Il y a vingt ans …. http://talbot.quebecblogue.com Certaines choses n'ont pas changées! Thu, 23 Nov 2017 19:39:14 +0000 fr-FR hourly 1 http://talbot.quebecblogue.com/files/2016/12/thumbnail_2791-1-150x150.jpg Il y a vingt ans …. http://talbot.quebecblogue.com 32 32 INVITATION À SOUMETTRE SA CANDIDATURE! http://talbot.quebecblogue.com/invitation-a-soumettre-candidature/ http://talbot.quebecblogue.com/invitation-a-soumettre-candidature/#respond Tue, 31 Oct 2017 19:16:21 +0000 http://talbot.quebecblogue.com/?p=221 INVITATION VERBALE /TÉLÉPHONIQUE DE LA CHAMBRE DE SÉCURITÉ FINANCIÈRE     INVITATION ÉCRITE  DE LA CHAMBRE DE SÉCURITÉ FINANCIÈRE   PRIX DISTINCTION + PRIX CARRIÈRE Distinguez-vous davantage.Posez votre candidature dès maintenant! C’est avec fierté que la CSF remettra prochainement les Prix Excellence, et ce, pour une 10e année consécutive! Selon nos dossiers, vous êtes éligible […]

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INVITATION VERBALE /TÉLÉPHONIQUE DE LA CHAMBRE DE SÉCURITÉ FINANCIÈRE

 

 

INVITATION ÉCRITE  DE LA CHAMBRE DE SÉCURITÉ FINANCIÈRE

 

PRIX DISTINCTION + PRIX CARRIÈRE

Distinguez-vous davantage.
Posez votre candidature dès maintenant!

C’est avec fierté que la CSF remettra prochainement les Prix Excellence, et ce, pour une 10e année consécutive!

Selon nos dossiers, vous êtes éligible pour le «Prix Distinction» ou le «Prix Carrière» en raison de vos années de pratique.

Pour soumettre votre candidature à l’un de ces deux prix, cliquez sur les liens ci-dessous. Vous trouverez tous les détails relatifs aux conditions d’admissibilité et la liste des documents requis pour composer votre dossier de mise en candidature.

Prix Distinction (plus de 10 ans de pratique)
Prix Carrière (plus de 25 ans de pratique)

Qui sait, peut-être serez-vous l’une des trois personnes à rejoindre le panthéon du Cercle des spécialistes en santé financière!

La remise des Prix Excellence CSF 2017 se déroulera dans le cadre du Congrès de l’assurance et de l’investissement au Palais des congrès le 14 novembre prochain.

Vous avez jusqu’au 10 octobre, 17 h, pour soumettre votre dossier de mise en candidature.

Bonne chance!

Je pose ma candidature

Date limite d’inscription : 10 octobre 2017
Gala de remise des prix : 14 novembre 2017

 

Chambre de la sécurité financière
2000, avenue Mc Gill College, 12e étage
Montréal (Québec) H3A 3H3
Téléphone: 514 282-5777 ou 1 800 361-9989
Télécopieur: 514 282-2225
Courriel: renseignements@chambresf.com

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DOSSIER DE MISE EN CANDIDATURE 2017

PHOTOGRAPHIE

RENSEIGNEMENTS DEMANDÉS

PROFESSION 60 pts

Cheminement 30pts
Ma cartière dans le domaine des services financiers constitue tine deuxième carrière.
D’abord j’ai obtenu une formation dans les domaines:
• Techniques a l’École d’Art et Métiers de Mont-Joli, de l’Institut de Technologie de Rimouski, T.D.
• D’ingénierie a l’École Polytechnique de Montréal (Université de Montréal), Ba. Sciences Appliquées.
• De l’administration a l’University of Birmingham, Angleterre a titre de boursier du Commonwealth
• De Ia formation media donnée par Everest Relations Publiques
• De I’informatique relative aux ordinateurs HP3000
• Des services financiers à I’Université Laval, diplôme.
• De I’administration, plusieurs cours à I’Université du Québec à Montréal en lien avec le doctorat.
• De Ia planification financière à l’IQPF.

J’ai oeuvré notamment dans les secteurs:
• De l’aéronautique (Canadair/Bombardier) au plan de Ia gestion de Ia production et de Ia formation.
• Des télécommunications (Northern Electrique) à Ia gestion de projets de centrales téléphoniques
• De l’éducation (CECM) à l’ordonnancement des projets de construction de polyvalentes
• Du chantier olympique (Désordy-Duranceau) a titre de chef de service à Ia planification et aux calculs de quantités
• De l’aluminerie (Alcan) à Ia gestion de projets de développements industriels
• De l’énergie nucléaire (Canatom) à titre de chef de service, planification et ordonnancement
• Des télécommunications (Marconi) à Ia gestion de projets de développement de radios militaires
• De I’enseignement (Université du Québec a Montréal) de Ia stylistique du français technique et scientifique ainsi que Ia gestion de projets.
• De Ia vente des produits financiers et de l’assurance (Excel Dubeau, Gestion Sylgo 2000, Courtage FMD, …)
• De représentant en épargne collective auprés de Ia Commission des valeurs mobilière du Québec le 5janvier 1999
• De I’assurance, le programme de formation continue de I’Association des intermédiaires en assurance de personnes du Québec

• De Ia sécurité financière  de Financière Liberté 55

• D’assureur agréé (A.V.A.) auprès de la Chambre de la sécurité financière le 4 février 2007

Mon rôle a été celui de répondre aux exigences de mes employeurs selon les tâches définies de part mes fonctions.
J’ai favorisé l’utilisation des méthodes modernes de gestion et de l’usage de technologies récentes.

Plusieurs emplois sont reliés à Ia gestion de projets, planification, ordonnancement, contrôle des coûts
Les vingt dernières années ont été passées au service de Ia Financière Liberté 55.
Le souci de Ia promotion du français, langue du travail m’a animé au cours de ces nombreuses années.
Dans les media, j’ai maintenu une présence relative aux questions sociales, politiques, ….

Hauts standards 30 pts
De part, ma formation et mes qualifications professionnelles:
• Conseiller en sécurité financière • Planificateur financier • Assureur-vie agréé • Conseiller en assurance et rentes collectives • Représentant en investissements,
j’ai pu accompagner, conseiller mes clients dans de nombreux dossiers souvent complexes et élaborés.

En m’appuyant sur l’expertise et les ressources de sérieuses et importantes organisations telles les financières, les compagnies d’assurance et de placements, l’IQPF, j’ai pu répondre aux besoins financiers de mes clients et notamment en matière de planification financière.

À I’aide des media sociaux entre autres Facebook professionnel et Linkedin (3 300 abonnés), j’ai assure une presence professionnelle selon les exigences de Communication Québec. Mon Facebook personnel (5000 abonnés et 82000 j’aime) est particulièrement actif avec le nombre maximum de contacts internationaux (français, anglais, espagnol et les autres langues).
Le contenu des articles publiées contribue a rejoindre et renseigner plusleurs secteurs de Ia société en matière de planification financière et de services financiers.

En répondant, aux besoins et aux attentes de mes clients, j’ai respecté mon intégrité personnelle et professionnelle. Les deux vont de pair.
La prospection auprès des diplômés de mes alma mater; Université de Montréal, École Polytechnique, University of Birminghan in Canada, Institut de Technologie, Université du Québec à  Montréal.

Le maintien d’une présence dans les médias locaux, les publications universitaires, corporatives et de compagnies a facilité l’accès à une clientele diversifiée.
Apprécier notre domaine de spécialisation est important pour notre satisfaction personnelle et celle de notre clientèle. Pour ma part, j’ai eu le loisir de connaître et d’exercer professionnellement dans le domaine de Ia planification industrielle, commerciale et personnelle.

COMPETENCE 20 pts
Formations 15 pts
Les études ou formations suivantes ont entre autres été complétées:
Le cours des Fonds d’lnvestissements Canadiens de l’IFIC le 31 octobre 1997
Atelier Programme de Stage de London Life 8 7 1999
Diplôme en assurance et produits financiers comportant 45 crédits de l’Université Laval le 25 février 2007
Diplôme de Planificateur Financier (Pl. Fin.) de l’lnstitut de planification financière le 1 mai 2004.
Les cours d’appoints et spécialisés offerts par Ia Financière Liberté 55, Great-West, Manuvie,
Sun Life, Empire, les formateurs professionnels, de l’IQPF, de l’AMF,
Diplôme de technicien de Institut de Technologie de Rimouski date du 20 mai 1960
Diplöme de l’Ecole Polytechnique date du 27 mai 1966
Diplôme de M. Sc. de l’University of Birmingham date du 15 décembre 1967
Cours d’espagnol à l’Université de Montréal en 1988

Distinctions 5 pts
Pour le 2e trimestre de 2000, je fus reconnu comme le Rocky, no 1, de mon agence, Centre Financier Liberté 55.
Le 27 juin 2003, le Vice-Président de Ia Financière Liberté 55 me félicite et écrit que dans le cadre
de Ia Campagne de juin, j’ai souscrit un volume total de 1 078 147 et grâce à ces résultats
exceptionnels, j’ai grandement contribué au succès de Ia Financière.
Le 12 mars 2009, je fus reconnu comme un conseiller prometteur en placements par le
directeur régionaI, Placements, The Resource Centre, Great-West, Quadrus Investissement
Services Ltd.
Le 22 décembre 2014, J’ai reçu les félicitations et remerciements pour ma contribution au
recrutement de candidats potentiels de Ia part du directeur regional du CF Quest du Québec de
Ia Financière Liberté 55

IMPLICATION PROFESSIONNELLE ET SOCIALE 20 pts

Réalisation relativement à Ia profession 10 pts
A l ‘aide des media sociaux entre autres Facebook professionnel et Linkedin, j’ai assure une présence professionnelle selon les exigences de Communication Québec. J’ai rédigé plusieurs articles ayant trait à Ia profession et aussi reproduit des articles d’intervenants du milieu.

Sur Linkedin, je suis membre de plusieurs groupes relies a Ia profession.
Le contenu des articles publiées contribue a rejoindre et renseigner plusieurs secteurs de Ia société en matière de planification financière et de services financiers.
J’ai secondé les nombreuses campagnes de promotion des organismes règlementaires auprès du public.

Engagement social 10 pts
Je me suis notamment impliqué à titre de ..

Secrétaire trésorier au chapitre local d’une association communautaire et d’envergure internationale,

• Trésorier et président d’une association de comté au niveau politique,

• Secrétaire d’une association régionale professionnelle et administrateur élu de Ia même organisation pour le Québec,

• Conférencier lors de l’assemblée annuelle d’une organisation professionnelle au niveau regional,

• Bénévole lors de phonotons, operations Coup de fils pour fins de financement d’une association professionnelle pendant plus de dix ans,

• Bénévole ayant contribué au mieux- être et à l’accroissement de Ia visibilité et de Ia notoriété d’une profession a titre de secrétaire régionale,

• Bénévole ayant contribuer à l’évolution de Ia corporation et à l’avancement de Ia profession

• Membre du club Hispanique de Boucherville pendant quelques années.

Sur blogue Québec, je publie une autobiographie rédigée, ii y a quelques années et via les médias sociaux que je présente périodiquement chapitre par chapitre ce volumineux document notamment sur Linkedin.
Essentiellement, je crois qu’iI est important de participer à Ia vie communautaire selon ses habilités afin de faire progresser Ia société, de contribuer à Ia définition de ses orientations

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CURRICULUM VITAE
NOM: ODILON TALBOT ADRESSE: 861, rue Jean-Collet Boucherville (Québec) 1433J1 (514) 655-2899 (518) 492-7094 Courriel: ji203@hotmail.com

ETUDES:
Collégiales

Institut de technologie de Rimouski: Technicien électricité,  Prix du Ministre de la Jeunesse du Québec

Universitaires

Université de Montréal, Ecole Polytechnique: ingénieur en électrcité et en électronique

Élu directeur des Activités Sociales, Boursier de La Fondation de Polytechnique et du Commonwealth

University of Birmingham, Angleterre: Maltrise en sciences de Ia gestion et du genie

Université du Québec à Montréal: Cours de perfectionnement au niveau de Ia maîtrise en gestion des affaires

Université de Montréal, Pavilion Lionel Groulx: Cours d’espagnol

American Management Association, Chicago: Systèmes d’information de gestion

Institut canadien des brevets, Ottawa: Séminaire de préparation aux examens d’évaluation de Ia compétence d’agents de brevets

Chambre de Ia Sécurité Financière du Québec: I’Université Laval de Québec au cours de Planificateur financier: 45 crédits

Conseil des assurances de personnes: Réussite des examens en assurance de personnes ;vie et accidents-maladie en 1997 et 1998.

Association des intermédiaires en assurance de personnes du Québec: Réussite de l’examen sur Ia déontologie (90%) le 7 juillet 1997.

Institut des Fonds d’investissements du Canada Réssite de l’examen du cours de PIFIC (15% de plus que I’exigence minimale) le 17 octobre 1997 Réussite des examens “Les concepts en assurance de personnes” (Niveau 1) de Ia Chambre de Ia Sécurité Financière du Québec avec un résuttat de 88% (exigences de 60%) Ie 17 décembre 1999.

Autres Cours de superviseur chez Canadair Session traitant de Ia dimension humaine de la gestion chez Richardson et Assoclés. Cours par correspondance des Editions Hume “Gérer et investir votre argent avec succès” Séminaire de formation media par Everest relations publiques. Session d’introduction au HP 3000 chez Marconi. Réussite de l’examen écrit de Ia haute fonction publique. Cours d’art oratoire

EXPERIENCES PROFESSIONNELLES:
– Financière Liberté 55 et les Investissements Quadrus Conseiller en sécurité financiêre
– Centres de courtage FMD Inc. et Excel-Vie (Groupe Dubeau)
Couseilier indépendant à titre de représentant de courtier en épargne collective et d’intermèdiaire en assurance de personnes.
– Consultant: J. 0. TALBOT ENR.
Invitation de M. Belout, Ph. D. (professeur a l’Université de Montréal) à présenter un séminaire sur Ia gestion de projets au Maroc à I’été 1998.
Réussite des examens relatifs à l’assurance et à Ia déontologie
Réussite des examens des fonds dinvestissements de I’IfIC
Présence sur Internet: Site du mois de juilet 1998 de l’Association des diplômés de I’Université de Montréal
– Représentation d’une entreprise de services et d’un cabinet juridique international espagnol
Inscrit an répertoire Conseils et vérification Canada pour les années financiêres 1993-94 & 1994-95.
– Société d’énergie de Ia Bale James: Projets de Ia phase II
– Université du Québec à Montréal: Enseignement du français scientifique et technique ainsi que Ia gestion de projets.
Bureau canadien des brevets: Preparation d’une demande de brevet.
– Marconi: Gestion de projets de recherche et de développement de communications militaires
– Alcan: Gesfion de projets de développements industriels: procédés, lcilités,
– Canatom: Chef de service de Ia planification et de l’ordonnancement
– Désourdy-Durauceau: Chef de service de Ia planification et calcul
– Commission des écoles catholiques de Montréal, CECM: Responsable de 1?ordonnancement des projets
Délégué de l’équipement de Ia CECM auprês du Conseil scolaire de l’Ile de Montréal
– Canadair: Aviseur et recherchiste en systèmes d’information au sein d’une équipe-conseil au Président
Adjoint au directeur du contrôle de Ia fabrication

RENSEIGNEMENTS PERSONNELS:
Langues parlëes et ëcrites: français, anglais et espagnol Statut civil: divorcé, pére d’un garçon et de deux petits-fils Conditions physiques: Excellente (Nautilus Action depuis plus de vingt ans)

EXPERIENCES ADDITIONNELLES:
– Administrateur élu par les membres en 1990-93 a 1’Ordre des ingénieurs dii Québec: Membre des commissions de Ia planification et du développement, des affaires professionnelles et corporatives, actif aux comités d’orientation de la Journée de l’ingénieur et de Ia rédaction d’un mémoire pour Ia commission Belanger-Campeau, représentant de l’OIQ auprès de l’Association des ingénieurs-conseils du Québec. Membre du conseil d’administration de la régionale Plein-sud de I’OIQ en 1989.

-Membre du conseil d’administration d’une association communautaire et intenationale en 1989.

– Trésorier et président d’une association politique de comté en 1981 et 1982.

– Membre de l’Association des Amigos de la cuttura hispanica de Boucherville et du Club Hispano americano de l’Université de Plattsburgh, New-York.

– Rédaction de nombreux articles à caractère professionnel et autres ainsi que d’un manuscrit.

-Connaissance pratique de plusieurs logiciels de gestion de projets, de traitement de textes, de chiffriers et autres.

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RECOMMANDATION!

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De : excellence [mailto:excellence@chambresf.com]
Envoyé : 25 septembre 2017 17:06
À : Talbot, Odilon <Odilon.Talbot@freedom55financial.com>
Objet : Accusé de réception – Prix carrière

Bonjour Monsieur Talbot,
Nous avons bien reçu votre candidature pour le Prix carrière de la Chambre de la sécurité financière. Nous vous remercions de la confiance et l’intérêt que vous nous témoignez.
Nous ne manquerons de communiquer avec vous, si nous avons besoin d’informations complémentaires,
Bien à vous,

Leslie Mavangui
Adjointe aux communications
514 282-5777, poste 2213

2000, av. McGill College, 12e étage
Montréal (Québec) H3A 3H3
chambresf.com

 

 

 

 

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13- Il y a vingt ans … Jacques notes concluantes http://talbot.quebecblogue.com/13-il-y-a-vingt-ans-jacques-notes-concluantes/ http://talbot.quebecblogue.com/13-il-y-a-vingt-ans-jacques-notes-concluantes/#respond Wed, 21 Dec 2016 03:16:41 +0000 http://talbot.quebecblogue.com/?p=136                          NOTES CONCLUANTES                Ce récit témoigne  de la  diversité des  situations vécues,  des choix qu`un individu doit faire,  de la complexité  des rapports inter personnels, de nombre de facteurs influençant le cheminement d`une personne, etc. Plus l`auteur écrit, élabore, plus il craint que cet essai rejoigne         peu de gens intéressés à de telles préoccupations. […]

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                         NOTES CONCLUANTES             

 

Ce récit témoigne  de la  diversité des  situations vécues,  des

choix qu`un individu doit faire,  de la complexité  des rapports

inter personnels, de nombre de facteurs influençant le cheminement

d`une personne, etc. Plus l`auteur écrit, élabore, plus il craint

que cet essai rejoigne         peu de gens intéressés à de telles

préoccupations. Possiblement qu`il a le trac comme les comédiens

le ressentent. Un témoignage digne de confiance heureusement lui

indique que ce  n`est pas  le cas.   Au pire,  l`auteur en  sera

quitte pour  un  exercice   favorisant  son  développement,  son

épanouissement personnel.  A  l`aide  de l`ordinateur,  l`auteur

aime bien rédiger des textes tel l`érection d`une pyramide qu`il

peut altérer  et  compléter.   Cet  écrit  ne  comporte  pas  la

description   de  la   vie   active   de  plusieurs   personnages

contrairement à  la  plupart  des  romains.   Est‑ce  que  cette

approche est  innovatrice?   Elle  est  possiblement  originale,

inusité!                                 

 

Le potentiel   humain  d`un   individu,  ses   préférences,  ses

habilités, ses orientations  sont multiples.   L`auteur désirait

que ce récit soit nettement positif, optimiste  cependant au fil

de l`inspiration il devint  réaliste, terre  à terre,  comme les

considérations maintes fois  répétées par  l`épouse de  Jacques.

Farci d`observations  dites  factuelles,   ce  récit  n`est  pas

susceptible de  plaire  à  tous  les  éléments  de  la  société.

Toutefois, des gens des milieux  ruraux et urbains  pourraient y

trouver quelques  intérêts  et matière  à  réflexion.   L`auteur

revient ou reprend  quelques sujets  en les  traitant de  façons

différentes afin de mieux exposer les opinions du personnage.   

 

Dans la société, il est beaucoup question d`images, de fascades,

tout est maquillé  souvent artificiellement  pour répondre  à un

modèle stéréotypé afin de s`ajuster aux résultats des sondages et

aux exigences telles que perçues. Jacques doutait que l`exercice

des plus importantes fonctions soient si enthousiasmantes que la

plupart des gens pensent  ou perçoivent.   Pour les  assumer, il

faut se conformer à un encadrement rigide, déshumanisant; composer

avec les forces en  place, quelqu`elles  soient.  Se  résigner à

respecter la   résultante  des   forces  en  cause,   peut  être

abrutissant et   constituer  un  esclavage,   un  asservissement

généralement bien rénuméré!   Présenter, projeter l`image requise

tout en étant quelqu`un d`autre derrière le décor, est fréquent.

Si l`image projetée ne plaît plus à la  clientèle‑cible, il faut

changer le  principal  figurant   après  avoir  essayé  diverses

formules moins draconiennes. De plus  lorsque l`on est prit dans

 

un des labyringues de la vie, il faut se conformer aux règles du

milieu afin d`accéder  éventuellement  ou espérer  y accéder  au

sommet.   Le  respect de  la  vérité,  de l`authenticité,  de  la

franchise, contrairement à l`hypocrisie,  s`heurtent constamment

aux intérêts  personnels  ou  de groupes.   Souvent,  les  hauts

dirigeants préfèrent que leurs personnels immédiats  soient très

sélectifs dans leurs  fréquentations ce  qui les  conduit à  des

perceptions tronquées de la  société.  Evidemment,  ce processus

n`est pas l`apanage exclusif de notre  société québécoise, bien

au contraire!   De plus notre  société québécoise est  prise dans

l`étau, l`encadrement américain.                       

 

Ce type d`écrit constitue une  coupe transversale, dit  en termes

d`ingénierie, de la vie d`un québécois, de sa  famille, dans son

rang natal et son école de rang, dans son village et son école de

village, dans sa ville et son collège, dans sa  métropole et son

université sur une période de cinquante  courtes années.  Ainsi,

que quelques ouvertures, déplacements  dans le  monde américain,

anglais, européen, sud‑américain et antillais.              

 

D`une façon concrète, l`auteur suivit le compte des pages de son

récit et adopta  le niveau  de  détails, entre  autres, à  cette

exigence, un nombre minimal de cent cinquante pages lui semblait

raisonnable à prime abord. Il enrichissait constamment son essai

et il révisait  celui‑ci  afin d`améliorer  le  français et  d`y

intégrer les nouvelles brides de réflexion, les nouveaux propos.

A chaque révision, de nombreuses erreurs étaient  corrigées, des

phrases réécrites pour  en  faciliter la  compréhension et  pour

préciser les opinions  de Jacques.   A chaque  jour, il  pensait

qu`il aurait  plus  rien  à  ajouter  à  ce  récit  et  que  son

imagination se tarirait. Toutefois,  jour après jour, soir après

soir, surgissait dans son esprit de  nouvelles idées, remarques,

des compléments d`informations, des  détails pertinents,  …  A

écrire presque journalièrement, Jacques se rappelait les paroles

du philosophe Moreau qui disait écrire quelques pages chaque jour

et qui publiait  des briques,  de volumineux  livres.  L`auteur  a

écrit plus de texte, couvert ou  noirci plus de pages,  que prévu

tout en  respectant  la  pensée du  personnage  et  il  pourrait

poursuivre ce récit car la personnalité, l`âme d`un individu face

à la société  comportent milles  et  une  facettes.  Il  pouvait

compléter, enrichir le récit en y insérant  de nombreux articles

et un de  ces  projets d`écritures  consistait  justement en  un

répertoire d`articles colligées  depuis 1965,  articles touchant

des dizaines  de  sujets.   Il disposait  d`autres  lettres,  de

correspondances   adressée  à   Jacques,  d`origine   maternelle,

fraternelle et amicale et de caractère personnel qu`il aurait pu

soit intégrer au  récit,  soit inclure  en  annexes après  avoir

obtenu l`autorisation des  auteurs.   A un  moment, l`épouse  de

 

l`auteur l`encouragea à étoffer, agrémenter son  récit de sujets

susceptibles d`intéresser vivement le lecteur éventuel et d`autre

part, la lecture d`un chapitre de ce récit  préliminaire lui fut

pénible craignant que les lecteurs considèrent comme factuels les

descriptions, les  faits   familiaux  et  personnels  présentés.

L`auteur espère  que  son   récit  comporte  certaines  facettes

originales sans toutefois excéder certaines limites ou niveaux de

tolérance acceptables à une majorité de  citoyens.  La diversité

des endroits où l`action se déroule est  des plus considérables.

Il aurait espérer que  ce récit  contribue à  l`élargissement du

bagage de connaissances de  Madame, Monsieur  tout‑le‑monde.  Il

craignait que plusieurs soient incommodés par certains propos et

que peut‑être encore une fois les initiés à  la politique, entre

autres, en profiteront le plus.  Le fils de  l`auteur sans avoir

lu ce récit, croyait‑il, s`intéressait aux divergences possibles

entre ses positions personnelles tout au long de son cheminement.

L`auteur lui  mentionna que  vivre;  c`est  évoluer et  que  son

évolution était  marquée  au  sceau  du  nationalisme  québécois

francophone.   Le   texte  est  légèrement  ambivalent   afin  de

souligner   quand   même    quelques   alternatives   fréquemment

inacceptables au  personnage  principal.  Ce  récit  pourrait  en

définitive être poursuivi  indéfiniment  au  gré des  événements

influant sur la vie personnelle de l`auteur, de sa famille, de la

sa société  lui   fournissant  l`opportunité  d`enregistrer  ses

positions face à l`évolution de  son milieu au cours  des jours,

des semaines, des ans,  …  Certains  événements confirmeraient

ses vues,  ses  appréhensions,   …  tandis  que  d`autres  les

infirmeraient.                                

 

Que peut‑on   tirer  personnellement  et   collectivement  d`une

description et de la connaissance du cheminement, du profil d`un

individu? Naturellement, s`il  s`agissait d`une personnalité, le

récit retiendrait  l`attention  de  plus de  gens!   Aux  futurs

politiciens,   la   rédaction  succincte   d`une   autobiographie

s`avérerait sûrement informative pour le candidat  et aussi leur

entourage ou  leurs  électeurs.   Une  autobiographie  effectuée

périodiquement ou mise à jour périodiquement pourrait révéler un

portrait authentique du  personnage, de  son âme  comme certains

disent à la condition de faire fi  de l`opinion  publique ce qui

n`est pas à la portée de tous ou avantageux. Doit‑on préférer la

perception d`un  individu  de  lui‑même  à  celle  de  quelqu`un

d`autre? Supposons que  plusieurs individus feraient franchement

la description de leur vie. Est‑ce que ces données partielles de

la vie de chacun, ces témoignages  fragmentaires pourraient être

utiles à quelqu`un?  La  perception de l`auteur  est subjective!

Ces données plus  qualitatives  que celles  des sondages  ciblés

représenteraient une  source  de données  additionnelles.   Pour

l`auteur, quel est l`intérêt d`entreprendre une  telle démarche?

 

Une meilleure connaissance  de  soi‑même, une  image plus  juste

projetée aux lecteurs!  Cette démarche n`a  rien de scientifique

si ce n`est qu`elle est conduite par un  scientifique et qu`elle

est sincère et  audacieuse  au plan  personnel!   Je laisse  les

lecteurs,   juges  de   ce  récit   rédigé  sans   prétention  et

sincèrement!                                  

 

On suggéra à l`auteur de compléter son récit en prolongeant ou en

extrapolant l`avenir.   Il ne savait qu`écrire  car jusqu`ici son

récit témoignait plutôt  de  situations observées  qu`imaginées.

L`avenir est difficile à prédire pour quiconque. L`auteur aurait

pu inventer des scénarios  d`une vie dans  un cadre  identique à

celui décrit  ci‑haut,  une  situation de  personne  séparée  et

remariée ou  vivant  une  relation  homosexuelle  et  finalement

quelqu`un désireux d`entrer dans un ordre religieux ou encore la

vie d`un  futur  premier  ministre  et  que  sais‑je!   Ce  sera

peut‑être pour un  prochain écrit!   Au cours  de la  rédaction,

beaucoup de  gens  lui  demandèrent  « Quel  est  ton  éditeur? ».

Jacques   espérait  que   celui‑ci  entreverrait   des  avantages

financiers, pécuniaires à  la publication  d`un tel  récit et  que

certaines pressions, s`il y en avait, seraient surtout positives.

Certains éditeurs  préféraient   publiés  les  bouffonneries  de

personnages   humoristiques.    D`autres   lui   suggéraient   de

poursuivre son essai  en la  fractionnant en  trois volets  pour

mieux préciser le contenu du  présent document et  l`astiquer de

menues descriptions comme certains écrivains font.   Une proche,

lectrice invétérée, lui conseilla d`atteindre le trois cent pages

de caractères de grosseur  moyenne si  possible sans  diluer son

texte.                                  

 

Le directeur d`une revue et d`un mouvement nationalistes témoigna

de son très  grand intérêt  à son  manuscrit tout  en se  disant

dépourvu de moyens dans le domaine de l`édition.  Il considérait

la publication d`un  livre comme  étant « toujours »  difficile et

Jacques croyait que les moyens dont disposaient certains auteurs

leur rendaient cette tâche moins difficile, pénible. A défaut de

réussir  à  publier son  manuscrit  ou  en sus,  des  périodiques

régionaux auraient pu  acheter  conjointement un  ouvrage et  le

reproduire régionalement  par   brides.   Jacques  pensait,  par

exemple, à l`association des éditeurs de  la presse hebdomadaire

régionale francophone  toutefois  la fréquence  de  publication,

l`envergure et la  multitude  de périodiques,  les revenus,  …

pouvaient constituer des handicaps.                    

 

Une autre façon  d`enrichir  ce  récit eut  été  d`y ajouter  en

détails les  réalisations  de   Jacques  au  sein  des  diverses

entreprises et organismes. L`auteur aurait  pu puisé à même son

curriculum vitae, ces écrits.   Ici, l`auteur  a insisté  et mis

 

l`accent sur  sa  perception  critique du  milieu  québécois  et

autres. Certains  diront qu`il s`agit d`un  éclairage pessimiste

et même  « pisse  vinaigre », peut‑être!   Malgré  tout,  l`auteur

croyait traduire une partie de cet être sans doute exigeant pour

lui‑même et son entourage.                         

 

L`auteur était intéressé     d`obtenir des commentaires de divers

milieux, des  synthèses de  cet  essai,  un relevé  des  points

retenus comme significatifs, …  Si l`opportunité  lui en était

offerte, il réagirait positivement à ces propos en complétant et

en enrichissant ce texte.  Il  est laborieux pour  quiconque de

lire et de commenter un essai de plusieurs pages et l`auteur est

impressionné par la pertinence et le sérieux des remarques et des

observations recueillies à ce jour.   Un érudit et  un politicien

expérimenté, pratique et efficace releva et  souligna le plaisir

éprouvé à la lecture de ce manuscrit ce qui  intrigua et surpris

l`auteur qui avait présenté sérieusement plusieurs composantes de

la vie de Jacques, personnage sérieux et  généralement intégré à

son milieu sans percevoir clairement cet aspect  du récit.  Quel

était la nature de ce  plaisir; intellectuelle et autres  qui ne

reléguait pas  au second  plan  les  autres éléments  du  récit;

politique, sociétale, … et  contribuait à souligner  le cachet

littéraire de celui‑ci?   Ainsi,  le lecteur  de  ce récit  sera

distrait par  cet élément,  néanmoins,  l`auteur  espère que  le

personnage et ses préoccupations seront compris.   Il avait vécu

professionnellement   dans     les    milieux    technologiques,

scientifiques, économiques,   commerciaux,  …  et   cet  essai

témoignait tièdement de  ses  préoccupations,  obnubilé par  les

impératifs politiques contemporains québécois. Souvent, l`auteur

tout en recherchant le mot juste pour préciser sa pensée n`hésite

pas à utiliser des synonymes  afin d`illustrer le  sujet traité.

Cette approche lui semble originale, peu usuelle.           

 

Il appert que le Parti Québécois refuse par l`intermédiaire d`un

membre de son exécutif de seconder officiellement cette démarche

définie comme littéraire plutôt  que partiellement  politique en

s`abstenant de  présenter   quelques  phrases  de  présentation.

Jacques n`en  aurait  probablement  pas  été  surpris  de  leurs

réactions à  ses  propos  et  à  sa  perception  de  la  société

québécoise.   Mieux   valait   ménager  la   susceptibilité   de

personnalités en l`absence  d`engagement actif  de la  part d`un

membre et  ancien  militant!   Attitude  réaliste  comme  aurait

répondu Suzie!  L`avenir  révélerait  peut‑être  qu`il en  était

mieux ainsi!                                           

 

Un autre éditeur classa ce manuscrit au rang de  récit, de roman

ou de littérature en général.  Le texte s`apparentait  plus à de

la littérature qu`à  une étude  savante  ou un  essai.  Même  si

 

l`auteur   considérait le récit véridique, il était généralement

d`accord avec cette appréciation.                      

 

Plusieurs titres à cet ouvrage ont été envisagés, considérés par

l`auteur nommément: Une  vie,  Récit  d`une vie,  Autobiographie

romancée, Un homme; sa vie,  ses actions,  ses idées, La  vie de

Dillon, La vie de Ti‑Dillon, La vie de Dillon par Dillon, La vie

de Jacques   par  Jacques,  La   vie  de  Jacques   par  Dillon,

Témoignages, Témoignages   ou  démagogie,  Regard  sur   la  vie

québécoise, Vivre et laisser vivre suggéré par son épouse.       

 

Un   auteur   interviewé  soulignait   l`entreprise   personnelle

giganteste qu`est la rédaction d`un roman de deux cent pages. Il

dévoilait son égo, il s`appuyait  sur ses ressources  vives sans

encouragement particulier.  Son  désir d`affirmation,  de survie

même et les exigences  matérielles relatives  à sa  famille lui

permettaient   de   déployer    les   énergies   nécessaires   au

parachèvement d`un tel projet d`écritures. Il écrivait pour être

lu de façon à  vivre de  ces activités;  c`était son  métier, sa

profession.   Somme  toute,  tout  comme  lui,  il  aurait  aimer

soutirer quelques sous pour lui permettre d`assurer une présence

dans le milieu du travail.                   

 

L`auteur subit de multiples pressions visant à éliminer le volet

sexualité de son personnage principal et il  s`y refusa.  Malgré

les difficultés du sujet, il considérait important et fondamental

cet aspect de l`être humain. Somme toute, son personnage s`était

contraint, autodiscipliné énormément  en  ce domaine.   D`autant

plus que l`auteur décelait un intérêt populaire pour ce sujet des

plus naturels.                               

 

Il se demandait en entreprenant sa  démarche littéraire pourquoi

il avait le goût, ressentait le besoin d`écrire.   Un élément de

réponse pouvait être que cette activité comme tant d`autres était

requise pour son  équilibre personnel,  sa santé  à l`instar  de

l`exercice de d`autres fonctions, ici, il s`agissait de fonctions

intellectuelles alors qu`en  d`autres domaines  on parlerait  de

fonctions biologiques, etc.  L`aspect  pécuniaire n`avait  pas agi

comme   agent  déclencheur,   croyait‑il,  néanmoins   un  afflux

monétaire était toujours souhaitable et cependant peu prévisible

surtout en des moments de précarité financière.             

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             XIII‑ L`ALLUSION A L`APOGÉE DE LA VIE          

 

Jacques espérait travailler jusqu`à soixante ans avant de prendre

sa retraite  ayant manqué  quelques  années  de travail.   A  la

retraite, Suzie et Jacques comptaient s`installer  à leur chalet

en permanence et s`acheter une propriété en  Floride à proximité

de la mer où ils séjourneraient l`hiver.                        

 

En vieillissant, Jacques  envisageait que  son amour  pour Suzie

serait de   plus  en   plus  intense  au   niveau  intellectuel,

sentimental, sensuel  et  peut‑être  moins  fréquemment  exprimé

physiquement ou sexuellement.                      

 

Afin   de  mieux   administrer  ses   finances  personnelles   et

familiales, il avait  suivi  un cours  par  correspondance à  ce

sujet.   Ce cours  très complet  à  son avis  offert en  français

exigeait   de  nombreuses   et   laborieuses  lectures,   Jacques

assimilait un fascicule chaque semaine  et il eut  l`occasion de

souligner quelques anomalies aux auteurs.   Malheureusement, ces

connaissances devinrent  périmées,  s`oublièrent avec  le  temps

toutefois la documentation  lorsqu`assimilée pouvait  facilement

être   consultée.    Jacques  discutait   d`investissements,   de

placements personnels avec son courtier, un  confrère de classe.

Entre autres, il  aurait  aimé investir  au  Japon plutôt  qu`en

Allemagne comme suggéré cependant il craignait  que le processus

d`unification des Allemagne conduisit à une baisse de plusieurs

titres.                                  

 

A maintes reprises, Jacques  recommanda l`achat  de livres  à la

bibliothèque locale.   Il appréciait  ce genre de  service.  Les

ouvrages recommandés surtout de natures économique, politique et

scientifique lui parvenaient environ un mois après sa demande. A

proximité de Montréal, les Laberge étaient  conscients qu`ils ne

profitaient pas aux maximum  des activités offertes  à Montréal.

Souvent comme disait la chanson  « On court  après ce que  l`on a

pas ».                                    

 

Jacques   fut  gentillement   sollicité,  par   une  connaissance

richissime qui avait été  inoccupée durant plusieurs  mois, pour

vendre, distribuer un produit sanitaire pour  une organisation à

niveaux multiples.  Son  soucis était  la qualité  du produit  à

offrir à des parents, des amis, des connaissances et autres ainsi

que l`éventail des caractéristiques du produit tel que préconisé

par la  compagnie  américaine.  L`intermédiaire  était  ontarien

comme c`était  souvent  le  cas  ou  anglophone  de  l`ouest  de

Montréal.   Jacques  avait confiance  à  ce  copain néanmoins  il

 

décelait les  approches de  mise  en  marché apprises  de  cette

organisation   américaine   similaire   à  celles   de   d`autres

organisations alors  pyramidales   qui  expériencèrent  quelques

problèmes fiscaux.    Il  lui   expliqua  que  dans   un  Québec

indépendant ces  compagnies   pourraient  préférablement  opérer

directement comme   succursale  américaine   sans  intermédiaire

ontarien, canadien. Ce copain n`étant  pas bilingue se devait de

faire confiance à ces intermédiaires et Jacques crut qu`il aurait

aimer qu`il lui serve de  traducteur et de compagnon.   Un geste

banal, l`achat d`une nouvelle fournaise l`obligea  à changer de

fournisseur de mazout afin de bénéficier d`un  rabais offert par

l`Hydro‑Québec. Il  se proposa de  revenir bientôt à  son ancien

fournisseur dont le siège  social était  à Montréal  plutôt qu`à

Toronto et la production était conduite au Québec.          

