  paternelle.   A  quelques

occasions à voir s`activer Suzie telle une  abeille Jacques pensait

aux nombreuses activités auxquelles sa mère  fébrilement s`occupait

du soir au matin comme elle le disait.  Il en était de même dans le

domaine de  l`habillement;  un  mari   qui  était  attentif  à  son

accoutrement et   conseillait  son  épouse  en   cette  matière  en

définitive encourageait cette  dernière à  revêtir fréquemment  ses

plus beaux  atouts.   Des  accoutrements même  modestes  mais  bien

harmonisés et agencés compte tenu des circonstances pouvaient mieux

convenir que des vêtements simplement dispendieux, chers.       

 

Concernant le processus  de  développement  et d`assumation  sexuel

plutôt tardivement vécu, il croyait, que ce développement avait été

freiné possiblement   par  des  principes  moraux   inculqués,  une

connaissance limitée de  la sexualité,  un respect  prononcé de  la

gente féminine (originant d`une grande famille et étant encadré par

des soeurs), une personnalité  distante, des  désirs plus  ou moins

précis, surtout, des moyens financiers limités ne lui permettant pas

d`envisager le mariage sans arrêter ses études,  etc.  Il réalisait

que la  poursuite  d`études  et  un  mariage  tardif  se  faisaient

peut‑être au détriment d`amours consumés plus tôt  et d`un meilleur

équilibre personnel dans certains cas.   Son point de  vue sociétal

consistait   au   fait   que   les   tendances   démographiques   et

sociologiques; mariages plus tardifs, diminution du nombre d`enfants

par famille,  réduction  du  nombre  de  mariage,  augmentation  de

l`instabilité émotive et affective  des époux, recherche  accrue de

 

confort des  membres  de  la famille,  libéralisation  des  moeurs,

mutation des  valeurs  menaçaient  la  survie  du  groupe  ethnique

francophone québécois  surtout  à  Montréal.   Cette  menace  était

accentuée, pensait‑il, par le  choix des  nouveaux arrivants  et la

qualité de leur accueil et de leur intégration.             

 

Au sujet de son épouse, il pouvait écrire des pages pour décrire la

dévotion avec laquelle elle s`occupait de son enfant et de son mari.

Elle n`avait pas eu  de modèle de  mère si ce  n`était celui  de sa

tante et  elle  en  inventa  un  des  plus  complet  sinon  parfait

humainement parlant.  Que  d`énergies, d`attentions,  de dévouement

manifestés!   Un  de  ses  oncles  venu  leur  rendre  visite  avait

aimablement composé un texte  de deux  pages, reproduit  en annexe,

pour faire l`éloge du jeune couple Laberge et Jacques avait conservé

ce texte. Les deux enfants de cet oncle pratiquaient brillamment le

droit à Montréal.   L`époux, Jacques, appréciait les  efforts de son

épouse pour accueillir ses frères, ses soeurs, ses parents, …  Il

la voyait de plus en plus belle et mature, au  cours de ces années,

malgré, les adversités rencontrées par son mari, par son fils et par

elle‑même sur les marchés du travail et dans la société en général.

Il est superflu d`ajouter que comme toute personne,  elle avait les

défauts de ses qualités.                     

 

Après avoir  demeuré  près   de  l`université,  le  couple  Laberge

déménagea à Rosemont avec leur  progéniture dans un  grand logement

dont le propriétaire était italien. Qu`ils étaient sympathiques ces

italiens; simples,   accueillants  lorsque  leurs   avances;  vins,

gâteaux, …  étaient  acceptés  avec  empressement  et  appréciés.

Jacques souvent pensait que nos amis italiens ressemblaient beaucoup

à nos braves  québécois  oeuvrant  dans la  construction  et  leurs

femmes, quelques  fois,  à  la  manufacture.   Que  dire  de  leurs

fastidieux mariages   auxquels  ils  les   invitèrent  aimablement!

L`esprit de famille était  omniprésente et  ils étaient  disposés à

accueillir un peu comme des membres de leurs familles, des proches,

des locataires accommodants,   en occurrence.  A cet endroit, Jacques

débuta ses expériences de  bricoleur en  rénovant son  logement tel

qu`entendu avec le propriétaire. Le  père américain Smith, connu en

Angleterre, aurait été rassuré de le voir  s`intéresser aux travaux

familiaux,   lui,   qui    s`inquiétait   pour    Jacques   à    ce

sujet.                                                          

 

En 1974, la famille Laberge acheta une maison à Varennes et Jacques

effectua des travaux: pose des revêtements de plancher en bois franc

et peinture préalablement au déménagement.  Le bricoleur  fut mis à

contribution notamment en finissant  le sous‑sol, en  paysageant la

maison et le terrain après y avoir érigé une  clôture.  Il avait dû

se familiariser  avec  tous les  métiers;  menuisier,  électricien,

plâtrier, plombier, … En  tant que technicien‑ingénieur, il était

 

facile d`effectuer ce bricolage exigeant en termes de disponibilité,

de temps.   Combien  d`heures  passées  à  étudier,  à  choisir,  à

commander et à faire croître  des semis à l`intérieur,  des fleurs,

des plantes et  arbres  ornementaux, des  arbres fruitiers;  vignes

décoratives et à raisin, pommiers, cerisiers,  poirier, et prunier,

des semences et des plants  aux jardins familial  et communautaire.

L`ajout d`un  cabanon  et   d`une  piscine  creusée  représenta  un

investissement important pour le  couple Laberge  et la  famille en

profita durant plusieurs années. A la fin de l`été, ils récoltaient

et dégustaient d`abord les raisins  verts et bleus  qui mûrissaient

plus   rapidement    que   les   raisins   rouges.     Simon   était

particulièrement friand  de  ces fruits  frais;  raisins,  fraises,

framboises, pommes, poires,  cerises  de Luceville  et prunes.   Un

automne, Jacques,  conseillé  par des  spécialistes,  fit  quelques

dizaines de bouteilles de vin blanc. En d`autres temps, les oiseaux

étaient nombreux à se gaver de  raisins gelés durant l`hiver  et le

printemps lorsqu`un gel inattendu terminait la saison des vendanges

chez les Laberge à Varennes.   Après avoir rempli  plusieurs petits

albums de photographies d`arbres fruitiers, d`arbustes en fleurs, de

fleurs, de plantes décoratives et autres,  Jacques choisit d`autres

sujets pour exercer ses talents de photographe.  A  un moment donné

beaucoup de plantes  grimpantes d`intérieur  envahissaient jusqu`au

plafond une bonne partie de la  salle à dîner jusqu`à  ce que Suzie

s`en lasse et alors seulement quelques spécimens furent conservés.

