Il y a vingt ans ….. Jacques, l’adolescent

 

 

 

                II‑ L`ADOLESCENT                   

 

La vie d`un adolescent  comportait des bouleversements  majeurs aux

plans physique, moral, intellectuel, …  Délaisser progressivement

la chaleur maternelle,  les  attentions, les  soins maternelles  en

faveur d`une affirmation croissante à l`extérieur de la maison, chez

des voisins,   à  l`école,   dans  des  activités   collectives  ou

individuelles requérant un degré d`autonomie accrue.  Non seulement

les bras maternelles l`accueillaient; apparemment, une de ses soeurs

aînées aimait bercé, gâté Jacques  ce que lui reprochait  une autre

soeur   considérant   que   ce    n`était   pas   souhaitable   pour

l`épanouissement de Jacques.  L`observation et le  vécu de nombreux

phénomènes   physiologiques    quelques   fois    bouleversants   et

graduellement assumés, l`apprentissage et l`exécution  de multiples

tâches, d`activités   de  plus  en  plus   valorisantes,  utiles  à

l`entourage; par exemple, préparation des « ondins » de foin avec le

râteau tiré  par  le  cheval,  amoncellement de  foin  en  tas  ou

« valoches », fauchage, attelage des chevaux, etc. se poursuivaient à

un rythme accéléré. Des  loisirs étaient grandement appréciés après

la réalisation  de  travaux  utilitaires.  Même  les  activités  de

détente telles  les  excursions  en  forêt  comportaient  un  volet

utilitaire comme la chasse, la pêche, …  La vie scolaire occupait

une place significative  au  stage de  l`adolescence cependant  son

monde   englobait   également   moultes   activités   intéressantes,

captivantes doublées de  d`autres plus  laborieuses.  L`affirmation

personnelle face  à  des  soeurs,  des  frères,  des  voisins,  des

confrères de classe s`amorçait catégoriquement.  Souvent,  les gens

se demandaient à l`âge adulte s`ils avaient vécu une enfance et une

adolescence heureuses.   Jacques pouvait  répondre  affirmativement

malgré les contraintes  matérielles et  l`absence du  père, surtout

l`absence du père.                       

 

              1‑ L`adolescent comme tel            

 

Que dire du début de ses études secondaires effectuées à l`école du

rang sous la bienveillante direction de  l`institutrice qui accepta

presque bénévolement   cet  étudiant   dans  son   école  primaire.

L`admiration vouée à  ce  professeure  et le  fait  d`être le  seul

étudiant de   niveau  secondaire  constituaient  des   éléments  de

motivation à la réussite de ses études. De plus, il ne désirait pas

travailler dans les chantiers comme ses frères avaient  dû le faire

au début de leur carrière. Il participa en tant qu`acteur‑amateur à

une pièce de théâtre montée aux profits  d`un mouvement humanitaire

et présentée à la salle  paroissiale.  En  fait, il jouait  le rôle

d`un homonyme alcoolique qui  devait éventuellement se  départir de

 

cette fâcheuse  habitude.   Il   assista  à  un  premier  programme

cinématographique dans la salle  paroissiale au coût  de vingt‑cinq

cents, il s`agissait d`un film de Tarzan.  Quel ravissement de voir

cette nature sauvage! Jacques se souvenait d`avoir vu la télévision

pour la première fois chez un voisin de l`école, quelques mois avant

que l`on en fasse l`acquisition à la maison. Fait anodin quand même

important à ses yeux, quelques fois à l`église,  il était incommodé

et il devait sorti pour éviter de perdre connaissance. Affaissé dans

le froid corridor externe de  l`église, il se  remettait, reprenait

ses couleurs. Peut‑être était‑il impressionné par la foule, par les

cérémonies religieuses et il se questionnait au sujet de leurs sens,

leurs interprétations, leurs significations, …      

 

Sa mère était, près  de l`église,  des prêtres.   Un notable  de la

paroisse, le docteur,  dit d`elle  qu`elle était  une « rongeuse  de

balustre ». Chef  de famille,  elle ressentait, pensait  Jacques, le

besoin de   partager  ses   soucis  avec  des   gens  connaissants,

disponibles et impartiaux  et aussi  de solliciter  leurs conseils.