 

Quelques fois, Jacques relisait  ses écrits datant  de plusieurs

années et  il  en   redécouvrait  malencontreusement  encore  la

pertinence.   Il aurait  préféré  que non  seulement les  mesures

suggérées eussent été prises mais que  des résultats concluants,

nommément l`indépendance  du  Québec  eut  été  réalisée,  s`eut

matérialisée. Il avait pensé compte tenu de son peu de notoriété

solliciter   l`appui   du   Parti   Québécois,   d`un   mouvement

communautaire, de son ordre professionnel  et de ses  alma mater

sous la forme d`annonces, de contribution à un  préambule ou une

préface si  jamais  il  écrivait  un  livre.   La  rédaction  de

remarques préambulaires pourraient être délicate en raison de la

diversité des sujets traités et des propos avancés.         

 

Jacques considérait avoir vécu  d`une façon peu  intense souvent

dans un premier temps confiné à l`étude de  sujets techniques et

ensuite administratifs.   Son travail professionnel  requérait un

minimum de réunions, de  rencontres et également  de préparation

individuelle. Les périodes de probation chez un nouvel employeur

constituait probablement les moments les plus enrichissants même

s`ils supposaient  un  certain   recommencement  dans  un  cadre

différent.   La  connaissance   du  personnel  requérait  souvent

quelques mois!   Rarement,  sa progression  professionnelle  fut

stimulante, à  l`exception   peut‑être  du  chantier  olympique.

Compte tenu  du nombre  de  ses  analyses  et de  ses   rapports

produits lorsque fonctionnaire,  il  devait manquer  de défis  à

relever voyait  Jacques  après  quelques  années  de  recul,  en

rétrospective. Il  n`était pas  conditionné à  un tel  milieu en

raison de  la  nature  « élitique », éclectique  de  sa  formation

académique qui le  motivait à  aspirer à  plus, à  réaliser plus

intensément, complètement sa  carrière,  sa  vie.  Ses  énergies

étaient probablement  mal  canalisées.    Sa  perception  de  sa

carrière aurait pu être différente; il aurait pu envisager comme

son épouse lui répétait souvent un emploi stable, routinier, bien

 

rénuméré, professionnel  sans rien  de  plus  si ce  n`était  un

avancement possible   et  une  progression   salariale  minimale

assurée.   Ses attentes  excédaient  celles‑ci.  De  plus, il  ne

partagea pas toujours les valeurs sociétales de ses supérieurs et

il représentait  en  certains milieux  un  élément  minoritaire.

Jauger adéquatement les capacités de l`organisme, du supérieur et

leur marier ses attentes, auraient probablement été faire preuve

de sagesse.   Il se  demandait  quand  même s`ils  auraient  été

satisfaits de quelqu`un démontrant une telle envergure.     

 

Les appréhensions de Jacques  au sujet  des travaux  effectués à

titre d`expert‑conseil  furent  confirmées  car  il  apprit  que

plusieurs consultants;  un  sur  trois  chaque  année  faisaient

l`objet de plaintes  souvent  de la  part  de compétiteurs  d`où

l`importance de  s`assurer  contre les  risques  professionnels.

Encore fallait‑il que la valeur des marchés en cause en valait le

coût, la peine en sus  des risques financiers  inhérents.  Mieux

valait oeuvrer  pour  une  organisation  bien  établie  afin  de

bénéficier d`un encadrement adéquat et représentant   d`un client

solvable.                                

 

Suzie ne se résignait pas ou ne se risquait  pas toujours à lire

les écrits de Jacques et  quelques fois elle en  appréhendait la

parution. L`absence de connaissances  en une matière contribuait

toujours à insécuriser quelqu`un d`autant plus  que la situation

professionnelle de Jacques était  stagnante à  certains moments.

Malgré tout,  Jacques considérait  les  aspects  positifs de  sa

situation en ces moments: disponibilité auprès de  sa famille et

en général,   loisirs  impressionnants,  périodes   de  vacances

conjointes avec son  épouse d`une  durée de  plusieurs semaines,

grâces matinées lorsqu`aucune activité était prévue,  …  Même,

les millionnaires   occupés  à  gagner  leur   prochain  million

disposait d`un moins intéressant sort!                 

 

Suzie qui n`avait  lu que  quelques extraits  touchant leur  vie

commune reculait, hésitait devant la possibilité qu`un essai soit

publié, essai auquel Jacques avait travailler  plusieurs mois et

d`une valeur  d`environ cent  mille  dollars.   En l`absence  de

travail,   il   s`était   permis  une   démarche   intellectuelle

personnelle   qu`il   aurait   aimer  rentabiliser   en   termes

monétaires, de notoriété,  de popularité,  …  Pourtant,  Suzie

était loin d`être insensible à l`aspect  monétaire cependant les

réactions, réticences émotives  face à  l`intimité conjugale  et

personnelle étaient très présentes.   Elle se plaignait, un soir,

d`avoir vécu une journée exécrable alors que Jacques assistait à

un colloque.  Elle  semblait  soumise à  des pressions  sociales

indues. Le terme conjoint était de mise ici, croyait Jacques!   

 

 

Jacques croyait que plusieurs personnes essayaient de percer, de

connaître l`après‑mort,  l`au‑delà  à  partir  de  connaissances

limitées pour ne  pas dire  inadéquates; si  jamais des  données

sérieuses pouvaient être obtenues à  ce sujet.  La réponse  , la

solution religieuse  reposait  sur la  foi.   Combien  d`efforts

étaient consentis aux recherches personnelle et collective en ces

domaines. Plusieurs individus désabusés  de leur vie temporelle,

actuelle s`évertuaient   à  en connaître  plus,   à  déchiffrer

l`inconnu.   D`autres  étaient  motivés   non  seulement  par  la

recherche de l`au‑delà  mais aussi  des phénomènes  inexpliqués.

Bon   nombre  de   ces  adeptes   disposaient  de   connaissances

scientifiques assez limitées. L`étude  de ces zones grises, très

grises   plaisait   à   ces  recherchistes   amateurs   et   les

revalorisaient face à des gens ayant maîtriser officiellement une

ou des sciences.                              

 

Jacques considérait comme âge respectable; quatre vint ans. Age,

si atteint relativement en bonne santé, représentait  à ses yeux

une réussite au plan santé.                        

 

Une réflexion qu`il  estimait importante  était la  suivante: Au

lieu de masquer à peu près tous sous des dehors  de bon aloi, si

plus d`individus  parlaient   franchement,  beaucoup  de  tabous

tomberaient et les vrais situations, problèmes  seraient décrits

et pourraient être adressés, considérait Jacques.           

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                XII‑ L`APOGÉE DE SA CARRIÈRE                

 

Après vingt ans de mariage, il était encore amoureux de sa femme,

recherchait de  nouveaux  défis  professionnels  et  suivait  le

développement académique, culturel  et physique  de son  garçon,

Simon dont il était  fier.  Simon réagissait  face à  son milieu

familial et  il  était   très  sociable;  beaucoup  d`amis!   Il

s`intéressait à  une  gamme  importante de  sujets.   Ainsi,  il

excellait dans  les sports;  en  ski  il avait  travaillé  comme

moniteur et il pratiquait la natation, le  soccer, le badminton,

le   hockey,  …    Ses  expériences   de  travail s`avéraient

enrichissantes. Il  avait déjà visité  la Jamaïque en  solo avec

des confrères de classe et Jacques croyait qu`un tel voyage était

formateur; lui permettant de  comparer lui‑même deux  régimes de

vie et par tant  de mieux apprécier  le Québec.   Jacques aurait

préféré un voyage en Europe, néanmoins, il avait été favorable à

celui‑ci.   Jacques   considérait  Simon   renseigné,  équilibré,

intelligent, honnête  et  responsable.  De  plus  toujours,  ils

échangeaient informations et idées sur tous les sujets possibles.

Jacques constatait qu`il ne pouvait expérimenter, vivre pour lui

comme il l`expliquait souvent à Suzie.                 

 

Voici les  quelques  mots  qu`il  lui adressa  le  jour  de  son

dix‑neuvième anniversaire:                         

 

« Heureux anniversaire Simon!                       

Te, voilà, bien lancé sur le chemin de la vie!              

Tes parents sont fiers de toi!                     

N`hésite pas à te dépasser!                   

Ils te seconderont toujours de leur mieux! »                 

 

Déjà, Jacques considérait  Simon comme  vieux, se  rappelant ses

frères à cet âge,  et à  plus forte raison  lui qui  touchait la

cinquantaine. Il considérait les jeunes plus francs, naturels et

moins contraints artificiellement par la société  que les jeunes

adultes de son temps.  Ils  étaient d`une certaine  manière plus

vulnérables et heureusement qu`ils étaient plus  renseignés.  Il

était   heureux  de   les  savoir   généralement  et   résolument

nationalistes et il espérait que leurs expériences de travail ne

les feraient pas dévier de leurs objectifs politiques naturels.  

 

Un   soir  à   la   télévision,  une   astrologue  décrivit   les

caractéristiques des tenants du signe astral « Poisson » et Jacques

en compagnie de son épouse y retrouvèrent  certains attributs de

Jacques; masculinité  douce,  sensibilité,  grande  intériorité,

qualité d`amoureux, intérêts multiples et diversifiés, amour des

 

gens et de  la  vie, intelligence,  …  compatibilité avec  les

« Taureaux », son épouse étant  un « Taureau ».  Jacques  ne croyait

pas à l`astrologie toutefois ce sujet  l`amusait surtout lorsque

les remarques étaient positives.   Son fils lui faisait justement

remarquer qu`il  était  difficile   pour  quiconque  de  prédire

l`avenir à des  millions de  « Poisson » à  la fois.   L`horoscope

chinois semblait  assez juste  dans  la  description des  traits

généraux de Suzie et de Jacques, étant respectivement une chèvre

d`eau et un serpent de métal.  La personnalité d`un individu est

si complexe  qu`il  était  facile pour  quiconque  de  retrouver

quelques éléments  de  vérités  dans  tout  ces  dires,  pensait

Jacques.                                

 

Un matin,   Jacques  se   rappela  exceptionnellement   un  rêve

particulier. Il avait observé un monde en détérioration dont les

éléments étaient  à   des  stades  plus  ou   moins  avancés  de

pétrification.   S`agissait‑il  d`une  image  d`un  monde,  d`une

perception du monde  actuel, de  notre environnement?   Même, le

chef du groupe  sous ses  vêtements blancs  cachait un  physique

dégoûtant! Jacques  ne savait  trop comment interprété  ce rêve!

Un autre rêve  noté  matinalement consistait  en une  exhaustive

entrevue en anglais pour  un poste d`ingénieur  en électronique.

Ayant subi plusieurs entrevues en milieu anglophone montréalais,

ce rêve témoignait de ses antécédents et de son souci d`obtenir

du travail même  en  anglais, interprétait‑il!   Par hasard,  il

consulta dans une librairie un ouvrage décrivant la personnalité

du porteur d`un nom donné.  La sienne s`appuyait essentiellement

sur un esprit de synthèse et ce personnage préférait laisser aux

autres le soucis des détails lorsque loisible. Beaucoup d`autres

caractéristiques énumérées le frappèrent! Toutefois, la personne

humaine étant   très  élaborée,  complexe   plusieurs  remarques

pouvaient convenir à bon nombre d`individus!                

 

Il avait écrit  au Vice‑président  du service  commercial de  la

General Motors à Oshawa pour lui décrire  les problèmes encourus

avec sa voiture et son  appréhension suite à l`expiration  de la

garantie.   Préalablement à  l`expiration  de  cette garantie,  il

devait en connaître d`autres et, malgré  les nombreux traitements

anti‑rouilles, les peintures     des portières étaient cernées de

rouille et la  peinture  se détachait  facilement.  La  dernière

voiture avait justement été changée       car les serrures et la

fermeture des  portières étaient  problématiques.   Heureusement

qu`avec un  quatre  portes  celles‑ci étaient  de  plus  petites

dimensions.                              

 

La réaction naturelle  de  Suzie en  était  une attentiste,  une

empreinte de prudence et féminine jusqu`à un certain point à ses

yeux. En  période de  recherches de  nouveaux défis,  Jacques se

 

sentait généralement appuyé par son épouse dans ses démarches et

elle le secondait en contribuant à la stabilité financière de la

famille. A  cinquante ans  et après quelques  mois d`inactivités

réduites, il était  plus difficile  pour Jacques  de trouver  un

nouvel emploi, semblait‑il! Il se souvenait d`avoir participer à

des comités de sélection et  d`avoir embauché du  personnel.  Il

préférait   recruter   des   professionnels   de   son   âge   ou

préférablement plus jeunes.   Elle même  avait changé  cinq fois

d`employeurs et Jacques l`avait fortement encouragée  à accepter

sa dernière offre d`emploi dans le secteur parapublic.  Quelques

fois, elle lui mentionnait qu`elle le trouvait compliqué et qu`il

analysait les situations  et  aussi son  comportement afin  d`en

tirer des leçons. Au cours  de certaines périodes, il veillait à

la préparation des repas, du ménage (qu`il détestait cependant il

en appréciait  les  résultats)   et  agissait  comme  taxi  plus

fréquemment. Il suivait  les dépenses de la famille  à l`aide de

son ordinateur,  gérait  les  portefeuilles des  membres  de  la

famille et complétait  les rapports  d`impôt.  Durant  plusieurs

mois, il entreprit  des  travaux de  rénovation des  résidences,

suivit des cours d`espagnol et ensuite les téléromans espagnols à

la télévision et s`intégra socialement en tant que bénévole dans

plusieurs mouvements actifs ou oeuvrant soit au niveau québécois,

soit au plan international.                       

 

Jacques exerçait constamment son esprit d`observation et souvent,

il décelait des failles mineures ou d`importance, le conduisant à

présenter des   recommandations,  des  suggestions   perçues  et

accueillies dans des climats positifs, réceptifs, d`indifférence,

négatifs ou rébarbatifs.  Trop souvent, ses  suggestions étaient

perçues comme des  critiques  au lieu  d`être accueillies  comme

contributions.   En  parlant  de  sujets qui  le  touchaient,  il

croyait entretenir   des  relations,  des   liens  authentiques,

véritables plutôt que de parler  de généralités et  d`offrir des

remarques flatteuses en toutes occasions.              

 

Jacques mentionna  à son  copain  superviseur  de plus  de  cent

manoeuvres que l`organigramme de son entreprise lui semblait pour

le moins faible  et que  superviser directement  cent manoeuvres

avec succès ne l`habilitait pas nécessairement à superviser cent

professionnels, par  exemple.   Il croyait  lui  rendre  service

ainsi. Quelques fois, ce genre de services était apprécié à leur

juste valeur seulement  quelques années  plus tard  car tout  le

monde aimerait à  prime abord  devenir premier  ministre demain.

Dans un geste  de désespoir,  Suzie avait  suggéré à  Jacques de

travailler comme manoeuvre pour  ce copain  de longue  date.  Il

s`agissait qu`une des mille suggestions qu`elle avança désireuse

d`aider son époux et son foyer.                    

 

 

Son épouse était nerveuse en ces périodes se refusant à accepter

qu`un professionnel qualifié  et expérimenté  perde ou  gaspille

ainsi sa vie professionnelle et sa vie. Jacques devait affronter

journalièrement des critiques de sa part ce qui lui demandait des

surcroîts d`efforts de motivation en vue de prochaines entrevues

où il se devait de vendre  ses services.  Un jour,  un important

dirigeant de l`Ordre des ingénieurs adressa ses sympathies à son

épouse qu`il n`avait  jamais rencontrée.   Jacques considéra  ce

geste comme « inélégant », non avenu, mesquin  sinon « dégueulasse »

et il lui en fit part à plusieurs occasions.   Même, si souvent,

les ingénieurs s`exprimaient ouvertement plusieurs  y ajoutaient

la forme et faisaient  preuve de délicatesse  et de  doigté.  Ce

dirigeant n`en était pas  à ses premières  armes (gaffes)  en la

matière. Ses  commentaires impératifs ne lui  avaient sans doute

pas aider dans sa carrière professionnelle.  Par ailleurs, il ne

se souvenait pas de l`avoir aperçu avec son épouse.  Après avoir

occupé des postes importants à l`Ordre des ingénieurs du Québec,

au Conseil canadien des  ingénieurs ce dirigeant  se considérait

comme le propriétaire. D`ailleurs, sa nomination comme principal

dirigeant avait été contestée  par l`ancien titulaire  du poste

lors de la dernière  assemblée annuelle car  il avait  été nommé

sans concours officiel en raison de son ascendant sur le Bureau. 

 

Jacques rencontra  en  une  occasion l`épouse  de  ce  dirigeant

désobligeant à l`égard de son épouse. Il hésita à lui parler des

réactions de son mari face à Suzie.  Il lui mentionna simplement

que son épouse non familière avec le sens d`humour  de son mari,

elle en avait été  traumatisée à un  certain point.   La journée

suivante, ce dirigeant n`était plus accompagné de  son épouse et

elle lui avait souligné cette brève conversation.  De plus, elle

avait manifesté son désir  d`aborder le  sujet avec  l`épouse de

Jacques, Suzie. En sus, Jacques lui  avait fait part du fait que

son mari  avait  une  personnalité  forte  ainsi  que  lui‑même.

Jacques déplorait ces  batailles  de coqs,  ces quiproquos,  ces

pertes de temps, … tant de choses demeuraient  à être réalisés

harmonieusement! Ce personnage le remercia cavalièrement pour ne

pas s`être   présenté  soit   à  la   présidence,  soit   à  une

vice‑présidence ce qui indisposa Jacques et, s`il l`avait su, il

se serait peut‑être présenté toutefois il évitait généralement de

prendre en considération de tels commentaires  tachés d`intérêts

personnels. Il aurait été motivé à se présenter s`il avait connu

la position  d`un membre  de  la  direction générale  clairement

indiqué à son épouse durant la tenue des élections.  D`ailleurs,

ce dirigeant lui avait souhaité bonnes chances malgré le fait que

Jacques lui ait mentionné ses prédictions relatives aux résultats

des élections  qui se  sont  avérées  exactes à  cent  pour-cent.

L` »égo » de Jacques n`était pas  aussi important que  certains le

croyait   ou   que   lui‑même  le   soupçonnait!    Une   missive

 

encourageante d`une personnalité politique québécoise lui parvint

quelques jours suite à la tenue des élections au  Bureau grâce à

la lenteur du courrier; plus de dix jours.   Cette lettre aurait

pu constituer un élément déclencheur ou de motivation requis à la

poursuite plus active d`une promotion.  Un fait personnel, faire

l`amour avant le  Bureau au  lieu de  le faire  après aurait  pu

également contribuer à une plus grande  affirmation personnelle.

Jacques se souvenait  de la  carte de  souhaits reçu  du nouveau

président à l`occasion de son anniversaire qui mettait en relief

son âge.                                 

 

Former un conseil exécutif de cinq membres alors que vingt‑quatre

administratrices   et  administrateurs   composaient  le   Bureau

supposait préférablement une rotation importante des  membres du

conseil exécutif. Si Jacques aurait  désiré vraiment un poste au

conseil exécutif, il aurait sollicité le candidat pressenti à la

présidence pour un poste de  vice‑président ou encore  essayé de

former son équipe au conseil  exécutif comme la  dernière année.

Deux confrères sollicités  l`année dernière  lui dirent  cette

année que c`était  le  temps  de se  présenter!   Il était  las,

semble‑il!   Non  suffisamment  motivé!  Résultat  de  nombreuses

années de bénévolat peut‑être! Des sentiments de tristesse et de

désarroi   observés  chez   des   supporteurs,   de  cadres,   de

sympathisants lui firent  regretter  sa passivité  en ce  moment

stratégique. Avait‑il cédé à la  crainte d`être battu à nouveau?

Aurait‑il aimer être plus ouvertement solliciter?  Probablement!

Généralement, beaucoup  de  composantes   forment  un  décor  et

trouvait‑il que deux confrères  au conseil  exécutif suffisait?

Et quoi  d`autres!   Désirait‑il   réserver  ses  énergies  pour

d`autres causes: l`indépendance du Québec, …, d`autres tâches:

publication d`un livre, recherche d`emploi, de contrats, … tout

en poursuivant l`acquisition de connaissances et  d`expériences à

un rythme   réduit  à   l`Ordre.   Le  mauvais   traitement  des

propositions de Jacques à sa commission par  le nouveau président

ne le motivait aucunement à le  seconder directement!  Peut‑être

manquait‑il d`étoffe, d`énergies?  Etait‑il plus un  penseur, un

politicien de salon qu`un citoyen actif? Préférait‑il pas ou peu

d`action   dans    des   circonstances    difficiles?    Etait‑il

masochiste?   Voulait‑il donner  libre  cours au  temps afin  de

permettre la diffusion progressive de ses messages, de ses vues?

Etait‑il tout simplement  médiocre?  Sa  démarche reflétait‑elle

son potentiel intellectuel  et autres?   Jacques se  méfiait des

grands parleurs qui considéraient souvent, ayant dispersés leurs

énergies à communiquer,  le travail  terminé, leur  contribution

complète après avoir discouru alors que les travaux demeuraient à

être réalisés!  En  était‑il ainsi  des écrivains!   Et, la  vie

suivait son cours à faible débit pour Jacques!  Peut‑être que ce

débit lui convenait intéressé à s`abreuver à diverses sources!  

 

 

Jacques avait pensé occuper un  poste de cadre,  de gestionnaire

nécessitant l`intégration à une équipe dirigeante et l`adhésion à

la culture de l`entreprise.  L`enseignement aurait  pu être plus

approprié d`après Suzie.   A  voir,  les gouvernants  politiques

parader avec  les  élites  universitaires  à  l`occasion  de  la

présentation et de l`annonce d`octrois et autres appuis, Jacques

n`était pas  convaincu  que ce  milieu  était  substantiellement

différent de d`autres. Une annonce de produit alimentaire disait

qu`il s`agissait de « se changer » pour que tout change.  Il était

évidemment plus facile en principe de s`adapter à l`environnement

culturel, politique, … que de tenter de modifier un contexte à

partir de faibles  moyens.   Encore, fallait‑il  le vouloir,  le

désirer, pouvoir  le  faire  pratiquement.   Suzie  n`approuvait

rarement les initiatives de Jacques  compte tenu de  ses récents

insuccès au  moins dans  le  domaine  du travail.   Elle  aurait

préféré le  voir  écrire  au  sujet de  la  gestion  de  projets

informatisé au lieu  de s`aventurer  en terrain  incertain.  Là,

encore, il  y  avait   quelques  années,  Jacques  avait  soumis

conjointement avec deux autres ingénieurs un article traitant de

ce sujet à  une  revue professionnelle  qui  l`avait refusé  en

raison de son manque d`originalité de plus il avait présenté une

approche globale d`informatisation de la gestion de projet à une

multinationale oeuvrant dans ce domaine. L`esprit de réalisme ou

la définition de la réalité de Suzie dans  la situation actuelle

consistait non seulement à reconnaître les faits mais également à

établir des  projections  plutôt  négatives,  à  prévoir  et  à

extrapoler des  situations de  même  nature  que celles  vécues.

Jacques avait vécu  avec  un esprit  positif, avec  l`espérance,

l`espoir d`avancement, de  jours  meilleurs  tout en  appréciant

jusqu`à un   certain  point   les  avantages  de   sa  situation

personnelle et familiale.   Suzie en créant de moins  en moins un

climat positif  contribuait  à  l`instauration  d`une  situation

stagnante. Evidemment, Suzie ne  faisait que réagir aux stimulus

sociétaux de son milieu et  dans un tel climat  des opportunités

intéressantes pouvaient être manquées.                 

 

Jacques se demandait s`il avait la  personnalité d`un consultant

pour solliciter les décideurs, les convaincre qu`il pouvait leur

aider, …  Il  avait  oeuvré  dans d`importantes  organisations

dotées de puissants  moyens et  il  se sentait  dépourvu sur  le

« plancher des vaches » en  solo.  Sa  tâche aurait  été facilitée

s`il avait profité de l`appui  d`un parti politique  comme c`est

généralement le cas.   Il airait pu s`associer à  un libéral.  Il

appréhendait les manoeuvres requises pour l`obtention pratique de

contrats, marchés: dîners, …                     

 

Après quelques insuccès, son épouse, qui essayait de se conformer

 

aux valeurs  sociètales  tout  en composant  avec  Jacques,  fut

quelques fois malheureuse de voir  que la carrière de  son homme

n`était pas toujours  fluorescente, après  qu`il eut  consacré ou

consenti, tant d`efforts  à des  études et  que la  contribution

financière de la  société à  son égard  s`avérait plus  ou moins

rentable strictement sur  le  plan travail.   Elle se  demandait

quelques fois, si elle n`aurait pas choisi  un meilleur conjoint

si elle avait plus  vécu avant son  mariage; connaître  mieux la

vie! Cette remarque ou ce  raisonnement était valable pour tous,

croyait Jacques.   Elle essayait de combattre  le côté pessimiste

et taciturne  de  sa  personnalité afin  de  se  concentrer  sur

l`ensemble de la situation  familiale, de mettre  en perspective

les points faibles  afin de  ne pas  ajouter à  la problématique

familiale. Il était peiné de  la voir dépenser temps et énergies

à l`épauler et à se désoler. Son époux, Jacques, réalisait qu`il

n`avait pas une carrière aussi prospère sur le plan financier et

renommée sociale que  certains de  ses confrères  et il  croyait

aussi que son épouse que nous avions un destin tracé à partir de

notre milieu natal et de nos ressources individuelles.  Dans les

périodes de  précarité  financière,   il  aurait  aimer  voyager

cependant il n`osait réduire ses fonds de retraite accumulés afin

de répondre  à  ses responsabilités  familiales.   Les  dépenses

familiales étaient comprimées le  plus possible et  les nombreux

projets retardés à plus tard.   Souvent, Jacques aurait aimé être

né aux  Etats‑Unis  ou  au   Canada  anglais  où  il  aurait  pu

s`identifier à une majorité plutôt qu`à une  minorité qui devait

se défendre constamment étant agressée  de toute part et  à tous

les instants.   Il aurait pu  ne pas être sensible  aux problèmes

sociétaux; langue, survivance de l`ethnie québécoise francophone,

…   Il croyait  que ses  séjours dans  d`autres pays  l`avaient

convaincu que les divers groupes ethniques  du globe possédaient

généralement leur pays respectif, leur espace vital, … D`autre

part,   Jacques  considérait   avoir   vécu   dans  une   société

« francophone » dans la région du Bas Saint‑Laurent. Néanmoins, il

réalisait qu`il avait reçu beaucoup de sa société!              

 

 

Jacques pensait que la vie comportait des hauts et  des bas dans

chacun de ses  aspects non  seulement pour  lui mais  aussi pour

d`autres.   Ainsi,  il   apprit,   par  hasard,   à  un   souper

gastronomique qu`un  de  ses  anciens patrons,  un  confrère  de

classe, prospère à un moment donné, avait fait faillite. Jacques

savait que  sa femme  l`avait  laissé  et  il avait  décelé  une

différence marquée de leurs vues dans la  conduite des affaires,

il apprit de plus des détails personnels de la  vie familiale de

ce confrère, somme toute, généreux, ambitieux et  essayant de se

conformer aux exigences matérialistes de la société ainsi qu`aux

références de succès.  Jacques se souvenait  avoir encourager ce

confrère à dépasser ses  capacités de  gestionnaire et  il avait

appris que ce procédé pouvait être dangereux.  Un autre confrère

quoique relativement jeune qui semblait prospère, rencontré lors

d`un voyage au  Mexique, avait  même  pris sa  retraite à  titre

d`associé principal dans un bureau d`ingénieur‑conseil.     

 

Si vous aviez  atteint  une certaine  envergure  comme cadre  ou

gestionnaire vous deviez vous appuyer sur un dirigeant important

et ne référer de préférence qu`à lui. Vous ne pouviez réintégrer

le système économique ou  politique autrement,  pensait Jacques.

Il était peu  probable que  vous  puissiez participer  à la  vie

politique sans vous appuyez ou  être appuyé par  des dirigeants.

Autrement, vous  nageriez à  contre  courant  et à  long  terme,

c`était difficile. D`autre part,  Jacques aimait se réserver des

moments pour intérioriser les  événements vécus, les  intégrer à

son schème de valeurs personnelles.                   

 

Son épouse, Suzie,  évaluait, quelques  fois, la  possibilité de

laisser Jacques,   se  sentant  exploiter  lorsque   Jacques  ne

contribuait pas autant qu`elle au plan financier. Elle déplorait

que son mari ne soit pas au travail tous  les matins.  Il aurait

dû être  fonctionnaire heureux  à  son  travail stable  et  bien

renuméré comme des voisins.  Elle  disait que le  garçon, Simon,

était encore jeune et qu`il avait besoin de  son cadre familial.

Elle s`inquiétait, avec raison, de la qualité de l`image de père,

de chef de famille que Jacques projetait à Simon, son fils.      

 

Jacques et son épouse échangeaient énormément et il croyait que,

par exemple, la lecture de ce récit ne lui apprendrait rien.  Il

avait renseigner  son  épouse  de  ses  antécédents  sexuels  et

amoureux afin  de  faciliter  les  échanges  véritables  et  les

communications interpersonnelles.  De  plus, Suzie,  de part  sa

nature généreuse et  jusqu`à un  certain point  conventionnelle,

avait toujours peur que Jacques incommode un voisin  sur la rue,

quelqu`un en voiture ou dans une file d`attente,  …  Son souci

de la justice était très présent, peut‑être trop compte tenu des

 

valeurs sociétales actuelles.  Quelques  fois, elle  pensait que

Jacques voulait progresser trop rapidement dans une organisation,

qu`il pouvait  blesser ou  indisposer  un  de ses  membres.   En

principe, Jacques voulait avancer, se réaliser  le plus possible

et le plus  tôt  possible  car la  vie  était  de courte  durée,

pensait‑il!. Dans  un premier temps, Suzie  donnait généralement

raison aux non‑membres de la famille immédiate étant traumatisée

par certains problèmes  familiaux qui  ébranlaient sa  confiance

personnelle toutefois dans  un  deuxième temps  et elle  faisait

largement la part des choses, exerçant un excellent jugement.  A

titre d`exemple, Suzie refusa  d`assister à  une parade  de mode

organisée à l`intention des ingénieures et elle admit humblement

qu`elle recevait beaucoup de vêtements  de sa soeur  cadette qui

cousait adroitement.                          

 

Il se demandait  quel  est  le point  de  non retour  lorsqu`une

personne   songe    à   se   séparer.    Quand    la   partenaire

travaillera‑t‑elle à neutraliser  celui‑ci  afin d`accélérer  le

processus de séparation, soit la méthode du pire,  du non retour

alors qu`elle amorcera et poursuivra une recherche active d`un ou

d`une autre partenaire.   Ceci peut se faire  de façon insidieuse

et subtil plus ou moins consciemment en faisant mal paraître son

mari, en soulignant, mettant en  relief les inconvénients  de la

situation familiale actuelle et passée, en refusant de participer

avec lui à des activités susceptibles de l`aider, en l`éloignant

des personnes l`appuyant,  en créant  un climat  négatif (crier,

sacrer,…), etc.  Il  serait  de mauvais  aloi, pensait‑il,  de

croire qu`une partenaire favoriserait ses intérêts personnels au

détriment de ceux de son partenaire surtout lorqu`ils sont mariés

en société d`acquêts.  Toutefois tout  était possible en  ce bas

monde! Réussir représentant un grand  défi, il était plus facile

de détruire  sinon  de   déstabiliser.   La  réussite  supposait

beaucoup de détermination, d`efforts  pour créer et  soigner une

image personnelle et professionnelle.   Tout le monde  ayant des

points faibles, il fallait en atténuer leurs  portées et attirer

l`attention sur des actions positives et valorisantes. Certaines

personnes avaient comme optique,  habitude de  gémir constamment

espérant se faire  plaindre,  prendre en  pitié comptant  ainsi,

bénéficier de  la   sympathie  et  se  faire   aider  ou  encore

réconforter.   Cependant,   les   gens   préféraient   davantage

s`associer à des personnes qui ne feraient pas étalage de leurs

problèmes car l`on en avait tous, pensait‑il.   De plus, comment

profiter de l`appui de quelqu`un qui était déjà  accablé par ses

problèmes!                              

 

Jacques   communiquait    fréquemment   avec   un    copain   qui

l`impressionnait, compte tenu de sa formation, par son équilibre,

sa vivacité intellectuelle, son nationalisme, sa ténacité, son sens

 

des valeurs et  son  engagement social.   Il avait  l`impression

qu`il pouvait lui  faire  confiance et  discutait de  politique,

d`une société humanitaire, de travail, de la famille, …  Il se

demandait, quand même, jusqu`où il devait, pouvait aller dans ses

confidences car chaque individu à  des intérêts à  promouvoir, à

défendre tant au niveau personnel que familial et  aussi que des

limites aux plans psychologique, moral, …  Jacques considérait

qu`il était dangereux de perdre un ami en étant trop personnel.  

 

A la maison et souvent au chalet suite à  l`exécution de travaux

manuels: installer et enlever le quai, mettre et sortir le bateau

de l`eau, abattre des arbres  et les débiter en  quartiers, …,

Jacques pratiquait des exercices  musculaires pour  son maintien

physique et il réalisa que ces exercices contribuaient à replacer

ses muscles et ses articulations.   Il devait découvrir une autre

technique soit la technique Nadeau qu`il pratiqua sommairement et

qu`il considérait efficace. En  utilisant un robot pour nettoyer

leur piscine creusée, Jacques se rappelait un copain sud‑africain

connu dans une avionnerie, un blanc typiquement britannique très

racé car  ce  robot  était   de  conception  et  de  fabrication

sud‑africaine.   Cet achat  fut  effectué  avant que  l`apartheid

devienne un problème identifié et reconnu internationalement. Un

courtier immobilier leur avait dit qu`en  rénovant, modernisant

leur intérieur en sus d`être plus agréable comme  milieu de vie,

ils contribuaient à accroître la valeur de leur maison d`environ

dix pour-cent.  Jacques  fut convaincu  de cette  assertion après

avoir   visité   une   résidence    très   bien   décorée   dont,

malheureusement, les décors dataient déjà d`une dizaine d`années.

En tant que  propriétaire‑bricoleur, ils  étaient d`autant  plus

attachés à  ces  aménagements  décoratifs,  à  cette  décoration

intérieure.                              

 

Invité par   le  directeur  d`un  département   de  génie  d`une

université, Jacques  prépara  une  conférence,  un  cours  d`une

trentaine de minutes  traitant d`hydro‑électricité  précédé d`un

exposé de ses expériences  de travail.   Son cours  traitait des

éléments d`un tel projet à  partir de la demande  d`énergie, des

turbines hydrauliques, …  De  nombreux « acétates »  avaient été

préalablement préparés et  les  courbes,  tableaux et  équations

mathématiques avaient été inscrites au tableau  en attendant les

membres du comité  de sélection.   Le texte  préliminaire de  sa

présentation avait  été  remis  au directeur  et  il  se  montra

impatient de discuter de sujets d`enseignement, de spélialisation

et de recherche tout en laissant à un membre de son personnel le

soin de répondre  à son  offre de  service.  Surprenant!   Aucun

étudiant n`assista à  la présentation  même si  cette possibilité

avait été  mentionnée.   Toutefois cette  rencontre  se  déroula

durant la période estivale.  De plus, il  avait également soumis

 

sa candidature comme doyen des  études du premier cycle  et s`il

avait été élu à la Présidence de sa corporation, il aurait eu de

meilleures chances d`accéder à ce poste qui venait d`être ouvert

à nouveau.                                   

 

Après vingt‑cinq ans de pratique, Jacques n`était pas assuré que

l`enseignement était la solution idéale à la poursuivie de sa vie

professionnelle suite à tant d`années loin de  la vie académique

et du génie  comme  tel.  Un  poste  administratif ou  politique

aurait mieux été indiqué cependant il se devait d`être réaliste,

de profiter des quelques opportunités offertes au  lieu de rêver

indéfiniment à un poste d`importance compte tenu  de ses valeurs

sociétales, de ses qualifications, de ses expériences  et de ses

appuis politiques et  professionnels.   Néanmoins, il  craignait

qu`un retour dans un milieu académique plus ou moins réussi   ne

ternissent ses  souvenirs, ses  performances  en  ce milieu,  le

principal digne de mérite, de mention.                 

 

 

En raison de ses exigences en  matières politiques: indépendance

du Québec,  approche  démocratique,   probité,  ..,  Jacques  se

demandait s`il avait sa  « place » en  politique active  car, déjà

comme observateur, il était quelques fois frustré.  Disposait‑il

de qualités,  de  connaissances,    d`habilités  en  ce  domaine

susceptibles de  lui permettre de contribuer  à l`affirmation du

Québec, de jouer un rôle significatif. Il en doutait compte tenu

de ses antécédents  dans d`autres  domaines.  Plusieurs  anciens

politiciens profitaient personnellement d`un séjour en  ce milieu

pour améliorer  leur  sort professionnel!   Qu`en  serait‑il  de

Jacques dont les talents de profiteurs lui semblaient médiocres?

Etait‑il performant en milieu multidisciplinaire ou excellait‑il

dans un champ donné de spécialisation?  Il était  intéressé à de

multiples sujets mais  il  se sentait  plus  à l`aise  lorsqu`il

possédait, connaissait en profondeur un sujet.         