 

Une chambre froide avait aussi été construite où  les nombreux pots

de confitures aux  fraises, aux  framboises, aux  prunes jaunes  et

bleus, de gelées aux pommes, aux raisins, aux cerises à grappes, de

jus de tomate, de tomates,  de marinades vertes, rouges,  salées et

sucrées, de betteraves,  de  carottes, d`haricots  coupés, …   De

plus, un   vaste  garde‑robes  en   cèdre  avait  été   aménagé  au

rez‑de‑chaussée également.   Pour le  vivoir, il avait  fabriqué une

grande bibliothèque en mélanine ainsi qu`un  meuble ordinateur avec

un support  amovible  pour  l`imprimante et  une  boite  à  feuille

séparée. Chaque année, il retouchait  la carrosserie de ses voitures

lorsqu`elles   étaient défraîchies  et rouillées.   Il utilisait  au

début du ciment et, ensuite, il  préférait du fibre de  verre ainsi

que des cannes de peinture sous pression.          

 

Durant quelques  mois, Jacques  s`était  initié  sommairement à  la

peinture abstraite  à  l`huile  en  jouant  avec  des  formes,  des

couleurs, des agencements, …  Il avait pensé  pratiquer ce loisir

en absence de professeurs, de cours car jusqu`ici  il avait presque

toujours suivit des cours. Il visitait des galeries d`art ainsi que

des expositions comparant ses tableaux à ceux de d`autres. Il avait

conservé plusieurs  de  ses   peintures  pour  éventuellement  n`en

retenir que quelques unes. L`une  avait longtemps été suspendue à

un mur de leur chambre.                       

 

 

Il fuma la pipe durant quelques années    et il récolta  son propre

tabac.   Surtout en  terre  américaine,  il fumait  le cigare  et il

appréciait la différence  de prix  des cigares  en absence  d`aussi

lourdes taxes qu`au Québec.                   

 

Les   Laberge  eurent   plusieurs   voisins.    C`est  surtout   par

l`intermédiaire de leur fils qu`ils eurent la chance de les côtoyer.

Des couples dont la femme à  la maison couvait ou  surprotégeait son

enfant, d`autres qui n`exerçaient aucune autorité apparente et dont

les enfants consommeraient éventuellement  de la drogue  et étaient

enclin à la violence  et des  parents qui  suivaient de  près leurs

enfants.   Pour  la  pratique  des sports,  Jacques  et  son  épouse

accompagnaient Simon au soccer, à  la natation, au hockey,  au ski,

… et socialisaient avec les autres parents de la ville.  Certains

amis croyaient peut‑être le  couple Laberge parfait.   Non parfait!

Seulement, heureusement   humain.   Suzie  considérait   comme  les

meilleurs moments de la famille ceux passés sur le mont Saint‑Bruno

alors que Simon suivait des cours  de ski et que  le couple Laberge

skiait sur ces  courtes pentes  en  l`attendant.  Sur  la rue,  ils

étaient encadrés par un membre des services secrets  fédéraux et un

membre de la  sécurité  du Québec.   Jacques  se rappelait  d`avoir

informer la police locale d`un point de vente possible de drogue, il

fut surpris par  le  nombre de  questions posées  au  sujet de  ses

propres coordonnées  au  lieu  de  celles  du  point  potentiel  de

distribution et il refusa de s`identifier. A une autre occasion, il

rapporta avec son fils un portefeuille que celui‑ci  avait trouvé à

Montréal. L`agent local leur conseilla  de le rapporter à la police

de Montréal.   Jacques refusa et finalement  l`agent l`accepta.  Lui

et son fils  se  sentaient presque  coupables  d`avoir rapporté  ce

portefeuille contenant  argents  et cartes  personnelles.   Jacques

aurait aimé que l`agent souligne le beau geste de Simon alors qu`il

crut tout simplement ajouter aux tâches du préposé.         

 

A accompagner Simon au hockey, Jacques  connut un père  qui suivait

également les progrès de son  garçon.  Les parents  discouraient de

hockey et de sujets d`actualité. Cet homme, à son travail au volant

de son camion, fut frappé par  un conducteur en état  d`ébriété qui

récidivait régulièrement. Ce père  de famille décéda quelques jours

après l`accident.   Jacques fut heureux d`apprendre  qu`une nouvelle

législation contribuerait   à  réduire   le  nombre  de   ce  genre

d`accidents.   Ces  conducteurs  fautifs  subissaient  rarement  les

conséquences fâcheuses de leurs actes étant détendu ou chanceux.

 

Les parents de  Simon  circulait  dans la  résidence  avec ou  sans

vêtements jusqu`à un âge où il aurait     pu comparer sa situation à

celles de d`autres  enfants.  Alors,  ils cessèrent  cette pratique

pour lui éviter des problèmes sociaux, pensaient‑ils! Plus tard, en

 

l`absence de Simon, ils récidivèrent à ces habitudes de vie dénudée

le plus possible  de vêtements  surtout au  chalet sis  loin de  la

route.                              

 

Lorsque Simon  devint plus  grand,  ils  connurent moins  bien  les

voisins sur la  rue  et  surtout les  nouveaux  venus  et il  était

surprenant de voir les nombreux déménagements  de personnes mutées,

désirant une  plus  vaste  demeure,  etc.   La  situation  apparaît

toujours plus rose chez le  voisin et souvent Suzie  comparait leur

situation à   celles  projetées  par  les   voisins.   Les  Laberge

considéraient avoir été choyés, en général, à ce sujet. Ils avaient

développé des liens d`amitié et fonctionnels avec eux. L`échange de

matériel et de services devinrent une façon naturelle de s`entraider

entre voisins.                           