Dévote à Saint‑Joseph en particulier et croyante, elle put traverser

de nombreuse épreuves et vécut  pour sa famille.  Se  faisant, elle

s`était méritée une excellente réputation qu`elle  voulait partager

avec ses filles et  ses garçons.  Que  d`heures passées  à discuter

moral en famille!   Les  débats étaient  habituellement initiés  et

animés par sa mère.   C`est ainsi qu`elle  transmit ses  valeurs en

joignant     le geste à la parole.  Elle sut, malgré ses principes,

continuer à  aimer ses  enfants  même  lorsqu`ils s`éloignaient  du

chemin qu`elle  jugeait   souhaitable,  préférable  humainement  et

religieusement. Jacques  se souvenait qu`elle leur  répétait que le

sommeil d`avant minuit était meilleur, plus  récupérateur que celui

d`après.   Plus  vieux,  Jacques  aimait  travailler  tard  la  nuit

lorqu`il n`avait  pas  d`obligations   ou  d`activités  prévues  le

lendemain, alors il se sentait plus créatif et attentif.  Un hiver,

son frère, François, s`était confectionné une paire de ski et il la

vendit soixante‑quinze  sous  à une  connaissance.   Jacques  était

désireux de posséder ces skis  malheureusement il ne disposait  pas de

cette somme. Il  dut s`en priver et n`en pleura  pas moins quelques

minutes à l`arrière du poêle, de la  cuisinière essayant d`ébranler

sa mère qui avait d`autres priorités et, de plus, il était juste que

son frère dispose  de  ses skis  et  Jacques, fondamentalement,  le

comprenait malgré tout  il espérait  quand même!   Il retint  comme

leçon que l`on ne peut tout  obtenir quelques soient nos  moyens et

cela à bas âge.  Lorsque son  fils lui fera de  multiples demandes,

plus tard, il  se souviendra  de  cette époque  et il  lui en  fera

part.                               

 

Son éducation sexuelle fut assumée par ses  frères, surtout, Emile.

Cette situation, à ses yeux, était fort acceptable  dans une grande

famille lorsqu`une femme en  assumait la direction.   Elle laissait

 

beaucoup de latitude  à ses  enfants réalisant  qu`ils devaient  se

prendre en main à la fin de leurs études et  se développer à partir

des valeurs et  des  principes qu`elle  leur  avait inculqués.   Il

existait un climat d`entraide  dans la famille;  chacun connaissant

ses   forces  et   ses   faiblesses,  ils   essayaient  de   s`aider

mutuellement. Une seule anecdote  que Jacques pouvait mentionner au

sujet du sexe était la vue  conjointe ou simultanée par  sa mère et

lui de moutons faisant l`amour. Elle se contenta de sourire à titre

de réaction ou d`explication. Plus tard, à l`apogée de sa vie, elle

admit que les organes  génitaux vieillissaient moins  rapidement que

d`autres et il  se rappela  cette remarque  suite à  la lecture  de

similaires observations dans une revue, se rappelait‑il vaguement.

 

Une vieille route sise à un mille de la  résidence était un endroit

propice à la  chasse.  Elle  traversait  une forêt  assez vaste  où

fréquemment des perdrix et des lièvres pouvaient y être observés et

chassés. A l`automne, Jacques avait accompagné un frère à la chasse

plutôt sportive  à   l`écureuil  à  la  carabine   de  calibre  22.

L`érablière sur la côte à  proximité de  la vieille route  était un

refuge pour les écureuils et ils étaient très  audibles et visibles

surtout après la chute des feuilles.          