 

Lorsque vous étiez  sans  emploi surtout  depuis quelques  temps

malgré vos  nombreuses  années  d`expérience,  votre  entourage:

épouse, copains et parents, croyaient que vous deviez rechercher

un poste  moins  bien  rénuméré  que  celui  que  vous  occupiez

antérieurement afin d`accroître votre « degré d`employabilité », de

solliciter des postes au plus bas niveau professionnel et même en

dehors de ce  cadre professionnel.   En pratique,  il était  plus

facile pour un professionnel  et un cadre  expérimenté d`assumer

des responsabilités administratives  et  de  supervision que  de

retourner à   la  base  dans   un  domaine  spécialisé   où  les

connaissances avait évoluées  au cours  des ans  à moins  que ce

domaine correspondait à votre domaine de spécialisation théorique

et pratique et,  là  encore,  vous vous retrouviez  à un  poste

routinier offrant peu de  défi que  vous cumuliez  qu`un certain

temps, le temps  de décrocher  un autre  emploi sans  parler des

considérations salariales. Les  employeurs hésitaient à défrayer

de telles réinsertions souvent à caractère  temporaire.  Jacques

se prêtait à de telles démarches  tout en étant conscient  de la

situation qu`il vivait.                            

 

Quelles sont  les  activités que  Jacques  préférait?   Discuter

politique avec son  copain Zéon  Labbé, lire  et réfléchir  à ce

sujet et écrire sur ces thèmes politiques et autres. Compte tenu

de ces  préférences,  il   aurait  aimé  être  éditorialiste  ou

politicien   bénéficiant   de  plusieurs   années   d`expériences

diversifiées.   Ses services  en  tant  qu`éditorialiste dans  un

grand journal n`avaient pas été  retenus, il crut en  raison, de

ses idées indépendantistes et de son  indépendance d`esprit.  Sa

soeur, Martine, étrangement l`encouragea à écrire un récit après

qu`elle eut pris  connaissance d`un  de ses  articles qu`il  lui

avait acheminé avec ses voeux des Fêtes. Il caressait le projet

 

de séjourner  quelques  mois  en  Espagne  ou  au  Mexique  pour

pratiquer son espagnol  et poursuivre  son étude  de la  culture

hispanique et latino‑américaine.                      

 

D`autre part, il avait pensé se présenter dans son comté pour le

Parti Québécois mais il ne pouvait envisager  une autre bataille

de l`indépendance de l`intérieur  même du parti  car le  PQ avait

décidé   de  cheminer   lentement   par  étapes,   six  ou   huit

mini‑référendums vers  la souveraineté  partielle  (souveraineté

association) avec  une union  monétaire,  une  banque du  Canada

conjointe, une armée commune,  …  Un vote  de blâme  contre le

chef du Parti et  également Chef  du gouvernement  lui suffisait

amplement! Jacques  se méfiait des changements  au programme que

certains partis se permettaient à  la veille des  élections afin

d`accroître leurs chances hypothétiques de succès.   Les chances

de réaliser  l`indépendance  étaient   meilleures  si  le  parti

s`engageait et présentait un programme en ce sens car en l`absence

d`engagement formel au lendemain des élections  les élus avaient

fort à  faire  pour   prendre  connaissance  de  leurs  dossiers

respectifs et administrer leurs ministères comme en témoignaient

les expériences antérieures.   Il était  favorable à  l`élection

référendaire afin d`engager le parti élu.  De plus, il avait été

surpris par la facilité avec  laquelle les anciens  partisans du

beau risque à Ottawa s`étaient ralliés à la nouvelle orientation

soit en principe l`indépendance du Québec.  Autrement, il aurait

pu rejoindre   le  chef  et   lui  offrir  ses   services  comme

candidat‑député dans  un comté  où  il  avait tant  travaillé  à

défendre la cause de l`indépendance.  On aurait  pu le rejoindre

pour discuter  de  cette  éventualité.  De  plus,  il  prévoyait

l`élection du Parti Libéral du Québec ce qui signifiait que dans

l`opposition il aurait été difficile de servir convenablement le

comté; obtenir des constructions d`écoles secondaires, promouvoir

la pétrochimie,  …  Il  aurait  fallu  que Jacques  offre  ses

services comme s`il eut  été d`un autre  emploi et  qu`il espéra

pour le mieux.   Un de ses problèmes était de  s`intéresser à ses

« causes » plutôt qu`à ses intérêts personnels!  Seuls ces proches

pouvaient facilement percevoir  cette situation  et le  réaliser

tangiblement!   De  longues  discussions avec  son  copain  aussi

expérimenté en  organisation  politique  le  motivaient  à  être

prudent ou réaliste  en ce  domaine et  le décourageaient  même à

foncer. Faisant l`objet d`un boycottage, semblait‑il, en raison de

ses efforts de promotion du français et des intérêts francophones

(francophobe), il  aurait  probablement  été  souhaitable  qu`il

procéda dans cette voie. Evidemment, le  point de vue du chef du

PQ à ce sujet ne lui était pas connu.   Malgré ces observations,

Jacques constatait que  l`option dite  souverainiste progressait

dans l`opinion publique et dans tous les milieux, semblait‑il de

part les résultats des sondages, suite  au refus d`accommodation

 

du Canada anglais qui, fort de sa position majoritaire, ne voyait

pas l`obligation à écouter un  des dix membres  de la fédération

canadienne.   D`autre part,  Jacques croyait  que le  besoin d`un

parti nettement indépendantiste existait  toujours!  L`existence

d`un tel parti aurait positionné le PQ plus près  du centre.  Il

apparaissait que le chef du PQ voulait  contrôler entièrement la

faction dite indépendantiste.   Si les  dirigeants du  parti dit

indépendantiste tergiversaient au sujet de l`indépendance comment

réussiraient‑ils à convaincre  la  population, pensait  Jacques

depuis des années!                            

 

Une personnalité locale associées au milieu d`affaires lui avait

suggéré   de  changer   de   parti  politique   si  celui‑ci   ne

correspondait pas  à ses  attentes.   Ceci  fut dit  en  période

préélectorale. Jacques savait  que ce n`était pas  si simple, si

facile à faire  en  tant  qu`indépendantiste.  Cette  suggestion

valait pour deux  partis politiques  semblables tels  les partis

conventionnels.                               

 

 

Un voisin de chalet lui demanda de lire le manuscrit d`un projet

d`écriture.   Jacques le  prévint, ainsi  que son  épouse que  le

texte était de nature à les surprendre de plusieurs façons. Deux

jours plus tard, l`époux en  avait complété la lecture  dans son

entier et  son  épouse  avait  lu  que  partiellement  le  volet

politique. Ce voisin avait été  ébranlé de diverses façons et il

réservait ses commentaires pour d`autres moments.   Une remarque

de ce voisin referait  à  la chronologie des  événements relatés

qui s`avérait parfois moins précise que souhaitée par ce lecteur,

Jacques lui expliqua qu`il avait dû regrouper les sujets pour les

traiter avec plus de  profondeur comme  le reconnut  lui‑même ce

voisin,   un   scientifique   de  niveau   du   troisième   cycle

universitaire.   A parler,  traiter de  tout simultanément  avait

apparu d`abord ardu à Jacques et ensuite impraticable compte tenu

de son désir d`approfondir certains sujets. Jacques lui expliqua

qu`il avait  essayé  de  doser  le contenu  de  son  écrit  pour

rejoindre le plus de gens possible et que son  dosage ne pouvait

plaire à  tous.   Cet  écrit  était  essentiellement  destiné  à

d`éventuels inconnus et il s`efforçait d`être le plus respectueux

possible de sa perception de la société.  L`écrit lui convenait!

La présence d`un personnage principal complémenté par de nombreux

autres   secondaires   et    tertiaires   l`enchantaient.     Il

s`accommodait allègrement des particularités et  de l`originalité

de cette démarche littéraire tout en  soulignant l`étroitesse du

marché du  livre  francophone  au  Québec  en  particulier.   En

répondant aux questions de Jacques, il admit avoir été intéressé

au texte, l`avoir lu facilement et il se  donnait quelques temps

pour assimiler ces données  car cette  perception de  la société

 

québécoise différait  de  la  sienne et  le  fait  de  connaître

l`auteur à titre de voisin  ajoutait à son émoi.   Jacques était

heureux des  réactions  qu`il  considérait  comme  raisonnables,

originant d`une personne mature. Ce voisin à l`instar de Jacques

appréciait les échanges  de services.   Sans vouloir  forcer ces

remarque, il l`encouragea à  coucher sur papier  ses commentaire

s`il le désirait, le pouvait! Tout en essayant de le prévenir du

contenu du texte, Jacques avait encouragé l`épouse de ce voisin à

lui adresser directement ses observations ce qu`elle ferait sans

doute à un moment  de son choix  car elle  communiquait aisément

avec les Laberge.   Il aurait  bien apprécié  qu`elle ait  lu en

entier le chapitre politique  car il  croyait que  seulement les

initiés à ce sujet profitaient  de ces données.  Et,  Jacques le

savait, les  initiés  utilisaient fréquemment  les  informations

mises à leur disposition pour mieux contrôler, contrer, duper les

militants et les citoyens (nes) en  préconisant des demi‑mesures

basées sur des demi‑vérités.  Les politiciens  défendaient leurs

intérêts propres et immédiats ainsi que ceux du  parti auquel il

était lié depuis quelques décennies.  Ces voisins s`étaient dits

en blaguant   non  « scandalisables »  et  ils   réagissaient  lui

apparaissait‑il à ce moment  avec beaucoup  d`appoint.  Quelques

jours plus tard, cette voisine se  dit déçu du fait  que Jacques

provienne de l`arrière‑pays  et non  pas d`une  ville régionale.

Elle lisait sortout des livres anglais malgré sa faible scolarité

qui ne l`avait pas empêché d`accéder à des postes de gestion dans

les milieux  du  vêtement.   Jacques  fut  surpris  d`une  telle

réaction d`autant  plus  que Suzie  originait  également  d`une

paroisse, d`un rang.  Cette voisine était  heureuse d`accueillir

les membres de sa famille cependant son second mari avait laissé

sa première  famille  dans  le sud  des  Etats‑Unis.   Elle  fut

défavorablement impressionnée par  le  contenu  du récit  surtout

quant à  l`expression  sexuelle   du  personnage  et  la  partie

politique ne l`intéressait pas en  raison de son  profond dégoût

pour ce milieu où les gens se dupaient à qui mieux mieux tout en

défendant leurs  intérêts personnels.   Tout  au  cours de  cette

lecture, elle avait  pensé  à Suzie,  elle  s`était identifié  à

Suzie.   Elle  et son  mari  furent un peu  embarrassés  d`avoir

sollicité ce manuscrit et Jacques   lui répondit qu`il appréciait

être lu et recevoir des commentaires.  Pour sa part, il essayait

de réagir positivement appréciant  ces commentaires.  C`est  à ce

moment que Jacques apprit qu`un roman québécois avait été refusé

par un éditeur français desservant le  marché international.  Ils

décourageaient même l`auteure de traduire elle‑même son texte en

anglais car eux  préféraient  des textes anglais  authentiques.

Jacques aurait préféré que Suzie lise et  possiblement révise ce

manuscrit car tous nous avons  peur de  l`inconnu et à  un degré

moindre de l`incertain. Il en était de même de l`indépendance du

Québec. Plus  on en décrivait  les multiples facettes  plus l`on

 

démystifiait et accréditait cette avenue nationale.   Jacques se

demandait si les nombreuses heures passées à  discuter entre les

deux partenaires  d`un  couple  étaient  surtout  constructives.

Chacun des partenaires ayant sa propre  personnalité, un minimum

de souplesse et  de  latitude devait  être  accordé, alloué  par

chacun autrement des énergies  étaient inutilement  dépensées de

part et d`autre. A subir les constantes évaluations négatives de

Suzie à son égard en raison de son manque de travail; d`emploi ou

de contrats, de marchés, Jacques craignait que Suzie pratiqua la

technique plutôt inefficace de « tirer  sur la tige  d`une plante

dans l`espoir de favoriser, d`accélérer sa croissance ».  Lorsque

Suzie l`harassait trop  et  la  sachant quand  même  près de  sa

famille, trop  intégrée pour  s`en  séparer,  c`est lui  qui  la

menaçait de se séparer si elle ne cessait pas de l`harceler ainsi

car la vie ne le gâtait pas nécessairement plus lui aussi.       

 

Suzie   parlait  fréquemment   d`aller  vivre   dans  son   petit

appartement, de se libérer  de sa  vie familiale,  d`utiliser ses

ressources personnelles à meilleur escient, …  Elle critiquait

constamment les moindres gestes  de Jacques;  mode d`expression,

conduite de  la  voiture,   …   Elle  lui  reprochait  d`avoir

antagonisé beaucoup de gens particulièrement à son travail. Même,

si Jacques avait essayé de s`affirmer, de prendre  sa place dans

la société, d`autres ne s`étaient pas gênés pour le bousculer de

maintes façons. A revoir sa situation, Jacques se demandait s`il

n`était pas aussi  dominé par  son  épouse que  certains de  ses

copains qu`il décrivait ainsi.                     

 

Une autre lectrice commenta qu`elle était habituée à lire soit un

roman soit  une biographie  ou  autobiographie.   Le format,  la

formule   de   cet   écrit   se  rapprochait   de   celle   d`une

autobiographie. Elle considérait le contenu comme étant « chargé »

ou dense.   En  fait,  cet  écrit  témoignait  de  la  puissance

intellectuelle de Jacques. Ecrit d`une façon succincte, ses idées

et ses  observations  auraient   pu  être  élaborées  longuement

cependant avant de consacrer d`autres efforts en  ce domaine, il

aurait aimer obtenir des résultats tangibles tels la publication

du présent ouvrage, une critique encourageante, des commentaires

stimulants, …   Ayant été  renseigné sur les  commentaires d`un

éminent politicien, elle les reprenait  à son compte  tandis que

Jacques lui  signifiait son  intérêt  aux  commentaires et  elle

réalisa que Jacques se réservait le droit et se reconnaissait le

devoir de   réagir  à  ces   derniers  selon  ses   valeurs,  sa

personnalité et, jusqu`à  un  certain point,  ses intérêts.   De

nouveau cette  lectrice se  disit  très  près des  réactions  de

l`épouse du personnage principal.  Déjà, il  constatait quelques

conséquences bénéfiques de cet exercice d`expression personnelle,

d`écriture. Personne n`avait critiqué la qualité de l`écriture à

 

ce jours, au contraire. En terminant, ce projet d`autobiographie

romancée car il se considérait encore  actif professionnellement

et qu`il ne souhaitait pas  indisposer son entourage.   De plus,

Suzie lui suggéra de  conclure son autobiographie  afin d`éviter

qu`elle s`apparente trop à un journal reflétant de trop près les

développements récents de sa vie d`autant plus qu`elle était peu

enthousiasme face à ce projet d`écriture susceptible de dévoiler

des aspects de leur vie personnelle, intime.  Dans ses écrits et

ses actes,  Jacques  essayait  de  considérer  l`impact  de  ses

positions, au moins,  à moyen  terme et,  de préférence,  à long

terme en autant que  possible, que  prévisible.  Il  essayait de

plus de ne pas s`enferrer dans une structure au mille contraintes

où ses actions seraient automatiquement dictées par les exigences

de son  poste.  Il  espérait  que  les  exigences du  dit  poste

coïncida avec ses croyances personnelles.  Etes‑ce trop espérer?

Peut‑être en ce drôle de pays qu`est le Québec  ou que deviendra

le Québec!                               

 

Les commentaires  d`un  autre  lecteur  furent  recueillis.   Il

soulignait son intérêt pour l`aspect, le volet familial du récit.

Du point de vue  politique, il  considérait que  chaque individu

choisit sa niche au cours de sa vie.  Le style  de cet écrit lui

apparaissait comme étant  celui d`un  gestionnaire.  Déformation

professionnelle et  grande  variété des  sujets  abordés,  pensa

Jacques! Il  y a  matière pour plusieurs  volumes, lui  disit ce

lecteur. Sans aucune qualification en  la matière et à partir de

l`autocritique de Jacques, ce lecteur croyait que des sujets plus

délicats que ceux abordés, traités ici  pouvaient être présentés

plus avantageusement dans  un style  plus raffiné  et impeccable

facilitant la présentation  des  sujets  toutefois il  réalisait

l`effort consenti par Jacques et des difficultés à satisfaire des

objectifs littéraires indéfinis alors que Jacques s`était permis

une démarche adaptée à sa position relative au sujet traité, lui

en grande partie.  L`usage  de l`imparfait semblait  s`imposer à

son point de vue à  quelqu`un qui  se refusait de  présenter son

autobiographie   trop    précisément   alors    qu`encore   actif

professionnellement et autrement.  Il avertissait Jacques  de ne

pas trop  compter sur  un  éventuel  éditeur pour  apporter  des

corrections à son écrit toutefois un minimum de suggestions et de

corrections étaient attendues  par  Jacques.   Une éditrice  lui

offrit spontanément ses souhaits de « courage » suite à une lecture

en diagonale du manuscrit et lui confirma par écrit que le sujet

traité présentait  un  intérêt   évident.   Un  exemplaire  d`un

manuscrit de Jacques avait été  acheminé à un  éditeur américain

d`envergure et près des milieux de  l`enseignement.  Ainsi, ses

opinions et lui‑même seraient un peu connu aux  Etats‑Unis et la

filière canadienne‑anglaise un  peu  contournée.  Cet  important

éditeur américain   spécialisé  dans   les  écrits   de  langues

 

étrangères du domaine  éducatif  lui suggéra  après avoir  pris

connaissance de son essai de s`adresser évidemment à des éditeurs

non spécialisés oeuvrant dans les domaines de la fiction ou non.

Il souhaitait  que  les  efforts de  Jacques  conduisirent  à  la

publication du présent ouvrage et qu`il  poursuivit ses travaux

littéraires.   Il songeait  à soumette  ce manuscrit  aussi à  un

éditeur français, pourquoi pas?   D`ailleurs, il avait déjà tenté

l`expérience avec  un  manuscrit  moins  volumineux.   Plusieurs

sujets   débattus   et    expériences   concernaient   la   gente

internationale. Il achemina donc son texte à un éditeur français

et un  autre  ontarien.   En attente  de  recevoir  une  réponse

positive, il  complétait, ajoutait  à  son  texte, son  essai  à

l`instar d`un peintre qui  renformissait certains traits  de son

personnage, soulignait des nuances, accentuait des  reliefs tout

en ajoutant des  détails complémentaires  afin de  traduire plus

fidèlement une  image  fictive ou  réelle.   L`éditeur  ontarien

écrivit qu`il avait fait circuler énormément le manuscrit et que

certains   éditeurs,  autres   que,  lui   seraient  probablement

intéressés.   Il souligna  le  mérite, la  valeur comparative  du

manuscrit et son assurance qu`un éditeur serait bientôt intéressé

à cet essai. Jacques avait pensé faciliter la tâche d`un éventuel

éditeur et même d`un imprimeur en fractionnant son texte en deux 

volumes dont l`un traitant surtout de politique.            

 

Beaucoup de professionnels de l`écriture étaient  peu occupés et

rénumérés.   Pour  cette  raison,  entre  autres,  les  écrivains

amateurs étaient sévèrement critiqués ou prier de faire appel aux

services de ces professionnels ce qui était compréhensible. Entre

temps, des  informations  importantes  n`étaient  pas  diffusées

publiquement.   Il   aurait  été  avantageux  pour   tous  qu`une

collaboration conduise  à  de nombreuses  publications  sur  des

sujets originaux  ainsi  qu`à des  formules  d`expression  moins

conventionnelles et/ou à la mode.                     

 

Un autre éditeur  un  peu nerveux  lui  fit plusieurs  remarques

constructives. Après quoi, Jacques réalisa, quand même, que très

peu de  ses commentaires  étaient  positifs  et susceptibles  de

l`encourager à poursuivre  cette expérience  et, même,  d`autres

essais.   Franchement, Jacques  savait  depuis le  début que  son

essai ne serait jamais publier par ce petit éditeur débutant car

il publiait de petits volumes « utilitaires »  selon les exigences

de sa  famille  et,  probablement,  que  son  expérience  et  ses

ressources ne lui permettaient pas d`envisager  des projets plus

ambitieux.   Il apprit  que son  texte pourrait  être traduit  en

anglais grâce  à une  subvention du Conseil  des arts  du Canada.

Ironie du système politique  actuel et  de son  autodéfense!  Il

avait travailler à son essai  en visant rejoindre  les québécois

francophones si jamais il était publié.  Ce même  éditeur le mis

 

en garde relativement à l`édition de son propre manuscrit. Il ne

réussirait pas à vendre  ses livres et  devrait les  donner.  Le

tout pourrait lui coûter cinq milles  dollars, apprenait‑il.  Un

député québécois libéral devait céder à cette tentation et il lui

en coûta quinze  mille  dollars moins  les  profits des  ventes,

présumait‑il.   Ayant   déclaré  son  manuscrit   non  publiable,

l`éditeur en cause sembla ébranlé par la suite  par les nombreux

témoignages et encouragements reçus.  Il insista  pour lui faire

réaliser qu`aucun éditeur  ne  s`était dit  près  à publier  son

manuscrit.     Il    lui   fit    d`intéressantes    suggestions;

l`utilisation d`un dictionnaire électronique était souhaitable.

Un texte « mordant », incluant des propos musclés,  acerbes et des

faits étayés auraient rendu  le texte plus  vivant et  en aurait

influencé le  style  littéraire.   Jacques luis  disit  que  des

attaques vigoureuses,  scabreuses   ne  correspondaient  pas  sa

personnalité calme  et sereine.   Il  était  d`un naturel  posé,

pondéré. Il  préférait souligner  ce qui lui  apparaissait comme

des faits susceptibles  de pénaliser  son entourage.   Il disait

souvent qu`il n`avait pas  le « killing instinct »,  l`instinct de

tueur qu`il avait  observé  chez certains  confrères, amis,  …

Cette   certaine   absence   de   morbidité,   de   sadisme,   de

supra primautés de ses intérêts personnels, du  terrassement d`un

adversaire, d`annihilation d`un ennemi l`avait peut‑être conduit

à ne pas  profiter  de  nombreux  efforts  visant  à  s`affirmer

positivement tout   en  dédaignant   des  gestes   qu`il  aurait

éventuellement regrettés en raison de son sens moral et d`éthique

personnel et professionnel. Pourtant, d`autres le faisaient sans

questionnement personnel évident!  Il semblait même  que fut la

norme, l`attitude la plus répandue.  Revenant à  cet éditeur qui

lui souhaita quand même à son  départ de trouver un  éditeur car

plusieurs écrivains avaient essuyer  de nombreux refus  avant de

trouver un éditeur  qui avait  publier leur  manuscrit dans  son

entité. L`éditeur souligna enfin  le caractère particulier de ce

récit   comportant  des   chapitres  traitants   de  sujets,   de

cheminements personnels susceptibles d`éclairer les  lecteurs sur

les points de vue exprimés.  Ainsi, les  échanges avec l`éditeur

accréditaient   sa   démarche    littéraire.    A   l`instar   de

personnalités originales ayant persévérer dans  leur affirmation

personnelle, Jacques  se  voulait authentique  et  il  admettait

volontier que   son  essai   constituait  d`abord   une  démarche

épistolaire personnelle et concevait que la lecture de ses propos

pouvait‑être bénéfiques aux québécois particulièrement et  à une

meilleure connaissance  de  ceux‑ci  dans  le  monde.   Trop  de

politiciens, d`hommes d`affaires présentaient des points  de vue

étriqués, tronqués, baisés  pour obtenir  les faveurs  du Canada

anglais. Jacques remercia chaleureusement ce petit éditeur ayant

lu « par devoir », disait‑il,  son ouvrage  et si  abondamment et,

jusqu`à un certain point, judicieusement commenté son essai.  Il

 

ne répondit que partiellement à ces remarques, ces observations,

trop heureux de poursuivre ce débat un peu paternaliste. Jacques

le questionna sur  les  aspects juridiques,  la distribution  du

livre, le style littéraires, les liens entre les chapitres et les

sujets traités; l`homogénéité  de  l`ouvrage,  la profondeur  des

débats, l`approche journalistique d`enquête, … Jacques, tel un

peintre qui joue avec les couleurs, les teintes, les motifs, …,

croyait   avoir  teinté   son  récit   d`un  fond   nationaliste,

souverainiste sinon indépendantiste.   Même  s`il était  pondéré

dans ses assertions, la persistance et la constance de ses propos

se voulaient convaincantes.   L`horizon québécois  embrassé par

l`auteur étant  très  vaste; plusieurs  sujets  étaient  abordés

sommairement et, quelques fois, sans enchaînement formel mais par

association d`idées sur un thème identique, une rubrique unique.

Vraiment, un  minimum d`intérêts  existait  de  la part  de  cet

éditeur face aux idées, à la personnalité  de Jacques.  D`autres

part, la   personnalité  de   cet  éditeur  et   son  expérience

l`accréditaient auprès de Jacques  à ce  stade de  son écriture.

Editer un auteur supposait une certaine affinité  à ses propos

surtout de la part d`un petit éditeur, c`est ce  que cet éditeur

confirma.   L`envergure  du texte  de  Jacques  rendait la  tâche

d`édition plus ardue, hasardeuse pour cet éditeur.              

 

Un éditeur  québécois  pour  le moins  astucieux  demandait  dix

dollars pour réacheminer un manuscrit alors  que les américains,

les français et les ontariens n`exigeaient rien et qu`au Québec,

les éditeurs demandaient cinq dollars et sinon ils s`engageaient

à détruire le manuscrit  respectant sensiblement  les droits  de

l`auteur. Par surcroît, ce même éditeur ne garantissait plus les

droits de l`auteur après  trente jours.  Jacques  était désabusé

d`un tel éditeur et  homme d`affaires  actif très  important.  Un

auteur québécois  avait peut‑être  avantage  à  s`adresser à  un

intermédiaire américain tel que suggéré par un éditeur américain

de New York qui avait lu avec intérêts son manuscrit.            

 

Jacques fut interviewé pour un poste chez un consultant actif au

projet de la Baie James.   Il s`agissait  d`un projet ,  le plus

important au Québec contrôlé  par trois  groupes dirigés  par au

moins deux fédéralistes, deux canadiens.  L`un  d`eux avait même

enregistré son  entreprise  dans  une  autre  province.   Voici

l`exemple du  citoyen   corporatif  modèle  québécois!   Jacques

connaissait bien ce milieu. Pour un poste offert à Montréal, des

dizaines de travailleurs professionnels, oeuvrant à la Baie James

depuis plusieurs  mois  ou  années  et  désireux  de  revenir  à

Montréal, soumettaient leur  offre  de service  en exerçant  des

pressions auprès de leur employeur respectif. Le salaire relié à

ce poste temporaire en réalité car relié à la  durée d`un projet

correspondait à  quatre‑vingt  pour-cent du  salaire  moyen  d`un

 

ingénieur gradué la même année que Jacques. En participant à ces

entrevues,   Jacques   présentait   ses   opinions   généralement

sollicitées et  il  obtenait des  informations  relativement  au

milieu de travail et d`affaires en général.  Il avait entrevu le

président de  cette  organisation,  assailli de  toute  part  et

spécialement du point  de  vue  financier, en  se  rendant à  ce

rendez‑vous suite à l`acheminement de son curriculum vitae, il y

avait deux  ans.   Jacques  se demandait  si  en  approchant  un

professionnel à  un   moment  choisi  et  en   lui  offrant  une

opportunité plus ou  moins intéressante,  on ne  l`éliminait pas

ainsi de  postes  plus   revalorisants.   On  semblait  toujours

négocier à la baisse  lorsqu`il s`agissait  d`un indépendantiste

peu « achetable »   et  l`inverse   lorsqu`il  traitait   avec  un

fédéraliste associé au parti  au pouvoir.  Quelle  victoire!  En

termes mathématiques, le  plus petit  dénominateur commun  était

recherché et  il  correspondait  au  poste  le  moins  important

imaginable. On neutralisait un dangereux   adversaire privant la

société québécoise de ses forces vives ce qui aurait eu un effet

d`entraînement.   La libre  entreprise comportait   de nombreuses

limites   avec  son   nombre   considérable   d`inactifs  ou   de

partiellement actifs,  une  concentration des  pouvoirs  et  des

ressources   de  toute   nature   entre   quelques  mains,   etc.

Définivement ce système était perfectible. Si vous acceptiez une

entrevue pour un petit poste, commandant un petit  salaire ou un

salaire moyen toues les autres portes se fermaient, semblait‑il.

Vous veniez d`atteindre votre mesure! Au cours de l`entrevue, on

lui avait demandé pourquoi il avait pensé compléter son doctorat.

Il croyait qu`il aurait pu intégrer ses connaissances techniques

et surtout   administratives  tant  théoriques   que  pratiques,

expérimentales   et  empiriques   acquises  et   poursuivre  leur

utilisation en milieu québécois.                   

 

Au cours d`un été, Jacques souffrit énormément du  fait que leur

téléphone mal raccordé au chalet les rendit presque incommunicato

du monde américain tandis qu`au Québec un répondeur téléphonique

assurait un  contact  local.   Après  avoir  reçu  les  factures

téléphoniques   d`un  anglo‑québécois,   ses  frais   de  longues

distances, il en recevait les appels.   Jacques était  conscient

que des contacts  américains constituaient  un atout  inestimable

pour toute québécoise et tout québécois.                   

 

Par mesures de sécurité, un unilingue anglophone fut congédié car

il ne pouvait communiquer avec  les usagers de son  autobus, des

enfants.   Des   citoyens  francophones  sympathisants   avec  le

conducteur plutôt qu`avec les enfants appuyèrent celui‑ci. Cette

situation   reflétait   la    mentalité   des   franco‑québécois.

Heureusement que des  mesures légales  avait été  prévues en  de

telles situations. Jacques comprenait  le peu d`admiration et de

 

respect démontrés par de  nombreux dirigeants québécois  dont M.

Trudeau pour  la  collectivité franco‑québécoise  dont  l`esprit

sociétal vacillait encore péniblement.   D`autre part, Jacques se

demandait   quel  était   l`apport   véritable  à   l`affirmation

franco‑québécoise   de  ces   nombreux  dirigeants   désireux  de

s`appuyer sur une collectivité agressive et forte.  La situation

évoluait lentement  et  les  médias  faisaient  le  jeux  de  ce

conducteur alors que de très nombreux franco‑québécois unilingues

se voyaient   refuser  depuis  toujours  des   emplois  par  les

entreprises montréalaises pour ne pas être  bilingues, pour être

contraint de travailler en anglais.                    

 

La réaction d`un jeune et  talentueux joueur de  hockey ontarien

contraint de séjourner à Québec  en disait long sur  sa formation

culturelle anglo‑canadienne.    Il  réagissait   ouvertement  et

affichait   son   refus   global  de   s`associer   à   l`élément

franco‑canadien et, plus particulièrement, franco‑québécois comme

le reste du Canada  l`avait déjà  démontré lors  du rejet  de la

proposition   du  Lac   Meech.    Mieux   valait  qu`une   équipe

hockey‑Québec soit créée  pour  représenter notre  pays au  lieu

d`encourager l`équipe‑Canada, constituant un autre moyen efficace

de promouvoir au plan international le Canada et  non le Québec.

Il ne fallait pas oublier que le hockey est le sport national des

québécois.   Tout  comme  les  jeunes  québécois,  les  ontariens

s`exprimaient de plus en  plus clairement!   Malgré leur  âge et

leurs   nombreuses   années   en   terre   québécoise,   quelques

anglo‑québécois profitaient de  leur facilité  à communiquer  en

anglais   pour   déblatérer   sur   le   Québec   majoritairement

francophone.   Ils   abusaient  de   leurs  accès   aux  tribunes

journalistiques   auprès  des   éléments  anglophones   largement

majoritaires en Amérique. Pour avoir vécu dans un pays européen,

Jacques constatait la faiblesse du groupe majoritaire au Québec.

De telles représentations baisées auraient été peu possibles et

vertement   décriées,    discréditées    par    les    autorités

démocratiquement établies.  Ici,  les  réactions officielles  se

faisaient attendre!   D`autre part,  à notre  compagnie nationale

d`électricité, les  partenaires   étrangers  impliqués  dans  la

réalisation des projets hydro‑électriques polluaient de  plus en

plus cette sphère  d`activités  originalement  occupées par  les

québécois   qui   avaient   très  bien   réussis.    Ainsi   plus

d`informations étaient disséminées  aux quatre  coins du  globe,

plus d`expertises étaient acquises par de futurs concurrents sur

les marchés internationaux.  Il était  donc temps et de  plus en

plus urgent que le Québec se donne une compétence internationale

et que  des dirigeants  défendent  nos  créneaux industriels  et

économiques, pensait Jacques.  Les percées en  d`autres domaines

au niveau international n`étaient  ou ne  devraient pas  être la

conséquence d`un recul dans des champs  d`activités déjà occupés

 

tel que semblait l`affirmer le Premier ministre.  La réaction la

plus vigoureuse dans le débat élargi au niveau américain au sujet

du développement de la Baie James vint de la ministre Lise Bacon.

Elle situa assez  bien le  problème.   A la  façon dont   Ottawa

défendait l`Hydro‑Québec  et  les  intérêts du  Québec  dans  ce

dossier, on aurait pu croire que l`indépendance  du Québec était

un fait accompli et qu`ils observaient les autochtones bousculer

les   franco‑québécois   espérant    contrer   leur   affirmation

nationales.                              

 

A voir défiler cinq président  et anciens  présidents américains

assistant à l`ouverture d`une  bibliothèque au nom  du président

Reagan, Jacques  réalisait  une  fois de  plus  l`importance  de

limiter à deux mandats présidentiels l`exercice du plus important

poste aux   Etats‑Unis.   De  cette  façon,   plusieurs  leaders

assuraient un renouvellement ordonné tout en réduisant les excès

associés à une  équipe politique  enracinée depuis  longtemps et

souvent stagnante.                                 

 

En raison des nombreuses nominations gouvernementales d`officiers

aux   conseils     d`administration    et    de     la    nature

quasi‑confidentielle des  débats  en  ces  milieux,  Jacques  se

demandait  si  la  démocratie  était  adéquatement  servie.   Ces

administrateurs non élus et même élus étaient  souvent coupés de

la   base  devant   respecter  une   certaine  discrétion.    Les

administrateurs nommés se devaient de respecter les orientations

politiques   gouvernementales.     Ainsi,   les   administrateurs

acquiesçant aux désirs  gouvernementaux  pouvaient espérer  être

promus suite à quelques années de loyaux services.          

 

Jacques assista à une conférence sur les  souverainetés vues par

un cadre de  l`Organisation  des Nations  Unies.  Il  s`agissait

d`une conférence très intéressante et instructive.   Suite à des

références au débat  politique  national  par la  conférencière,

Jacques lui   demanda  qu`elles  seraient  les   conditions  qui

favoriseraient la reconnaissance internationale du Québec et son

entrée à l`ONU.   La conférencière  ne sut  quoi répondre,  elle

jugea que  la  question  relevait du  droit  international.   Sa

demande de précisions quant à la politique monétaire souhaitable

pour un pays qui demande son admission à l`ONU n`eut pas plus de

succès ou de réponse.  Jacques pensait  qu`une monnaie nationale

faciliterait les tractations avec d`autres pays et simplifierait

l`admission du   Québec  à   l`ONU  suite  à   l`élection  d`un

gouvernement   indépendantiste.   Une   réponse  basée   sur  les

statistiques actuelles  des  pays  membres de  l`ONU  aurait  pu

constituer une piste, un élément de réponse quant à l`utilisation

de   la  monnaie   d`un   pays  voisin,   une  monnaie   commune.

Visiblement, ces sujets ne  correspondaient pas à  ses intérêts,

 

probablement canadiens et sa « programmation » excluait ce type de

connaissance. L`intervention  de Jacques  auprès de ce  cadre de

l`ONU   visait,   entre   autres,  à   poser   l`éventualité   de

l`indépendance du   Québec  dans  le  milieu   universitaire  et

l`obtention de précisions à ce sujet.  Pour un pays, une monnaie

nationale serait plus facile à faire accepter par  l`ONU même si

ces mesures  étaient  d`abord  d`intérêts  nationaux.   D`autres

intervenants soulignèrent les influences prépondérantes des pays

industrialisés au sein de l`organisation et ils y suggérèrent la

représentation   des  régions   populeuses   africaines  et   sud

américaines, entre autres.   Les  dirigeants  de l`ONU  optaient

présentement pour le  statu  quo,  lui semblait‑elle.   L`équipe

dirigeante de l`Ecole  Polytechnique était  présente et  Jacques

reconnut, entre autres, un  cadre qui aurait  pu être  son futur

patron car il avait postulé un poste annoncé  dans un quotidien.

Toutefois, Jacques ne  se faisait  pas d`illusion  concernant ce

poste auquel généralement on promotait quelqu`un de l`intérieur

déjà pressenti. Le  compte‑rendu dans la revue  Ingénieur ne fit

pas mention de ces échanges entre l`audience et la conférencière

et au cours  de la  même période  un autre  conférencier Albert

Jacquard, encourageait particulièrement les jeunes  ingénieurs à

être des emmerdeurs, de ne pas accepter les  choses telles qu`on

les transmet sans poser des questions.                 

 

Les interventions de personnalités internationales favorables au

maintien du statu quo constitutionnel au Canada ne manquaient pas

encouragé par le premier Ministre du Canada.  Même  le futur roi

d`Angleterre préférait un royaume incluant le Québec.  Plusieurs

observateurs politiques se demandaient quelles faveurs obtenaient

ces personnalités en échange d`un tel appui  et les conséquences

qui en résultaient pour le Québec.  A titre d`ancien déplumé de

l`Université de  Birmingham   en  Angleterre,  Jacques  décrivit

succinctement sa  situation   professionnelle  et  indiqua  comme

citoyenneté éventuelle la citoyenneté québécoise dans un rapport

périodique.   Il  commanda  un  annuaire des  diplômés  de  cette

université qu`il paya à l`aide d`un mandat  en dollars canadiens

même s`il aurait préféré  acquitté cette  facture à  l`aide d`un

chèque en livres sterling ce qui s`avérait être plus cher.       

 

Jacques assista  à  une  conférence  présentée  en  espagnol  et

relative aux corridas ayant joint le groupe local des amis de la

culture hispanique. Tel  que prévu, il eut droit à  la parade du

député local qui promit des argents, des livres appartenant à son

père, …   Celui‑ci référa  à  la  nationalité canadienne  pour

ensuite se  corriger et  ajouter  québécoise.   Jacques fit  une

remarque au sujet de la cruauté dans la mise  à mort de taureau.