 

Jacques avait aménagé le patio sur plusieurs verges  cubes de sable

et de pierres cimentées, et l`été, les Laberge  étaient entourés de

vignes à raisin, de lierres Engelman,  clématite, houblon, bourreau

des arbres,   chèvrefeuille  grimpant,  aristoloche   agrippées  aux

treillis supportés par  des  poteaux d`acier.   A  proximité de  la

maison, ils réservaient  cet espace  aux vignes  à raisin  et, dans

l`autre demi‑ellipse compétitionaient les autres lierres que Jacques

trimait au   cours  des  semaines  estivales.    Le  houblon  était

particulièrement envahissant.  Une  petite  rocaille de  couvre‑sol

surtout encadrait la  descente  de  la porte  patio  au patio.   La

cheminée donnant sur la rue s`arc-boutait dans  une rocaille couvrant

le côté de  la maison  d`où s`enracinaient  des lierres  de Boston,

d`Engelman ainsi qu`un  vigoureux  couvre‑sol.   Dès le  printemps,

cette rocaille était fleurie  et d`autres  fleurs se  relayaient au

cours de la saison estivale et même automnale.         

 

Une deuxième table avec parasol occupait un coin de la cour tout au

bout de la piscine creusée, près de ce plan d`eau, adossée contre la

clôture dissimulée sous les lierres Engelman, le weigelia mature et

un rosier Rugosa aux roses veloutées.         

 

A l`autre extrémité de la piscine,  un hydrangea à  boules blanches

cachait partiellement  la  clôture.  Cet  arbrisseau  originait  du

voisin et avait grandi au cours des ans. En retour, ce voisin avait

hérité du cerisiers provenant de Luceville et, pour sa part, Jacques

avait conservé qu`une  tige de  ce cerisier  après avoir  abattu et

débité en bois de chauffage cet arbre immense qu`était devenu    ce

cerisier transplanté de chez ses parents.          

 

La clôture assurait l`intimité familiale au moins  pour la baignade

car elle constituait un support,  un treillis aux  lierres Engelman

aux quintuples feuilles entremèlées d`une lierre aux fleurs en forme

de cloches blanches noyées        dans la  verdure et  s`ouvrant au

 

soleil un peu comme les gloires du matin et provenant de son village

natal. Initialement,  une bordure  de cailloux blanc  recouvrait la

terre entre   la  clôture   et  le  trottoir   de  la   piscine  et

progressivement la vigne  prit  de l`ampleur,  de l`envergure  pour

éventuellement envahir une portion du trottoir.  Au  moins, ce coin

de la cour intérieure plaisait à Suzie.            

 

Jacques préférait  des  arbres  fruitiers  dans  sa  cours  car  le

printemps, ils formaient d`immenses bouquets de fleurs, atteignaient

des tailles raisonnables et produisaient abondamment des fruits.

 

Suzie décriait, quelques  fois, l`envahissement  de ces  lierres et

Jacques s`assurait qu`un cécateur était toujours à la  portée de la

main. Elle  aurait aimé voir un  seul type de lierre  projetant une

image uniforme, de continuité.  Jacques avait  expérimenté diverses

lierres et avait conserver les  plus vigoureuses.  Une  variété les

avait séduit; la  dentelle  d`argent et,  malheureusement, elle  ne

s`avéra   pas   suffisamment   rustique.   Cette   lierre   décorait

admirablement le treillis  en  fin d`été  et de  la  fenêtre de  la

cuisine le coup d`oeil était agréable.  Le cabanon était masqué par

des vignes et un lilas dont Suzie prisait les  aromes au printemps.

Le potager ajoutait une touche rurale, champêtre, trait‑d`union avec

leurs antécédents communs.  Originant  d`une région au  climat plus

rustique que Montréal, Jacques était fasciné particulièrement par le

mûrissement des raisins, d`abord, et, ensuite, des poires malgré le

supplément d`ombre apporté par la proximité  des majestueux érables

avoisinant leur  propriété.   Quand  Simon était  jeune,  il  avait

l`opportunité de dégusté des fraises disposées aux abords du terrain

près des clôtures.  Plus  tard, il  s`agissait de  framboises qu`il

pouvait manger  à  satiété  tout  comme  ses  parents  car  ils  en

récoltaient une dizaine de livres. Afin de déguster tôt les tomates

fraîches du jardin, Jacques transplantait des plants avec des fleurs

et des petites tomates, plants achetés de  pépinières, trois plants

suffisaient. Dès, la mi‑juin,  certaines années, ils se délectaient

de ces fruits.   Le soir à bicyclette,  ils découvraient, admiraient

les aménagements  paysagers  dans  les rues  avoisinantes  tout  en

exerçant leurs mollets.                       

 

Deux de ses soeurs vivant  à Montréal avaient joint  leur existence

respectivement à un  français  et à  un  suisse allemand.   Jacques

apprit à les connaître et, un peu, leurs pays aussi. Ayant séjourné

un an en Europe, il réalisait qu`ils ne leur  étaient pas facile de

s`adapter à un nouveau pays; des milieux de travail anglophones, des

pressions pour intégrer  même  illégalement les  enfants au  milieu

anglophone, de  nouvelles  coutumes,  des désirs  de  migrer  outre

frontières québécoises (Etats‑Unis), des pièges  publicitaires, des

valeurs et des installations matérielles différentes.   Jacques les

admirait à plusieurs  points  de  vue et  ils  voyageaient le  plus

 

possible généralement accompagnés de leur famille.     

 

A l`occasion, les Laberge aimaient magasiné sur la rue Saint‑Laurent

à Montréal. Ils  s`intéressaient aux quelques  boutiques présentant

des produits un peu internationaux.  Jacques fut abonné  à un club

vidéo latino‑américain du secteur.   Certains magasins offraient des

produits de qualité acceptable à  des prix abordables  toutefois il

était préférable de s`y  connaître.  Ils  avaient noté  des progrès

dans l`usage du français. Jacques  retournait quelques fois chez un

barbier grec amical, compétent et dont les prix étaient raisonnables

à son point  de  vue  et  ce  barbier  s`exprimait  malheureusement

seulement en grec et en anglais quoique le français primait dans son

annonce.                             

 

Il vécut une expérience particulière,  le jour où il  réalisa qu`il

avait reçu plus d`intérêts sur ses obligations du Québec que prévus.

Après avoir mentionné une anomalie à la direction de  la gestion de

la dette  publique à  Québec,  ils  lui acheminèrent  des  intérêts

additionnels. Jacques écrivit au ministre  en titre à son bureau de

comté et il ne reçut jamais d`accusé de réception  à sa lettre même

si la  direction du  dit  service  fut  changée.  Par  bonheur  ses

dossiers financiers étaient à jour!   A partir de ses  dossiers, il

rectifia les données du ministère des Finances et il  en résulta de

nombreux échanges épistolaires. Il fut renversé de constater qu`une

si importante fonction administrative  pour le  Québec ait  pu être

aussi lamentablement assumée.  Certains amis politiques  de Jacques

avaient vu cette  situation  comme un  piège  personnel visant  son

intégrité et éventuellement  sa liberté  d`expression et  d`action.