 

Au cours de quelques  saisons estivales, le  frère aîné  vendit des

fruits et légumes  en  milieu rural.   Son  commerce souffrit  d`un

problème assez courant, soit le crédit.  Etant  généreux de nature,

il avait  de  la  difficulté  à  se  faire  payer  les  comptes  en

souffrance. De  plus, lors  du décès d`un  voisin, il  avait avancé

l`argent à  la  veuve  pour  enterrer  son  mari,  un  trappeur  de

profession. Une vingtaine d`années, après, la veuve fut heureuse de

rembourser ce millier de dollars empruntés sans  lui remettre aucun

intérêt.   Il  fut  surpris  et  heureux de  ce  geste  alors  qu`il

n`espérait plus aucun remboursement.          

 

Au niveau secondaire, les confrères de classe de  sa soeur, Louise,

pourtant brillants,   la  considéraient  comme   géniale,  toujours

première.   En  d`autres  milieux familiaux,  elle  aurait  sûrement

complété   brillamment  des   études  universitaires.    Elle  était

consciente de  ses  facilités  d`apprentissage  toutefois  elle  ne

manifestait   aucun  signe   de  suffisance.    Ses  autres   soeurs

performaient aussi  très bien  dans  le  domaine académique,  entre

autres.   Ultérieurement   lorsqu`à  l`université,  il   voyait  des

consoeurs réussir  et   il  se  disait  que   ses  soeurs  auraient

possiblement pu en faire autant.                   

 

La grande  soeur  institutrice  faisant  preuve  d`un  grand  souci

d`impartialité face aux élèves de ses classes surtout en présence de

membres de sa propre famille.   A certains égards,  Jacques s`était

senti plus apprécié par d`autres professeures et professeurs que par

 

sa soeur.  Peut‑être,  était‑il plus  motivé face  à des  étrangers

comme l`on disait couramment.                 

 

L`adolescent vécu  une  migration  vers un  village  voisin  et  dû

délaisser cette petite ferme peu  exploitée au cours  des dernières

années alors  que  les  frères et  les  soeurs  travaillaient  déjà

ailleurs. La ferme  fut vendue au voisin et Jacques  y avait laissé

ses lapins  en liberté  depuis  un  an dans  la  grange  où ils  se

traçaient des tunnels dans le foin.   Il se retrouva avec sa mère et

ses soeurs  dans un  nouveau  milieu  généralement accueillant,  un

village de l`arrière‑pays.  Un  premier appartement loué  servit de

domicile et l`école secondaire lui assura une meilleure compétition

académique.   Un  professeur  dévoué  et dédié  à  sa  profession  y

dispensait un  enseignement  de   qualité.   Ce  professeur  devait

quelques années plus  tard lui  offrir  de l`aider  à défrayer  ses

études universitaires; offre qu`il refusera non sans avoir apprécié

ce geste traduisant bien la générosité et la grandeur  d`âme de cet

éducateur.                           

 

Une solide amitié s`établit  avec un  confrère qu`il  retrouvera au

niveau collégial. Un autre confrère de classe deviendra un chanteur

populaire connu au Québec.  Les  jeux durant les périodes  de repos

étaient prisés par Jacques.  C`est  à cet endroit qu`il  crut avoir

connu   pour  la   première   fois  du   harcèlement  sexuel   fait

discrètement. Il se souvint longtemps  d`une gageure avec un parent

du premier de classe, Robert  Cloutier.  Ce parent eut  à débourser

vingt‑cinq sous car Jacques s`était classé premier  le mois suivant

la                 gageure                 comme                 par

hasard.                                                

 

François,   un   frère  plus   âgé,   poursuivit   ses  études   par

correspondance en mécanique ce qui devait lui permettre une carrière

en ce domaine  sur la Côte‑Nord.  D`ailleurs, il connut  à ce moment

celle qui devait être son  épouse, une perle  alliant personnalité,

sérieux et attrait physique.             