Une cinquantaine de personnes  avaient assisté à  cette première

activité forçant  les  organisateurs   à  modifier  le  lieu  de

 

rencontre. Une  autre fois,  Jacques constatait  que l`immersion

totale était la façon la plus efficace  d`apprendre à s`exprimer

dans une autre langue. Au cours d`une brève conversation avec un

des organisateurs, ce dernier constata qu`il  avait bien compris

les propos présentés.                         

 

Suite à une fin  de semaine bien  remplie, occupée,  les Laberge

auraient pu  la  fin  de  semaine  suivante  participé  à  deux

événements sociaux.  L`un,  une  fondue  chinoise organisée  par

l`association   humanitaire   et   religieuse  à   laquelle   il

appartenait et l`autre, une soirée à l`italienne au profit d`un

centre d`accueil pour personnes âgées.  Décidément,  à Varennes,

le bénévolat fleurissait! Après avoir rencontré beaucoup de gens

la semaine dernière, les  Laberge ne détestaient,  ne sentaient,

n`éprouvaient pas de  besoin social  à satisfaire  aux coûts  de

plusieurs dizaines  de  dollars.    Ici  encore,  les  principaux

dirigeants avaient eu l`obligeance  de solliciter  leur présence

aux événements à venir.                                

 

A titre de délégué de l`Ordre, Jacques participa à une rencontre

de concertation régionale  à laquelle  aucun politicien  fédéral

avait été convié  ou était  présent  alors que  la majorité  des

intervenants du  milieu  l`étaient.   On aurait  pu  croire  que

l`indépendance du  Québec  avait   été  réalisée.   Le  ministre

québécois responsable  de la  région  s`imposait  ainsi que  les

membres de l`équipe gouvernementale régionale.  La présence des

députés d`opposition   fut  soulignée   au  deuxième   jour,  se

rappelait‑il. Certains  organismes étaient  actifs au  niveau du

Québec dans  l`ensemble  et   avaient  peu  décentralisés  leurs

activités en raison  de leurs  ressources limitées  et de  leurs

approches globales. Il fut impressionné  par le nombre de sujets

rapidement abordés et résumés.  L`approche faisait  appel à des

conférenciers, comportait des ateliers et une brève plénière. De

plus, il nota que  la plus  importante municipalité  n`était pas

représentée à ces assises ainsi qu`une autre municipalité dont le

maire avait été en conflit  avec le ministre « régional »  lors de

ses élections.  Le  président  de  l`organisme de  développement

régional avait été élu maire d`une importante municipalité ce qui

pouvait le  placer  en  conflits  d`intérêts  toutefois  Jacques

l`avait perçu comme un agent unificateur, rassembleur.           

 

Il renoua aussi  connaissance avec  deux membres  de l`assemblée

nationale.   Lors d`une  discussion,  il souligna  que le  « plein

emploi » supposait non seulement la création  de nouveaux emplois

mais   également   le   maintien  des   emplois   existants   par

l`harmonisation des   politiques  économiques,  environnementales,

culturelles, etc. Le Ministre  responsable de la région souligna

qu`il préférait  l`apport  de  professionnels  formés  dans  les

 

domaines technologiques plutôt  que  politiques  se référant  au

responsable péquiste de la région, crut Jacques.  Fait important

à ses yeux;  deux  scientifiques  occupants  d`importants  postes

manifestaient leurs volontés à s`adapter à  diverses situations

politiques   incluant   l`indépendance    du   Québec.    Quelles

déclarations susceptibles  d`assainir,  de  détendre  le  climat

politique, de favoriser les échanges entre  les gouvernants, les

dirigeants et l`amorce de l`affirmation du Québec!              

 

Après avoir fait bénéficier un confrère d`un contrat  à titre de

conseil, poste  que  Jacques  ne pouvait  cumuler  sans  conflit

d`intérêts, il offrit d`effectuer  des démarches pour  un copain

sans   emploi.   Jacques   fut   surpris   d`essuyer  un   refus.

Manifestation   d`orgueil,   d`autosuffisance!    Probablement!

Pourtant, ce  copain  recherchait, en  principe,  activement  un

emploi. Face  à un  défi concret,  interpellé précisément  il se

sentait peut‑être  peu  d`attaque, non  suffisamment  préparé  à

assumer des telles fonctions!   Après vérification,  il constata

que ce  professionnel  avait  effectué une  démarche  telle  que

suggérée par Jacques.                         

 

 

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L’article 10- Il y a vingt ans … Jacques et la profession est apparu en premier sur Il y a vingt ans .....

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                  XI‑ LA PROFESSION PROPREMENT DITE

 

Jacques avait publié quelques articles à caractère professionnel

tel celui traitant de la  gestion de projets en  milieu scolaire

dans une revue  spécialisée  en  enseignement professionnel,  un

autre relatif à  l`ingénierie et  à la  formation administrative

ainsi qu`un second article intitulé « L`ingénieur a  le devoir de

participer à l`éclairage des choix  de société » dans la  revue à

l`adresse des ingénieurs.  Dans ce dernier  article, il référait

aux valeurs fondamentales de l`Ordre soit  la responsabilité, le

compétence, l`éthique et l`implication sociale.

 

 

  1. i) L`administrateur élu

 

 

Afin de se rapprocher des membres de  sa profession d`ingénieur,

il participa à  une assemblée  générale annuelle  de la  section

régionale locale et  il fut  élu au  conseil d`administration  à

titre de secrétaire.   La qualité et la diversité  de ses actions

bénévoles au niveau régional lui  valurent d`être élu  au Bureau

québécois de l`Ordre à titre de  représentant montréalais.  Dans

cet Ordre, il s`impliqua au  sein de commissions et  de comités.

Il fit valoir plusieurs  idées: la  « bisexualisation » du  nom de

l`Ordre, l`insatisfaction face  à la  diffusion d`un  périodique

unilingue anglais aux  membres, les  critères d`acceptation  des

dépenses des administrateurs, la familiarisation progressive avec

le code Morin et l`utilisation accrue des procédures d`assemblées

délibérantes par  les   diverses  instances,  la  reconnaissance

internationale du titre d`ingénieur québécois, la présentation de

tous les membres  du  Bureau dans  l`annonce  annuelle dans  les

journaux, …

 

Toutefois, il semblait être en milieu adverse; les dirigeants lui

confièrent aucune  tâche  sauf  celles  qu`il  se  fit  confiées

directement par le Bureau,  par l`ensemble  des administrateurs.

Suite à une première réunion, le responsable de  la Commission à

laquelle Jacques appartenait le réprimanda pour avoir débattu au

Bureau de sujets discutés en Commission et il s`abstint de faire

rapport. Heureusement que Jacques  avait été élu directement par

les membres.  Si  le  président était  élu  directement par  les

membres, il y aurait moins de « grenouillage »,  de tractations au

Bureau et peut‑être aussi au siège social surtout  si les postes

de président et de directeur général étaient fondus  en un seul.

Toutefois, un  malheureux  choix  pourrait  s`avérer  doublement

pénible. Au niveau  régional, il avait évolué dans  un climat de

 

confiance   et  ses   nombreuses  et   diverses  compétences   et

expériences étaient mises à contribution.  Au Bureau, c`était le

contraire! On lui refusait  toute responsabilité et tout crédit

pour ses actions et ses propositions.  Ces dernières devaient la

plupart du temps être refusées ou reportées aux calendes grecques

au niveau d`une commission au lieu d`être éventuellement soumises

au Bureau car Jacques considérait avoir été élu au Bureau et non

à une   simple  commission   où  toutes   ses  idées   avortaient

généralement. Jacques ayant soumis quelques propositions soit au

Président, soit   au  Comité  administratif,  croyait   que  ses

propositions seraient ajoutées à l`ordre du jour d`une commission

ou du Bureau  préférablement et  que la  documentation afférente

serait incluse au cahier de travail de la Commission ou du Bureau

mais tel ne fut pas le cas.   Un tel processus serait de nature à

encourager les administrateurs  à s`impliquer  plus libéralement

dans la gestion  de leur  corporation.  Un  dossier devait  être

confié à  chaque  administrateur  et les  nombreuses  tâches  de

représentation de l`Ordre  requéraient beaucoup  de la  part des

cinq membres du  Comité administratif  et surtout  du Président.

Des responsabilités auraient pu avantageusement être délégués aux

nombreux   autres    élus.    Les    organisations    régionales

bénéficieraient, expérience  à  l`appui, d`un  encadrement  plus

élaboré.   Il s`inquiétait  du grand  nombre d`employés  du siège

social qui avaient quitté l`Ordre ces  dernières années.  Compte

tenu de son  profil de  carrière, il  pensait que  ses confrères

manquaient d`expériences   diversifiées,  de   connaissances  et

quelques fois  de  maturité  dans l`exercice  de  ces  fonctions

d`administrateurs. Le  principal dirigeant de  l`Ordre provenait

d`une grande entreprise  de  services  où il  était  bien vu  de

s`impliquer socialement et professionnellement et un copain avait

dit à Jacques qu`il n`avait pas  été promu souvent en  raison de

son ancienne implication dans l`association  professionnelle des

ingénieurs, tout  comme  Jacques.   Néanmoins,  ce  dernier  fit

confiance au temps, à ses confrères et à ses habilités. Il avait

souligné à ses confrères  qu`il était  « actuellement » disponible

pour assumer les tâches qu`ils voudraient bien  lui confier.  Il

mentionnait que généralement, il étudiait une  organisation, son

fonctionnement   en   y   jouant   un  rôle   dans   le   conseil

d`administration et qu`il y  demeurait peu longtemps  surtout si

ses responsabilités n`étaient  pas  accrues.  Pour  sa part,  il

considérait objectivement un mandat de  trois ans comme  un long

mandat.  

 

Il avait soumis bon nombre de ces commentaires en répondant à un

sondage interne  effectué  par  l`Ordre  auprès  de  sept  mille

membres. Une initiative louable du sondeur permit aux dirigeants

de consulter  les  commentaires   des  membres  sondés  car  ces

commentaires avaient été colligés.  Il s`expliquait  mal que les

 

réponses des sans‑emplois avait‑il   compris, étaient  exclus de

l`analyse des résultats. Il croyait  qu`il en était de même lors

de l`enquête salariale.   Jacques aurait  aimer que  les données

pertinentes aux  sans‑emplois  soient  compilées,  analysées  et

distribuées aux  administrateurs.    Pour  toutes  ces  raisons,

Jacques avait présenté sa candidature  à la présidence  sinon au

comité administratif malgré que ce geste paraissait présomptueux

à prime abord  et  non  conventionnel car  il  était  d`habitude

d`apprendre les us et les coutumes du Bureau afin et avant de les

perpétuer.   Il  avait  soumis   par  télécopieur  son  programme

électoral aux administrateurs en insistant sur  des orientations

québécoises, une  ouverture sur  le  monde,  une délégation  des

tâches, l`utilisation  du  code  Morin,  une  formation  et  une

expérience   administratives,   …   Nonobstant   ces   quelques

observations, Jacques croyait que sa corporation professionnelle

n`était probablement pas moins bien administrée  que d`autres de

part les informations publiées dans les médias.  N`eut été qu`il

aurait dû  démissionner  comme  administrateur  élu  au  Bureau,

Jacques aurait peut‑être postuler le poste  de directeur général

après consultations.   L`ancien dirigeant  avait obtenu  le poste

immédiatement après avoir laisser son poste  d`administrateur en

l`absence de concours et ce geste lui fut reprocher à l`assemblée

générale par  un   ancien  titulaire  de  ce   poste.   A  titre

d`administrateur délégué pour  représenter le  Bureau, il  avait

suggéré qu`un discours‑type,  un  canevas soit  préparé pour  les

quinze assemblées annuelles prévues dans les  régionales afin de

normaliser le contenu de  ces présentations  et de  faciliter le

travail des administrateurs. Il  dut rédiger son propre discours

en l`absence d`appui du siège social. Son fils lui fit remarquer

que cet état de  faits était  à son  avantage compte  tenu qu`il

pouvait facilement le faire.   Finalement, le  discours‑type lui

parvint juste  avant  l`assemblée  et  il  présenta  son  propre

discours qui cadrait mieux aux activités et aux valeurs locales.

 

Jacques présenta une brève conférence à une assemblée annuelle à

titre de représentant du Bureau.  Au début, il  était nerveux et

il prit de l`assurance au cours de la conférence.  Un copain lui

dit qu`il avait parler  un peu rapidement  ce que  Jacques avait

essayer d`éviter en réduisant son débit et récitant son discours

d`une façon décontractée.   De plus, ce copain  avait observé que

Jacques n`utilisait pas  son  langage  usuel.  Jacques  s`était

voulu près des ingénieurs cependant son niveau de langage devait

respecter ou s`apparenter au niveau du langage officiel, écrit.

La présidente lui dit que le texte qu`il avait  rédigé avait été

élégamment et  harmonieusement   présenté.   Le  président  d`un

association similaire présent  manifesta son  appréciation très

favorable à ce petit  discours et il  aurait préféré  Jacques au

conférencier déjà  délégué  pour  son  assemblée  annuelle  mais

 

Jacques ne  souscrivit pas  à  cette  avance.  Chaque  année,  il

s`efforçait de parler en public  et les occasions  n`étaient pas

nombreuses. Il savait  que pour être plus à  l`aise, naturel, il

lui fallait récidiver souvent, parler souvent en public! Pouvoir

présenter ses opinions en public représentait un atout important

pour Jacques qui ne manquait pas d`originalité  et de ressources

en ce domaine.  De  plus, il  croyait bénéficier  d`une certaine

maîtrise de la langue et d`une tonalité vocale efficace. Sa voix

était prenante, elle portait et, en cette occasion, pour créer un

climat plus détendu  il  s`était placé  en  retrait, à  quelques

pouces du microphone afin d`atténuer, de réduire la portée de sa

voix pour ce petit discours à caractère officiel et d`un certaine

durée.   En  signe  d`appréciation, Jacques  reçut  un  excellent

digestif afin de compléter un bar relativement bien  garni à cet

égard tel que son ancien  président régional avait eu  le loisir

d`observer au cours d`une visite à son domicile.

 

Jacques percevait l`atteinte de quorum lors d`assemblée annuelle

des régionales comme problématique  malgré le fait  que rarement

les membres  présents  d`en   demandait  la  vérification.   Ces

associations étaient déjà chapeautées par l`Ordre. A l`assemblée

annuelle de  l`Ordre,  une   centaine  de  membres  généralement

assistaient, soit environ le tiers de un pour-cent des membres. A

la régionale   Plein‑Sud,  plus  de  cinquante   ingénieures  et

ingénieurs avaient participé à cette activité, soit environ 1, 2

pour-cent et à  la régionale  Richelieu, ils  furent environ  une

dizaine représentant plus de cinq pour-cent  des membres inscrits

au tableau de l`Ordre. Ainsi,  les deux régionales n`avaient pas

atteint leurs quorums respectifs de soixante et de quinze membres

d`après les status  malgré  un taux  de participation  largement

supérieur à celui de l`Ordre comme tel. Jacques suggérait que le

nombre de  membres  assistant aux  assemblées  annuelles  soient

inscrit et que ces assemblées soient reconnues légalement, entre

autres, afin d`encourager  ces  bénévoles actifs  et aussi  pour

améliorer l`image de ce palier auprès des membres.  La procédure

habituelle était de faire adopter les résolutions de l`assemblée

annuelle à la prochaine activité regroupant un nombre de membres

excédant les exigences  du  quorum.  Pourquoi  jouer  le jeu  de

l`autruche? Une  de ces régionales  avait tenu des  élections en

raison du  grand  nombre   de  bénévoles  postulant  les  postes

disponibles au Conseil administratif, signe évident de vitalité.

La décision de placer en tutelle une régionale devait être prise

et basée sur plusieurs facteurs dont le taux de participation aux

nombreuses autres activités  offertes tout  au cours  de l`année

ainsi   que   la   détermination  des   membres   d`une   région.

Voulaient‑ils se regrouper différemment?       Les procédures de

création de régionales avaient été respectées et  des remises en

cause étaient toujours possibles. En assumant une représentation

 

de l`Ordre auprès des régionales,  en s`identifiant au  vécu des

régionales et  en  essayant  de suggérer  des  changements,  des

améliorations au système actuel quelques fois décrié, il constata

suite à la  lecture du  procès‑verbal de  la dernière  assemblée

annuelle de l`Ordre que  le quorum était  de cinquante  et qu`au

manuel préparé à l`intention des régionales le quorum exigé était

de soixante.  Il  ne pouvait  s`expliquer cette  différence.  Le

quorum régional aurait pu être inférieur à celui de l`Ordre avec

ses 33 0000 membres et il suggéra la révision du quorum.

 

Ayant l`opportunité  de  présenter   quelqu`un  à  un  poste  de

responsabilités, il se vit pressé par un professionnel intégré au

système   fédéralisme   et   une  autre   professionnelle   moins

expérimentée et sensible à la défense de la langue française. Sa

préférence allait   à  cette  dernière  néanmoins   question  de

disponibilité,   le   premier   obtint  l`autorisation   de   son

organisation public à  caractère fédéraliste.   Dans le  secteur

privé où oeuvrait  la  potentielle  candidate l`obtention  d`une

telle autorisation  était  problématique   et,  de  plus,  cette

dernière jouait bénévolement à  ce moment  un rôle  important de

soutien dans cette même organisation et à un niveau hiérarchique

moins élevé.   En principe,  les nominations au  Bureau l`étaient

pour de potentiel président de l`Ordre, des ministrables enfin le

plus possible ce qui  selon Jacques  les avantageaient  lors des

élections.

 

Trop souvent  au  Québec,   les  mesures  prises  n`étaient  que

l`imitation, l`adaptation  des  décisions  prises,  des  mesures

adoptées aux Etats‑Unis  et  au Canada  anglais.  Notre  société

québécoise était prise  dans un  étau nord‑américain  et bientôt

américain (incluant le sud). Les dirigeants québécois hésitaient

beaucoup avant de s`engager dans de nouvelles  voies.  Le simple

fait d`ajouter le mot ingénieure au nom de l`Ordre des ingénieurs

du Québec en  était un  mince exemple.   Le terme  « engineer » en

anglais incluait le masculin et le féminin.   Par conséquent, au

Québec, il nous fallait  les deux  mots ingénieur  et ingénieure

pour traduire notre culture québécoise en la matière  même si en

France le terme masculin,  ingénieur, incluait le  féminin selon

plusieurs intervenants.   Dans un autre domaine,  les libéraux au

pouvoir à  Québec  réajustaient,   alignaient  les  dépenses  en

éducation et municipales sur celles de l`Ontario, l`Ontario étant

le gabarit officiel de nos dirigeants.

 

Une autre problématique qui attira son attention lors de débats à

une commission de l`Ordre fut le taux élevé d`abandon des jeunes

au secondaire. De  plus, la décision d`une carrière  en génie se

prenait à ce  stade de  la  formation, croyait  Jacques.  Si  un

étudiant était  faible  en  sciences et  en  mathématiques  pour

 

diverses raisons, il ne choisirait pas le génie.   De plus, sans

diplôme secondaire,  les   possibilités  d`emploi  étaient  très

réduites surtout en ces années.   Il se demandait si le ministère

de l`Education du Québec ne devait pas  favoriser leur promotion

en cette période de développement personnel  majeure et quelques

fois perturbée temporairement. Certains pourraient performer plus

sérieusement lorsque  plus  matures,   plus  conscients  de  cette

exigence sociale. De similaires remarques furent reprises par le

Conseil canadien des ingénieurs dans la revue unilingue anglaise,

Engineering Digest. A sa  » mesure »,        Jacques avait parfois

l`impression de contribuer au développement de  ses confrères du

Bureau.

 

Jacques fut indisposé par  une plainte  relative à  l`appui d`un

conseil d`administration   régionale  à  sa   candidature  comme

administrateur à l`Ordre des  ingénieurs.  Par ignorance  ou par

mesquinerie (faux principes), on décria cet appui au  lieu de le

considérer comme  un   geste  positif  et  normal   de  la  part

d`administrateurs, de directeurs régionaux.  Il fut  reconnu par

les autorités que Jacques n`avait enfreint aucun règlement.  Par

contre, un administrateur allant en élection eut droit à la page

couverture du périodique et de plus à titre de  président, il se

classa seulement deuxième aux élections. Jacques réalisait qu`il

était difficile de tout réglementer et que le bénévolat devait se

vivre dans un  atmosphère créatif,  positif où  les participants

bénévoles se développaient, se réalisaient en  accomplissant des

activités qu`ils considéraient bénéfiques pour la  société, leur

entourage, leur profession. On lui apprit que quatre des anciens

présidents de l`Ordre  avaient  perdu leur  emploi alors  qu`ils

exerçaient cette  fonction;  celle‑ci  assumée  bénévolement  en

particulier étaient  des  plus exigeantes  requérant  des  jours

complets d`absence de son  travail.  D`ailleurs,  une ingénieure

avait déjà  été  rémunérée  par  son  employeur  lui  permettant

d`occuper ce poste à plein temps.   En ce milieu, il  constata à

nouveau que les québécois fédéralistes et nationalistes québécois

neutralisaient,   jusqu`à  un   certain  point,   leurs  énergies

facilitant les promotions d`allophones, d`immigrants généralement

fédéralistes et, ici, au  comité administratif,  l`on retrouvait

seulement un déplumé  en génie  d`une université  québécoise sur

quatre.   Il n`était  pas surprenant  qu`on devait  surveiller le

nombre d`administrateurs présents au Bureau afin de s`assurer du

quorum. Bon  nombre de  nominations reflétaient  les antécédents

professionnels du principal dirigeant; ils étaient des gradués de

la même université et souvent ils avaient occupé  un emploi dans

cette importante compagnie  de  services où  ce dirigeant  avait

oeuvré. Il était plus facile  de recruter quelqu`un de sa propre

alma mater et  de  son ancien  et  principal employeur,  croyait

Jacques.   Cependant,   il  aurait  préféré  qu`une   plus  vaste

 

consultation   soit   menée    afin   d`assurer   une   meilleure

représentation de l`ingénierie dans les  milieux universitaires,

industriels, gouvernementaux,  etc.   De plus,  les  nominations

fréquentes effectuées  à  l`Ordre de  personnels  originant  des

milieux politiques fédéraux étaient orchestrées par la direction

générale   et  les   membres   du  comité   exécutif.   En   tant

qu`administrateur, il  s`agissait   simplement  d`entériner  ces

choix, ces décisions; une opération de  « rubber stamping » compte

tenu du peu d`alternatives offertes. La composition du Bureau et

les cadres devaient  idéalement refléter  l`image de  la société

québécoise et ses tendances. On alla même, jusqu`à choisir, pour

représenter une corporation professionnelle québécoise un déplumé

seulement d`une  institution  étrangère  à  sa  connaissance  et

d`autres nominations de même acabit étaient à prévoir.  Pourquoi

pas un  dirigeant  principal sans  formation  administrative  et

bénéficiant d`une diplômation  de troisième  degré universitaire

strictement dans un ou des domaines techniques?

 

A titre de secrétaire de la régionale, Jacques  avait rédigé tôt

le compte rendu de l`assemblée annuelle et sollicité sa révision

à deux reprises au cours  de l`année par  les autres  membres du

comité administratif.  Comme  il le  prévoyait, ce  ne fut  qu`à

l`approche de l`assemblée annuelle suivante que l`on s`intéressa

à ce document déjà prêt depuis plusieurs mois.   Le compte rendu

aurait pu être acheminé  avec l`ordre du  jour et  accompagné de

l`avis de  convocation.  Jacques  pensait  que  l`on doutait  du

contenu   du   compte‑rendu    et    qu`après   avoir    entendu

l`enregistrement de l`assemblée annuelle, ils avaient  décidé de

le distribuer à l`assemblée  annuelle auquel  seulement quelques

membres assistaient au lieu de  le distribuer à des  milliers de

membres. Dans le compte‑rendu, on soulignait l`accueil favorable

du principal dirigeant de l`Ordre à l`élection du secrétaire de la

régionale. Ainsi,  des dirigeants  régionaux ayant  déjà subient

les foudres,  les  reproches,   les  avertissements  répétés  du

Président de l`Ordre relativement à leurs appuis à l`un des leurs

lors d`une élection, ils  étaient littéralement  et pratiquement

apeurés d`appuyer Jacques en publiant son compte‑rendu préparé à

titre d`ancien  secrétaire  de   la  régionale.   Un  membre  du

personnel du   siège  social   avait  même  parlé   de  conflits

d`intérêts! Tous ces détails étaient  mise en relief par Jacques

afin de   souligner  un  exemple  de   climat  désagréable,  non

constructif,   à   certains    égards,    que   l`on    retrouve

occasionnellement en exerçant un bénévolat dans une organisation

donnée à un  moment  donné.  Heureusement  que  les bénévoles  y

acquéraient des  connaissances   et  une  certaine  expérience.

Jacques, ici, se voyait refuser les résultats, les fruits de son

travail jusqu`à un certain point et les  bénévoles voyaient leur

dynamisme freiné par un  manque de discernement  des dirigeants.

 

Ces derniers avaient accepter les reproches d`éléments statiques

de l`organisation face  à  un action  créatrice, pro‑active  des

régionales. En  donnant complètement  raison aux auteurs  de ces

reproches, ils avaient dû  subir, par  surcroît, une  plainte de

l`un d`eux auprès du ministre  concerné.  Un candidat  défait et

déçu à  une  élection  aurait  pu  se  présenter  aux  élections

suivantes et il ne le fit pas.  Cet état de fait constituait une

autre illustration que  la réalité  se rapproche  de la  fiction

sinon la dépasse! Cette situation n`était pas exceptionnelle aux

yeux de Jacques;  Le  niveau de  connaissance du  fonctionnement

d`organismes et de jugement politiques des bénévoles conduisaient

fréquemment à de telles  conséquences.  A  quelques mesquineries

près, les  bénévoles  étaient bien  intentionnés  cependant  les

conséquences des blâmes étaient de préférence,  le plus souvent,

assumés par les membres  à la  base de  la pyramide  du pouvoir,

hiérarchique. Il  était presque surhumain de  se défendre contre

les instances centrales d`un organisme.

 

Jacques avait publié un article dans les premières pages du Plan

relativement aux choix de société et soumis un projet d`entrevue

afférent à la gestion de projets, sa spécialité, qui était resté

sur les tablettes de  la nouvelle directrice  des communications

depuis son élection  comme  administrateur.  Son  vice‑président

avait commenté qu`il  ne  fallait pas  publier  les articles  de

Jacques parce qu`il s`agissait de lui et  Jacques avait répliqué

qu`il ne fallait pas ne pas les publier parce qu`il s`agissait de

lui à  l`amusement des  autres  membres  de la  Commission.   Un

lecteur du  périodique  se plaignit,  d`ailleurs,  d`un  article

complaisant relatif à un logiciel de gestion de projets.

 

Suite à une  consultation personnelle  auprès du  contentieux de

l`Office des professions  du Québec,  OPQ, relative  à un  appui

régional à l`occasion de son  élection au Bureau et  préalable à

une réunion mensuelle du  Bureau, Jacques apprit  qu`un candidat

défait avait écrit  au ministre  en  titre, fort  de l`appui  du

Président de l`Ordre et  du Bureau.   Trois mois  s`étaient déjà

écoulés et personne du Bureau et du siège social ne l`avait porté

à son attention.   Quel climat épanouissant!  Jacques  avait déjà

suggéré que  la  correspondance importante  soit  présentée  aux

administrateurs. Avant de suggérer  l`ajout du mot ingénieure au

le nom de  l`Ordre, il  avait aussi  consulté l`OPQ  et de  plus

l`Office de la langue française afin d`éviter des  faux pas.  En

insistant, il obtint un exemplaire de la  correspondance avec le

Ministre en titre qui encourageait  le plaignant à  s`adresser à

l`assemblée annuelle.    Ce  dernier   ne  se  présenta   pas  à

l`assemblée annuelle mettant ainsi fin à cette grossière histoire

d`un mauvais perdant.

 

 

Fait inusité, cinq administrateurs, par hasard, étaient issus de

la même promotion et représentaient deux disciplines différentes.

Il était probable, croirait‑on, qu`ayant vu le nom d`un confrère,

Jacques, avait décidé de présenter sa candidature.  Pourtant, ce

n`était   pas   le  cas   car   il   avait  été   sollicité   par

l`administrateur sortant qui  devint le  principal dirigeant  de

l`Ordre.   A l`occasion  du  vingt‑cinquième  anniversaire de  sa

promotion de Polytechnique, il suggéra le bref texte humoristique

suivant pour publication dans la revue l`Ingénieur:

 

Une promotion de grand cru!

Un des aspects de la promotion peut‑être ainsi présenté:

Un cru à saveur administrative si l`on en juge  par le nombre de

membres de cette  promotion  siégeant au  Bureau  de l`Ordre  des

ingénieurs du Québec.

Un cru au  bouquet  aromatisé par  un engagement  au  service de  la

profession.

Un cru d`une robe aux couleurs de leur alma mater, école de génie

des plus importantes.                                

 

Son rôle d`administrateur élu  était revalorisant  d`autant plus

qu`il n`avait pas été d`abord nommé, il avait été  élu alors que

huit candidats briguaient les suffrages à seulement trois postes.

Il avait bénéficié de l`appui de plus de deux mille confrères et

il s`était classé  deuxième au  scrutin devançant  quelqu`un qui

venait d`être nommés au Bureau.  Etant  gradué de Polytechnique,

la plus  grande   école  de  génie  au  Québec   et  au  Canada,

avantageusement   connu  dans   plusieurs  grandes   entreprises,

jouissant d`une certaine facilité  d`expression ainsi  que d`une

image agréable, il avait réussi à se faire élire à ce poste.  De

plus, il  aurait  préféré être  plus  actif  professionnellement

proprement dit,   pouvoir  parler  de   contrats,  d`engagements

professionnels! Dans les circonstances,  il essayait de profiter

des avantages de cette situation!

 

Un soir, Jacques accompagnée de son épouse vit un confrère qu`il

avait déjà  côtoyé dans  deux  entreprises  et ils  discutèrent,

autour d`un café, de sa situation personnelle et professionnelle.

Son ami l`avait laissé  et il  recherchait une  autre occupation

comme il disait « il était en transit ».  Jacques comprit que même

chez les  professionnels  le   plein  emploi,  objectif  sociétal

important et souhaitable, représentait toujours un  défi pour la

profession comme  telle.   De  plus,  les  professionnels  « hors

circuit ou système » souffraient d`isolement.  Annoncer  que l`on

recherchait un nouveau défi à des confrères même susceptibles de

pouvoir vous aider n`était  pas une entreprise  très valorisante

même si nécessaire et le  plus tôt possible  suite à la  mise en

disponibilité.   L`entreprise  privée incluant  le  génie‑conseil

 

offrait fréquemment  des  emplois   précaires  et  liés  souvent

directement aux activités,  aux  marchés  de l`entreprise.   Les

corporations professionnelles devraient  protéger  le public  et

aussi promouvoir les intérêts  des membres.   Un volet  de cette

protection incluait la documentation quantitative et qualitative

non seulement de  la situation  des membres  dans l`ensemble  et

également de ceux  en  difficulté  temporairement, par  exemple.

Documenter ces cas  requérait beaucoup  de courage  en l`absence

possible de solutions partielles  ou encore  adéquates.  Jacques

considérait que ce  défi devait  être relevé  et prioritairement

pour la relève professionnelle.   Jouer à l`autruche  ne pouvait

que contribuer à la quiétude de nantis qui eux‑mêmes fréquemment

avaient joui d`appuis de confrères à un moment ou  à un autre de

leur carrière.    Les  professionnels  changeaient   à  quelques

reprises d`employeurs   pour  mieux  se  réaliser   et  le  plus

rapidement possible.            

 

Jacques observait  un  haut  dirigeant  qui  encourageait  sinon

initiait des querelles entre les confrères d`une université pour

mieux promouvoir ses propres confrères.  Présenté gentiment pour

ne pas dire innocemment, ces mesures  produisaient des résultats

surprenants et elles s`avéraient efficaces.  Souvent, en plaçant

quelqu`un sur  la  défensive,   vous  le  neutralisiez  et  vous

permettiez à   d`autres  d`être  promus.   Ce   dirigeant  avait

probablement appris ces méthodes auprès des anglophones.

 

Pour permettre au nouveau  directeur général de  se familiariser

avec le fonctionnement du Bureau, il y assista sans y participer,

seulement à titre  d`observateur, d`apprenti,  semble‑t‑il, sans

être rénuméré. De plus, il  faisait la lecture des compte‑rendus

des réunions  du Bureau,  des  commissions,  des comités  de  la

dernière année et il était former par l`ancien directeur général.

Un  membre de  la direction  générale lui  disit qu`il  se devait

d`apprendre. Jacques  aurait aimer  qu`on fut aussi  indulgent à

son endroit.   Ce personnage  se  devait  d`être fédéraliste  et

préférablement libéral en sus d`être issu de  la même université

que celle   du  principal  dirigeant  sortant,   choisi  par  un

conseiller en recrutement, pensait‑il.  Les nouveaux  gradués du

Bureau du   Premier  ministre   du  Québec,   à  la   Régie  des

installations   olympiques,   à   Télé  Métropole   et   ailleurs

jouissaient probablement de  traitements similaires  attachés au

cordon beylical libéral.   Les conseillers  en recrutement  ou en

placement,   à   son   humble  avis,   prenaient   largement   en

considération les affinités des  candidats au parti  exerçant le

pouvoir politique.

 

Après un an au Bureau, ses confrères constataient que son énoncé

politique présenté à  titre de  candidat à  la présidence  était

 

sérieux, réalisable et souhaitable. Son vice‑président avoua aux

membres de sa  Commission qu`il  aurait  dû voter  pour lui  aux

élections s`étant déroulées à ce niveau.  Jacques  ne savait pas

s`il se  présenterait  à  nouveau  à  la  présidence  ou  à  une

vice‑présidence cependant de tels commentaires étaient de nature

à le motiver en ce  sens.  On  l`avertit qu`il  s`agissait d`une

tactique électorale visant à susciter son appui.

 

De plus, il dut dénoncer  que la publicité même  préliminaire de

l`activité la plus importante de l`Ordre,  l`assemblée annuelle,

effectuée dans   le  périodique   de  la  profession   car  elle

apparaissait un milieu du périodique et non au début.  Plusieurs

membres n`avaient pas lu l`annonce suite à  une première lecture

de la revue  tout comme  Jacques.  Cette  activité n`en  fut pas

moins un succès complet. Le  taux de participation tripla.  Lors

d`une réunion du comité d`orientation, conférence téléphonique le

principal dirigeant était décrit comme se roulant par terre, mort

de rire ce  qui  témoignait  de son  peu  de  confiance dans  le

programme établi.   Ce dirigeant pourtant le  plus expérimenté du

groupe sinon  de l`Ordre  semblait  dépassé  par l`expertise  de

certains membres du comité et du service des Communications.  Ce

dirigeant avait prolongé  sa vie  active à  l`Ordre suite  à une

première retraite et il devait recevoir  de nombreux témoignages

d`appréciation ainsi que la responsable des  Communications.  Le

Forum, premier volet de la Journée de l`Ingénieur (re), fit objet

de couverture de  presse et  attira quatre  cent ingénieures  et

ingénieurs suite à près de cinq cent inscriptions.   Le sujet du

Forum avait toutefois été rétréci,  s`avérait plus pointu  et un

peu moins près de  la profession comme  telle.  On  devait quand

même admettre que les principaux dirigeants avaient leurs mots à

dire et qu`ils devaient en contre partie assumer les conséquences

de leur leadership, de leurs initiatives.   L`assemblée annuelle

fut des plus animées et les membres demandèrent que le président

de l`OIQ soit élu  par un  vote auprès des  membres à  l`aide du

courrier cependant même après un recomptage des  votes, le débat

fut poursuivi et finalement suite à ce débat, un  autre vote fut

tenu et infirma la position antérieure; le  président serait élu

l`an prochain par les administrateurs à nouveau.  Les dirigeants

de l`Ordre avaient paniqué devant l`éventualité d`une élection du

président directement par les membres.  Jacques  avait voté pour

une élection par  les  administrateurs toutefois  après un  vote

positif de l`assemblée favorisant l`élection par les membres tel

que stipulé également par la loi, il se rallia facilement à cette

option.   Il  était  important   que  les  membres  adoptent  les

modalités démocratiques  de  leur  choix.   Un  confrère  de  sa

promotion avait  déjà  soumis  cette  même  proposition  l`année

précédante sans aucune objection, opposition. Même à l`Ordre, la

conjoncture évoluait.   L`influence  des anciens  présidents  de

 

l`Ordre était   déterminante  en  de  telles   situations.   Les

dirigeants actuels  apparaissaient   souvent  dépassés  par  les

événements et ils s`appuyaient fortement sur l`expérience de ces

derniers.   Il  aurait  été  souhaitable que  les  dirigeants  en

fonction réagissent à la lumière de données plus récentes tout en

consultant leurs prédécesseurs lorsque possible.   Jacques avait

subi lui‑même  le  poids  de semblables  décisions  en  d`autres

circonstances.   En tant  que membre  du comité  d`orientation de

l`organisation, Jacques avait insisté pour que  l`assemblée soit

dirigée   par  un   modérateur  familier   avec  les   procédures

d`assemblée délibérantes afin  d`éviter  toutes contestations  à

l`issu des débats.  L`ancien Président intervint  après la prise

du vote recompté par des  scrutateurs de  la salle à  la demande

d`un membre de l`assemblée et relatif  aux modalités d`élection.