Tout était possible!  Surtout en  politique où les  appétits étaient

féroces!                             

 

Une amitié  établie  à  partir des  relations  professionnelles  et

entretenue par des visites familiales semi‑annuelles s`avéra durable

de part   les personnalités en cause; deux scientifiques intéressés

aussi à d`autres sujets que la science (politique, moral, affaires,

…) et  deux  épouses   oeuvrant  dans  des  secteurs  d`activités

semblables, connexes. Ils furent témoins de l`évolution des membres

de chaque famille  respectivement, une  évolution harmonieuse  dans

l`ensemble; deux noyaux familiaux stables.  Ce  copain s`impliquait

bénévolement à la  gestion d`un  mouvement coopératif  d`envergure,

aimait rédiger des  articles  en s`appuyant  sur les  connaissances

acquises notamment  au  cours   classique  et  il  songeait  écrire

l`historique de sa lignée familiale, les  Labelle.  Quelqu`un avait

travaillé dix ans à un tel projet, lui avait‑on dit!        

 

Les décisions   d`ordre  familial  se  prenaient   à  deux!   Après

discussion avec son épouse et  l`étude des diverses  solutions, les

décisions étaient souvent finalisées par Jacques. Il appréciait les

 

arguments et  les  informations  présentées par  son  épouse  qu`il

considérait intelligente   et  douée.   Souvent  dans   l`étude  de

transactions, Suzie défendait une autre proposition  ou développait

des arguments adverses à ceux de Jacques,  ce processus décisionnel

qui conduisait à des décisions mûries et qui laissait quelques fois

Suzie en position de critiquer si les résultats escomptés n`étaient

pas obtenus. Toutefois  à la blague, ils disaient  que quelque soit

leurs   décisions,  ils   erraient   souvent,  semblait‑il!  Suzie

s`objectait souvent à la prise de décisions   importantes.  C`était

jamais le temps, et il fallait poursuivre l`étude du dossier, que ce

soit pour l`achat d`une voiture, d`une maison, d`un chalet, …  

 

A court d`un deuxième  salaire durant  certaines périodes,  Jacques

rénovait une ou deux pièces  de la  résidence chaque année  afin de

moderniser celle‑ci. Dans de meilleures conditions financières, les

Laberge auraient acheté une maison neuve maintenant que Simon était

d`accord, maintenant que les amis  de Simon n`étaient  plus surtout

localisés sur  la rue  car  ils  considéraient les  investissements

immobiliers comme d`excellents placements.   En ces années, le grand

ménage annuel traditionnel,  tâche  harassante  et monotone,  était

effectué par les propriétaires sans aide de l`extérieur.

 

Leur fils  à   depuis  son  adolescence  eut   accès  aux  boissons

alcoolisées.   Il  en   fit  progressivement   la  dégustation   et

l`apprentissage   afin  d`éviter   des  abus   souvent  dûs   à  une

interdiction qui se levait abruptement à un moment  donné.  Du côté

américain, ils croyaient qu`attendre à vingt et un ans pour boire de

l`alcool dans un bar était excellent comme mesure  pour réduire les

accidents routiers  et  constituait  une situation  où  les  jeunes

adultes pouvaient se tourner  plutôt vers la  drogue en  absence de

boisson même s`ils leur étaient loisible d`en consommer à la maison.

Ici,   encore,    Jacques   accordait   beaucoup    d`importance   à

l`assimilation progressive  de  connaissances comme  sauvegarde  de

l`intégrité personnelle.  Une  personne expérimentée  et renseignée

était moins vulnérable aux sollicitations du milieu! Et Dieu savait

qu`elles étaient nombreuses!             

 

Dans le choix de ses accoutrements, Jacques, choisissait des vêtements

convenant à  l`exercice  de   sa  profession;  complets,  ensembles

harmonisés du point de  vue couleur et  style de  veston, pantalon,

chemise, bas, cravate et  souliers.  Ses couleurs  préférées compte

tenu de la nature de son travail s`apparentaient au  bleu, au gris,

au noir et au brun. Durant quelques années, le brun fut banni de la

mode et Jacques le regrettait car il considérait cette couleur comme

une des grandes couleurs masculines.   Il aimait moins le  kaki, en

raison de son image, son association sinon sa connotation militaire,

qui fut très populaire à un moment donné.          

 

 

Il préférait varier journalièrement son habillement  au moins selon

un cycle hebdomadaire. Généralement, il  portait la cravate et, en de

rares occasions, il revêtait un chandail  à collet roulé sauf  à la

maison où il adorait  ce vêtement chaud  et confortable  en saisons

froides. L`été, il portait des  bermudas et souvent des « shorts » de

couleur à la mode et la plupart du temps neutre; bleu, gris, blanc,

noir. Suzie le disait conservateur dans son habillement et quelques

fois l`influençait en  ce domaine  ainsi que  son garçon.   Pour sa

part, Simon ne ménageait rien pour s`habiller à la mode et avec goût

souvent à grand frais. La mode permit le port de vêtements dénudant

de plus en plus les gens. Les travailleurs de la construction avec

leurs courts jeans en étaient un exemple.          

 

Après avoir assumer leur  sexualité, Jacques et  Suzie constataient

l`importance de cette fonction de la  vie conjugale, de la  vie qui

permet à  deux êtres  complémentaires  de  se réaliser,  d`accepter

certains inconvénients de la vie, de continuer à cheminer ensemble.

L`harmonie sexuelle correspondait au ciment efficace maintenant deux

individus ensemble.  Evidemment  que cette  harmonie était  une des

composantes‑clé d`une vie  pleinement vécue  à plusieurs  points de

vue.                            

 

Sa mère mourut à l`âge de quatre‑vingt ans, elle  se sentait malade

depuis un certain temps et refusait de mourir  à l`hôpital, endroit

qu`elle   connaissait  bien   ayant  subit   quelques  interventions

médicales.   Jacques  l`encouragea  à  subir des  examens  mais  les

résultats ne furent pas encourageants et il constata qu`elle n`était

plus motivée à combattre.  Son  père était décédé déjà  depuis  six

ans environ et elle fut enterrée dans sa paroisse natale près de son

époux. Leur fils aîné repose également près d`eux.        