 

Le prochain déménagement l`amena au village de  sa paroisse natale,

endroit de prédilection  de  sa mère,  loin du  rang,  de la  terre

partiellement défrichée  et  peu   drainée  où  les  gels  précoces

automnaux réduisaient considérablement les rendements de la culture

tant maraîcher qu`agricole.  Au cours  de l`été, il  démolit, pièce

par pièce, une ancienne écurie sise sur le terrain  de la résidence

familiale où éventuellement son frère, Emile, devait y construire sa

maison et y demeurer avec son épouse jusqu`à  son décès accidentel.

Parfois, Jacques réparait les appareils ménagers. C`est à ce moment

qu`il se rendit  pour un  an  à une  ville presque  côtière pour  y

poursuivre ses études à l`Ecole d`Arts et Métiers et y demeurer chez

sa soeur, Hélène, récemment  mariée et suffisamment  généreuse pour

 

l`accueillir presque bénévolement.  Que d`abnégation pour  ce jeune

couple même si Jacques se  faisait obéissant, studieux  et discret!

Cette soeur  l`appelait  affectueusement   Ti‑J,  un  diminutif  de

Ti‑Jacques et de Jacques.  Plus grand, il lui  suggéra de l`appeler

Jacques et elle acquiesça gentillement à sa suggestion, sa demande.

 

Jouissant comparativement  d`une  bonne préparation  académique  et

étant dédié à ses études,  Jacques devait décrocher  les principaux

prix, les plus chers qu`il recevra de sa vie académique, à la fin de

l`année avec une moyenne de dix pour-cent supérieure au deuxième. Le

père‑curé, grand ami de sa soeur assista à la distribution des prix.

La secrétaire administrative l`encouragea à poursuivre de préférence

ses études au niveau collégial dans une ville  voisine, la capitale

régionale. Il se fixa comme  objectif ou condition de compléter son

cours en trois ans au lieu  de quatre afin de  compenser pour cette

année à l`Ecole d`Arts  et Métiers.  Sa  mère répétait  souvent que

l`instruction était une valeur plus sûre que l`argent.  Jacques fut

convaincu du  bien‑fondé  de  cette  assertion  lorsqu`il  vit  des

entrepreneurs généraux   se  déclarer  en  faillite   suite  à  des

changements ou des renversements de partis  politiques québécois et

fédéraux altérants les rapports de forces au  niveau municipal.  Un

d`eux alla même jusqu`a se suicider.               

 

Durant cette période, son frère, menuisier et plus  vieux de quatre

ans, commença à  fréquenter sa  future épouse,  Alberte, une  jeune

fille à l`esprit jeune et rafraîchissant et  d`un physique agréable.

Au sujet de ce frère, il a souvent pensé, qu`après avoir obtenu dans

un premier temps  son certificat  de  septième année,  suite à  une

huitième année  faite  sérieusement,   que  ce  certificat  d`étude

primaire lui fut  enlevé  par la  religieuse et  donné  à un  autre

étudiant dont  les  parents  pouvaient,  semble‑il,  mieux  appuyer

financièrement dans la  poursuite de  ses études,  faire son  cours

classique.   Son professeur  expérimenté  et de  très petite  taille

(nain) était malencontreusement parti en vacances.   Jacques aurait

aimé vérifier les dossiers du ministère de l`Education  à ce sujet.

Ce grand frère  lui  offrit l`exemple  d`un  travailleur assidu  et

responsable sachant  administrer  intelligemment  ses  affaires  en

respectant ses  moyens  financiers.  Jacques  considérait  que  ses

parents étaient  chanceux  d`avoir   un  fils  qui  les  visitaient

régulièrement.   Sa mère  les seconda    également admirablement  et

elle s`ennuya   de ses enfants résidants à Montréal et dans d`autres

régions du Québec.                       