Le président de l`assemblée aurait  dû le rappeler à  l`ordre ou

suggérer une reconsidération du vote avec l`appui des deux tiers

de l`assemblée et une demande originant d`un membre défavorable à

la proposition battue, défaite tel  que Jacques se  rappelait de

ces procédures. L`ancien Président intervenait après avoir vu la

proposition défaite car chaque  année cette  proposition passait

telle une lettre à la poste, expression plus ou moins vraie.  Le

modérateur et le Président de l`Ordre essayaient  de conduire et

de contrôler l`assemblée. Un ancien Vice‑président de la Chambre

des communes  avait  été  reconnu  compétent  pour  assister  le

Président à titre de modérateur. Les procédures à la Chambre des

communes étaient  mieux  définies  que  celles  d`une  assemblée

générale d`une   corporation  où  les   procédures  d`assemblées

délibérantes   étaient    utilisées   selon    l`expérience   des

participants en  cette  matière.   Il était  difficile  pour  le

Président ou le modérateur de rappeler cet ancien Président cité

souvent en exemple et qui avait parrainé, semble‑t‑il, plusieurs

administrateurs et  bénévoles.    Malheureusement,  les  membres

furent pressés de laisser  la salle en  raison des  modalités de

réservation de celle‑ci. Même  à titre de simple administrateur,

Jacques observait avec  désarroi  certaines  mesures et  actions

entreprises et conduites par son Ordre.

 

Suite à la présentation d`un groupe à l`exécutif (slate), Jacques

ne présenta pas sa candidature.  Ici encore,  le futur président

dit à Jacques que  le choix  du président  se décidait  dans les

urinoirs et  Jacques  ne  manifesta aucun  intérêt  pour  cette

activité.   Les  administrateurs  étaient nombreux  et  plusieurs

siégeaient   depuis   quelques   années  constituant   un   noyau

relativement stable.   Plusieurs anciens  vice‑présidents étaient

en attente  de  la   présidence  et,  pourquoi  pas,  d`anciens

présidents.   Il eut  quand  même élections  à  presque tous  les

postes; quatre sur cinq et  tous les membres de  l`équipe furent

élus.   Le  Président  élu   était  un  gradué  d`une  université

 

ontarienne et, comme  par  hasard, également  déplumé de  l`alma

mater de l`ancien et du nouveau directeur général.   Deux de ses

confrères de promotion, arrivés au Bureau  avant lui, appuyaient

ce fédéraliste,  semblait‑il  ou  ils croyaient  que  leur  tour

d`accéder au  conseil  administratif était  arrivé  après  avoir

attendu au moins l`année « réglementaire ».  La situation étant ce

qu`elle était,  Jacques  dévoila  son bulletin  de  vote  à  son

confrère afin de l`assurer qu`il avait voté pour  lui et fournit

la liste des dossiers actifs de son ancienne commission à l`autre

qui se présentait comme membre de la nouvelle équipe. Le nouveau

président, son ancien président de commission n`avait su attirer

aucun membre de son ancienne commission à sa suite et à l`exemple

de Jacques, il  oeuvrait  à son  compte.   Les ingénieurs  comme

d`autres professionnels   s`intéressaient  à   leurs  situations

financières. Un  ancien président alla jusqu`à  montrer quelques

billets verts, dollars  pour  illustrer sa  pensée en  assemblée

générale. Les ingénieurs  participant peu à la  vie politique, à

la vie sociétale étaient d`autant plus près de leur travail et de

la rénumération afférente.                  

 

Conséquemment aux élections, la Rive‑Sud avait perdu le directeur

général par intérim, le président, le vice‑président aux Affaires

corporatives et elle avait  gagné un nouvel  administrateur.  En

n`accédant pas à la vice‑présidence à sa deuxième année, Jacques

compromettait   presque  irrémédiablement   ses  chances   d`être

président à la dernière année de son   mandat.  Il n`avait jamais

envisagé un second mandat. Cette  année encore, il avait choisit

la commission des Affaires  professionnelles.  L`an  dernier, il

avait obtenu   la  commission   du  Développement  et   de  la

Planification.   Il adoptait  la solution  de facilité;  celle de

laisser le conseil  exécutif de  décider quitte  à en  subir les

conséquences au  lieu  de   composer  pragmatiquement  avec  les

leaders probables, les groupes, les « slates ».   Ce qui n`était

pas toujours  facile  ou  ne produisait  pas  nécessairement  de

résultats ou les  résultats escomptés.   L`an dernier  celui qui

l`avait défait à la vice‑présidence l`avait  choisi comme membre

de sa  commission.  Celui‑ci  avait  neutralisé  ses actions  ou

essayé et il  le  ferait  sûrement à  un  autre  niveau.  Il  ne

semblait pas   plus  à   l`aise  que  l`ancien   président  dans

l`utilisation des  procédures  d`assemblées délibérantes  et  il

n`avait pas répondu  à deux  simples questions  qui lui  étaient

personnellement adressées à l`assemblée annuelle.   Les réponses

furent fournies par  la directrice  des Communications.   Ainsi,

Jacques à respecter  les  autres, ses  confrères, il  n`avançait

quère! Sa  présence en hauts  lieux aurait pu être  bénéfique et

même plus rentable que celle de bien d`autres. Jacques éprouvait

de la difficulté à s`en convaincre  et à se motiver  dans un tel

climat.   Au  cours  du  déroulement des  élections,  Jacques  se

 

réjouissait de pouvoir relayer car il n`était pas sur les rangs,

pas candidat à  aucun poste.   Après une  année durant  laquelle

certains avaient brandi  à  maintes reprises  le  spectre de  sa

démission, refuser de considérer normalement ses propositions et

peu solliciter sa candidature à divers postes, il avait cru sage

de ne pas participer activement aux élections. Il préférait agir

comme simple   administrateur  évitant   ainsi  l`administration

courante lui permettant de soumettre des  propositions relatives

au sous‑emploi   des  jeunes  et  des   ingénieurs  inactifs  ou

partiellement   actifs,    des   organismes    plus    québécois

d`accréditation des  programmes  de   génie  et  des  conditions

d`admission, … et de publier son autobiographie « romancée ». Il

fallait peut‑être  mieux  procéder  à la  base  lentement  à  la

promotion de mesures nationalistes  québécoises compte  tenu des

dirigeants actuels. Un seul membre  du conseil exécutif était de

Montréal   pour  assurer   une   représentation  aux   nombreuses

événements et  ce dernier  s`était  dit  très accaparé  par  son

travail, toutefois, ils en avaient discuté en formant une équipe.

Les dépenses du  Président  pourraient être  plus élevées  cette

année en  frais  de transport  Abibiti‑Montréal.   Malgré  tout,

l`émergence d`un président de n`importe quel point du Québec, lui

apparaissait important!    Au  sujet   de  la   revue  anglaise,

Engineering Digest,   dont  seulement   l`éditorial  deviendrait

possiblement bilingue, Jacques n`approuvait pas une distribution

aux ingénieurs québécois sans  leur propre demande.   Un sondage

aurait pu éclaircir la question. Même, l`éditorial bilingue dans

la revue le Plan n`était  pas justifié  car la loi  exigeait une

connaissance de travail du français aux professionnels exerçants

au Québec. Une  annonce du Plan parue dans les  deux langues lui

apparaissait comme un autre manque de respect de la loi. Jacques

avait reçu  une lettre  d`appréciation  de  sa participation  au

colloque des dirigeants de l`Ordre.  On lui en  promit une autre

au sujet de l`organisation  de la Journée  de l`ingénieur  et de

l`assemblée annuelle.

 

Jacques subissait  en partie  les  conséquences  de son  arrivée

cavalière au Bureau. En suggérant  sa candidature dès le départ,

il antagonisa certains     membres du Bureau d`autant plus qu`il

s`agissait d`un groupe  relativement  nombreux et  stationnaire.

C`était le résultat  d`une expérimentation,  d`un divertissement

d`un administrateur expérimenté et un peu las sinon blasé.   Son

entêtement à vouloir modifier le  nom de l`Ordre lui  mérita des

rancoeurs et suscita  de l`animosité  à son  égard.  Là  encore,

Jacques ne détesta pas l`expérience de secouer  ses confrères et

même certaines de ses consoeurs.  Conséquemment, les leaders en

fonction avaient beau jeu d`exploiter cette situation.  De plus,

Jacques se résignait mal à jouer le rôle de vice‑président alors

que des décisions,  des orientations  pro‑québécoises aurait  pu

 

être définies par le président et que le candidat à la présidence

était fédéraliste, croyait‑il. Déjà,  à titre de vice‑président,

il aurait eut accès à plus d`informations et il aurait participé

à la prise de  décisions  plus nombreuses  et  d`une façon  plus

étroite, plus  directe.   Qu`il   était  impatient  ce  Jacques!

Impatience, présomption,  diversion   qui  traduisaient  un  non

conformiste, une maturité plus  ou moins consommée,  une crainte

mal cachée d`insuccès, une sensibilité individuelle hérissant la

susceptibilité de certains membres, possiblement.   Malgré tout,

il recevait de  plus en  plus des  marques d`appréciation  à ses

actions, ses  recommandations, …,  il  cheminait  à un  rythme

peut‑être identique  à  celui  qu`une  approche  conventionnelle

aurait donnée     mais à ce stade de sa vie, il obtenait une plus

grande satisfaction   à  procéder   ainsi.   Le   mot  politique

signifiait pouvoir dans le vrai  sens du mot;  incluant vraiment

les secteurs d`activités le moindrement important.    

 

Jacques s`était porté  indirectement  à la  défense de  l`ancien

président qui subissait les foudres de  tous les administrateurs

en   raison   d`un   comportement  des   plus   cavaliers   sinon

irrespectueux. Jacques  estimait qu`il défendait à  sa façon, et

de façon maladroite, certains  principes et qu`il  effectuait la

promotion d`une certaine excellence opérationnelle. Pourtant, il

avait une bonne raison de  se réjouir  de sa déconfiture  car il

avait adopté une attitude  très ferme  à un  moment donné  à son

égard. Il avait compris son  cheminement intellectuel et il n`en

était pas été surpris mais il ne partageait pas ses conclusions.

A nouveau, il en était un peu de même.

 

Après le  départ  officiel  de cet  ancien  dirigeant,  l`ancien

président admit qu`il aurait dû simplement prendre sa retraite de

sa compagnie   d`utilités  publiques  sans  poursuivre   sa  vie

professionnelle à l`Ordre.  Son  propre départ à  titre d`ancien

dirigeant l`émut énormément! En rétrospective, l`ex‑président ne

s`illusionnait plus sur l`apport de ce cadre!   Néanmoins, il se

devait de respecter  les  nombreuses années  de  service de  cet

ancien   pilier   de   l`Ordre  qui   continuerait   probablement

d`influencer les  nombreux   dirigeants  qu`il  avait  recrutés.

D`autres honneurs l`attendaient sûrement.

 

Chaque année à l`approche des élections, Jacques était approché,

discrètement sollicité pour agir comme président de la Régionale.

Ces gestes le flattaient beaucoup et ils les interprétaient comme

des marques d`appréciation.   Cependant, il préférait  poursuivre

son travail au  Bureau  même à  titre  de simple  administrateur

attaché, représentant le grand territoire métropolitain.

 

Au delà, des liens entre confrères d`une même promotion et autres

 

considérations, Jacques comptait jouer son rôle d`administrateur;

participer franchement aux débats d`une commission,  de comités,

s`il y avait lieu, c`est‑à‑dire s`il y était nommé, et du Bureau.

Comme l`année dernière, il continuerait à  promouvoir l`identité

québécoise, l`ouverture sur  le  monde, etc.   Certaines de  ses

idées avaient été appliquées; par exemple,  l`annonce officielle

dans les journaux de  la composition complète  du Bureau  et non

seulement du conseil exécutif ou administratif.

 

Il attendait une réponse positive d`un éditeur et afin d`informer

les membres du Bureau de la parution d`un ouvrage, Jacques avait

préparé en avance le projet de proposition suivant: « Les membres

du Bureau ont été informés de la rédaction d`un essai par un des

administrateurs élus au Bureau.  Les  points de vue  exprimés le

sont à  titre personnel  par  Monsieur  Jacques Laberge  et  ses

opinions   ne   reflètent pas  nécessairement   les   positions

officielles   du   Bureau.    Toutefois,   nous   soulignons   la

contribution littéraire d`un ingénieur à la  société québécoise.

Il   nous  y   présente  un   cheminement  personnel,   familial,

professionnel et sociétal. Une annonce  de ce livre sera publiée

dans un prochain Plan à titre d`appui. »          

 

Au risque de se faire ridiculiser, Jacques pensait à un Club Défi

afin de regrouper les ingénieurs disponibles,  dresser une liste

des   participants   volontaires,  échanger   des   informations,

organiser des rencontres où les ingénieurs se présenteraient, se

regrouperaient, s`entraideraient, … avec  ou sans  le concours

des employés de l`Ordre. Il avait  commencé à semer l`idée et un

confrère administrateur fut prêt à le seconder.

 

L`annonce officielle aux bénévoles  par l`envoi d`un  bulletin à

leur adresse de l`élection  des membres du  Comité administratif

et, en particulier  du  président, fut  présentée  sous un  jour

politique, à la provinciale.  On y referait  aux liens, d`abord,

avec un ministre et ensuite à  ceux avec le premier  Ministre du

Québec et de  plus aux  institutions canadiennes.   En principe,

l`élection des comités administratifs est effectuée       par les

membres du Bureau et, ici,  cette élection avait des  allures de

nomination politique. Il était  possible, normal que des membres

du Bureau communiquent avec  des politiciens toutefois  en faire

l`étalage à  ce moment  précis  laissait  croire qu`ils  avaient

influencé   les membres du Bureau avec leurs contacts politiques.

Dans un contexte où les membres avaient demandé  dans un premier

temps,   l`élection   du   président  par   eux‑mêmes.    Jacques

entrevoyait la possibilité de l`accroissement de l`insatisfaction

en présentant  ainsi  les  résultats des  élections.   Les  élus

comptaient sur  l`apathie,  l`inexpérience des  membres  et  des

bénévoles dans   l`administration  d`organismes  communautaires,

 

politiques, professionnels, …   Cette situation  contribuait à

politiser les postes de dirigeants  de l`Ordre et à  éloigner, à

évincer des candidats, des ingénieurs‑administrateurs intéressés

d`abord   à  leur   profession  et   offrant  une   position  pas

nécessairement identique à celle du gouvernement ou  à celle que

le gouvernement aimerait promouvoir.   Jacques notait  que comme

par hasard le ministre mentionné avait été celui à qui la plainte

relative à un appui régional avait été adressée. En surcroît, le

gouvernement québécois semblait associé directement le choix d`un

dirigeant d`Ordre  professionnel  à   un  niveau  de  compétence

professionnelle dans un champ d`activité donné.   Ils semblaient

incapables de  décider  de la  compétence  professionnelle  sans

référence politique. Le système  était probablement aussi biaisé

sinon plus pour ne pas  dire plus  que celui de  l`ancien régime

Duplessis.   Le  pouvoir appartenait  à  une  même équipe  depuis

plusieurs années et le voilier gouvernemental  québécois voguait

péniblement sous les nébuleuses forces politiques libérales dont

les origines étaient  externes  au Québec,  d`Ottawa.  La  forte

emprise du Premier Ministre  sur son parti,  l`officieux partage

des pouvoirs entre les  deux grands  partis et  la quasi‑absence

d`opposition officielle auguraient de moins en moins en faveur de

l`affirmation du Québec, du Québec comme société distincte et de

l`indépendance du  Québec.   Dans   son  comté,  l`élu  semblait

s`associer, relever  essentiellement  des  dirigeants  du  parti

gouvernemental. Sa formation le  conduisait à emprunter tous les

moyens pour défendre ses  intérêts.  Jacques souhaitait  que ses

intérêts coïncidaient avec ceux du comté et du Québec.  Il avait

dû apporter  officiellement une  correction  à  son bulletin  de

député distribué dans le comté; il s`agissait plus que d`erreurs

de frappe et Jacques constatait  à nouveau que  personne n`était

parfait seulement perfectible  malgré les  sérieux efforts  pour

projeter une image publique impeccable.  Les dirigeants du parti

gouvernemental bénéficiaient ainsi de sources de renseignements,

de ressources additionnelles, d`appuis insoupçonnés ce qui ne se

traduisait pas  nécessairement  en résultats  concrets  pour  le

comté.   Peut‑être  qu`après  les prochaines  élections  si  leur

candidat était élu, ils seraient généreux.  A défaut d`avoir été

élu dans le comté de Jacques, le premier Ministre s`était allié un

élu issu de ce comté.   Décidément, la politique touchait à tout!

Même les Ordres professionnels!                        

 

Jacques poursuivit   sa  tâche  d`administrateur   notamment  en

relevant une offre d`emploi d`ingénieur de  bureau, dénomination

peu compatible aux exigences de la profession, que les procédures

d`assemblées délibérantes n`avaient pas été respectées lors de la

dernière assemblée annuelle,  dans une  lettre du  Président une

référence à sa nomination plutôt qu`à son  élection, en refusant

d`appuyer l`embauche du beau‑père du Président,  en s`enquérant

 

des éléments nouveaux  apportés par  le groupe‑conseil  formé au

sujet du projet Soligaz ainsi que de l`importance de maintenir le

BAPE, en  suggérant l`ajout  du  mot  groupe d`experts  dans  le

sommaire du rapport relatif au BAPE au lieu de groupe‑conseil car

le mot groupe‑conseil n`apparaissait pas au rapport  même et des

échanges entre  les  membres  sans  emploi,  en  s`enquérant  du

bien‑fondé de  verser  à  l`avance  les  redevances  au  Conseil

canadien des ingénieurs et en prônant la mise sur pied de bureau

québécois d`accréditation   des  programmes  de  génie   et  des

conditions d`admission  en  génie.    Il  fut  nommé  au  comité

d`orientation de l`assemblée annuelle pour une deuxième année et

représentant   du   Bureau    auprès   de    l`association   des

Ingénieurs‑conseils   du  Québec   notamment  à   leur  assemblée

annuelle, au  tournoi  de   golf  des  régionales  Plein‑Sud  et

Haut‑Richelieu et à  une conférence  organisée par  la régionale

Plein‑Sud. Son ancien président lui souligna personnellement son

appréciation pour  son  rôle  jouer dans  l`organisation  de  la

dernière assemblée annuelle toutefois même si Jacques n`avait pas

envisager de s`impliquer dans ce dossier, il notait qu`il aurait

pu présider ce comité  dont le  nouveau président  était célèbre

pour ses  apartés.  De  plus,  il  suggéra son  implication  aux

assemblées annuelles des  Ingénieurs‑conseils du  Canada et  des

ingénieurs de la Colombie‑Britannique et il attendait une réponse

ce sujet ayant manifesté  son intérêt  aux affaires  externes de

l`OIQ et s`étant inscrit à  des sessions de  perfectionnement en

relations   publiques  offertes   par  l`Ordre.    Lors  de   ses

représentations externes de l`Ordre, il aurait aimer refléter les

spécificités québécoises relatives  à la  langue, exclusion  des

géologistes et géologues, etc  tel que  vécu.  Toutefois,  il se

demandait si ses confrères du comité  administratif lui feraient

confiance en tant que  représentant du  Bureau à  l`extérieur du

Québec le sachant indépendantiste. En  tant qu`élu, il se devait

de jouer  un  rôle  d`administrateur!  Jacques  nota  ainsi  que

d`autres confrères que des tableaux comparatifs des dépenses et

des prévisions avaient été préparés pour des périodes différentes

ne facilitant en rien une comparaison.  Un  tableau statique du

nombre des membres ne put être expliqué.     A son niveau dans la

pyramide hiérarchique,   il  profitait  des  tribunes   dont  il

disposait et il semblait que  son champ de manoeuvre  était plus

vaste qu`à la présidence,  par exemple, où  les débats  les plus

importants se déroulaient à moins de dix et se termineraient sans

doute rapidement dans le cas de  nouvelles mesures nationalistes

québécoises, lui semblait‑il. Ici  encore, il visait à maximiser

les opportunités qui lui étaient     offertes compte tenu de ses

humbles     moyens     et      de     l`importance     de     ses

appuis.                                                

 

Un séminaire de perfectionnement en relations  publiques s`avéra

 

intéressant et  stimulant  pour   Jacques.   Il  enregistra  une

présentation de trois  minutes suggérant  la « québétisation »  de

l`accréditation des  programmes  de  génie  et  du  contrôle  de

l`admission en génie,  il souligna  de  nombreux points  . A  la

corporation des  médecins,  le président  agissait  aussi  comme

directeur général  tandis  qu`à  l`OIQ, il  s`agissait  de  deux

individus dont  l`un était  élu.   Les  médecins semblaient  bien

représentés depuis quelques années par ce porte‑parole.  Jacques

s`inquiétait de la diminution   des ressources « médiatiques », des

moyens   en  communications   audiovisuelles  dans   les  régions

québécoises. Il questionnait les  interventions de l`OIQ au sein

de groupe‑conseil  à  vocation   politique  qu`en  à  son  image

publique.   Une entrevue  simulée  avec deux  journalistes où  il

jouait le rôle de l`ingénieur en chef  lui permit d`expérimenter

une attitude un peu agressive  et d`en évaluer les  résultats au

cours d`un séminaire de perfectionnement en relations publiques.

Les journalistes pouvaient  commenter le  climat de  l`entrevue!

Une conférence prononcée  par un  consultant et  traitant de  la

qualité totale permit à Jacques de se  remémorer divers concepts

souvent d`origine asiatique; juste à temps,  zéro défaut, cercle

de qualité, … visant l`accroissement durable  de la production

et par tant de  la prospérité  des entreprises  québécoises.  Le

conférencier se  referait  au  ministre  de  l`industrie  et  du

commerce ainsi qu`au premier ministre  dans la promotion  de ses

services   de  conseil   en   gestion.   Plusieurs   participants

considéraient l`approche de qualité  totale comme une  « mode » et

aux dires du  conférencier  des avantages  d`une telle  approche

originaient des modifications  apportées  aux  procédés avec  le

concours de la force ouvrière incluant celui du syndicat et de la

direction.   Jacques  avait été  délégué  à  cette occasion  pour

représenter le Bureau.

 

Jacques se  méfiait  des  interventions  de  l`Ordre  au  niveau

strictement politique, par  exemple,  comme  membre d`un  groupe

tactique. Il préconisait une  implication suite à la préparation

de mémoires , … et à des études de dossiers effectuées par des

comités, des groupes  de  travail.  Improviser  individuellement

dans les champs d`intérêts reliés  à la profession  lui semblait

inacceptable car l`approche collective basée sur le travail d`un

comité même si  elle faisait  quand  même place  à une  certaine

improvisation,   elle   s`appuyait   sur  les   expertises,   les

expériences afférentes  disponibles.    De  plus,  le  principal

dirigeant élu  s`était  donnée  comme  mandat  d`aider  le  plus

important cadre. Jacques espérait  qu`il ne s`agissait pas d`une

situation souvent décrite en anglais par l`expression: « The blind

leading The   blind »  ou  « l`aveugle  guidant   l`aveugle ».   Il

s`agissait sûrement d`un  énoncé  sévère mais  qui lui  semblait

pertinent.

 

A titre de représentant  du Bureau  auprès de  l`Association des

ingénieurs‑conseils du Québec, Jacques  assista à  une rencontre

des membres des conseils  d`administration des  deux organismes.

Les   ingénieurs‑conseils  s`inquiétaient   à  juste   titre  des

conséquences de l`annonce d`une enquête effectuée par l`Ordre au

sujet du stade olympique.   L`Ordre ne  disposant pas  de moyens

pour vérifier en détails les travaux d`ingénierie effectués pour

ce projet et ayant en principe jouer son rôle  au cours des ans.

Même des experts  disposant de  peu d`informations  et de  temps

pouvaient difficilement critiqués  efficacement les  travaux des

ingénieurs québécois associés  pendant des  années à  ce projet,

semblait‑il.   Le temps,  l`avenir le  dirait!  L`enquête,  terme

inquisiteur que  l`on  suggérait de  remplacer  par  inspection,

conduite par l`Ordre pouvait conduire à  des conflits flagrants,

ouverts ou publics entre  les membres de  la profession,  de ses

sous‑groupes car le  milieu journalistique  était à  l`affût des

moindres informations relatives à ce sujet d`actualité depuis de

nombreuses années  et  les  ingénieurs de  part  leur  formation

présentaient généralement franchement leurs observations laissées

à l`interprétation souvent  de  gens   peu  ou  mal  renseignés,

distants ou  désintéressés  de  la  réputation  des  compétences

locales aux niveaux  régional  et  international.  Effectuer  la

promotion des compétences  locales  contribuait à  la vente  des

services d`ingénierie, de la technologie au  plan international.

Ici, la  conception générale  originait  de  Taillibert mais  la

conception détaillée  relevait du  génie  québécois  et l`on  se

devait d`en effectuer la promotion.  Dans ce  dossier, M. Bibeau

semblait anxieux  de  rentabiliser les  installations  olympique

étant très près du  dossier et  le ministre  Villerant défendait

leur sécurité. Les deux  constituaient une équipe, leurs actions

se complétaient!

 

L`objectif d`une  telle  investigation  devait  d`être  précisés

autrement le public que  l`Ordre visait  à protéger  serait dans

l`expectative de résultats  importants  d`une démarche  beaucoup

moins d`envergure  qu`escomptée.    Il  s`agissait  de  vérifier

jusqu`à un certain point la reconnaissance  professionnelle, les

qualifications professionnelles  des   intervenants  au  dossier

olympique.   Dans  ce  dossier  comme  dans  bien  d`autres,  les

ingénieurs devaient assumer leur  rôle d`intervenant  social, de

présenter leur point  de vue  directement à  population tout  en

protégeant l`image de  la  profession.  Le  mot crédibilité  fut

mentionné à quelques reprises  comme qualité du  porte‑parole de

l`Ordre relativement  au  dossier du  stade.   Possiblement,  un

ingénieur non impliqué au chantier olympique, un représentant des

membres de l`Ordre et non d`employeurs ou de groupes d`intérêts,

un membre élu.

 

 

Jacques revint à  la charge  dans un  dossier qui  lui tenait  à

coeur, celui  de  la reconnaissance  professionnelle  réciproque

entre le   Québec  et  particulièrement  les   états  américains

limitrophes.   A la  surprise  du Président  de  l`Ordre, il  fut

secondé par le Président   de l`Association des ing.‑conseils.  A

nouveau, Jacques dut utiliser comme argument que l`Ontario avait

déjà conclu quelques ententes  similaires.  Le  Président gradué

d`une université ontarien semblait l`ignorer. Ce Président avait

semble‑t‑il rencontrer   l`ancien  président  d`Alliance‑Québec,

apparaissait peu  imprégné  de  la culture  québécoise  et,  par

conséquent, il lui était difficile d`effectuer  la promotion des

intérêts de la majorité des membres de l`Ordre des ingénieurs du

Québec. Ses  références et  sa grille d`analyse  étaient surtout

canadiennes et peu de  membres  du  conseil administratif  et du

Bureau étaient enclin à lui aider à parfaire ses connaissances à

cet égard.   Un  membre  du conseil  administratif  admirait  le

Président pour son aisance à exprimer  ses points de vue  car il

originait d`un milieu ontarien, semble‑t‑il, par tant canadien, à

majorité anglophone. Cet administrateur  d`origine québécoise qui

avait été soumis  à d`autres  contraintes sociétales  était plus

réservé et aspirait à  un épanouissement  personnelle semblable.

Jacques avait aussi noté qu`oeuvrant dans  la fonction publique,

il savourait  toute   manifestation  d`avancement  et  défendait

presque de façon protocolaire  les moindres prérogatives  de ses

fonctions.

 

En définitive, Jacques  aurait un  rôle restreint  plutôt social

dans le dossier de l`AICQ.  Il était quand  même heureux d`avoir

obtenu un appui important dans l`élargissement du  rôle de l`OIQ

au plan international d`abord avec son important voisin.

 

Jacques fut informé par le directeur général du refus de l`Ordre

de réaliser une étude des  avantages et des inconvénients  de la

« québécisation » de l`accréditation des programmes de génie et de

la définition des critères d`admission. Il avait aussi souligner

le besoin d`établir des ententes  de réciprocité avec  les états

américains limitrophes à l`instar de l`Ontario.  Il insista pour

obtenir une   prise  de  position  d`une   instance  de  l`Ordre

regroupant des élus: la Commission des affaires professionnelles,

le comité administratif ou préférablement le Bureau.

 

Réagissant à une lettre du  principal cadre de  l`Ordre, Jacques

formula ainsi   ses  observations   et  ses  attentes   en  tant

qu`administrateur de l`Ordre dans le  dossier de la  gestion des

programmes   d`ingénierie     et    de     la    représentation

internationale.          

 

« Monsieur le Président,

 

Récemment, Monsieur Silvio  De  Laval,  secrétaire et  directeur

général de l`Ordre  me faisait  part de  son refus  d`étudier la

possibilité d`une plus  importante  implication québécoise  dans

l`accréditation   des  programmes   de   génie,  des   conditions

d`admission en génie et des relations professionnelles au niveau

international entre autres.                                

 

La   demande   d`une  étude   à   la   commission  des   Affaires

professionnelles   au  sujet   de  la   québétisation  partielle,

progressive ou complète des fonctions ci‑haut mentionnées, à mon

humble avis, devrait être examinée par la commission des Affaires

professionnelles dans un premier temps et ensuite  par le comité

administratif et surtout par le Bureau.

 

Cette démarche vise à mieux protéger les intérêts des ingénieurs

oeuvrant au  Québec  en  assurant  entre  autres  une  meilleure

visibilité de nos professionnels en milieux internationaux.  Les

ingénieurs québécois sont  les plus  compétents pour  assurer la

protection et la défense des intérêts du public et des ingénieurs

québécois.

 

Le 12 du dernier mois, l`Association  des ingénieurs‑conseils du

Québec   encourageait  l`Ordre   à  conclure   des  ententes   de

réciprocité avec les  états américains  et particulièrement  les

états limitrophes.   Ici, encore, l`OIQ se  modèlera, je l`espère

quand même, sur l`exemple ontarien  comme en maints  dossiers au

lieu de répondre  aux besoins  locaux.  Plusieurs  ingénieurs et

scientifiques appuient la  souveraineté sinon  l`indépendance du

Québec.   Deux  importants dirigeants  québécois  s`exprimaient

récemment, Messieurs Larkin Kerwin de l`Agence spatiale et Ouimet

de Pratt & Whitney et ils considèrent que leurs entreprises sont

déjà prêtes à faire face à ces éventualités.

 

Je suggère que l`Ordre adopte  une attitude « proactive »  dans ce

dossier comme  en d`autres  matières.   A  l`exemple des  autres

intervenants au Québec:  gouvernements, entreprises,  syndicats,

…, l`Ordre se  doit d`être  prête à  vivre la  souveraineté et

préférablement l`indépendance  du  Québec si  la  population  en

décide ainsi.

 

En terminant, sans  vouloir minimiser  l`importance et  la bonne

volonté des cadres de  notre Ordre,  j`insiste pour  obtenir une

réponse originant en première instance des  administrateurs élus

de l`Ordre.    Monsieur  le  Secrétaire  de   la  Commission  me

comprendra car il a  manifesté en  plusieurs occasions  un grand

soucis, intérêt aux orientations politiques des  ingénieurs élus

au Bureau.

 

 

Je compte sur votre appui en la dite matière, je demeure à votre

entière disposition  et  je  vous  prie  d`agréer,  Monsieur  le

Président, l`expression de mes sentiments distingués. »

 

Il obtint  la  préparation  d`une  étude  en  Commission  et  le

rapporteur de sa Commission  parla d`une  lettre complémentaire.

Décidément, une importante distorsion résultante des pressions du

principal cadre de l`Ordre devait être contrée  par Jacques.  Le

moindre gain dans l`affirmation québécoise devait être doublement

gagné! Un des  arguments inspirant sa démarche  en cette matière

était la suivante: Une ouverture, une  approche multilatérale au

plan   international   était    préférable   à    une   démarche

essentiellement bilatérale surtout avec un  partenaire important

et issu de souche  ethnique différente;  le Canada  anglais.  De

plus, les éléments politiques, les élus  d`un organisme devaient

pouvoir influencer  les  orientations  et les  débats  de  cette

entité.   Un  ordre  professionnel  constituait  une  institution

autonome pouvant s`autogérer tout en respectant son propre cadre

juridique. Lors d`une présentation  de la présidente désignée du

Conseil   canadien  des   ingénieurs,  Jacques   ne  fit   aucune

intervention réalisant que le débat  devait d`abord être  mené à

l`OIQ.   Elle  lui  dit  qu`elle rédigerait  son  éditorial  dans

l`Engineering Digest en  français;  Jacques  croyait qu`elle  se

verrait offrir des  éditoriaux bilingues  et préférablement  une

version anglaise de  son éditorial  si rédigé  en français.   En

Commission, il avait  soutenu  que les  dirigeants québécois  au

Conseil canadien des ingénieurs n`y seraient pas éternellement et

qu`il préférait sacrifier  les intérêts  personnels de  quelques

rares québécois à ceux de la majorité de ceux‑ci.

 

Jacques percevait une faiblesse dans la structure  de l`Ordre où

onze administrateurs représentaient l`immense région de Montréal

englobant l`île  et ses  banlieues  sans  territoire défini  pour

chacun individuellement.   Un  parrainage même  officieux  d`une

régionale ou d`un secteur aurait permit à un administrateur de se

familiariser et de se maintenir à l`écoute directement des soucis

des ingénieurs et de leurs dirigeants régionaux.  Evidemment, ce

travail   de   bénévole  était   laissé   à   la  discrétion   de

l`administrateur.   Déjà,   plusieurs   régionales   existaient:

Plein‑Sud,     Lanaudière,      Laval‑Laurentides,     Richelieu,

Haut‑Richelieu et d`autres étaient en voie d`être créées à partir

du   Comité   des    affaires   professionnelles   de   Montréal.

Antérieurement, une telle structure  existait et elle  avait été

remplacé par  la  Commission   des  régionales  présidée  par  le

Président de l`Ordre. En  tant qu`administrateur, Jacques voyait

néanmoins   ce   besoin   de   responsabiliser   géographiquement,

sectoriellement le rôle de l`administrateur. Dans les régionales

où un seul  administrateur  était élu  les rapports  s`avéraient

 

généralement plus étroits.

 

Pour   protéger  les   intérêts  des   ingénieurs  québécois   en

rentabilisant la présentation de documents au public en général,

Jacques favorisa un  quotidien  fédéraliste  rejoignant plus  de

québécois qu`un périodique spécialisé  même si  son propriétaire

demeurait dans sa région. L`élément anglophone était rejoint par

un quotidien  bien implanté  dans  le  milieu.  Ici  encore,  en

supposant des frais semblables pour la diffusion d`un message aux

francophones et  aux  anglophones,  l`Ordre  puisait  dans  les

revenus soutirés  des  francophones  pour  rejoindre  le  milieu

anglophone   minoritaire.    Les  associations   des   ingénieurs

ontariens et canadiens n`en faisaient pas autant!

 

Ses confrères au  Bureau et  également au  conseil administratif

réalisaient la  pertinence des  propos  de  Jacques et  tout  en

respectant le plus possible le  status quo, ils  s`évertuaient à

accommoder, implanter   progressivement  ses   suggestions,  ses

recommandations.   Leur  statut  personnel  n`était  pas  menacé,

croyait Jacques.  Ils  décidaient rationnellement  de leur  rôle

respectif!

 

Un confrère ingénieur lui disait qu`à titre de membre du Bureau,

il devait  défendre  les  intérêts des  ingénieurs  comme  tels.

Jacques mentionna sommairement quelques unes de  ses démarches en

tant   qu`administrateur.    Il   était   difficile   d`identifier

l`instigateur de mesures car  les procès verbaux  ne précisaient

pas les noms des  intervenants sauf ceux  des membres  du comité

administratif.   Jacques espérait  qu`aux dossiers  officiels et,

par contre, peu consultés,  ses propositions ,  ses résolutions,

ses documents   s`y  retrouveraient.   Une  fois   de  plus,  il

constatait que  l`ajout  des  noms  aux  procès  verbaux  aurait

probablement stimulé  la  participation des  autres  membres  du

Bureau.   Ceux qui  lisaient généralement  toute la  documentation

acheminée quelques jours (trois  ou quatre)  avant la  tenue des

événements étaient reconnus comme tels et  Jacques appartenait à

ce groupe.    

 

Une autre réunion de sa commission des Affaires professionnelles

lui permit de  soumettre  un rapport,  une  étude décrivant  les

activités du conseil canadien des ingénieurs qui devraient, à son

point de vue, être rapatriées à l`Ordre des ingénieurs du Québec

afin   d`accroître  la   visibilité,   la  représentativité   des

ingénieurs québécois  au  niveau  international,  entre  autres.

Cette étude fut brièvement discutée et la Commission refusa de la

présenter comme document  d`orientation  au Bureau.   Toutefois,

Jacques avait obtenu une brève  étude (deux pages)  du directeur

concerné qui soulignait le caractère autonome de l`Ordre en cette

 

matière. Il fut  quand même relativement heureux  de ce résultat

compte tenu de l`état du dossier.  Un dirigeant  lui souligna en

« douce » qu`il devrait conserver en réserve ce matériel politique.

Jacques avait l`habitude  de s`adapter  aux circonstances  et de

contribuer de son mieux aux débats  nationaux, professionnels et

autres.

 

A cette réunion, il soumit un programme d`une émission télévisée

visant à rejoindre le public à l`instar du  programme « Comment ça

va? » initié par les  médecins.  Plusieurs  ordres, corporations,

associations scientifiques et technologiques seraient  appelés à

collaborer.   Cette  proposition  serait soumise,  référée  à  la

commission de la Planification et du Développement, son ancienne

commission.   De plus,  il  souligna que  le  terme ingénieur  en

horticulture avait  été   fortuitement  utilisé dans  un  grand

quotidien.

 

En après‑midi, au Bureau, un ambitieux et coûteux projet de mise

en marché des ingénieurs, de  la technologie fut discuté.   Il ne

fallait pas   répéter  seulement  les   thèmes  gouvernementaux.

Jacques suggéra   l`emploi  d`images  illustrant   les  diverses

technologies auxquelles  l`ingénieur  contribuait  ainsi  que  la

préparation du budget pour la prochaine journée de l`ingénieur et

l`assemblée annuelle avant d`en finaliser les modalités. Jacques

n`avait pas été affecté à aucune nouvelle tâche.