 

Jacques observait   à  l`occasion  que  Suzie   lorsque  contrariée

déversait sur lui beaucoup du fiel verbal avec presque de l`hystérie

et l`accablait  de  tous   les  défauts,  d`incapacités  possibles;

manifestations de violence verbale, pensait‑il, auxquelles il apprit

à ne pas répondre.   Suzie  faisait preuve  de réalisme  légèrement

nuancé de pessimisme.  Personne n`était parfait!   Chacun avait des

faiblesses à commencer par  Jacques!  Nous avons  le défaut  de nos

qualités, pensait‑il!  Suzie,  perfectionniste, devenait  peut‑être

obsédée par  le   manque  de  travail  de  Jacques   ce  qui  était

compréhensible cependant  Jacques  n`en  était  pas  certain.   Ces

manifestations ne  conduisaient  nul  part  si  ce  n`est  qu`à  la

séparation lorsque la réplique  était constamment donnée  et qu`une

escalade en  résultait.   Il  était   plus  facile  de  faire  face

positivement à  ces  assauts  lorsque l`on  était  reposé,  croyait

Jacques. A trop s`intéresser à des détails, la vue d`ensemble et la

perspective globale s`échappaient, s`estompaient,  s`effritaient et

il en résultait que des points importants  pouvaient être négligés.

 

De plus, Simon, son  fils, réagissait  quelques fois  avec beaucoup

d`exaspération à de  telles réactions  de sa  mère.  Un  noyau, une

cellule familiale au sein de  laquelle les époux se  disputaient en

fonction de leurs personnalités était probablement représentative de

plusieurs secteurs d`activités où  de chauds débats,  de nombreuses

luttes de pouvoirs existaient, perduraient. Le système politique ne

reposait‑il pas fréquemment, en pratique, sur le bipartisme.

 

Jacques était favorisé relativement à Suzie car il n`avait que très

rarement mal à  la tête  alors que  Suzie souffrait  fréquemment de

migraines et de maux de  dos.  Elle  avait tout essayé  la médecine

conventionnelle, l`acuponcture, la chiropractie,  la physiothérapie,

la kinésithérapie, les exercices,  …  Pourvu et  bénéficiant d`un

excellent estomac, Jacques, périodiquement, réduisait son poids près

de son poids calculé comme  normal par un éducateur  physique: cent

cinquante‑deux livres.   Sa méthode  s`avérait des plus  simples car

elle consistait à réduire  la quantité des  aliments absorbés  et à

boire de l`eau. Ainsi, sa diète  était balancée car il continuait à

absorber la même variété,  diversité et gamme  d`aliments.  Jacques

attendait et choisissait un moment particulier,  un changement pour

amorcer un jeune diététique.   Ils avaient aussi  expérimentés avec

succès un gargarisme  à base  de miel  et d`huiles  essentielles et

naturelles d`eucalyptus et de menthe  poivrée pour traiter  un gorge

éraflée et des congestions nasales.                

 

En vieillissant  à  l`instar   de  d`autres  couples,  les  Laberge

recevaient moins  de  parents   et  d`amis  malgré  les  nombreuses

sollicitations ou possibilités tant au  Québec qu`au Canada  et aux

Etats‑Unis que d`ailleurs car ils étaient moins désireux et motivés

à cuisiner et à dépenser temps et argents à cet effet.  Actifs dans

diverses organisations, ils rencontrèrent des gens de divers milieux

ayant   diverses   préoccupations   et   exercèrent   leur   pouvoir

discriminatoire d`après leurs préférences et leurs intérêts tel que

perçus.                             

 

Certaines connaissances des Laberge et même des confrères de travail

de Jacques s`imaginaient  qu`ils étaient  riches souvent  parce que

plus jeunes ou n`ayant pas des formations semblables. Les exigences

financières en  milieux  urbains  et  en  régions  ou  en  campagne

différaient beaucoup, la  valeur des  résidences, …   Ils étaient

loin d`être riches, comme Suzie le disait souvent, devant maintenir

leur niveau de confort  actuel parfois  en l`absence  d`un deuxième

salaire. Leurs fonds de pension en souffraient aussi de ces moments

difficiles car Jacques ne pouvait investir dans un fonds de pension

des   revenus  d`intérêts.    Quelqu`un  avait   réussi  à   amasser

suffisamment d`argents pour vivre convenablement de  ses revenus et

il travaillait  pour s`occuper  et  continuait  à amasser  d`autres

argents par réflexes  naturels, par  déformations professionnelles.

 

Il ne pouvait travailler bénévolement.  Jacques appréciait l`argent

comme moyen permettant l`achat d`utilités, conduisant  à un certain

confort et surtout à  un certain  degré d`indépendance  difficile à

atteindre.   On  disait  de  quelques personnes  que  l`argent  leur

collait aux doigts  tandis  que d`autres  ne  pouvaient endurer  la

pensée de posséder quelque argent!   Jacques avait déjà  noté cette

façon différente de s`assurer une sécurité dans sa propre famille.

 

Un autre mode d`expression culturelle que  Jacques appréciait était

le théâtre.   Les Laberge  avaient assisté  à  quelques  pièces.  A

l`université, le  dimanche  après‑midi,  Jacques  avait  assisté  à

plusieurs mini‑concerts   et  occasionnellement,  les   Laberge  se

laissaient   bercer  aux   sons   harmonieux   d`orchestres  et   de

chorales.                           

 

                    2‑ Les vacances                

 

Chaque été, la famille Laberge séjournait à Rimouski profitant de la

présence des parents et des grands parents.  Jacques  et sa famille

appréciaient l`amabilité et la chaleur humaine de son père au cours

de ces visites.   Toujours accueillant  et souriant!   Suzie aimait

bien son beau‑père toujours  plaisant!  Simon,  leur fils  était le

préféré avoué de  sa grand‑mère,  question de  tempérament, dit‑on.

Une semaine représentait une courte période pour visiter les quatre

soeurs et les trois frères du Bas du Fleuve,  sa paroisse natale et

les environs. D`année en année, le nombre de cultivateurs diminuait

dans le rang  natal et  dans ce  village d`arrière‑pays.   Quelques

fois, ils  poursuivaient  leur  pèlerinage  annuel,  comme  Jacques

l`appelait, jusqu`à   Percé,  au  Nouveau‑Brunswick   ou  ailleurs.