 

La vie familiale était  enrichie par la  présence de  soeurs aînées

mariées à des hommes serviables, disponibles  et généreux.  Jacques

amusait ses nombreux  neveux et  nièces qui,  maintenant, sont  des

adultes. Plusieurs  années plus  tard, il reçut  la visite  de l`un

d`eux venu à  Montréal  entouré  de sa  jeune  famille.  Il  devait

 

conserver une sculpture sur bois  de l`un  deux.  Une de  ses nièces

était une vraie force de la nature brillante et chaleureuse.

 

On retrouva Jacques, l`année suivante, pensionnaire au séminaire et

accepté en deuxième année du  cours collégial.  Il y  rencontra son

copain du village d`arrière‑pays au physique robuste et au caractère

apparemment difficile  sinon coriace  et  qui,  sous ces  dehors,

cachait un coeur d`or et faisait preuve d`une grande loyauté, d`une

franchise manifeste doublée  d`un  humour plaisamment  sarcastique.

Notre adolescent se consacra à ses études,  aux activités sportives

et parascolaires.   La discipline était acceptée  naturellement, les

surveillants n`avaient qu`à l`avertir visuellement pour le rappeler

à l`ordre et il se méritera un  prix pour dévouement au  service du

culte ayant, entre autres, participer à  la mise sur pied  de cours

d`art oratoire où l`un  des exercices  pratiques consistait  en des

lectures lors des  offices  religieux.  Ainsi,  l`art oratoire  fut

placé au service du culte. Le  printemps et l`automne, il jouait au

ballon‑volant.   Jacques  se  rappelait   quelques  fois,  un  geste

malheureux mais nécessaire, croyait‑il! Il côtoya un haïtien gentil

qui lui jouait dans les cheveux à chaque rencontre.  Il s`entendait

bien avec ce jeune homme sauf  sur ce point et  Jacques l`avertit à

deux reprises de ne pas lui jouer dans les cheveux.  A la troisième

occasion, Jacques le gifla doucement et symboliquement au visage et

se fut la fin de cette amitié. Il aimait les haïtiens, les premiers

représentants de la race noire qu`il rencontrait  et qu`il trouvait

doux et pacifiques. Un des haïtiens était un athlète consommé et il

était plaisant de  l`observer.  Jacques  fut aussi  juge à  la boxe

amateur au collège. De plus, il  contribua à organiser et il suivit

des cours  de philosophie  donnés  par  un  des prêtes  affectés  à

l`encadrement des   étudiants.   Afin   de  réduire   ses  dépenses

académiques, il apprit  la  dactylographie à  l`aide d`une  méthode

préalablement à la rédaction de sa thèse de fin d`étude.   

 

Progressivement, une   saine  compétition  pour  le   premier  rang

académique s`installa entre lui  et un  confrère, Yves  Hébert.  Ce

copain intéressé particulièrement aux techniques s`avérait un gentil

et doué compétiteur. Il le retrouvera ultérieurement à l`université

où ils partageront un petit logement.  Sa mère  l`avait prévenu que

les Laberge se donnaient à leur travail souvent jusqu`à épuisement

et, plus tard, Jacques devait  transmettre cette information  à son

fils.                                

 

Dès la vingtaine, il croyait souffrir de calvitie cependant au cours

des années qui suivirent ce danger se dissipa.  Et  non!  Si la vie

lui était prêtée assez longtemps, il pourrait peigner,   admirer ses

cheveux gris et blancs.                  

 

Des liens amicaux et cordiaux ont été établis au cours de ces quatre

 

années de pensionnat et  vingt ans plus  tard, c`est  avec émotions

qu`il reconnaîtra, certains de ses amis, de ses confrères au premier

coup d`oeil et   plusieurs  autres après avoir  renoué connaissance

lors d`un conventum tenu  dans une  ville du  Bas‑Saint‑Laurent.  A

quatre par chambre, ils avaient appris rapidement à se familiariser

avec les habitudes, le caractère et  les goûts de chacun.   A cette

occasion, il revit également son ami géographe  et démographe ainsi

que son  copain,  professeur   à  l`université.   On  insista  pour

l`inclure dans le comité organisateur du prochain conventum.