 

Ces   réunions  se   déroulèrent   dans   le  cadre   académique,

universitaire et  polytechnicien.   Jacques retrouvait  son  alma

mater dont   les  espaces  étaient  aménagés   d`un  façon  plus

utilitaire maintenant qu`il  y avait  vingt‑cinq ans.   Beaucoup

plus « tassé »! Il se demandait si d`autres campus; Laval, McGill,

Concordia, UQC,  ETS et  Sherbrooke  feraient  l`objet de  telle

visite. La visite de  Polytechnique offrait plus d`intérêts pour

les   neuf  gradués   de  Poly   (9/20)  que   pour  les   autres

administrateurs, croyait‑il. Ils eurent droit à plusieurs photos

qui   remplaceraient  jusqu`à   un  certain   point  les   photos

inexistantes du vingt‑cinquième  anniversaire  de graduation  de

Poly. Le Président  de Poly croyait avoir enseigné  à Jacques ce

qui n`était pas le cas et Jacques souligna  son âge relativement

avancé    

 

Hé!   Oui!  Une  autre réunion  de  sa Commission  et du  Bureau!

Jacques amena le cas de son fabricant de fournaise qui utilisait

le terme  ingénierie  d`une  façon injustifiée  dans  sa  raison

sociale.   Il   informa  la   Commission  qu`un   article  serait

probablement publié dans  le Plan  relatif au  rapatriement des

fonctions du  Conseil  canadien des  ingénieurs.   Une  surprise

agréable l`attendait; dans un  document, on  faisait état  de la

 

problématique pour l`Ordre des ingénieurs du  Québec de déléguer

au Conseil canadien des ingénieurs des pouvoirs  qui lui avaient

initialement été délégués par l`Office des professions du Québec.

 

Au Bureau,  Jacques se  surprit  à  intervenir sur  de  nombreux

sujets: exclusion des administrateurs  chômeurs du droit  à être

rénuméré et  de  la  non publication  des  honoraires  payés  à

quelques administrateurs  du  Bureau  ou  du  nombreux  d`heures

rénumérés, le retard  encouru  dans la  réalisation  du plan  de

communication suite à  une  réflexion prolongée  de  la part  du

Président, …   Déjà, Jacques  entrevoyait chez le  Président un

désir, son  intention  d`assumer   pour  une  seconde  année  la

présidence. Ceci lui plaisait quère! Pas du tout!

 

La jeune présidente de  la régionale qui  avait oeuvré  pour les

libéraux s`appuyait et était secondée  par les dirigeants  de ce

parti. Jacques  s`était peu inspiré de  politique partisane, il

n`était que  nationaliste,  pensait‑il.   Travaillant  pour  une

multinationale américaine et afin de s`assurer l`appui politique

des anglophones du Grand Montréal, la  région électorale, ajouta

quelques mots en anglais à son énoncé politique,  à son bulletin

de présentation en tant que candidate au poste d`administratrice

à l`Ordre des ingénieurs du Québec.  Ayant  accepté d`assister à

une   quadruple   conférence    intéressante   relativement    à

l`environnement suite  à  l`invitation des  membres  du  Conseil

administratif   de  la   Régionale,   Jacques   eut  de   nouveau

l`impression et l`assurance que  sa présence était  désirée mais

qu`aucune   reconnaissance    publique     lui    était    faite

intentionnellement.   La Présidente  semblait préoccupée  par son

désir d`affirmation, d`avancement, par ses affiliation libérales,

… Jacques  fut déçu  malgré que  l`organisatrice de  la soirée

s`excusa de  ne pas  avoir  souligné  sa présence,  lui  laisser

adresser quelques mots  de  félicitations et  de présenter  les

futurs activités de l`Ordre.   Il avait noté furtivement quelques

remarques pour l`occasion.  Une  de leurs craintes  consistait à

son appui officiel possible à la candidature de  la Présidente à

un poste d`administratrice au Bureau comme  Jacques avait obtenu

de l`ancien Président,  geste  qui avait  été décrié indûment,

pensait‑il.   Toutefois,  son  intention était  d`encourager  les

ingénieurs à voter en grand  nombre compte tenu de  la nervosité

des membres du  conseil d`administration.   Un cadre  de l`Ordre

assista également au  buffet‑conférence.  Jacques  était un  peu

inquiet pour sa réélection si jamais il désirait poursuivre cette

expérience.   Par  contre,  la   Présidente  présentée  comme  la

principale   dirigeante   régionale   qu`elle   était   pouvait,

peut‑être, lui mériter plus de votes.

 

  1. ii) Quelques aspects de la profession

 

 

Au   niveau     professionnel,    Jacques     connaissait    peu

d`écrivains‑ingénieurs, d`ingénieurs « verbalisateurs » du vécu des

ingénieurs et des  professionnels.   Peu d`ingénieurs  exprimant

leurs points de  vue,  leurs perceptions  de  la société,  leurs

objectifs  sociétaux,    leur   philosophie   de    la   gestion

gouvernementale, leurs   positions  relativement   aux  dossiers

publics, …   Heureusement que  l`Ordre s`impliquait de  plus en

plus et  de  façons  fréquemment  informatives  et  innovatrices

toutefois leur   implication  faisait  rarement   l`objet  d`une

couverture journalistique élaborée. Plus  les ingénieurs en tant

que praticiens de la science feraient valoir leurs vues, plus de

dossiers techniques et complexes seraient  démystifiés, analysés

et de conclusions et sérieuses recommandations présentées.

 

Peu d`ingénieurs  avaient  oeuvré  en politique  aux  postes  de

députés, de ministres et, jamais n`avait postulé ou été considéré

comme chef de  parti, d`opposition  ou du  gouvernement.  Il  se

demandait pourquoi? Etait-ce, en raison,  de leur formation, de leur

personnalité, de leurs  intérêts?  On  retrouvait un  bon nombre

d`avocats comme  anciens  premiers  ministres!   Toutefois  dans

d`autres pays dont  les Etats‑Unis,  la France,  l`OLP, …  des

ingénieurs avaient assumés les  fonctions de chef  d`état.  Ici,

peu d`ingénieurs   semblaient  près,  préparés  à   assumer  ces

fonctions.   Les   ingénieurs   apparaissaient  avoir   peu   de

porte‑parole auprès du public ce qui conduisait quelques fois des

intermédiaires à rapporter leurs propos.  Tout  comme le Québec,

les ingénieurs se devaient d`avoir des porte‑parole efficaces et

des administrateurs  élus de  préférence  intégrés  à la  classe

dirigeante du Québec.

 

Certains diplômés européens avaient la vie facile au Québec!  On

porta à l`attention de Jacques que  certains ingénieurs italiens

prétendaient   avoir  un   doctorat  alors   qu`ils  avaient   un

baccalauréat selon les  exigences  québécoises.  Un  professeur,

spécialiste en  formation,  qui  se réclamait  docteur,  se  vit

reconnaître à peine la diplômation du baccalauréat par un CEGEP.

Et, combien d`autres  exemples!  D`autre  part, on  retrouvait à

l`université d`anciens politiciens et gestionnaires, par exemple,

qui ne disposaient  pas  de la  diplômation  de troisième  cycle

requise en  administration.   Notons  qu`en  génie  un  doctorat

n`était pas encore requis pour enseigner au niveau universitaire;

une maîtrise était acceptée.

 

Les ingénieures, femmes ingénieurs avaient tendances à se tourner

vers le  fédéral,  le   Conseil  canadien  des  ingénieurs,  des

associations canadiennes d`ingénieures.  Jacques  aurait préféré

les voir s`affirmer surtout au Québec au lieu de disperser leurs

 

énergies comme   groupe  doublement  minoritaire  en   tant  que

francophone et femme à Ottawa.  L`attitude généralement observée

au sujet des mesures dites féministes, au moins celles amorcées,

appuyées par  un   homme,  Jacques  la  résumait   de  part  ses

expériences par   une  expression   empruntée  à   un  dirigeant

universitaire « Je n`initierais pas cette mesure féministe, je ne

suis pas contre et si les femmes le veulent, je suis d`accord! ».

Avis était donné aux femmes de préciser leurs attentes et de les

présenter de la façon la plus unanime possible.  Autrement toute

divergence d`opinions  était  susceptible  d`être  exploitée  au

détriment de la cause défendue.

 

Jacques se   demandait,  quelques   fois,  si   les  universités

anglophones du  Québec  subventionnées, entre  autres,  par  les

québécois francophones  ne  contribuaient pas  toute  proportion

respectée   à   former   des   professionnels   anglophones   qui

éventuellement oeuvraient hors Québec car ces derniers laissaient

le Québec en grand nombre n`ayant pas été intégrés culturellement

à la société québécoise au terme de leurs études.  D`autre part,

il se  demandait,   combien  d`étudiants  anglophones  provenant

d`ailleurs étaient inscrits dans les universités québécoises à de

faibles frais comparativement aux québécois inscrits  ailleurs à

grands frais.

 

D`une façon générale,  les  ingénieurs de  part leurs  intérêts,

leurs habilités, leur milieu de  travail dans les  sciences, les

milieux techniques   et  la  technologie  étaient   peu  portés,

intéressés à l`administration,  autrement que  pour des  raisons

pécuniaires, et il en était de même pour  les problèmes sociétaux

car ils n`étaient  pas directement  au contact  du public  comme

l`étaient  d`autres    professionnels.    D`autres   professions

plaçaient leurs membres plus près des soucis humains, financiers,

personnels et, par conséquent, directement de la société au lieu

d`oeuvrer surtout pour une entreprise, un organisme, …  Ainsi,

il ne fut pas surpris qu`un confrère lui dise  qu`une personne à

l` »aise »   ou  indépendante   de   fortune   comme  l`on   disait

anciennement   était    indifférente   au    domaine   financier.

L`expérience de Jacques lui  démontrait qu`avec peu  ou beaucoup

d`argent certaines personnes en désirent de plus  en plus, qu`il

s`agissait d`un million comme  point de  départ ou  de cinquante

mille dollars.  Quelques  fois  sous des  dehors  très pieux  se

cachaient des intérêts des  plus mercantiles.  Des  gens n`ayant

peu d`argent et d`autres à l`aise que l`on croyait peu intéressés

à l`argent se révélaient parfois  des plus influençables  par le

moindre   afflux   monétaire.     A   procéder   continuellement,

constamment à des  restrictions mentales  afin de  s`ajuster aux

contraintes sociales pour  devenir  un harmonieux  rouage de  la

société,   les  individus   perdaient  leur   personnalité,  leur

 

individualité, leur originalité, leur jugement, pour devenir des

robots s`évertuant à améliorer leur  sort coûte que  coûte.  Les

jeunes   adultes   s`efforçaient    sincèrement   de   progresser

socialement et  au  travail  et, dans  de  nombreux  cas,  cette

attitude positive faisait place à une désolation, un désabusement

compte tenu des résultats de leurs efforts et de la compréhension

des mécanismes sociétaux.

 

Au début de sa carrière, dès 1971, Jacques avait été impressionné

par la  profondeur  et  l`envergure des  propos  d`un  confrère,

Normand Thivierge, et espéré que de  tels ingénieurs contribuent

aux débats de la société. Des outils de communications devraient

être mis  à  leur  portée  et à  leur  disposition.   Outils  de

communication écrits  dans  certains  cas  ou  oraux  selon  les

personnalités en   cause  et  les  dispositions   naturelles  et

personnelles de chacun.   Jacques avait conservé un  texte de son

cru et ce dernier est inclus  en annexe au présent  ouvrage.  De

tels penseurs  pourraient  sûrement  apporter  une  contribution

intéressante aux débats publics et à la  recherche de solutions,

si convenablement  encadrés.   D`une  façon  empirique,  Jacques

voyait le processus décisionnel hebdomadaire dans une entreprise

en la prise de  décisions généralement  les plus  importantes au

début de la semaine par les décideurs, les  dirigeants, les plus

importants.   De   plus,  le   jeudi  semblait  une   journée  de

consolidation.                                    

 

A un moment donné, Jacques apprenait quotidiennement les mots de

chinois enseignés dans le journal La Presse.  Il en discutait la

signification avec un  confrère ingénieur  chinois intégré  à la

majorité  canadienne; anglophone,  très  sympathique  et ouvert  à

différents débats. Son épouse  animait des émissions chinoises à

la télévision.  L`influence  de  ce  ressortissant chinois  dans

l`organisation s`accrut lors de l`ouverture  de la Chine  sur le

monde et  en  particulier  le  monde  occidental.   Il  agissait

quelques fois comme interprète.

 

Dans son milieu municipal successivement deux professionnels, un

avocat et un  ingénieur,  ne réussirent  pas à  être  élus à  la

mairie.   Les   deux  présentaient  une   image  professionnelle;

facilité d`expression, apparence physique attrayante,  …  L`un

fît une excellente  campagne,  Jacques en  avait  été témoin  et

l`avait secondé discrètement  et  en l`absence  d`insatisfaction

manifeste de la population, il l`avait cru perdant  dès le début

de la campagne.   L`autre était  impliqué dans  le développement

commercial et résidentiel, se  rappelait vaguement  Jacques.  Un

autre professionnel vigoureux et droit avait aussi été battu, sa

candidature avait  été  rejetée  à   deux  reprises  face  à  un

adversaire moins instruit.  On  pouvait dire que  des ingénieurs

 

s`étaient impliqués dans la politique municipale locale et qu`ils

avaient contribué à la gestion de la municipalité  selon le bon

vouloir de la  population.  Quant  à la  sensibilité des  élus à

répondre aux demandes  de la  population, les  résidents de  son

quartier eurent à  attendre  plus d`un  an  avant d`obtenir  que

l`accès à  l`arrêt  d`autobus  soit  pavé  malgré  le  fait  que

plusieurs demandes aient été formulées en ce sens.

 

Jacques réalisait que tout ou presque dans la société contribuait

à bonifier les intérêts des milieux nantis qui avaient les moyens

de modifier  la  législation.   Peu d`impôt  était  prélevé  aux

entreprises ayant  des  fiscalistes  à leur  emploi  et  pouvant

rivaliser de finesse avec ceux du gouvernement.  Par exemple, si

vous ne  bénéficiez pas  de  revenu  salarial, vous  ne  pouviez

investir vos revenus de  placement dans  un régime  de retraite.

Lorsque quelqu`un occupait  un emploi,  il disposait  de peu  de

temps pour  s`impliquer  à l`administration  de  sa  profession.

Cependant, si vous étiez  disponible, l`on préférerait  que vous

soyiez au travail.  Il en est  de même jusqu`à un  certain point

des organisations communautaires.   Personnellement, Jacques  ne

croyait pas  qu`il  aurait  pu  s`impliquer  sociétalement  s`il

n`avait pas eu de périodes d`accalmie professionnelle.  Chez son

dernier employeur, par exemple, il  ne pouvait pas  réaliser des

travaux bénévoles estimait‑il, ses activités étaient  suivies de

près et  sa  charge  de   travail  ne  le  lui  permettait  pas.

D`ailleurs, dans certaines organisations, les dirigeants étaient

rénumérés   pour   assister    aux    réunions   des    conseils

d`administration   ce   qui   favorisait  la   participation   et

l`uniformisation des rétributions (moins discrétionnaires).  

 

Jacques se surprenait à constater qu`en trois occasions, il avait

été privé des intérêts sur ses versements, ses contributions aux

programmes de pension  de trois  organismes tant  parapublic que

privés ayant  quitté ces  entreprises  alors  qu`il n`avait  pas

cumulé cinq ans de service mais quatre ans et quelques mois.

 

A l`occasion d`un  dîner  en présence  d`un  ancien  politicien,

responsable de la  régie des  Installations olympiques,  Jacques

souligna que la chute d`une poutre était probablement révélatrice

de la qualité de la structure complexe du stade et de l`entretien

de cette infrastructure  montréalaise.   On se  rappela que  les

installations olympiques ont été érigées à la course et qu`elles

constituent une  oeuvre  architecturale et  artistique,  pensait

Jacques.

 

Pour célébrer son vingt‑cinquième anniversaire de  graduation en

génie, Jacques  eut  droit  à  une  photo  de  groupe  et  à  un

banquet‑gala dans la  salle  « Canada » d`un  illustre château  de

 

l`Outaouais, dans l`Ouest québécois.   Il aurait préféré la salle

« Québec » cependant il  avait déjà  décidé  de s`y  rendre et  il

n`allait   pas  reculer   devant   cette  référence   fédéraliste

habituelle sinon traditionnelle de son école de génie, une de ses

alma mater.   Ironiquement, le Parti Québécois  tenait un conseil

national dans l`Ouest de Montréal,  la même fin de  semaine.  Ce

vingt‑cinquième anniversaire de la promotion en génie fut célébré

dans un cadre enchanteur,  un château rustique  sur les  rives de

l`Outaouais.   Dans  un  confort relatif,  Jacques  retrouva  une

cinquantaine de consoeurs et  de confrères accompagnés  de leurs

conjoints.   Il   avait   mentionné   à   l`organisateur   qu`un

environnement québécois lui aurait plu davantage.   Ce copain et

son équipe organisaient bénévolement ces retrouvailles à leur gré

et   en   absence   de   danses.   Jacques   espérait   que   les

photos‑souvenirs à paraître dans le périodique  de l`association

constitueraient d`excellents souvenirs.   Il fut  enchanté d`une

discussion avec un confrère qui lui souligna les interférences et

les distorsions dans  les communications  commerciales originant

des politiciens et  des fonctionnaires  fédéraux actifs  au plan

international   et   affectant    négativement,   pénalisant   le

développement technologique, entre autres, du Québec et biaisant

ces communications   à  l`avantage   de  l`Ontario,   du  Canada

anglophone. En d`autres termes,  ce confrère déplorait la faible

représentation technologique  et  de son  développement  par  le

Canada et surtout le Québec à l`étranger.   Peu de scientifiques

composaient ces effectifs relativement faibles comparativement à

ceux du Japon, de l`Allemagne, de l`Angleterre, de la France, …

Symbole de l`incontestable  puissance anglophone,  les anciennes

propriétés visitées du nationaliste  Papineau étaient  aux mains

d`une compagnie canadienne.   Jacques fut  heureux que  l`actuel

président de son école  génie réfère dans  l`introduction de son

allocution au  texte  qu`il  avait  produit  relativement  à  un

promotion de grand cru,     texte qu`il avait reproduit et rendu

disponible   pour l`occasion.   Une consoeur  lui confia  qu`elle

avait déjà pris connaissance de ce texte dans une  revue et elle

ignorait qu`il s`agissait de son texte.

 

Pendant   qu`au   Québec,   les  ingénieurs   accommodaient   les

anglophones en présentant dans  leur revue l`éditorial  dans les

deux langues au Conseil canadien des ingénieurs leur revue était

rédigée en   anglais  ainsi  que  celle   de  l`association  des

ingénieurs ontariens. Ici, les gens se sentaient coupables de ne

pas tout écrire dans les deux langues alors qu`ailleurs ils leur

semblaient naturel de tout rédiger dans la langue de la majorité

Deux mondes! Deux réalités!                       

 

Plusieurs semaines à l`avance, Jacques avait demandé au directeur

général de l`OIQ que son nom soit ajouté à l`agenda corporatif à

 

titre d`administrateur  délégué  à l`assemblée  annuelle  de  la

Colombie Britannique car  aucun membre  du comité  administratif

n`avait manifesté son intérêt  pour cette activité.   Pour toute

réponse, le directeur général lui fit savoir que M. le Directeur

général ne  s`y rendait  pas.   La  réponse attendue  concernait

plutôt M.  Laberge car  il  n`avait  pas nécessairement  à  être

accompagné par le directeur général.  Subséquemment, Jacques fit

son lobbying, ses représentations  auprès des membres  du comité

administratif et du comité d`orientation de l`assemblée annuelle

1991‑92. Entre-temps,  un ancien dirigeant de  l`Ordre fut choisi

par le comité administratif pour compléter le  comité des femmes

en ingénierie, des  ingénieures.   Celui‑ci  s`était objecté  à

l`ajout du mot ingénieure dans le nom de l`Ordre et l`expression

« loup dans  la  bergerie »  venait  spontanément  à  l`esprit  de

Jacques. Elles  seraient sûrement  encouragées à  s`impliquer au

niveau fédéral.

 

Ainsi Jacques demanda  aux  membres du  Comité administratif  de

représenter le Bureau à  l`assemblée annuelle d`une  province de

l`Ouest et l`on lui  préféra un nouvel  administrateur à  qui le

Bureau avait refusé le droit de s`adresser à l`assemblée annuelle

de sa régionale  quelques mois  plus tôt.   A sa  commission, on

avait demandé aux administrateurs de soumettre  des candidatures

d`enquêteur de  la  pratique professionnelle  et  Jacques  avait

encouragé deux ingénieurs expérimentés  et peu actifs  ainsi que

deux autres connaissances à soumettre leur curriculum vitae.  Il

avait   pensé  à   un  gradué   de  l`Université   du  Québec   à

Trois‑Rivières d`origine zaïroise mais il était  très jeune.  Il

était peu confortable avec cette procédure préférant des concours

officiels.   Même  si le  Bureau  approuvait  les engagements  de

personnel, les mises  à pied  ne l`étaient  pas toujours.   A ce

moment, le Bureau avait demandé à Jacques de le représenter.  Le

Président demanda à  Jacques cette  même  fin de  semaine de  le

représenter à un souper‑concert organisé par une fondation auquel

assistait déjà une administratrice mais à un autre  titre.  A une

autre réunion du Bureau, Jacques  souligna le fait que  la revue

Engineering Digest était toujours entièrement rédigé  en anglais

sans éditorial bilingue, que l`ordre du jour du Conseil canadien

des ingénieurs (CCI) était unilingue anglais,  une anomalie d`un

million dans le budget  91 du  CCI, que la  durée du  contrat de

location du siège  social était  très  longue (12  ans), que  le

discours du   Ministre  de   l`Industrie,du  Commerce   et  de la

Technologie du  Québec  semblait  basé en  particulier  sur  des

données canadiennes plutôt que  québécoises, que  les règlements

établis pour  les  régionales   se  devaient  d`être  les  moins

limitatifs, restrictifs possibles  en  matière  de publicité  et

autres, suggéra  qu`une  proposition  du  conseil  administratif

préconisant une interférence dans  les activités du  syndic soit

 

déclarée   inacceptable,  qu`il soit   clairement  établit   que

l`activité de l`assemblée annuelle n`était pas déficitaire et de

loin contrairement à ce qui  avait été  déclaré et écrit  par le

directeur général.   Jacques avait pensé également  souligner que

la revue des ingénieurs de l`Ontario ne comprenait aucun texte en

français   tandis   qu`au   Québec  plusieurs   francophones   se

culpabilisaient de ne pas ajouter des textes en anglais dans le

périodique en sus de  l`éditorial bilingue et  que le  nombre de

réunion du Bureau devrait être très nombreuses afin de minimiser

certaines fâcheuses décisions du comité administratif.

 

A titre de préparation à  son éventuelle présence  à l`assemblée

annuelle des ingénieurs de la Colombie Britannique, Jacques avait

noté en anglais les quelques idées suivantes:

 

« Chères consoeurs et confrères,

 

Je suis heureux d`avoir été délégué par l`ordre des Ingénieurs du

Québec à  votre assemblée  annuelle.   Ayant  été impliqué  dans

l`organisation de notre  dernière  assemblée annuelle  et de  la

Journée de l`ingénieur à laquelle plus de quatre cent membres ont

participé, je suis intéressé  de me familiariser  aux modalités

d`organisation d`activités de d`autres associations d`ingénieurs.

 

Au Québec, j`ai eu l`occasion de connaître des  membres de votre

association   actifs   particulièrement   dans   l`industrie   de

l`aluminium.   Tout au  cours de  mon séjour  dans votre  région,

j`essaierai de retrouver  les traditions  britanniques que  j`ai

appris à apprécier lors de mon voyage d`étude au Royaume Uni.

 

En raison des multiples raisons d`éloignement  entre la Colombie

Britannique et le  Québec, nous  devons profiter  de toutes  les

occasions pour échanger points  de vue,  connaissances, conclure

des marchés, etc. Plus la CB et le Québec seront prospères, plus

nos activités mutuelles le seront!

 

Cette année, l`OIQ concentre ses activités sur le développement

technologique et particulièrement la haute technologie et à leur

commercialisation afin d`améliorer la compétitivité du Québec et le

bien‑être des ingénieures et des ingénieurs.

 

J`avais l`intention de présenter  ce texte  en français  mais en

l`absence de   traduction  simultanée,  ceci  m`a   apparut  peu

pratique. Vous  comprendrez que  mon intention  est de présenter

une image authentique du Québec et de l`ordre  des Ingénieurs du

Québec afin de favoriser des communications efficaces basées sur

une compréhension mutuelle. »

 

 

Il n`eut pas à présenter  ces notes  ayant plutôt été  délégué à

Sorel pour une activité régionale à caractère humanitaire.  A ce

moment, il apprit  qu`un  autre administrateur  avait perdu  son

emploi à une société d`état et il était devenu entre-temps simple

administrateur après   avoir  été  vice‑président.   Il  devait

s`ajuster, s`adapter à ce nouveau contexte.   Tâche peu agréable!

Jacques en  savait  « quelque  chose »!  En  une  autre  occasion,

Jacques avait demandé au Président quelles seraient les retombées

d`une représentation de l`Ordre auprès de  l`association des MBA

car   plusieurs  ingénieurs   étaient  déjà   membres  dont   des

administrateurs élus au Bureau.   Jacques s`évertuait à respecter

l`autorité du Président, se disant que si jamais  il occupait ce

poste il aimerait que  son autorité soit  respectée et  que s`il

n`avait pas prêché  par un  exemple  personnel il  serait mal  à

l`aise, pour   rabrouer  les  dissidents  mal   intentionnés  ou

disposés.

 

A constater que  l`ordre du  jour  de  la prochaine  réunion  du

Conseil canadien des ingénieurs (CCI) et que la revue Engineering

Digest et  particulièrement  l`éditorial  du  Président  étaient

unilingues anglais, Jacques constatait que le  faible respect de

la spécificité  des  québécois  était peu  encourageant  pour  les

représentants de l`Ordre des ingénieurs du Québec auprès de cette

instance et  il  en  fit  part  au  Bureau.   Le  CCI  s`ouvrait

prochainement à  la  francophonie  enjoignantnt  la  Fédération

européenne des associations  nationales d`ingénieurs  et Jacques

espérait que ces  pourparlers  déboucheraient sur  un accord  de

réciprocité semblable  à  celui  conclus  entre  les  six  pays:

l`Irlande, la Nouvelle Zélande,  l`Australie, le  Royaume‑Uni et

les Etats‑Unis  car  jusqu`à  ce  jour  exclusivement  des  pays

d`expression anglaise avaient fait l`objet d`accords.

 

Une résolution conduisant le  syndic en principe  indépendant du

Bureau, du  comité  administratif,   du  directeur  général  fut

présentée pour information au Bureau appuyant une enquête sur les

activités   professionnelles    des   membres    impliqués   dans

l`ingénierie du  stade  olympique.    Jacques  ayant  oeuvré  au

chantier olympique durant quelques  mois participa peu  au débat

sauf pour indiquer qu`elle était inacceptable tout en n`ayant pas

d`objections     à quelle enquête que se soit.  Toutefois dans un

climat de polarisation extrême, il considérait  cette entreprise

comme dangereuse, périlleuse  pour les  membres et  l`Ordre.  Il

fallait mesurer la portée sociale et les conséquences sur l`image

et la  sauvegarde  des  intérêts des  membres.   Si  l`Ordre  ne

protégeait pas les  ingénieurs, qui  le ferait!   Les dirigeants

auraient souhaiter  ne  jamais  avoir  soumis  cette  mesure  ne

respectant pas le prérogatives du syndic. Jacques se méfiait des

fausses situations; appui  supposément  indu  des régionales  en

 

périodes   électorales,  déficit   fictif   de   la  Journée   de

l`ingénieur, et quoi d`autres passés  ou à venir.   Lorsque l`on

croit contrôler tous les  rênes du pouvoir,  il est  fréquent de

créer des  situations  favorables au  renforcissement  de  cette

autorité, de cette emprise, de ce pouvoir.

 

Les architectes français ne fournissaient pas de  plans et devis

détaillés contrairement aux architectes québécois.  On ne saurait

se surprendre   que  les  architectes  québécois   et  canadiens

critiquaient le projet  Taillibert car  ils auraient  évidemment

préféré que le  projet  eut  été conçu  par  eux  ce qui  aurait

améliorer l`image   des  professionnels  québécois   et  surtout

canadien dans  un  régime   fédéraliste.   Ils  voulaient  ainsi

souligner leur  présence   professionnelle  tout  en  soulignant

certaines réelles  déficiences.   M.  Drapeau  pour  éviter  les

ambrios locaux avait fait appel à une expertise européenne.  Les

ingénieurs québécois  avaient  sensiblement moins  à  redire  en

termes de responsabilités et de participation que les architectes

devant généralement oeuvrer avec un architecte. Il fut quand même

surpris, déconcerté  que  les  Ordres  des  architectes  et  des

ingénieurs du Québec demandèrent le retour de M. Taillibert dans

le dossier. L`état de ce  dossier devait être encore lamentable:

poursuite, expertises multiples, … et le rôle de M. Taillibert

reconnu comme primordial.

 

A l`automne, il  participa dans  un  château  de l`Estrie  à  un

colloque au programme  très ambitieux:  critères d`interventions

publiques, promotion  de la  technologie  et  image de  l`Ordre.

Seulement, les deux premiers sujets furent abordés.  Son atelier

fut le  seul à  réviser  une  grille d`évaluation   des  projets

d`interventions   concertées.    Au  conférencier   traitant   du

développement technologique à  titre  de fonctionnaire  fédéral,

Jacques demanda si le dédoublement des  responsabilités à divers

niveaux politiques en cette matière  nuisait à un  harmonieux et

efficace développement du Québec. Le conférencier croyait que le

dédoublement perturbait  surtout  les  secteurs  d`activités  de

moindre importance et que des pressions américaines dans le cadre

du traité du libre‑échange seraient exercées visant à identifier

et à réduire  les  subventions, les  aides gouvernementales  des

divers paliers de gouvernement.

 

En fin  de  journée,  ils visitèrent  une  entreprise  de  haute

technologie où les déchets dangereux étaient  bien entreposés et

étiquetés ce   qui  amena  Jacques  à   commenter  la  situation

différente existant à Saint‑Basile et Saint‑Amable. Le Président

devait le remercier de sa participation ainsi  de sa boutonnière

aux couleurs  de l`Ordre  qui  fut  remise aux  responsables  de

l`accueil chez cette  multinationale.   Jacques s`était  informé

 

d`un confrère de classe à l`emploi de cette entreprise pressenti

comme prochain président.

 

Au lendemain de la visite industrielle où Jacques avait manifesté

beaucoup d`intérêts et manifestement présenté une meilleure image

que le Président, Jacques fut approché tôt cette année là par un

officier qui désirait connaître ses intentions, ses intérêts pour

la présidence.   Jacques lui  disit qu`il  avait déjà  signifié sa

disponibilité en arrivant au Bureau  et qu`il en  était toujours

ainsi.   Cependant,  les  décisions étaient  prises  aux  moments

opportuns. S`il décrochait un  emploi contraignant ou découvrait

une activité  bénévole  plus  revalorisante, il  se  devrait  de

choisir. On  lui parlait  de l`absence possible  d`opposition au

niveau de la présidence ce qui était de nature à lui plaire.

 

Le deuxième  jour,  Jacques  fut délégué  comme  rapporteur  des

travaux de son  atelier  et l`animateur  qui  avait souligné  sa

participation officieuse au souper de la veille à une pièce jouée

par une troupe  de  théâtre, le  présenta  comme un  politicien.

Jacques se demandait pourquoi?  Il interpréta ce  geste comme un

encouragement dans cette voie. Par  surcroît, il référa au jeune

Laberge, point que Jacques s`empressa de souligner.   A titre de

rapporteur, il souligna que  la grille d`évaluation  des projets

devait être utilisé avec  jugement comme  outil de  gestion.  Le

projet de  maillage   technologique  présenté  globalement  sans

précision et théorique fut refusé aux dires de l`animateur et les

débats se poursuivirent quand même. Il présenta avec une touche

personnelle les débats de son atelier: la faible intégration des

écoles de génie sur les  campus ou l`isolement des  étudiants en

génie jusqu`à un certain  point favorisant peu  leur intégration

sociale à ce moment de leur développement professionnel, niveaux

d`intervention québécois  et  régional  respectivement  pour  le

Bureau, le siège social et les régionales, plusieurs activités de

promotion  technologique  étaient  en cours  telles  la  formation

continue impliquant ingénieurs  et  maisons d`enseignement,  des

conférences établissant des  liens entre  promoteurs de  services

technologiques, usagers et même personnels potentiels, la remise

de Méritas favorisant la promotion de leurs services, au plan de

communication, des émissions de télévision illustrant des travaux

de construction et de fabrication basés sur l`ingénierie tels les

ouvrages de  génie  civil  ,  les chaînes  de  montage  tout  en

soulignant l`apport de l`ingénieur  et même des  téléromans dont

les   principaux   personnages  seraient   des   ingénieurs‑chefs

d`entreprise,       des        ingénieurs‑chercheurs,        des

ingénieurs‑politiciens, car  Jacques  avait  visionné  plusieurs

téléromans hispaniques  où les  ingénieurs  y  jouaient un  rôle

prépondérant, la définition d`un projet pilote de préférence par

les régionales, l`importance pour l`ingénieur d`être au sommet de

 

la pyramide de la technologie et le meneur ou la meneuse en cette

matière. Il termina en soulignant  que ces projets devaient être

réalisables par des bénévoles  régionaux, à  la mesure  de leurs

moyens.   Il  avait   pensé  abordé   les  échanges   entre  les

associations d`ingénieures et les Chambres       de commerce, les

associations de gens d`affaires, …, organismes de concertation

et de maillage.   Jacques se fit délégué par le  Président à deux

jours de concertation régionale et à une dégustation de fromages

et de vins organisée par  l`association régionale et  locale des

ingénieurs.

 

Objectivement, ce colloque s`était avéré peu réussi et le projet

défini ultérieurement  comportait   la  participation  des  deux

principaux dirigeants de l`Ordre à titre de conférencier laissant

les   administrateurs   et   les  autres   membres   du conseil

administratif à observer à distance le déroulement du programme.

Les administrateurs formés comme porte‑parole étaient  peu mis à

contribution. A cette journée  des administrateurs: Commission et

Bureau, Jacques intervint au sujet d`une réduction  du nombre de

rencontre du  Bureau, d`une  demande  d`étude  pour une  gestion

québécoise   des    programme   d`ingénierie,   de    l`appui   à

l`enseignement de la déontologie dans les régions, de la carence

de fonds pour  la  formation professionnelle  dans les  régions

(cent ingénieurs attendaient), de l`ajout de courbes statistiques

additionnelles pour  illustrer  les   rendements  des  fonds  de

placement des ingénieurs et  son apport  à l`organisation  de la

Journée de l`ingénieur fut  souligné.  En  privé, il  souligna à

l`administrateur responsable la  possibilité d`obtenir  des prix

réduits pour divers  produits notamment  l`huile à  chauffage (3

sous de rabais), …

 

Jacques assista à une dégustation de  fromages et de vins  où sa

présence ne fut pas  soulignée en tant  qu`administrateur malgré

que lui et son épouse furent bien accueillis par  les membres du

conseil   d`administration.    D`ailleurs,  sa   présence   était

sollicitée   aux  réunions   du  conseil   d`administration.   La

présidente était très absorbée par l`organisation  de l`activité

et elle était toujours craintive face à toute  publicité faite à

l`endroit d`un administrateur compte tenu des  réprimandes reçues

antérieurement. Celui qui avait logé  une plainte au sujet de la

publicité avait décidé de délaisser ses activités  de bénévole à

l`Ordre. Jacques  encourageait cette  présidente régionale  à se

présenter aux  prochaines  élections comme  administratrice  et  il

croyait qu`elle y serait élue assez facilement étant active à la

Région, ingénieure et graduée d`une  grande école de  génie.  Un

ingénieur‑conseil soulignait qu`il  avait mentionné  à un  Forum

régional que de nombreux programmes d`aides économiques existants

s`avéraient difficiles à utiliser.                  

 

Suite à une rencontre de concertation régionale, il transmit les

notes suivantes rédigées à cette occasion en sus des commentaires

relatifs au  nombre  considérable  de  sujets  traités  et,  par

conséquent, du peu  de temps  alloué aux  échanges autres  qu`en

atelier; le compromis quantité et qualité étant souvent difficile

et délicat à réaliser!        

 

« Nous nous devons  d`encourager la  concertation des  principaux

intervenants:   gouvernement,    patronat,   syndicats,    corps

professionnels, … L`Ordre des  ingénieurs du Québec s`implique

dans des dossiers de diverses natures: environnementale (Soligaz,

BAPE, …), économique (qualité totale, …), sociale (Commission

Bélanger‑Campeau, …) et autres concernant l`ensemble du Québec

ou un secteur important du celui‑ci.  Souvent  des mémoires sont

présentés suite à une étude exhaustive du dossier.

 

Il semble que plusieurs organismes québécois ne disposent pas de

porte‑parole  en   régions,    leurs   activités   n`étant   pas

décentralisées. Heureusement, ce n`est pas le cas de l`Ordre des

ingénieurs du Québec où l`on retrouve  plusieurs régionales dans

la région géographique de la Montérégie dont  quelques unes sont

déjà membres de votre organisme.

 

Je suis   convaincu  que  l`Ordre  et   ses  régionales  peuvent

collaborer au bilan scientifique de la Montérégie  et à d`autres

activités. Nous  préconisons également  la confection  de bilans

technologiques par les industries afin de complémenter les bilans

des entreprises qui  comportent surtout  une volet  comptable ou

financier.

 

Au niveau  régional,  un nombre  considérable  d`activités  sont

organisées par  des  ingénieurs   relativement  à  la  formation

continue,   l`environnement,  l`informatique,   l`aérospatial  et

l`aéronautique, la  reconnaissance  de  l`excellence,  …   Ces

activités sont offertes  aux ingénieurs  et nous  nous efforçons

d`élargir   nos   auditoires   surtout   lors   des   conférences

scientifiques et techniques, …

 

La technologie et son développement sont réellement l`apanage de

l`ingénieur, son principal domaine de rayonnement  individuel et

collectif.   C`est pourquoi  nous  désirons y  jouer  un rôle  de

premier plan.       « 

 

Ces notes   furent  favorablement  accueillies  ainsi   que  ses

démarches pour susciter la participation des régionales concernées

et des ingénieurs‑conseils.