Jacques aimait rejoindre tous les membres de sa famille même lorsque

de légers différents existaient.  Il considérait  qu`il faut éviter

d`isoler qui que se soit car en d`autres temps  la personne laissée

pour compte pourrait un jour être lui.  Quelques fois, il allait en

excursions de  pêche à  la  morue  sur  le  fleuve avec  son  frère

accompagné par   un  professionnel.   Les  premières   années,  ils

rapportaient du poisson à Montréal  et ils réalisèrent  que souvent

les produits de la pêche et les fruits de mer  étaient offerts à de

bons prix et dans de  bonnes conditions  à Montréal.  Une  fois, il

était allé pêcher avec son jeune fils à une  petite rivière près de

Saint‑Donat et ils prirent quelques petites  truites mouchetées que

sa mère âgée dégusta, elle adorait ça, ces petits salmonidés enrobés

de farine et rôtis dans  le beurre.   Lors de ces  pèlerinages, ils

rapportaient aussi  un ou  deux  faisans  achetés chez  une  vielle

connaissance de l`arrière‑pays. Jacques réalisait que sa mère refit

l`apprentissage de la vie à deux et en compagnie de leur fils aîné.

Il avait discuté de vie sexuelle entre elle et  son père.  Elle lui

avait révélé qu`il était tard pour eux et il reconnaissait l`ampleur

du processus de réadaptation un peu comme deux inconnus.    

 

 

Après être revenu du Bas du Fleuve, ils se  rendaient en Mauricie à

la ferme de ses beaux‑parents  pour quelques jours.  Les  tantes et

les oncles occupaient beaucoup de place lors de ces visites.  Un de

ses oncles  était venu  hiverniser  leur  résidence secondaire  aux

Etats‑Unis avec une  petite  équipe d`hommes  accompagnés de  leurs

épouses même  s`ils ne  parlaient  pas  anglais.  Une  voisine  des

Laberge   sur   le   lac,  une   franco‑américaine   veuve   accepta

généreusement d`agir  comme  interprète.    On  retrouve  des  gens

formidables   partout,   n`est‑ce    pas?   comme    disaient   les

britanniques!                                                          

 

Le couple Laberge se rendit en Martinique. Ce fut probablement leur

plus beau voyage; le soleil, les paysages, les  fleurs, l`hôtel « en

surface ou   en  superficie »   plutôt  qu`en  hauteur,   les  repas

gastronomiques avec spectacles folkloriques, les  déjeuners arrosés

de mille jus variés, l`amabilité des martiniquais,  la quiétude des

lieux, la visite des sites  historiques, …  En compagnie  de leur

jeune fils, ils  vécurent  aussi  pour ne  pas  dire également  des

moments merveilleux à Ixtapa  au Mexique; chambre  au niveau  de la

plage, qualité  de l`eau,  nourriture  excellente  à l`hôtel  et  à

proximité, isolement du  complexe touristique  que le  Président du

Mexique fréquenta à ce  moment, température chaude  et confortable,

accueil chaleureux des mexicains, …             

 

                  3‑ La chienne               

 

Son fils insista auprès de sa  mère pour s`acheter un  chien malgré

ses allergies connues.   Il entreprit  une étude  exhaustive de  la

gente canine et  son  choix se  fixa sur  une  petite chienne  West

Highland terrier   aux  poils  laineux  auxquels   il  n`était  pas

allergique. Son épouse devint une adepte de la nouvelle venue et en

prit soin tel  un  enfant.  Simplement  qu`en  observant la  pauvre

qualité du poil de la petite chienne, Jacques décela le piètre état

de santé du  chiot.  Son  historique médical  devait confirmer  son

diagnostic d`amis  des animaux.   En  vain,  elle fut  opérée  pour

corriger une boiterie à la  jambe gauche arrière.  Il  semblait que

ces problèmes étaient courants chez les petits chiens de race.   

 

En vieillissant,   la  petite   chienne  s`intégra   aux  activités

familiales et représenta un lien enrichissant, un trait‑d`union entre

les membres de la famille ainsi qu`une compagne pour celui ou celle

qui restait seul à la maison. Elle suivait même les programmes à la

télévision et elle jappait lors de scènes violentes et où des chiens

apparaissaient. A  proximité d`un plan d`eau,  elle surveillait les

baigneurs et jappait lorsque quelqu`un enfonçait sa tête dans l`eau.

Elle s`intéressait surtout aux  enfants!  A l`arrivée  de visiteurs

 

indifférents à  sa  présence,  elle jappait  pour  s`attirer  leurs

attentions.   Jacques  avait hérité  d`une  petite  chaise haute  et

rustique pour enfant.   Il  s`agissait de  la  chaise utilisée  par

lui‑même lorsqu`enfant  et  dont  la famille  de  son  frère  avait

bénéficié. A  son tour, Simon,  fils de Jacques l`avait  utilisé et

pour terminer cette histoire banale, c`était la  petite chienne qui

en était la dernière bénéficiaire.  Au lieu de  se faire solliciter

individuellement, les Laberge avaient décidé de placer la chienne à

leur portée, dans la chaise haute. Jacques n`avait jamais cru qu`il

en viendrait à adopter une telle méthode; refiler la chaise d`enfant

à un chien.   Les  personnes  âgées pourraient  bénéficiées  de  la

présence de tels compagnons,  songeait‑il!  La  chienne constituait

une présence active  pour les  trois membres  de la  famille.  Elle

occupait souvent une  position mitoyenne  entre les  membres de  la

famille et adorait  se coucher  sur les  vêtements de  ceux‑ci.  Sa

principale préoccupation était son alimentation et le plus généreux

à lui accorder quelques miettes, lors  des repas, était  son favori.

Il était  peu souhaitable  pour  Jacques  d`embrasser Suzie  en  sa

présence; elle manifestait sa jalousie et son esprit possessif.  En

voiture, elle préférait se coucher sur les épaules de Jacques, tout

contre le sommet du  siège.  Evidemment, il  ne pouvait  subir très

longtemps cette pression même d`une douzaine de livres.

 

Leur chienne souvent  s`attardait à  sentir de  son petit  nez noir

humecté le petit problème de peau de Jacques près de l`oreille qu`il

soignait à l`occasion  avec de  la  cortisone à  2.5 %  ce que  les

dermatologistes   recommandaient.     Il   utilisait    aussi    du

protège‑lèvres et du polysporin pour empêcher la peau de gercer car

la cortisone apparaissait moins efficace, toutefois, son efficacité

à moyen terme n`était pas  assurée non  plus.  Jacques  fut heureux

d`être efficacement soigné par un jeune dermatologiste. En quelques

jours, son léger  mais  néanmoins persistant  et croissant  problème

cutané disparu.   Quel soulagement  peu escompté!  Le  médicament en

cause était une  crème  corticostéroïde de  furoate de  mométasone,

0,1%. La chienne  avait semblé habilité, capable  de détecter ces

anomalies et Jacques ne fut pas surpris outre mesure de lire dans un

journal qu`une femme avait  vu un  problème à  une jambe  détecté à

temps grâce aux  attentions répétées  de son  chien à  cet endroit.