 

                2‑ La famille en bref         

 

Voici un bref signalement de ses frères et de ses soeurs:   

 

Etienne demeura  célibataire  ayant agit  officieusement  comme  le

remplaçant du père en son  absence.  Ce rôle  ne lui permit  pas de

s`épanouir en tant qu`homme au point  de vue de Jacques.   Ce frère

était un  modèle de  droiture  et  il était  particulièrement  doué

physiquement et intellectuellement. Il séjourna plusieurs années en

Colombie Britannique et au Yukon.                  

 

Richard devait décédé dans un  accident de motocyclette.   Il était

sportif et sociable, lui avait‑on  dit!  Fait anodin,  presque tous

les membres de la famille devait utiliser ses skis neufs des années

et des années durant. Jacques ne le connut pas.       

 

Solange, à ses yeux, était  une mère de famille  québécoise typique

avec sa  famille  de  dix  enfants  ayant  vécu  d`abord  avec  son

beau‑père, ses beaux‑frères et ses belles‑soeurs et  aussi le décès

de son beau‑père à la maison.  Toujours accueillante, elle recevait

pour les Fêtes l`importante famille comme n`aurait pu mieux le faire

le gérant d`un  hôtel avec  des plats  québécois dont  les recettes

étaient transmises de mères  en filles.  Son  mari animé  d`un fort

esprit de famille était un menuisier  et un ébéniste qui  devint un

entrepreneur et initia ses garçons à ses activités. Il mourut alors

que son plus vieux garçon n`avait pas terminé ses études et que ses

deux filles aînées se destinaient à l`enseignement.    

 

Claire, de  part  d`anciennes  photos,  était  féminine,  jolie  et

coquette. Elle  se maria  et eut  deux garçons  brillants.  Jacques

bénéficia de leur accueil familial lorsqu`il occupa un emploi d`été

en arpentage.                        

 

Pierrette que Jacques apprît à connaître alors qu`elle et sa famille

de huit enfants laissèrent la  Côte Nord.   Il découvrit  une jolie

femme chaleureuse. Son mari avait  été directeur de la distribution

d`un breuvage  populaire.   Plusieurs   de  ses  enfants  devinrent

comptable, ingénieur, …                     

 

 

Thérèse, d`une nature généreuse fut la seule des aînés à poursuivre

des études (en  pédagogie)  avec l`aide  financière  de son  frère,

Richard.   Elle eut  un fils  et poursuivit  des études  en sciences

sociales. Au  mariage de Jacques  et de Suzie, elle  agissait comme

témoin à Jacques.                        

 

Hélène mariée  et   mère  de  deux  garçons  et   d`une  fille  fut

admirablement secondée par  un mari  fort socialement  et généreux.

Ses deux garçons acquirent une formation universitaire en théologie

tandis que leur soeur devint chef de laboratoire.      

 

Emile eut de légers problèmes de santé (hernie)  à son adolescence,

dirent‑ils   à Jacques.  Il se maria et mourut accidentellement.  Il

était un excellent chasseur.                  

 

François,   sensible   et   généreux   poursuivi   des   cours   par

correspondance, se maria, travailla  sur le Côte‑Nord.   Ils eurent

cinq enfants dont un garçon.   Ses filles excellèrent  en natation,

patinage artistique,   …  et   elles  poursuivirent   des  études

universitaires et collégiales.  L`une  d`elle était la  filleule de

Jacques et de Suzie, son épouse.              

 

Jean‑Louis excella dans  les  travaux de  construction  ce qui  lui

permit de subvenir aux besoins de  sa famille de trois  enfants, un

garçon et deux filles. Sa résidence côtoyait la mer.       

 

Louise, intelligente se  maria à  un  français et  ils eurent  deux

filles. Elle travailla comme  enseignante et infirmière.  Son époux

oeuvrait à titre de spécialiste  en avionnerie et faisait  preuve de

leadership.                          

 

Jacques est le personnage central de ce récit.     