 

La presse  parlait  d`ingénierie   sociale  à  laquelle  pouvait

 

contribuer des ingénieurs.   L`ingénieur fédéraliste Dupras était

mis à contribution par les conservateurs  fédéraux.  Après avoir

mis en évidence  les  activités de  l`ingénieur  Bérubé dans  le

dossier   Lavalin‑SNC,  on   parlait   beaucoup  de   l`ingénieur

fédéraliste Saint‑Pierre qui collaborerait à la  souveraineté du

Québec, probablement afin de conserver ses importantes fonctions,

mais seulement après coup, après s`être opposé à sa réalisation.

De part  leur  formation  et  leur  expérience,  les  ingénieurs

pouvaient sûrement contribuer à la définition et à la réalisation

de mesures sociales liées à l`emploi, la technologie, l`économie,

… Eventuellement, des  éléments moins conservateurs pourraient

se manifester chez les ingénieurs si le  contexte le permettait,

croyait Jacques.   De  plus,  au sujet  de  la  plus  importante

entreprise de génie‑conseil regroupant bon nombre d`ingénieurs et

de scientifiques, l`on  parlait  de rationalisation  conduisant

souvent à de  nombreuses  mises à  pied éventuelles.   L`anglais

était   considérablement  utilisée   comme  langue   de  travail,

disait‑on. Jacques avait cru le constater lors d`une entrevue.

 

Le ministère québécois de l`Environnement reconditionnait le site

d`emmagasinement des  pneus   de  St‑Amable.   S`agissait‑il  de

conditions correspondantes  au  milieu  naturel,  on  le  saurait

éventuellement!   Quant  aux   déchets  toxiques  résultants  des

incendies de St‑Amable  et de  St‑Basile, ils  seraient détruits

dans quelques années. Dans le domaine de l`environnement, entre

autres, de mauvaises nouvelles étaient plausibles comme celles du

site d`implantation  d`un   développement  résidentiel  à  Ville

d`Anjou.   Les informations  pertinentes  à  la gestion  publique

n`étant souvent qu`accidentellement divulguées en raison de leur

dit caractère  confidentiel  et   à  plus  forte  raison  celles

afférentes à   l`entreprise  privée.   Chacun  fait   preuve  de

discrétion afin de survivre!                    

 

Que d`hypocrisie! Que de mesquineries!  Que d`esclavage!  Que de

contraintes inutiles! Que de demi‑vérités!  Que de demi‑mesures!

Que d`efficiences  apparentes!    Que  d`inefficacité!   Que  de

louvoiements!   Que  d`impostures!    Ces  exclamations,  il  les

exprimait face à la société dans l`ensemble et il se disait « Quel

drôle de destin était le sien! ».

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L’article 9- Il y a vingt ans … Jacques et la société est apparu en premier sur Il y a vingt ans .....

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                   X‑ L`IMPLICATION SOCIETALE

 

D`année en  année, il  trouvait  toujours  des sujets  d`actualités

justifiant la rédaction  de textes,  lui permettant  de s`impliquer

dans les débats de l`heure.   Exprimer ses points de vue constituait

une soupape de sécurité à  son équilibre personnel.  Il  croyait, à

tort ou à raison, que des textes présentés à des comités éditoriaux,

même s`ils n`étaient pas toujours  publiés, qu`ils étaient  lus par

les leaders d`opinions, certains décideurs, …  A défaut d`obtenir

le crédit  ou l`avancement  afférent  à  la reconnaissance  de  ces

suggestions, de ces analyses,  il appréciait la  matérialisation de

certaines mesures suggérées  antérieurement.   Les idées  faisaient

progressivement leur chemin. Par exemple, les membres du Ralliement

pour l`Indépendance Nationale  du  Québec furent  de  plus en  plus

nombreux à être convaincus du  bien‑fondé de leur  cause.  Ensuite,

les membres du Parti  Québécois suivirent un  cheminement semblable

et, après, ceux  du  Parti  Libéral furent  exposés  à cette  idée.

Jacques n`était même pas certain que les membres du Parti Québécois

étaient indépendantistes  dans  l`ensemble, ils  les  soupçonnaient

d`être souverainistes  à divers  degrés.   D`autre  part, il  était

convaincu que  lorsque l`on  adhère  à  l`indépendance, c`est  pour

longtemps. Un chansonnier  québécois nationaliste populaire, Gilles

Vigneault, originaire de la même  région que Jacques et  de l`autre

côté du  fleuve  avait  composé   une  chanson  très  populaire  et

entraînante dans laquelle il référait  au nom de  Jacques.  L`élite

nationaliste québécois omniprésente depuis toujours  alimentait les

milieux nationalistes et assumait  une certaine coordination  à une

échelle réduite.  Les mouvements de  gauche en attente d`un contexte

propice à leur expansion critiquaient souvent avec justesse tant les

actions du gouvernement que celles de l`Opposition. Par exemple, le

fait que le Parti Québécois relayait toujours  son objectif premier

au deuxième rang, soit subséquemment à l`exercice du  pouvoir si le

contexte l`exigerait!

 

 

 

 

                  1‑ La politique

 

 

Jacques s`évertuait  à  rechercher  des moyens  de  promouvoir  les

intérêts des québécois francophones dans un système indépendantiste

alors que  son  avancement commandait  préférablement  l`appui  des

mesures fédéralistes  et du  bilinguisme  sinon  de l`anglais  tout

court. Encourager  le bilinguisme  au Québec, c`était  contribuer à

l`assimilation des québécois, c`était favoriser l`usage de l`anglais

ici quant à  l`extérieur du  Québec le  bilinguisme n`existait  pas

 

réellement; il  s`agissait  en  pratique  de  promouvoir  seulement

l`anglais au Québec et non  pas le  français hors Québec.   Si vous

secondiez une démarche  souverainiste, vos  idées, vos  suggestions

étaient récupérées par les partisans de cette tendance et intégrées

à leurs   actions   irrespectivement    de   votre   position   dans

l`organisation ou du crédit que  vous méritiez ou  devriez mériter.

La cause était d`abord servie  aux profits des dirigeants  en place

quelqu`ils puissent être.

 

Plusieurs anglophones  montréalais  et hors  Québec  décourageaient

Jacques à acheter et à  posséder une résidence secondaire  en terre

américaine.   Ils  préféraient   être  les   seuls  à   assumer  la

représentation extérieure  à la  canadienne  anglaise,  à titre  de

malheureux   opprimés  linguistiques   par  les   pervers  québécois

francophones.   Jamais, il  n`était  propice à  un québécois  d`être

présent aux Etats‑Unis. Les  américains respectueux de leur drapeau

étaient intrigués par les  deux drapeaux, de  dimensions semblables

adossés l`un contre l`autre, des  Laberge; un américain  et l`autre

québécois symbolisant dans l`esprit  de Jacques qu`une  parcelle de

terre américaine était aux mains de québécois. Les canadiens et les

québécois anglophones sur le lac préféraient  déployer leur drapeau

canadien et,  quelques fois,  américain.   De  plus, Jacques  avait

installé un petit drapeau québécois sur son bateau.   Un voisin lui

avait dit qu`il  déployait son  drapeau fleurdelisé  le jour  de la

Saint‑Jean pour lui  plaire.   Jacques n`en  était pas  entièrement

convaincu car québécois même après avoir travaillé pour  la NASA et

vécut avec sa première famille dans le Sud des Etats‑Unis, il avait

parait‑il enseigné au  chef de  l`Opposition et  travaillé pour  le

Vice‑président du  PQ.  Sa  deuxième épouse  l`avait  présenté  aux

Laberge comme  le docteur  Nadeau.   Jacques  avait cru  se  sentir

protégé médicalement toutefois il apprit ensuite qu`il était docteur

en chimie. Quelques  fois,  on l`appelait,  semblait‑il, l`homme au

trois drapeaux.

 

Il était difficile  de s`affirmer  ouvertement comme  souverainiste

dans une société dominée par les valeurs  fédéralistes bien ancrées

dans les moeurs  de  nos dirigeants  devant  leurs positions,  leur

avancement à des stratégies et des actions  s`inscrivant dans cette

foulée, avait observé  Jacques au  cours  des ans.   On ne  saurait

couper les ponts avec les québécois francophones  oeuvrant dans des

organismes fédéralistes au contraire aux risques d`une assimilation à

leurs propres activités souvent importantes, les valeurs véhiculées

par des nationalistes  québécois  convaincus  et sincères  seraient

progressivement intégrées, somme  toute, par  des compatriotes  qui

éventuellement constateraient la pertinence de ces  valeurs même en

fonction de leurs intérêts pécuniaires lorsque la loi du grand nombre

et de la majorité les favoriseraient.

 

 

Il avait colligé des centaines de pages  d`articles rédigés surtout

en français et aussi en  anglais et en  espagnol et publiés  au bon

vouloir des  propriétaires  de   journaux.   En  raison  du  nombre

d`articles écrits et souvent publiés  on pourrait presque  dire que

Jacques tenait un journal personnel public.

 

Il avait  étudié  les  structures   de  la  Commission  des  écoles

catholiques de Montréal incluant le  rôle des commissaires  élus et

exprimé ses conclusions  par écrit.   Lors d`un  voyage au  Nouveau

Brunswick, il nota que certains acadiens auraient aimé être citoyen

québécois et   ses  remarques  furent  publiées   dans  le  journal

Evangeline. Suite  à son retour  de Martinique, Jacques  établit un

parallèle entre la situation du  Québec et celle de  ce département

français d`outremer.   En 1974,  Jacques suggérait  en sus  du Parti

Québécois un parti indépendantiste gauchiste et un autre au fédéral.

La suggestion d`un parti pour anglophones fut aussi présentée. Dans

un de ses articles de cette même année, il soulignait la possibilité

chez un couple qu`un des partenaires en vienne à orienter fortement

et définitivement les décisions du foyer. En 1977, il comparait les

systèmes scolaires privé et  public en  favorisant ce  dernier.  De

plus, il témoignait de situations défavorables à la francisation des

entreprises.   Les  mesures  de   francisation  des  entreprises  ne

semblaient pas appliquées très sérieusement car les avantages d`une

promotion apparaissent plus attrayants, importants que la promotion

du français.   En 1981,  relativement à  l`abolition de  la retraite

obligatoire, il avait exprimé son  opposition à cette mesure  à son

député‑ministre du temps. En 1982,  Jacques se demandait combien de

départs d`anglophones   étaient  fictifs   parmi  les   vrais!   Il

discourait   également  sur   la  pertinence   de  la   souveraineté

comparativement à   la  souveraineté‑association.    L`influence  des

sondages d`opinions retenait aussi son attention.  Il recherchait à

cette époque  un  raccourci  vers  la  souveraineté.   Il  justifia

publiquement et localement sa proposition de vote de blâme à l`égard

du chef du PQ.  A cette  époque, il soulignait  sa confiance  à une

monnaie québécoise  et  il   interrogeait  les  milieux  d`affaires

relativement à la souveraineté et la pertinence de  la présence des

péquistes   à  Ottawa.    En   1983,   quelques  liens   économiques

Québec‑Etats‑Unis étaient mise en relief dans un article.  Un autre

de ses articles soulignait  et déplorait la  perte partielle  de la

nouvelle génération, la  jeunesse  et s`interrogeait  au sujet  des

conséquences de la libéralisation  des moeurs.  Il  questionnait le

coût du  bilinguisme  au  Québec dans  le  domaine  de  l`éducation

relativement à celui de l`Ontario. Au Québec, nous avions un double

sinon quadruple système d`éducation; anglais,  français, protestant

et catholique.   En  1987,   Jacques  pratiquait  son  espagnol  en

établissant un parallèle entre  la situation  des québécois  et des

haïtiens suite à une longue discussion avec un haïtien. Après quoi,

il récidiva, en espagnol encore, auprès du journal El Correo en leur

 

transmettant ses commentaires politiques.  En 1990,  il dressait un

portrait d`ensemble du contexte politique québécois.

 

 

  1. i) Le Parti Québécois

 

 

Jacques s`impliqua socialement et politiquement en  devenant membre

du conseil d`administration de comté d`un parti politique où il fut

à tour de rôle  trésorier,  agent officiel  et  président.  Il  fut

surpris, entre autres, par le peu de services existants dans une des

municipalités, en particulier, et il suggéra en périodes de relative

prospérité que   des  argents  soient  investis   dans  le  domaine

environnemental et notamment  à l`épuration  des eaux  déplorant la

qualité de celles  s`écoulant  doucement à  proximité  de sa  ville

résidentielle.  

 

A une réunion du conseil  d`administration présidé par  Jacques, un

couple d`amis   insista  pour  intervenir.   Le   sujet  concernait

essentiellement le  mari  et  Jacques  donna  la  parole  au  mari.

Toutefois, l`épouse étant des plus dynamiques exigea le     droit de

parole et, après, l`avoir obtenu  elle contribua très peu au débat.

Encore, une fois, Jacques reconnut que la vie et  la dynamique chez

un couple devraient être respectées.   Il s`agissait d`un couple ami

et, surtout, d`un ancien confrère de travail.

 

Il n`accepta pas  la  ponction financière  chez les  fonctionnaires

québécois qui avaient contribué efficacement à la naissance et à la

promotion du Parti. Souverainiste  convaincu, il fut bouleversé par

le fait que  des positions  majoritairement adoptées  à un  congrès

national ne soient pas entérinées par le conseil d`administration du

parti où pourtant  siégeaient  des dirigeants  d`expérience et  des

membres du  gouvernement,  notamment,  des  ministres,  évidemment,

émules de Monsieur Lévesque. A plusieurs reprises, on dit à Jacques

que Monsieur  Lévesque  avait  hautement  été  traumatisé  par  ses

expériences des qu erres en tant que reporter.   Jacques et quelques

militants convaincus firent la promotion de la souveraineté pure et

dure comme les journalistes et les discréditeurs de la souveraineté

et de l`indépendance aimaient les  appeler.  D`abord, au  niveau du

comté, ensuite à la  région et finalement au  congrès nationale.

ils applaudissaient les  résolutions,  les  interventions les  plus

pro‑souverainistes et dites radicales, ils intervenaient en dû temps

pour   influencer  l`assemblée   ayant   maîtrisés  les   procédures

d`assemblées   délibérantes  et   autres,   ils  chahutaient   leurs

adversaires, ils  effectuaient  en  pratique,  démocratiquement  la

promotion de leurs croyances,  de leurs  objectifs et  du programme

officiel du parti tel que transformé. Aller au micro était pour eux

leur façon démocratique de monter  aux barricades!  Jacques  et les

 

militants de  plusieurs comtés  avaient  fourni  aux dirigeants  au

pouvoir   l`opportunité   de    diriger   un   parti   souverainiste,

indépendantiste et   de  préférence   un  pays   indépendant.   Ces

dirigeants et surtout Monsieur Lévesque n`en  attendaient pas tant!

Monsieur Lévesque vit en eux des agitateurs  efficaces alors qu`ils

étaient de simples militants  aguerris à la  défense de  leur idéal

politique que l`on leur  faisait miroiter  durant les  compagnes de

financement, aux Fêtes nationales, …  Ces militants avaient livré

démocratiquement   la  « marchandise »,   l`indépendance  et   non  la

souveraineté‑association à   l`eau  de  rose  qui   devait  revêtir

éventuellement la forme de beau risque  fédéraliste confirmant ainsi

les appréhensions  de ces  militants  expérimentés  et las  de  ces

éternelles discussions,  débats.   Serons‑nous plus  avancés  dans

quelques années, se demandaient‑ils?  Possiblement que  le langage

sera différent  mais  quand   sera‑t‑il  vraiment  de  la  réalité?

Monsieur Lévesque avait possiblement cheminé et favorisé un certain

nationaliste québécois qui  l`avait  conduit  au pouvoir  forcément

entouré d`une  équipe à  l`instar  des  anciens premiers  ministres

québécois.   Toutefois,  pour  bon  nombre de  stratèges,  il  était

souhaitable pour   la  cause,  l`indépendance  que   la  population

identifie ce leader aimé, adulé  à un  moment donné à  cet objectif

poursuivi par tant de militantes, de militants, de québécoises et de

québécois.

 

Jacques avait  également  préparé  une  demande  de  congrès  à  la

chefferie en de telles circonstances.  Requête  qu`il ne présentera

pas même si sa proposition de blâme recueillit beaucoup d`appuis sur

le plancher du  congrès  d`après certains  médias et  observateurs.

Certains journalistes disaient que les dirigeants péquistes purs et

durs avaient reculé pris de vertige. Parlaient‑ils des militants ou

des élus?    Les  militants  semblaient  déterminés!    Jacques  se

souvenait du regard narquois de M. Lévesque, à ce moment, ce dernier

était assuré de ne pas être sérieusement inquiété fort des résultats

du renéremdum.   M. Lévesque  aurait dit qu`il  aurait voté  pour un

blâme partiel à son endroit,  semble‑il.  De plus,  Jacques apprit

que quelques ministres l`auraient averti que la prochaine fois qu`il

défierait les instances officielles du Parti qu`ils ne l`appuierait

plus. Ce congrès « démocratique » comme beaucoup d`autres avaient été

orchestré et les conclusions acceptées à l`avance par les élites du

Parti.   Les   résolutions  provenant  de  la   base  n`étaient  pas

considérées sérieusement sinon comme dérangantes et déstabilisantes.

Souvent, les résolutions issues  de la  base traduisaient  la vraie

nature des  changements souhaités,  des  mesures  requises par  les

membres, les  militants  et  la société  et  qui  divergeaient  des

intérêts   des    dirigeants     bien    installés,    positionnés;

l`establishment.   Au  cours de  ses  activités  politiques, il  eut

l`occasion d`aider un politicien important et maintenant chevronné à

résoudre un anomalie administrative en l`informant en dû temps.  De

 

retour des  nombreux congrès,  il  se  voyait  quelques fois  à  la

télévision et l`expression de faire parti ou être de la « tapisserie »

de petit écran l`amusait.  A l`occasion d`un  colloque organisé par

le PQ, Jacques  souligna au  Président  du conseil  du patronat  du

Québec son appréciation sur la qualité de sa représentativité, entre

autres, à titre de résident de la Rive‑Sud et d`ancien Rimousquois.

Ce dernier en fit autant à l`adresse de Jacques. Plus tard, Jacques

devait constater   qu`il  représentait  bien  et   qu`il  défendait

efficacement les valeurs  des patrons  intégrés au  système actuel;

fédéralisme à saveur anglophone.  Au  niveau local, il  fut surpris

d`être invité par écrit  à joindre  les rangs  du Parti  Libéral du

Québec à titre  de communicateur  ayant présenté  quelques constats

politiques critiques   dans  le   journal  local,   La  Seigneurie.

Plusieurs militants péquistes avaient fait l`analyse,  même et bien

avant les déboires connus par  le successeur de  Monsieur Lévesque,

que la souveraineté, et surtout, l`indépendance du  Québec était la

seule voie   acceptable  et  souhaitable.   Que   la  promotion  de

l`indépendance était effectuée plus efficacement lorsque le PQ était

dans l`opposition  si   l`on  en  jugeait  par   le  degré  d`appui

constamment accru à la souveraineté et  au PQ jusqu`a son  accès au

pouvoir.   Ainsi,  il était  normal  que  le  Parti revienne  à  ses

orientations initiales surtout après avoir perdu le pouvoir, réfuté

les conclusions d`un congrès national, écarter certains successeurs

potentiels   à  Monsieur   Lévesque.   En   effectuant  son   virage

fédéraliste, le PQ faisait fi de l`appui de quarante pour-cent de la

population à la souveraineté et d`un pourcentage plus  élevé de ses

membres.   Quels  intérêts  personnels,  partisans,  …  pouvaient

justifiées une telle infamie.  Le Parti Libéral  du Québec semblait

peu enclin à les imiter! En  pratique, l`ancien chef du PQ, chef du

gouvernement fut remplacé par Monsieur Bourassa à ce dernier poste.

Après vingt‑cinq ans  de  service, ce  dernier  devrait laisser  la

chefferie libérale et retrouver ses cheveux gris ou blanc.

 

Le politicien  que Jacques  respectait,  admirait,  le plus,  était

Camille   Laurin,  malgré   ses   mains   moites  qui   traduisaient

possiblement son professionnalisme,  pour  avoir  fait adopter  une

législation linguistique avec semblait‑il un appui mitigé du Premier

ministre du temps.   Jacques avait comme beaucoup  de québécois fait

parvenir sa lettre d`appui à cette loi. Cette loi avait une portée,

un impact considérable, déterminant sur les chances de survie sinon

de durer de la  société franco‑québécoise à  court, moyen   et long

termes. De plus  à titre de président du comté,  il avait préconisé

sa venue dans  le comté  au moment  où il  défendait son  projet de

réforme, de restructuration scolaire.   Il avait conserver  un bref

texte de présentation préparé à cet effet.  Toutefois,    le député

se réserva le  droit de  présenter un  tel personnage;  question de

protocole! Son ascendant sur son parti était des plus déterminants.

En fin stratège,  d`érudit et  de professionnel,  il utilisait  ses

 

connaissances afin de promouvoir l`épanouissement des québécois dans

leur ensemble et surtout l`élément franco‑américain  majoritaire au

Québec; dernier bastion de la francophonie sur ce continent.

 

Jacques fut impressionné par la prestance de  Monsieur Lazure ainsi

que sa puissance intellectuelle.   A titre  de président  du comté,

Jacques avait passé de nombreuses  heures en sa compagnie  à divers

congrès et  conseils  nationaux  ainsi  qu`aux  diverses  activités

partisanes locales. Au  risque de réduire sa  popularité, M. Lazure

défendait souvent et  vigoureusement des  causes, des  projets très

louables qui ne représentaient pas toujours un souci collectivement

reconnu, partagé à prime abord.   Au plan politique, Jacques n`avait

pas été impressionné par une mise en garde personnelle. Jacques fut

surpris des  réactions de  M.  Lazure  qu`il  avait prévenu  de  sa

candidature à la présidence du comté. Il ne croyait, peut‑être pas,

qu`il serait élu à ce poste compte tenu des commentaires recueillis

auprès des membres de son bureau de comté.   Cet avertissement avait

modifié sa perception,  avec raison  ou non,  de l`envergure  de ce

politicien. Peut‑être qu`il  s`agissait de considérations pratiques

à son point de vue, d`un style de gestion?

 

Un jeune ministre qui lui semblait  désabuser de son milieu  de vie

politique; valeurs,  compromission, rythme  de  vie,  … en  était

arriver à des  mésaventures personnelles  spectaculaires traduisant

son épuisement psychologique et peut‑être physique?

 

Jacques devait se rallier à plusieurs politiques gouvernementales et

partisanes. Toutefois,  il étudiait  le plus  sérieusement possible

les dossiers, en évaluait les avantages et les désavantages tout en

consultant les membres du parti  et des citoyens et  présentait ses

observations aux instance du parti et quelques fois à la population.

L`évaluation des politiques était réalisée à partir de principes et

d`idéaux sachant qu`en périodes d`activités intenses  les décideurs

étaient bousculés par les événements et influencés  par les groupes

de pression ainsi que par leur entourage  politique.  Les solutions

n`étaient pas toujours évidentes et les marges entre  la théorie et

la pratique, l`application de principes et le respect de la réalité

politique, les idéaux et les positions pragmatiques étaient souvent

considérables.   Comme  point de  départ  à  une réflexion,  Jacques

préférait s`inspirer de  principes sachant  que la  politique vécue

activement exigeait énormément de compromis, de concessions,     …

lorsque   les   obstacles   semblaient  insurmontables   alors   que

l`objectif, le but poursuivi était d`importance primordiale.

 

A l`épicerie, il entrevit un ancien confrère de travail, démographe

et   économiste,  politicien   municipal  qu`il   avait  neutraliser

politiquement d`une  façon  tout   à  fait  inattendue  lors  d`une

assemblée de comté où les délégués au prochain  congrès national du

 

PQ suite au renérendum  furent élus.   Bénéficiant de  l`appui d`un

voisin membre de l`exécutif, ils présentèrent une équipe  et ce fut

l`équipe des décriés souverainistes « purs et durs »  qui furent élus

déconcertant ces nouveaux candidats aux postes de délégués péquistes

du comté.

 

A ces dernières interventions après avoir laisser  la présidence du

comté, il se souvenait d`une rencontre  où il avait insisté  sur la

nécessité d`impliquer les dirigeants d`entreprises dans le débat sur

la souveraineté, l`indépendance.   D`ailleurs,  il s`agissait  d`un

prolongement verbal   de  ses   écrits  publiés   localement.   Ses

expériences dans les milieux industriels en particulier lui avaient

enseignées le peu  de latitude  laissée aux  employés en  termes de

temps, d`idéologie, …   Son point  de vue  n`était pas  nettement

compris par  des  enseignants,   des  fonctionnaires  et  même  des

travailleurs des milieux  industriels dont  certains n`avaient  pas

observés la prépondérance des  arguments présentés par  les milieux

d`affaires soit  officieusement,   soit  officiellement.   Certains

militants voyaient   quelques  ministres  comme   des  « preachers »,

prédicateurs américains du  haut de  leurs ministères.   Jusqu`à un

certain point, on était  en droit de  s`attendre que  les ministres

définissent des orientations et même des moyens et des méthodes tout

en demeurant  le plus  possible  à  l`écoute  des citoyens  et  des

militants surtout après quelques années de cumul  de ces fonctions.

D`autres ministres dépensaient quelques  fois beaucoup  d`énergie à

créer, à soigner leurs images et peut‑être pas suffisamment de temps

à l`étude, l`examen et la révision des méthodes de gestion publique.

 

A discuter avec un copain vivement intéressé à la  politique, il en

vînt à la conclusion que celui‑ci était disposé à appuyer n`importe

lequel leader favorisant la souveraineté, la plus complète possible

indépendamment des antécédents  de ce  leader.  A  vouloir défendre

l`unité de pensée du parti,  l`autorité et  l`image du chef,  on en

venait à brimer  des éléments  dynamiques, porteurs  d`idéologie et

agent de ressourcement et de  renouvellement au sein du  Parti.  Si

quelqu`un de la  base  avait une  bonne idée,  elle  était mise  au

service d`un dirigeant au lieu de servir à l`initiateur. Jacques se

souvenait qu`il avait commencé à fumer la cigarette en signe d`appui

au Chef de l`opposition vertement critiqué à ce sujet. Un copain et

allié politique, pensait‑il,  jouait  un rôle  effacé en  politique

laissant à son épouse les rôles prépondérants et correspondants à sa

forte personnalité. A discuter avec un des conjoints, l`on obtenait

un point de vue tandis que l`autre conjoint procédait différemment.

Ce processus était assez courant;  un couple étant composé  de deux

personnalités! Tous les moyens étaient valables pour contraindre le

Chef de l`opposition à  promouvoir la souveraineté  et son  plan de

carrière incluait cette exigence contringnante au  moins jusqu`à ce

que le PQ prenne le pouvoir après quoi il pourrait toujours adopter

 

des positions semblables à  celles adoptées par  Monsieur Lévesque.

Que faire de plus en ce domaine!  Tant que  le Chef de l`opposition

répondait favorablement aux  pressions  exercées sur  lui et  qu`il

parlait le plus ouvertement possible de souveraineté compte tenu de

ses déclarations antérieures,  sa  relative  faible popularité  lui

était pardonnée. Jacques trouvait que c`était allé bien loin et que

c`était symptomatique  d`une  apparente  carence  de  leaders,  de

dirigeants indépendantistes. Il ne croyait pas à l`efficacité de ce

genre de   « tordage »  de  bras,  de   pressurisation  d`un  cerveau

développé, intelligent en raison de l`importance des moyens laissés

à la disposition d`un chef d`opposition et à plus forte raison d`un

chef de gouvernement à l`apogée de sa carrière politique. Il aurait

de beaucoup  préférer  simplement   pouvoir  compter  sur  de  tels

dirigeants les yeux fermés. Plusieurs militants lui disaient que le

Chef de l`opposition était un homme de transition. Transition entre

le fédéralisme   et  l`indépendance;  s`eut  été   trop  beau!   Le

fédéralisme et la souveraineté‑association, peut‑être,  compte tenu

de ses déclarations antérieures!            

 

Certains militants lui  avaient  confiés que  l`épouse  du chef  de

l`Opposition représentait  un  handicap  pour ce  dernier  dans  le

domaine de la politique. Jacques  n`en était pas convaincu car elle

était une personnalité canadienne de stature internationale connue,

une écrivaine populaire.   En politique, les gens  se croyaient tout

permis!

 

Au cours d`une entrevue, le  chef de l`Opposition  encourageait les

gens, les militants  à  effectuer des  pressions  pour l`inciter  à

parler d`indépendance  au  lieu   de  souveraineté  et  de  monnaie

québécoise au lieu de monnaie canadienne. A son insu, il confirmait

à Jacques qu`en tant que Premier ministre du Québec, il fléchirait,

il s`infléchirait comme un roseau obéissant aux déplacements d`air,

aux vents  en  l`absence  d`orientations,  de  programme  d`actions

définis préalablement à l`accession  au pouvoir  possiblement suite

aux prochaines  élections.  En  une  autre  occasion, dans  l`Ouest

canadien, le   Chef  du  PQ   fut  surpris  que   ses  propositions

d`associations soient refusées.  Il avait, semble‑t‑il,  peu appris

du dernier referendum et  il apparaissait  gelé dans  les anciennes

positions du PQ.

 

Le chef de l`Opposition disait  organiser une conférence  de presse

pour annoncer la potentielle candidature de M. Ménard,  au poste de

ministre de  la Justice  car  ce  sujet n`était  pas  l`agriculture

pouvait‑on comprendre, en réponse à une  question des journalistes.

Ce commentaire fut présenté  quelques fois aux  téléjournaux.  Avec

les médias  électroniques,  il  était si  facile  de  gaffer.   Les

personnalités en cause étaient  révélées sauf pour  les politiciens

ayant développés des mécanismes de défense, des réflexes appropriés.

 

Jacques se demandait si ce point serait soulevé, noté  par le parti

au pouvoir. Et  Oui!  Ce fut le ministre de  l`Agriculture en titre

qui y refera. Jacques pensait que  le PQ était chanceux à plusieurs

points de vue d`avoir M. Parizeau comme chef et il lui reconnaissait

de grandes qualités.   Ceci  ne l`empêchait  pas  de respecter  ses

devoirs de citoyen et de  militant.  Des citoyens et  des militants

négligeant ne  permettaient  pas  à  la  démocratie  de  s`exercer

réellement, le peuple en  était réduit  à subir  une « démocrassie ».

Certains militants allaient très loin dans la défense  de leur chef

jusqu`à parler   de  morsures  de  pantalon.    Ils  se  laissaient

conditionner à outrance  par l`aristocratie  péquiste, semblait‑il!

Pour mordre un pantalon, il faut généralement être  un chien.  Même

si Jacques aimait  bien la  race canine,  il ne  s`y associait  pas

directement, si étroitement. Rapporter  une déficience majeure dans

le gestion publique  à  titre  de citoyen  était  un  devoir et  en

écrivant directement  à  un ministre  responsable  accroissait  les

chances d`être entendu. En d`autres circonstances, il se contentait

d`en discuter avec des proches.  Une fois, le  chef de l`Opposition

se disit heureux du report du projet hydro‑électrique Grande‑Baleine

ce qui inquiéta Jacques car si ce projet était adéquatement intégré

dans   une   politique   énergétique  et   environnementaliste,   il

constituait un apport économique québécois non négligeable en cette

période d`attente de  la relance  économique américaine.   D`autant

plus qu`un premier report ouvrait la porte à d`autres et, peut‑être,

à son abandon.   A une émission d`intérêts  publics, l`animateur fit

admettre au chef de l`Opposition qu`il  souhaitait depuis longtemps

une souveraineté‑association,  une  association économique,  …  à

l`instar du dernier programme du parti Libéral. Jacques avait admis

à un journaliste que  les  positions de  messieurs  Bourassa et  de

Parizeau étaient intrinsèquement semblables; ils  recherchaient une

association économique avec le  Canada de  préférence sans  avoir à

réaliser la souveraineté, l`indépendance du Québec.   Pourquoi, les

Anglo‑canadiens feraient‑ils des  concessions au  Québécois?  Leurs

intérêts primaient!   Un Québec indépendant offrirait  une meilleure

position pour  fins  de  négociation.   Négocier  en  positions  de

dépendance ne pouvait  conduire  qu`à  l`attribution des pouvoirs québécois.

 

D`un point  de vue  démocratique,  le  processus d`accession  à  la

chefferie d`un  parti  était primordial.   Jacques  avait  remarqué

qu`entre Pierre Marc Johnson et Bernard Landry,  les pourvoyeurs de

fonds, les   dirigeants  d`entreprises   québécoises,  canadiennes,

américaines et internationales n`avaient pas hésité longtemps avant

de seconder le plus fédéraliste, M. J. Des alliés politiques naturels

pour Jacques avaient été et étaient Bernard Landry et Pierre Marois

en raison de ses antécédents universitaires et Monsieur Lazure ayant

été connu par  la  suite comme  un des  quatre  « L » de  l`Assemblée

Nationale; Lévesque, Landry,  Lazure  et  Léonard.  C`est  Monsieur

 

Lazure qui devait présenter Jacques à son mentor, Jacques Parizeau,

à l`occasion d`un congrès péquiste. Au cours des ans, Jacques avait

acquis une maturité politique  face aux  autres intervenants  en ce

domaine sans avoir d`idole comme à ses débuts. Bernard Landry avait

promu énormément et efficacement  la prise  en main  économique des

québécois,   une   politique   de  développement   industrielle   et

technologique, jusqu`à un certain point,  et il occupait  un espace

politique assez considérable  cependant  réduit suite  à son  échec

d`accession à la chefferie. Lors de l`élection de Monsieur Parizeau

à la chefferie, on avait évacué d`autres  candidatures qui auraient

pu porter ombrage à son prestige, à son pouvoir, à son affirmation,

à son image, à la nature de ses  appuis et de son  ascendant sur le

parti.   Conséquemment,  on pouvait  dire  que  la problématique  de

l`élection d`un chef du PQ respectant surtout le  choix des membres

existait toujours même si elle avait été contourné en une occasion.

Avis aux  intéressés  à  prendre  la  relève!   Certains  candidats

potentiels et autres intervenants avaient déjà analysé le contexte

politique et adopté des positions correspondantes  à ces exigences.

Même le financement populaire pouvait être  allègrement contourner,

il s`agissait pour quelques  individus de souscrire  plusieurs fois

trois mille dollars et  de le laisser  savoir aux  dirigeants.  Les

dîners‑bénéfices étaient  une  autre formule.   Le  système  actuel

probablement supérieur   au  précédent   où  à  un   moment  donné,

semble‑t‑il, tous les  contrats  gouvernementaux faisaient  l`objet

d`une remise systématiquement, disait‑on, de dix pour-cent au lieu de

favoriser seulement ou surtout  les éléments  du parti  au pouvoir.

Jacques n`était pas convaincu que de favoriser seulement ou fortement

des membres d`un parti correspondait à une situation nettement plus

équitable que la méthode du  dix pour-cent réquisitionné à  tous les

soumissionnaires, bénéficiaires de contrats.  Si ce  n`était pas de

l`hypocrisie, les partis auraient pu partager selon des pourcentages

inégaux les ristournes sur les contrats selon que  leur parti était

au pouvoir ou non. A l`occasion,  il avait débattu ce sujet avec un

copain. Jacques avait noté la relative facilité avec laquelle P. M.

Jonhson avait accédé au poste de  premier ministre du Québec  en se

référant au système fédéral  alors que son  successeur au  titre de

chef   du     parti    semblait    prendre    un     détour    plus

long si jamais il le devenait.                                              

 

Des alliés locaux semblaient des inconditionnels du chef du PQ ayant

connus ses prédécesseurs moins  souverainistes et surtout  s`ils se

referaient aux dirigeants des tiers partis nommément le  PLQ. Le PQ

comme véhicule politique d`importance s`identifiait le plus près de

leur objectif indépendantiste pur et dur en tant que militant.

 

Jacques ne pouvait  compter aveuglément  sur des  alliés politiques

locaux car il croyait à tort ou à raison que malgré leur motivation

 

indépendantiste, leur intégrité,  ils  pouvaient « facilement »  être

dupés par des dirigeants souvent à plein temps et  au fait de leurs

priorités. Un de ses voisins fut un des premiers militants du comté

à encourager, à appuyer ouvertement la candidature  du présent chef

de l`Opposition à la chefferie.   Il s`agissait pour eux de répondre

en apparence ou pour une période de temps à ces attentes jusqu`à ce

que ces effectifs soient intégrés  et éventuellement noyés  dans un

ensemble dirigé par  l`élite  péquiste selon  les  exigences de  la

sortie de l`attentisme du pouvoir, le plus tôt  possible.  Pour des

dirigeants expérimentés face  à  des militants  sincères, il  était

facile de  discréditer  en  sourdine  les  éléments  du  parti  qui

n`acceptaient pas leur dicta apparemment démocratique.  Quand même,

il trouvait ses  alliés très  dégourdis  et muris  par de  nombreux

insuccès en tant que militants de l`indépendance. Il ne fallait pas

demander, s`attendre à l`invraisemblable sinon à l`impossible!  Ses

alliés, les  militants  disposaient  de peu  d`informations  et  de

moyens. Ils ne pouvaient que réagir favorablement ou non à diverses

mesures préconisées par  les dirigeants.   Ils essayaient  aussi de

protéger leurs intérêts  locaux.   Ces militants  dits modèles  par

souci de fidélité aux leaders politiques en titre,  par respect de

l`unité du parti au niveau local démolissaient gaiement des arguments

et des personnes  ne prônant  pas  la doctrine  actuelle du  parti.

Certaines mesures pouvaient paraître draconiennes à  court terme et

se révéler judicieuses  à moyen  et à  long termes.   Des principes

devaient être appliqués avec largesse d`esprit et pour  se faire le

meilleur bagage possible de connaissances était souhaitable.  Mieux

valait que certaines choses soient dites par des  militants que par

des adversaires politiques en moments inopportuns.