Incroyable n`est‑ce pas!  De plus, elle  avait développé l`habitude

de lécher les sueurs sur le cou de Jacques lorsqu`il avait transpiré

en travaillant.   Certains propriétaires de chien  coupait les poils

masquant partiellement  les yeux  du  chien.   Les Laberge  avaient

observé chez un couple d`amis que leur chien avait  les yeux cernés

par des sécrétions jaunâtres l`été et ils décidèrent de respecter la

nature capillaire de leur chienne.                 

 

Si quelqu`un s`amusait à jouer au chien avec elle,  il se devait de

rester loin de  son plat  de nourriture  s`il ne  voulait pas  être

 

menacé par la propriétaire; grondements, jappements et même morsures

après avertisements.   Jacques s`était  amusé  à  lui installer  un

escabeau à deux  marches afin  de lui  permettre de  surveiller les

chats, les gens à l`extérieur de la maison et  d`éviter à un membre

de la famille d`avoir à la  placer sur son poste  d`observation.  A

l`heure de sa promenade, elle talonnait Suzie pour lui rappeler que

c`était l`heure et qu`elle le désirait vivement.       

 

Elle passait ses journées entières à surveiller  les chats surtout,

et le chien  du voisin.   Un été,  elle s`intéressa  à une  famille

d`écureuils gris  dont  les  membres  effectuaient  des  promenades

aériennes sur les câbles téléphoniques à l`arrière de la maison et à

proximité du potager.   Elle  s`avérait une  gardienne efficace  du

patrimoine familial  des  Laberge  d`autant  plus  qu`une  marmotte

faisait des ravages cet été là dans le voisinage.  Lorsque Suzie et

Simon parlaient fort, la chienne venait se réfugier près de Jacques

ne comprenant pas la nature  des échanges tout en  reconnaissant le

ton.                            

 

La chienne disposait d`une vraie banque de données reliée, connexe à

ses instincts. Par exemple, les soirs  d`été en raison de sa nature

dite « terrière », elle creusait un nouveau trou dans la terre où elle

rafraîchissait un ancien emplacement à  proximité du patio  et elle

s`y couchait  rafraîchissant ainsi  son  ventre  et par  conséquent

abaissait la température de son corps. Suzie désespérait à la voir,

par le fait même,  salir son  poil blanc.   Ensuite, la  chienne se

secouait, tout comme, elle le faisait après que Suzie l`ait peigné.

Elle préférait son  poil à  l`état  naturel, libre.   Quoi de  plus

naturel!                                

 

Des amies de Suzie s`étaient plu à lui offrir une plaque décorative

dont le  thème  était  Fanny  car  elles  avaient  été  témoin  des

attentions de Suzie à l`égard de sa petite chienne. On pouvait lire

sur cette plaque                         

« Fanny                               

 Franche, douce et sincère                    

 Avec l`intelligence prospère                 

 Noble et naturelle                      

 Nantie des qualités les plus belles               

 Y`en a pas deux comme elle! »                 

 Amusant n`est pas?                      

 

 

                      4‑ Le sport                  

 

Jacques et Suzie adoraient les promenades  en ski de fond  dans une

érablière où chemin faisant  ils admiraient les  décors « boiseries »,

forestiers variés; de multiples bouleaux blanchâtres, des sapins et

 

des pruches au  coloris permanent  (vert), des  érables de  diverses

dimensions, des champs de quenouilles, …  Tout au  long des douze

kilomètres souvent parcourus en  soixante minutes  ou près  par des

conditions excellentes car Jacques  n`avait pas de  ski anti‑recul,

leurs organismes s`oxygénaient  semi‑aérobiquement car  leurs pouls

approchaient rarement cent  vingt pulsations  par minute.   Jacques

avait   participé  à   quelques   demi‑marathons.    Un  premier   à

Rivière‑des‑Prairies avec  un  doigt cassé,  ensuite,  au  huitième

marathon de Montréal à l`épreuve du vingt et un kilomètres et celui

de Kino‑Québec de Longueuil de vingt‑deux kilomètres.       

 

Ces expériences de courses à pied se terminèrent  par une tendinite

et Jacques connut plusieurs « joggers » d`expérience  qui souffrirent

de troubles articulatoires aux genoux  et cela le confirma  dans sa

décision d`accrocher ses souliers de coureur‑amateur. Il suivit des

cours   de  conditionnement   physique  dans   sa  municipalité   et

l`éducateur physique devint un chiropraticien qui devait traiter son

épouse subséquemment. Jacques avait confiance aux médecins et aussi

à la chiropratique pour certains problèmes de dos et articulatoires

après la prise de radiographies. Jacques avait été soulagé d`un mal

devenu chronique à un orteil.   Après deux traitements,  son « vieux

chiro » des plus expérimentés et équipés  le soulagea définitivement

et rapidement de ces malaises. Ensuite,  il se limita à des marches

et à des randonnées à bicyclette à Varennes et dans les Adirondacks.

Suzie insistait pour faire sa promenade journalière.        

 

A titre d`expériences sportives, il  pratiqua assidûment  le karaté

durant un semestre et  il en  acquit les  rudiments.  Il  retint de

cette expérience surtout un contrôle  accru de lui‑même.   Déjà, il

avait observé que, généralement, il conservait son  flegme, la tête

froide, son sang froid dans les situations critiques. Ces exercices

intenses développèrent chez lui une endurance  physique qu`il nota,

entre autres, de la façon suivante; il pouvait  retarder les heures

de ses repas sans en subir d`inconvénients apparents   lorsqu`il le

fallait.                             