 

Martine, coquette et  pratique enseigna  et  se maria  à un  suisse

allemand et ils eurent un garçon.                  

 

Roberte, chaleureuse et généreuse devint infirmière et elle se maria

à un charmant  garçon  de   Québec.   Ils  n`eurent  pas  d`enfants

cependant ils aimaient  les  animaux.  Elle  était  la marraine  de

Simon. Son  mari avait  agi comme  témoin à  Jacques au  mariage de

celui‑ci.                            

 

Deux lettres reçues la  même année par  Jacques témoignaient  de la

chaleur et de la sincérité des liens unissant les  membres de cette

famille. Voici, la première:                 

 

 

 

 »                               Rimouski, le ….     

 

 

Cher frère,                          

 

Je viens te dire un « grand » merci pour ton empressement à répondre à

ma demande d`aide. J`en suis profondément touchée.  Dès que j`aurai

vendu ma voiture, je te rembourserai.            

 

Je suis heureuse d`apprendre que, Suzie et toi, vous vous entendiez

bien. La vie est plus agréable ainsi.             

 

Maman a passé une semaine  chez Roberte.  Ce  qui lui a  permis une

semaine de repos. Roberte était fatiguée et un peu nerveuse.  C`est

possible qu`elle soit enceinte.               

 

Veux‑tu dire à  Martine que  je  suis allée  au bureau  d`Education

Permanente pour son bulletin.  Je  leur ai donné son  adresse; elle

devrait avoir une réponse prochainement. Si l`on retarde qu`elle me

le dise.                             

 

Ici, ça va … Le travail se fait pressant.  Je réussis bien.  J`ai

eu de  la misère  avec  la  grippe.    Maintenant,  je me  porte  à

merveille. Je ne sors plus avec  Silvio.  Les fins de  semaine sont

plus longues mais ça passe …                

 

A la maison,  c`est la  même  routine.   La  vie est  toujours  « au

ralenti ».                            

 

Merci encore, et beaucoup de joie, succès en tout! Bonne chance!

 

Au plaisir de te revoir aux Fêtes.                 

 

Bonjour!                             

 

Thérèse. »                            

 

Une autre missive qui témoigne de la cordialité familiale entre  

Jacques et ses proches est la suivante:            

 

 

 »                               Saint‑Angel de Mérici, le …    

 

Bonjour,                             

 

Cher frère! Voilà, je m`assoie et je prends le temps de te 

remercier pour ta gentillesse lors de notre passage chez toi.    

 

 

J`ai toujours remis cela! En arrivant, j`ai repris mon ouvrage, le

ménage mais je me dis « il y a une limite ».             

 

J`espère que ta santé est bien, ainsi que le quotidien, le travail.

 

Clermont était très content, satisfait de son voyage; d`avoir vu le

jardin botanique et les enfants en parlent encore. Un gros merci!

 

François est arrivé pour un mois, samedi 5.            

 

Je sais que tes vacances approchent, nous espérons que tu descendes

dans notre coin de pays. Cela nous ferait plaisir à tous.   

 

Cette semaine, Clermont veut faire son voyage annuel à la basilique

Sainte‑Anne. Moi, je suis un peu  rétisante et il va falloir que je

prépare     les     enfants     et    effectue     rapidement     le

voyage.                                       

 

Amitiés de Clermont et des enfants!                

 

Au plaisir de se rencontrer, j`espère!             

 

Merci pour ta gentillesse! Becs!              

 

Hélène. »                             

 

Evidemment, le climat familial  n`était pas  toujours au  beau fixe

mais ces deux lettres conservées par Jacques traduisaient l`essence

profonde des communications parfois exprimée selon des styles et des

niveaux de langages différents.     

  Je veux découvrir des blogues!
×

Les meilleurs blogueurs québécois!

Abonnez-vous et faites rayonner les meilleurs blogueurs indépendants du Québec!


Non merci, ça me tente pas!

Pin ça sur Pinterest

Partager!