 

Jacques fit du ski  alpin pendant de  nombreuses années.   C`est au

petit mont Plante dans les Laurentides qu`il fit ses  débuts en ski

accompagnée d`une enseignante, directrice d`école, originaire du Lac

Saint‑Jean. Il devait  skier souvent à Belle‑Neige,  pente facile à

proximité du chalet loué à Val David.  A l`occasion,  il se rendait

au mont Tremblant où  un copain  agissait comme  patrouilleur.  Les

quelques pentes de  ski à  proximité de  leur résidence  secondaire

s`avéraient un peu éloignées et il déplorait que l`ancien centre de

ski de l`autre côté du lac ait été fermé car la montagne était parmi

les plus élevées dans le nord de l`état de New  York et à mi‑chemin

entre Montréal et le centre de ski White Face.   Son fils possédait

des dispositions naturelles pour enseigner le ski, lui semblait‑il,

 

il lui soulignait les points susceptibles d`être améliorés en peu de

temps.                              

 

Un des sports, que Jacques appréciait, était le golf.  Sans être un

excellent joueur pour  n`avoir  jamais jouer  intensément et  avoir

appartenu à un club de golf, il adorait se trouver sur ces parcours

relaxants en milieux naturels et  en compagnie de compagnons  et de

compagnes intéressés à se détendre.                

 

A plusieurs reprises, il avait nagé selon un  parcours fictif tracé

entre son quai sur le  lac et un quai  flottant chez un  voisin sis

plus loin.   Il faisait  l`aller‑retour  en  variant, changeant  de

styles; brasse avant, brasse arrière, la nage  rampée (crawl) avant

et arrière, marinière et brasse arrière inversée.   Il disposait de

quelques lunettes ajustées à sa vue pour fins de natation et de ski

nautique (avec  flotteur).   De  plus, un  autre  accessoire  utile

lorsqu`il allait à la piscine intérieure était ses lunettes ajustées

à montants de carbone résistants à la chaleur du  sauna.  La piscine

familiale était agréable  pour le  jeu et  particulièrement pour  le

rafraîchissement.   Cependant, en  tant  qu`adulte,  il n`était  pas

question de s`y  conditionner  physiquement en  raison des  faibles

dimensions relativement  aux   piscines  municipales.   Avec  l`air

climatisé, les Laberge ressentaient moins le besoin de se baigner à

Varennes. Au chalet surtout  après l`exécution de quelques travaux,

ils se  rafraîchissaient  même  si l`eau  était  plus  froide  qu`à

Varennes. Dans ce cadre naturel, ils se plaisaient à se rendre à la

nage à une roche à quelques distances du bord du lac.       

 

A titre de membre d`un organisme communautaire, il joua une saison à

la balle‑molle,  sport  qu`il  connaissait  peu.   Il  fut  surpris

d`attraper presque toujours  les balles  lorsqu`il était  au bâton,

agissait  à titre  de  frappeur.   Il était  plus  faible au  champ,

pensait‑il!   Préférant  se  rendre  au  chalet  certaines  fins  de

semaine, il lui arrivait de manquer quelques parties.  Au baseball,

au stade olympique, il restait assis durant le chant  « O Canada » et

de plus en plus de gens adoptaient cette attitude.     

 

Un sport que  Jacques qualifiait  de social  et qui  lui permit  de

réduire son poids de quelques livres lors des  nombreuses soirées à

danser sur des musiques anciennes et modernes en compagnie de Suzie.

Surtout lorsque la musique était celle d`un  orchestre de plusieurs

musiciens, ils  se  sentaient  mû,  porté  au  gré  des  vibrations

harmoniques et des rythmes musicaux originants et traduisants     de

nombreuses   cultures;  latino‑américaine,   hispanique,  viennoise,

bavaroise, française, anglaise, africaine, …  Jacques avait suivi

et organisé des cours de danse à l`université.                  

 

Un autre  sport important  pour  un  propriétaire de  chalet  était

 

évidemment la  pèche.  Jacques  et  Suzie  séjournait souvent  deux

heures sur le lac  à pêcher  à la traîne  à     basse vitesse  et à

pique‑niquer. Une  pèche fructueuse consistait en  quelques truites

arc‑en‑ciel   et  des   saumons   dont  le   lac  était   ensemencé.

Généralement, ils utilisaient le bateau‑moteur et occasionnellement,

la chaloupe mut par le moteur électrique.   Souvent,  au coucher de

soleil, ils  pêchaient devant  le  chalet  près d`un  petit  rocher

pouvant être observé de la surface. Jacques et Simon avaient passer

plusieurs soirées  à prendre  des  achigans,  des perchaudes,  des

truites et même des  saumons.  Le  ski nautique  occupait également

Jacques et  Simon.   Surtout,  Simon, il  exécutait  des  prouesses

attirant l`attention des autres  propriétaires et  souvent d`autres

skieurs venaient   agrémenter  le  décor  de   leurs  zigzags  bien

« arrosés », bien accentués. Durant,  quelques années, le voilier fut

populaire chez les Laberge.  Ces  sports étaient pratiqués  dans un

cadre naturel enchanteur.                     

 

A l`automne, la chasse permettait  d`agréables promenades  dans les

forêts avoisinantes en compagnie de la chienne et Jacques pratiquait

le tir à la perdrix, aux lièvres, …  A quelques reprises, Jacques

avait suggéré l`étude d`une entente Québec‑New‑York visant à réduire

les coûts des permis de  chasse et de  pèche dans les  deux régions

compte tenu du nombre de sportifs américains  et québécois d`autant

plus qu`ils payaient des taxes scolaires, par exemple, sans que leur

enfant en profite.   Ils affectionnaient  une route  dans la  forêt

tracée pour  une  voie  ferrée délaissée.   Un  ancien  verger  les

fascinait   et  attirait   du  gibier.    Malheureusement,  en   peu

d`endroits, la chasse était permise et, quelques fois, ils allaient

chez son  copain  américain.   Jacques avait  cru  qu`en  tant  que

droitier son meilleur oeil était son oeil droit.   Hé!  Bien!  Non!

Suite aux conseils d`un armurier, il devait reconnaître que son oeil

utile pour la chasse était le gauche. D`ailleurs, il était habile à

divers degrés des deux  mains.  Conséquemment,  il dut  refaire son

apprentissage de chasseur, jusqu`à un certain point. Les randonnées

en quatre roues,  tout terrain  avaient été  prisées longtemps  par

Simon en particulier  et Jacques  accompagné par  Suzie en  étaient

aussi venus  à  bien  connaître les  sentiers  dans  les  environs.

Généralement, ils s`enfonçaient dans la forêt jusqu`au sommet de la

montagne d`une façon motorisée  pour ensuite  poursuivre à  pied la

chasse après avoir chargé son arme.






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