 

Quelqu`un qui mentionnait les faiblesses d`une      organisation et

soumettait de  nombreuses  suggestions  aurait dû  se  voir  offrir

l`opportunité de contribuer à un  plus haut  degré à la  gestion de

l`organisation, à implanter ses projets et ce  n`était pas toujours

le cas particulièrement  lorsque   les  remarques originaient  d`un

palier hiérarchique peu élevé.

 

Jacques aurait aimer postuler, soumettre sa candidature à un poste à

l`exécutif national du PQ. Toutefois, il  préférait jouer seulement

un rôle à titre de  bénévole à la fois  et il était  présentement à

l`Ordre des  ingénieurs  du   Québec.   Lorsqu`un  militant  épouse

fortement la  thèse  d`un  parti,  il  n`était  pas  nécessaire  de

l`avantager personnellement, mieux valait conserver ses atouts pour

attirer de potentiels  supporteurs.  Certains  militants refusaient

d`oeuvrer pour  le  parti  ou ailleurs  en  périodes  de  précarité

financière, en recherche d`emploi afin  d`éviter que l`on  abuse de

leur disponibilité.   Quelques alliés  de Jacques  étaient fortement

embarrassés par les  périodes d`activités  réduites de  celui‑ci ne

comprenant pas  qu`un  professionnel  qualifié  et  expérimenté  ne

 

pouvait pas utiliser ses contacts personnels et professionnels pour

décrocher facilement  des  contrats   ou  des  emplois.   Dans  ces

conditions, ils  hésitaient  à  l`appuyer, à  accorder  une  pleine

crédibilité à ses  propos,  à  ses idées,  à  ses  analyses, à  ses

propositions enfin à  ses  actions.  De  plus  quelqu`un ayant  osé

soumettre un vote de blâme à  un chef de parti  et de gouvernement,

par surcroît, était  sûrement  vu comme  suffisamment déterminé  et

susceptible d`embarrasser d`autres dirigeants.  Probablement qu`une

acceptation officielle,  écrite  du « merveilleux »  système  fédéral

aurait facilité son retour au travail. Les militants en demandaient

beaucoup!   Demandaient‑ils  moins   de   principes   et  plus   de

compromission? En étaient‑ils conscients?

 

Dans le feu de l`action, peu de temps était accordé à la réflexion,

ainsi donc, le PQ se devait de planifier préalablement à la prise du

pouvoir, leurs actions, leurs activités prévues suite à l`accession

au pouvoir. Jacques avait noté que des idées, des mesures proposées

par certains militants étaient réalisées par  d`autres en positions

exécutives et que ces personnes souvent comprenaient  mal la portée

et les modalités d`implantation  des mesures suggérées.   Il aurait

mieux valu déléguer ces responsabilités ou accorder une promotion aux

initiateurs de ces mesures.   Le moins d`intermédiaires possible et,

surtout dans le cas, d`intermédiaires  dotés de faibles  moyens, de

connaissances très  limitées,  de  peu  d`informations,  de  faible

envergure, hautement impressionnables  par  des  dirigeants même  de

faibles niveaux hiérarchiques, empressés à bénéficier  des moindres

avantages pécuniaires ou honorifiques, ressentant le besoin de plaire

à tout prix,  de  piètres  communicateurs, disposés  à  agir  comme

conseillers plutôt que comme exécutants et qui  dans des situations

difficiles se  considéraient  dépassés.   Au lieu  de  continuer  à

favoriser les intérêts  du mentor,  du dirigeant  local ainsi  qu`à

faire confiance à ses habilités et à recourir à lui, ils profitaient

des   informations   prévilégières   et  ils   étaient   avares   de

renseignements susceptibles d`éclairer leur mentor,  leur dirigeant

et d`influencer ses orientations.   Jacques se  retrouvait quelques

fois dans des  situations où  il devait  performer en  l`absence ou

disposant de faibles moyens alors il soulignait ses problèmes à des

supérieurs ou  à  des  alliés  et  il  observait  leurs  réactions,

attendait leurs  suggestions et  leur  appui  et souvent  performait

honorablement à  partir de  ses  humbles  moyens.  Ces  commettants

avaient plutôt   propension,  tendance  à  concéder   le  champ  de

responsabilités aux parties adverses.   A quelques  occasions, même

après que  Jacques  s`eut  tiré d`affaires  seul,  il  n`avait  pas

bénéficier de la  reconnaissance  pour ses  actions  en raison  des

concessions effectuées.   S`il avait  été  plus  audacieux ou  même

présomptueux, il aurait pu en profiter.  Cependant, il en résultait

qu`une certaine reconnaissance de ses habilités  était établie.  En

définitive, malgré leurs bonnes  intentions et leur  intégrité, ces

 

alliés erraient fréquemment ayant à  prendre des décisions  dans de

telles conditions qui correspondaient  souvent à  des demi‑mesures.

De plus, la participation de Jacques à des activités bénévoles était

de   nature  à   lui  nuire   dans  ses   activités  politiques   et

professionnelles le rendant non disponible à des moments programmés

à l`avance.   En planifiant  deux  activités simultanément,  Jacques

devait en sacrifier une et/ou respecter ses engagements.

 

Il attendit plusieurs années  avant de revenir  membre du  parti ne

pouvant   accepter  un   tel  accroc   au  processus   démocratique,

renérendum, ainsi  que  la   tiède  et  lente  démarche;  multiples

mini‑référendums, vers l`indépendance du  Québec tel  que préconisé

par le Chef de l`opposition.   Malgré cette appréciation  pas aussi

positive qu`il l`aurait souhaité du contexte politique, il se devait

de respecter les hommes politiques et ressentait une propension vers

cette activité en principe déterminante pour le  devenir du Québec.

S`il s`engageait  dans cette  voie,  il  lui faudrait,  pensait‑il,

accepter au départ la  possibilité qu`il pourrait  ne pas  vivre la

réalisation de l`indépendance du  Québec même s`il  considérait cet

objectif comme essentiel à la survie de la collectivité francophone

québécoise.   Autrement, une  telle  expérience  aurait pu  s`avérer

aussi pénible que  celles  vécues antérieurement.   Un vieil  adage

suggérait qu`il fallait d`abord apprendre à tomber avant de marcher!

Espérons que le referendum du  Parti libéral du Québec  ne reposera

pas sur les cinq demandes refusées récemment par le Canada anglais,

se disait‑il. Il serait ironique et efficace pour le Canada anglais

de procéder ainsi et catastrophique pour le Québec.

 

Beaucoup de militants indépendantistes et  fortement souverainistes

s`opposaient   à   la   création   et  au   maintien   d`un   parti

indépendantiste.   Ils   craignaient   une   division   des   votes

souverainistes et indépendantistes. Jacques  avait déjà milité pour

le Parti indépendantiste car il préférait appartenir à un plus petit

véhicule politique, un bateau qui naviguait dans la bonne direction

soit l`indépendance que  sur un  paquebot  qui avait  comme cap  la

souveraineté‑association.   Le dilemme  avait été  résolu à  un moment

donné, le Parti indépendantiste était disparu tout comme le RDI, le

Ralliement démocratique pour l`indépendance  qui s`était  avéré une

chambre de  décompression, une  salle  d`attente,  une réserve,  et

surtout un comité d`appui à  M. Parizeau pour les  souverainistes du

Parti québécois.   Le RDI  servit  à  regrouper temporairement  les

souverainistes en attendant  l`appel  de l`élite.   Après quoi,  le

Parti Québécois devint à nouveau le point de ralliement. Jacques se

questionnait toujours quant au cap du paquebot péquiste n`étant pas

au courant  du  plan  détaillé   de  voyage,  de  la  planification

stratégique.   Ces  nombreuses  années  de  suivi  et  d`implication

politique lui avaient fait  découvrir que  la plus  courte distance

entre deux points était la ligne droite,  l`indépendance, un message

 

clair, permettant  de progresser  sérieusement  et  non en  zigzags

déroutants pour tout le monde et dupant à la fin même les militants

initialement déterminés.  L`état  de ces  démarches, entre  autres,

résumait quelques actions entreprises par des indépendantistes, des

souverainistes en faveur de l`accession de l`indépendance plutôt que

de favoriser, en particulier,  l`accès au pouvoir.   Jacques aurait

aimé qu`il  en  fut   autrement;  une  franche  démarche  l`aurait

satisfait. Si le Parti québécois  ne livrait pas la marchandise, un

autre parti indépendantiste    renaîtrait rapidement,  divisant les

votes, peut‑être, tout en  répondant aux aspirations  profondes des

militants, des bénévoles. La récompense du militant, ce n`était pas

seulement   l`appui  politique   reçu  en   retour,  c`était   aussi

l`avancement de la cause.                        

 

Plusieurs militants admiraient  M.  Parizeau  pour avoir  affronter

plusieurs ministres   des  finances  canadiens  et   d`avoir  tirer

élégamment son  épingle  du  jeu.  Ils  croyaient  qu`il  profitait

d`informations sérieuses, qu`il  maîtrisait ses  dossiers et  qu`il

jouait souvent ses  cartes  à  la dernière  minute.   De plus,  ils

respectaient ce politicien de part ses nombreuses années de service

au poste de ministre des Finances, son aristocratique comportement,

son attitude de fidèle soldat dans l`équipe de Monsieur Lévesque, et

de conseiller de plusieurs  ministères et  gouvernements en  sus de

l`exercice des fonctions  de  professeur  d`université.  Lors  d`un

congrès national, il avait  semblé appuyer les  indépendantistes un

moment pour ensuite reculer devant son mentor.  Entre les militants

et son chef, il avait choisi le confort ministériel comme plusieurs

autres.

 

D`autre part,  plusieurs  commentaires  recueillis  lui  laissaient

croire que les gens se sentaient plutôt loin de M. Parizeau, qu`ils

s`identifiaient peu à lui.  Pour  sa part, Jacques était  plus près

des idées  de  M.  Parizeau  que de  celles  de  beaucoup  d`autres

dirigeants péquistes et  il  appréciait  énormément ses  nombreuses

qualités cependant il ne le  connaissait pas personnellement  ou si

peu.   M.  Parizeau  modifiait   progressivement  son  apparence  en

acquiesçant probablement aux désirs de  ses conseillers  et  de ses

supporters dont le sort était lié aux performance de leur leader.

 

A plusieurs reprises, le chef de l`Opposition s`était alité dans le

double et douillet lit du pouvoir québécois en compagnie du chef du

gouvernement, son premier ministre. Cette attitude le rapprochait du

pouvoir québécois ultime et contribuait  sans doute à  le présenter

comme « ministrable  au  premier  degré »,  comme  potentiel  premier

ministre, à accroître sa popularité personnelle en tant que chef de

parti, à approcher  le  Parti québécois  de  la position  centriste

occupée par le Parti libéral  du Québec, PLQ.  Cependant, rejoindre

les libéraux du  PLQ supposait  la convergence  politique des  deux

 

partis et  la  désaffectation  des  membres  indépendantistes;  ces

derniers   pourraient  soit   refuser   l`engagement  actif,   soit

rechercher d`autres   instruments  politiques  répondant   à  leurs

orientations, à leurs exigences, …                              

 

Jacques entrevoyait des risques pour la  réalisation des principaux

objectifs du PQ  à confier  de nombreux  rôles‑clés à  de nouvelles

recrues fédéralistes converties rapidement  à la  souveraineté soit

partielle, soit fragmentaire, soit  conjoncturelle.  Il  était plus

difficile de maintenir le cap sur l`indépendance et les sirènes aux

chants   associationnistes   prononcées   feraient   des   conquêtes

particulièrement à l`approche des élections, du  scrutin populaire.

A vouloir constamment élargir la base électorale de cette façon, les

dirigeants risquaient  de  placer  à des  postes  stratégiques  des

éléments non  convaincus du  bien‑fondé  de  l`indépendance et  les

possibilités de  d`autres  virages  fédéralistes  étaient  toujours

présentes.

 

Le comté avait été représenté surtout par des individus extérieurs à

celui‑ci à l`exception d`une nomination par le  Premier ministre du

Québec. Les  militants semblaient  incapables de s`identifier  à un

leader   local   et,  en   contre   partie,   les  leaders   locaux

s`identifiaient peu ou mal à l` »establishment » du parti compte tenu

de l`authenticité de leurs convictions indépendantistes.   A défaut

d`agir comme leader élu, rénuméré et fonctionnel, ces leaders locaux

continuaient d`être à la mesure de leurs moyens et des moyens mis à

leur disposition, des leaders d`opinions dans leur milieu de travail

respectif, leur entourage, leurs activités bénévoles et autres. Aux

yeux de Jacques, il apparaissait hasardeux sinon  dangereux pour la

cause indépendantiste  que  des  postes‑clés soient  confiés  à  de

nombreux arrivants recrutés afin d`élargir la base du parti.

 

C`est ainsi qu`un nouveau militant au PQ devenu député  réussi à se

faire élire représentant d`une région entière du Québec en quelques

semaines seulement. Cet état de fait  témoignait de la valeur de la

nouvelle recrue, de la qualité de ses conseillers ou de la faiblesse

du parti   au  niveau  local   et  régional;  manque   de  cohésion

organisationnelle, conflits de personnalité, d`intérêts, …  Cette

situation rappelait à Jacques son arrivée au Bureau  de l`Ordre des

ingénieurs du Québec, un groupe  plus nombreux, plus stable  que le

groupe de députés  régionaux,  l`existence  d`équipes anciennes  et

nouvelles,   une  mentalité   particulière,  certaines   traditions,

l`influence des  anciens  présidents  et  officiers  au  Bureau  et

ailleurs, d`anciens vice‑présidents désireux de  devenir président,

une certaine improvisation dans la gestion, une insécurité face aux

habilités du leader en tant que porte‑parole, gestionnaire ayant à

maîtriser plusieurs dossiers, … Jacques avait eut moins de succès

en ce nouveau milieu que ce nouveau militant!

 

Un ancien premier ministre, associé au beau risque fédéraliste pour

le Québec, auquel René Lévesque, qui n`avait pas  terminé son cours

de droit, avait  possiblement  promis  ce poste  en  raison de  son

origine familial,  fils  d`ex‑premier  ministre, et  de  sa  double

formation   universitaire  et   à   la   belle  chance   fédéraliste

personnelle, fut  récupéré  par  les  institutions  anglophones  et

communiantes aux valeurs fédéralistes  du Québec.  Comme  prévu, il

fut recyclé en produits politiques pro‑fédéralistes durables.  Plus

tard, le Chef de l`opposition devait utiliser le  même procédé face

au Chef du Bloc québécois afin de  le rallier à ses  côtés et après

lui le « déluge ».

 

Plus le Parti libéral du Québec était fédéraliste moins le PQ devait

être indépendantiste pour être reconnu par la population comme étant

près des  intérêts  québécois.   On s`acheminait  de  nouveau  vers

l`élection du   PQ  afin  d`assurer   la  paix  sociale   sans  que

l`indépendance du  Québec  soit  réalisée.   Ainsi,  l`histoire  se

répétait comme l`on entendait  souvent dire.   Les indépendantistes

devaient apprendre à appuyer  un leader  indépendantiste  convaincu

même peu important plutôt que  de toujours rechercher  quelqu`un au

faîte de sa carrière et d`espérer le convaincre ou de lui forcer la

main.      

 

Le discours  du  PQ  évoluait; après  avoir  proposé  de  multiples

référendums fragmentaires,  son  chef   parlait  d`une  période  de

gestation de huit mois suite à l`élection du  parti.  Le référendum

alors présenté porterait  sur la  souveraineté‑association incluant

une monnaie   commune,  …   Il  était   difficile  de  considérer

sérieusement les propositions, les  dires du chef  de l`Opposition.

Seulement, les citoyens intéressés  à la  politique comme  telle et

sans objectifs nationaux précis pouvaient s`impliquer  sans risquer

d`être déçus. D`autre part, les interventions publiques de certains

politiciens permettaient de  déceler leur  détermination à  voir se

réaliser l`indépendance du  Québec.  Jacques‑Yvan  Morin, pour  un,

définissait clairement une  façon efficace  de procéder;  rédaction

d`une constitution québécoise et référendum suivi d`une déclaration

officielle   d`indépendance  quelques   semaines  après.    Rodrigue

Tremblay se  fit  très  fébrile près  des  milieux  nationalistes.

Jacques avait  mentionné  à   un  militant  péquiste  qu`il  serait

peut‑être intéressé   à  revenir  en  politique   active.   Il  fut

d`ailleurs paneliste à un conseil national du PQ. Fait qui ajoutait

aux dires de Jacques.  Ancien protagoniste d`un Québec  au sein des

Etats‑Unis,   il  favorisait   probablement   une  monnaie   commune

Canada‑Québec sinon Québec‑Etats‑Unis.   Camille  Laurin se  disait

prêt à revenir en tant que député. Même s`il avait su vivre avec la

souveraineté‑association néanmoins   il  s`était  signalé   par  sa

détermination en réussissant  l`adoption d`une  loi protégeant  une

caractéristique distincte du  Québec, trait  important d`un  Québec

 

indépendant nommément sa langue.  Jacques  ne connaissait  pas ses

positions relatives au  degré  d`indépendance  souhaitable pour  le

Québec. Il  avait souvent  pensé que  si M.  Laurin aurait  été le

principal dirigeant du PQ et du gouvernement québécois et s`il avait

été convaincu du bien‑fondé de  l`indépendance à son  meilleur, il

aurait possiblement mené à  bonnes fins  cette démarche  tout comme

l`adoption de la  loi 101.   Etes‑ce un  point de  vue réaliste  ou

téméraire? Jacques ne saurait peut‑être jamais!  Lui‑même aurait‑il

pu relever avec succès un tel défi?

 

Jacques croyait  que  c`était  seulement quelques  mois  avant  les

élections qu`il  pouvait  prédire  avec  assez  de  précisions  les

résultats car le contexte politique évoluait.  Ainsi, la venue d`un

ou de partis  politiques nettement  anglophones tant  à l`est  qu`à

l`ouest du Québec  était de  nature à  accélérer l`affirmation  des

franco‑québécois en   tant  que   groupe  majoritaire   au  Québec.

Maintenant, les dirigeants du PQ sollicitaient des représentants du

groupe minoritaire anglophone la définition de leurs exigences tout

comme le Parti libéral du Québec qui contemplait depuis  des ans la

possibilité de rallier francophones et anglophones afin d`arriver au

pouvoir ou de conserver les rênes de l`état.

 

Afin d`éviter   de  prêter  le   flan,  de  contrer   les  attaques

conventionnelles   des  Premiers   ministres  canadiens,   le  Parti

Québécois et les tenants de  l`indépendance du Québec  devraient en

parler ouvertement autrement ils discréditeraient cette option face

à une population  appréciant  un  message   clair  de  la  part  de

dirigeants convaincus.   Il  fallait  que le  débat  se  fasse  sur

l`indépendance par le  PQ car  volontairement  ou non  le débat  se

ferait sur ce terrain à l`appel des fédéraux, des opposants de cette

thèse.

 

Un courtier  dans le  domaine  des  assurances le  sensibilisa  aux

difficultés rencontrées par sa  PME suite  à la  nationalisation de

l`assurance automobile et  des  récentes modifications  québécoises

dans les domaines des services financiers.   Ces courtiers devaient

joindre leurs efforts à des réseaux internationaux pour survivre et

prospérer.   Jacques   réalisait   que  ce   secteur   traditionnel

d`activités dont  plusieurs  éléments agissaient  souvent  à  titre

d`agents nationalistes, avait été  sérieusement perturbé  et laissé

pour compte à l`avantage de la collectivité et de grands ensembles,

lui semblait‑il!

 

Jacques s`étonnait de la nécessité du Mouvement  Québec alors qu`un

parti dit indépendantiste sinon souverainiste existait. A ses yeux,

un parti constituaient  un  outil  plus efficace  en  autant que  ses

dirigeants voulaient bien réaliser  l`indépendance du Québec  et non

une   souveraineté‑association    constituant   l`équivalent    d`un

 

fédéraliste‑décentralisé.   Utilisé   un  mouvement   pour  réclamer

l`indépendance du Québec au lieu  de servir du  PQ à cet  effet lui

semblait symptomatique du peu de détermination de  ce parti.  Mieux

aurait valu recruter des indépendantistes au sein du PQ! Des appuis

extérieurs au  parti  étaient souhaitables  et  préférablement  non

identifiés à   un  seul  parti   car  les  dirigeants   des  partis

recherchaient avant tout depuis  toujours le  pouvoir.  Il  va s`en

dire que le mouvement était aussi crédible que ses dirigeants compte

tenu de leurs antécédents professionnels et politiques.

 

Avec l`approche des élections québécoises, on entendait  de plus en

plus parler des anciens péquistes  dans les médias.   Ces péquistes

avaient été actifs  en  milieux fédéral,  libéral, conservateur  et

neutre (apolitique).

 

  1. Parizeau se réjouissit qu`une étude,  originant d`un  institut

réputé, présentée à Toronto favorisait une monnaie commune entre un

Québec indépendant  et  le  Canada  afin  de  réduire  les  risques

économiques pour   ces  deux  futurs  pays.    De  plus,  l`étude

mentionnait les avantages de maintenir les  liens politiques.  Sous

les pressions politiques de  militants, il disait  pouvoir accepter

une monnaie québécoise cependant  tout son intellect,  ses intérêts

favorisaient une monnaie canadienne, semblait‑il.  Ainsi toutes les

options en politique monétaire n`étaient  pas étudies à  leur juste

valeur car les études  favorables à  l`union monétaire  recevait un

écho beaucoup plus retentissant ce qui était de nature à encourager

les chercheurs, les économistes dans cette voie.  

 

Lors d`une période de  question à  l`Assemblée Nationale,  il avait

observé que le député local avait posé une question relativement aux

relations internationales avec  beaucoup moins  d`instance que  les

autres membres de l`opposition. Suite à une réponse de M. Bourassa,

il n`avait  pas enchaîné  ou  revenu  à  la  charge en  posant  des

questions supplémentaires.

 

Evénement   peu  banal,   les  deux   chefs  du   parti  au   Québec

s`affrontaient   en  combat  oratoire  au  sujet  des  propositions

constitutionnelles fédérales, ils confronteraient leur égo, Ce type

de débat  généralement de  nature  électorale  favorisait le  parti

d`Opposition, accréditait le chef de l`Opposition tout en l`amenant

sur un terrain fédéraliste.   Situation excellent  pour le  chef de

l`Opposition et possiblement moins alléchante pour l`indépendance du

Québec! Sait‑on jamais?  Une surprise!   On aurait pu penser que M.

Bourassa préférait relayer le flambeau  du pouvoir à  un adversaire

politique à l`instar de  M. Trudeau même  si sa  personnalité était

fort différente.                

 

La commission  de  l`Assemblée  Nationale  relative  à  l`étude  des

 

propositions fédérales  en  invitant  Messieurs  Clark  et  Trudeau

fournissait une  autre  plate-forme  à  deux  fédéralistes  et,  par

conséquent, la promotion du fédéralisme à son meilleur.  Jacques ne

comprenait pas pourquoi les représentants du PQ avaient appuyés cette

résolution du Parti Equalité.  Les personnages  invités n`en étaient

pas moins expérimentés que leurs hôtes!

 

Redevenu membre du PQ, Jacques aurait pu, était  tenté d`assister à

l`assemblée annuelle  de  son  comté  et  son  parti  se  réclamait

d`appuyer la souveraineté, sans doute la souveraineté‑association de

son chef assisté localement d`un ancien candidat NPD Canada défait à

Montréal.   Assisté  passivement   à  l`assemblée  l`enchantait  peu

habitué   à  s`impliquer   dans  les   débats  et   à assumer   des

responsabilités.   Etre   témoin  de   près  des   gestes  partisans

localement l`intéressait peu. Déjà, il se renseignait en lisant les

journaux locaux, en discutant  avec des  militants de  longue date,

etc. Les pages des  journaux étaient comme toujours outracheusement

accaparées par les  multiples  débats politiques  dont de  nombreux

détails contribuant peu à l`avancement  de la société.  Le  rôle de

député aurait pu  l`intéressé après  plusieurs années  de bénévolat

consacrées au service du parti souvent en retrait ou officieusement.

Spontanément,   une  politicienne   rencontrée  à   une  séance   de

consultation régionale lui suggéra d`acheminer son  manuscrit à une

revue nationaliste, indépendantiste. Jacques et celle‑ci semblaient

partager plusieurs points de vue politiques.

 

Le député du comté semblait  expériencer beaucoup de  difficultés à

maîtriser les   dossiers  économiques;   les  Alcools   du  Québec,

Pétromont, le déménagement de la  voie ferrée, …  Par  hasard, ce

fut un confrère de classe à Jacques qui annonça la mauvaise nouvelle

aux employés de Pétromont relativement aux  problèmes financiers de

la compagnie.   Le PQ offrait localement  un modèle d`homosexualité,

de célibat à  la  population  et aux  jeunes  en particulier.   Cet

exemple était peu  susceptible d`encourager  la création  de noyaux

familiaux tout en reflétant la  présence de cet élément  dans notre

société.

 

Dans un comté à proximité de Varennes,  une élection complémentaire

eut lieu. Les résultats étaient incertains car les libéraux avaient

élu une candidate féminine et les péquistes n`avaient pas parachuté

un candidat ministrable!   Normalement, le  candidat du  PQ pouvait

s`attendre à être  élu car  l`ancien député  libéral avait  déclaré

forfait. Le fait de parler  d`un seul référendum suite à l`élection

du PQ au lieu  de multiples  consultations populaires  pouvait être

utilisé comme excuse à un échec potentiel par les  dirigeants du PQ

quoique lors d`une élection partielle les débats  étaient plutôt de

nature locale, régionale que  nationale.  Peut‑être  qu`un candidat

local était  déjà  bien  implanté!  De  plus,  une  courte  période

 

électorale avantageait les libéraux  pour le  moins près  à entamer

leur compagne et défavorisait quelqu`un de l`extérieur. Semblait‑il

que les résultats des sondages étaient favorables au PQ. Ainsi, ils

avaient des  chances  de  l`emporter  à  moins  que  les  candidats

n`étaient pas de forces égales.   Jacques essayait de visualiser ce

qu`il aurait pu faire à titre de candidat du PQ dans le dossier des

immeubles construits près du lac d`Anjou.  Etait‑il mieux préparé à

titre d`ingénieur‑administrateur  qu`un  jeune  avocat?   Le  comté

d`Anjou à proximité de Varennes était intéressant toutefois Jacques

aurait dû y être parachuté par le « national » alors  que de nombreux

militant y résidaient.  Il  n`avait pas été  sollicité directement!

Jacques se demandait  jusqu`où  les  militants indépendantistes  se

devaient   d`appuyer  les   candidats  péquistes   associationnistes

présentés par  le « National »  ou  originant  du milieu.   Devait‑on

laisser le comté à un fédéraliste  jusqu`à ce que le  « National » et

des candidats potentiels  comprennent?   Voilà  une position  assez

ferme mais difficile à réaliser. Le jeune candidat péquiste d`Anjou

fut attribué par la presse de toutes les affinités souhaitables en

regard de son parti et  de son  chef politique: militant  de longue

date ayant  rejeté  Pierre‑Marc  Johnson,  souverainiste,  candidat

imbattable à  une convention,  …   Pourtant,  le cachet  familial

d`antan manquait à l`image de ce candidat.

 

Un animateur de  jeux  télévisés mentionna  ironiquement qu`un  des

motos, des proverbes de M. Parizeau était le suivant: « Lors de maux

de dents, il faisait appel à un indépendantiste ».  Un humoriste se

demandait si l`hymne national québécois ne serait pas de même nature

que la monnaie, la citoyenneté soit canadien; O`Canada. M. Parizeau

apparaissait lui‑même  d`autant  plus indépendantiste  qu`il  était

entouré de gens plus ou moins indifférents à cette option conduisant

possiblement au pouvoir.  Ainsi,  il n`avait pas  trop à  subir les

états d`âme d`indépendantistes pressés et véritablement orthodoxes.

Eventuellement, les  citoyens  se lasseraient  du  gouvernement  en

place!                                                

 

Suite à une  entrevue télévisée  réussie de  Mme Beaudoin,  Jacques

réalisait que la personnalité d`un individu était au  cours des ans

modelés aux  exigences  d`un  poste  requérant  plus  ou  moins  de

détermination apparente. Il essayait  de visualiser les raisons des

insuccès politiques de cette militante péquiste de longue date ayant

connue une brillante carrière professionnelle.  Est‑ce que les gens

ne   pouvaient  s`identifier   à  elle?    Pouvaient‑ils  bénéficier

facilement de son attention,  de sa  compréhension, de  son appui,

…? Jacques  ne pouvait répondre  spontanément oui à partir  de la

perception laissée. Personnellement, il l`a croyait très accessible

et disponible!  

 

La candidature en tant  que député  de M.  Laurin fut  annoncée et,

 

seulement, le   chef  du  PQ   apparut  à  la   télévision  parlant

d`accommodements pour les anglophones et le  principal intéressé ne

s`exprima pas, du moins à la télévision. Ainsi, le retour politique

de M. Laurin  plairait aux  militants et  son impact  médiatique en

serait atténué car on  appréhendait des réactions  des anglophones.

Déjà,   le  PQ   s`agenouillait  devant   les  anglophones   et,  en

particulier, son chef sous  le prétexte d`harmoniser  les relations

anglo‑franco québécoises.  L`histoire  à la  Lévesque se  répétait!

Oui à M. Laurin mais il fallait l`encadrer rigidement. Probablement

que ses commentaires relatifs à l`attrition   de la loi 101 au cours

des ans  n`enthousiasmaient pas  le  chef  de l`opposition  et  ses

acolytes.   Deux  anciens dirigeants  du Parti  Indépendantiste dont

Jacques avait été membre, sans plus, réussirent à publier alors que

Jacques s`évertuait depuis des mois auprès d`éditeurs. Leurs propos

s`apparentaient à ceux  de Jacques  qui n`avait  pas encore  lu ces

ouvrages. Ils étaient probablement moins menaçants que lui, que ses

écrits pour les dirigeants du PQ! Les anciens  dirigeants du défunt

PI étaient considérés politiquement brûlés alors qu`il s`agissait de

souverainistes exigeants.   Ils  avaient  vraisemblablement  obtenu

tacitement ou activement l`imprimatur du chef de l`opposition sinon

de certains  membres de  son  état  major.   En principe,  le  chef

défendait la paix sociale et  en réalité, il défendait  ses propres

intérêts, ses idéologies personnelles et tant pis  pour les tenants

d`autres approches souverainistes et surtout indépendantistes.

 

Le talon d`Achille  du PQ  pourrait  bien consister  en une  faible

représentation des milieux économiques, industriels, …   Il était

une chose que  des  économistes et  des  professeurs oeuvraient  au

gouvernement et  il en  était  une  autre  que de  s`adjoindre  des

praticiens de ces milieux.  Trop de  politiciens étaient dépourvues

d`expériences   concrètes,   pratiques    des   milieux   d`affaires

francophones, anglophones et  bilingues.  Ils  n`avaient pas  eu le

loisir de visualiser  l`univers réel  de l`industrie,  du commerce.

Leurs   vision   en   était  une   théorique,   hypothétique.    Ils

représentaient peu de danger concret pour les dirigeants actuels de

ces milieux car ils pouvaient  facilement être bernés  par ceux‑ci.

La preuve de ces dires était les mérites  de propositions concrètes

apportées et appliquées, mises en  place avec succès  par d`anciens

hommes d`affaires lesquels disposaient d`une formation très limitée

en la matière.

 

Avec grand renfort publicitaire, la nomination d`un ancien ministre

péquiste à un conseil  d`administration fut annoncé.   Il siégerait

bénévolement! Quelle nouvelle extraordinaire alors que des milliers

de bénévoles  s`activaient   déjà  depuis  longtemps!   Evidemment,

l`image de cet ancien politicien était soignée  car on l`entrevoyait

déjà occupant des  tâches  encore plus  importantes.   De plus,  ce

politicien en apparence  peu politicailleur  représentait l`exemple

 

singulier   du   péquiste,   souverainiste   dont   la   progression

professionnelle , la carrière se poursuivait malgré que son parti

politique était dans  l`opposition.   Pour une  vedette « montée  en

épouvantail »,   de  très   nombreux  nationalistes,   souverainistes

végétaient lorsque chanceux à la remorque  des libéraux allègrement

promus.                    

 

Monsieur D. Lussier, toujours omniprésent en politique, apportait sa

contribution littéraire  à la  souveraineté  du  Québec surtout  en

colligeant des déclarations de  personnalités sympathiques ou  non à

cette démarche. Jacques surestimait  peut‑être cet intellectuel car

il s`attendait  à  un  écrit  original de  sa  part.   De  nouveau,

l`éditeur en cause  prenait  peu  de risques  en  publiant de  tels

propos, d`ailleurs, assez froidement accueillis.        

 

Le dirigeant  local   du  parti  sollicita  Jacques   en  tant  que

solliciteur à l`occasion  de la  compagne annuelle  de financement.

L`organisatrice s`était opposée à la candidature de Jacques au poste

de   président  de   comté,  elle   appuya  quelqu`un   d`une  autre

municipalité.   Jacques  mentionna  qu`il  se  concentrait  sur  ses

activités à l`Ordre des  ingénieurs du  Québec, son  manuscrit, ses

lectures; Canabec, Ennemi intime,  Indépendance, … dont  il avait

recommandé l`achat à la  bibliothèque locale.  De  plus, il  mit en

garde l`exécutif du  parti contre  l`encouragement du  député à  la

désobéissance civile face à une société de  services.  Cette mesure

lui apparaissait  hasardeuse  même  de   la  part  d`un  docteur  en

politique, Jacques questionnait son jugement à ce sujet.  Le député

local s`en prit  à l`Hydro‑Québec  qui avait  fait des  concessions

monétaires aux autochtones « bon  client ».  Jacques trouvait  que ce

geste de l`Hydro‑Québec défavorisait indûment le québécois toutefois

la source de  ces difficultés  de l`Hydro‑Québec  en cette  matière

consistait aux problèmes d`accessibilité au  territoire autochtone,

territoire   sous  la   responsabilité  dudit   député  d`opposition

responsable de la  Montérégie.  Prêcher  par l`exemple  en refusant

officiellement de payer les services électriques reçus représentait

pour Jacques une des méthodes les plus efficaces  d`être imité.  La

perturbation de   plus  en   plus  généralisée  des   activités  de

l`Hydro‑Québec se faisait aux  frais des québécois.   Encourager la

désobéissance   civile  n`était   pas   la   meilleure  démarche   à

entreprendre de  la  part  d`un membre  de  l`Assemblée  Nationale.

L`accessibilité au  territoire  autochtone  était  du  ressort  des

gouvernements fédéral, québécois, ontarien et américain.   De plus,

l`impact sur les relations internationales de  ces échanges étaient

considérables et le député régional était également imputable de ces

relations pour son  parti.  La  réalisation de  la souveraineté  du

Québec et préférablement  de son  indépendance ne  pouvait profiter

d`un tel  climat créé  en  parti  et  en  principe par  des  futurs

responsables de l`affirmation  du  Québec à  tous  les plans.   Ses

 

supporteurs se réjouirent qu`il ait obtenu les manchettes locales et

occuper les titres des journaux québécois mais à quel prix! Jouer à

la vedette souvent improvisée constituait une activité divertissante

mais pas  toujours  rentable   pour  la  cause  servie!   Récupérer

politiquement   une  démarche   populaire  spontanée consistait  à

effectuer du  « surffing »  sur  une  vague.   Jacques  présenta  ses

commentaires aux préposées à la clientèle et aux relations publiques

de la société d`utilités publiques au sujet de cet encouragement de

la part d`un politicien  aux abonnés  à ne  pas payer  les services

reçus car les autochtones se  voyaient accordés des  traitements de

faveur   de   nature   incitative.   D`ailleurs,   les   autochtones

jouissaient de bien  d`autres privilèges;  droits de  chasse et  de

pèche, exemption  de  taxes  sur  le  tabac  consommé,  allocations

gouvernementales, …   Le  vrai  problème  était  fondamentalement

l`intégration   des  autochtones   au  Québec   aux  plans   social,

judiciaire, …    Conséquemment,  des  pressions   devaient  être

exercées au  fédéral  et  à   Québec  en  cette  matière.   Jacques

n`approuvait pas les accommodements de l`Hydro‑Québec à l`égard des

autochtones cependant l`Hydro‑Québec  disposait de  moyens limités,

limités à ceux que lui accordaient les états canadiens et québécois.

Accentuer le problème des paiements des services en le généralisant

au niveau du  Québec lui  semblait  irresponsable de  la part  d`un

membre de l`Assemblée Nationale. Malgré, ses allégeances politiques,

Jacques exprima également ses  opinions à  l`exécutif local  de son

parti.   Ces  récriminescences   s`inscrivaient  dans  un  mouvement

croissant de critique de cette société d`Etat, mouvement initié par

les   autochtones,  entre   autres,   et  débordant   sur  le   plan

international. Le  succès obtenu  par ces  critiques encourageaient

d`autres intervenants  locaux  à  profiter de  cette  tribune  pour

mousser leur image publique au lieu de  sauvegarder une institution

très importante pour  les  québécois et  particulièrement pour  les

québécois francophones. L`idée de représailles du député lui venait

probablement de militants toutefois il était le signataire de cette

missive et il endossait un mouvement de désobéissance civile. Déjà,

des lettres de protestations avaient été acheminées à l`Hydro‑Québec

et un recours collectif était initié occasionnant des  frais à être

payés par les abonnées.  Malgré qu`un moratoire fut  décrété par le

chef de l`Opposition  à  ce  sujet, le  député  local poursuivit  sa

démarche, notamment à  la  télévision.  Une  formation en  sciences

politiques aurait  pu  conduire   au  développement  d`un  jugement

politique suite  à  quelques   années  d`expériences  cependant  la

tentation était toujours grande de faire la manchette des journaux.

Les supporteurs de député faisaient des efforts  pour lui conserver

sa crédibilité de jeune  député.  Par  surcroît, Jacques  avait cru

qu`il était difficile, même à  un politicien de formation  et ayant

oeuvré au NPD‑Canada  de s`identifier  intrinsèquement aux  valeurs

québécoises, en  être  imprégnées quoi!   Que  l`indépendance  soit

promue par de  tels  politiciens présentait  plusieurs écueils;  la

 

force créatrice d`un individu  était préférablement guidée  par les

motivations profondes, les croyances personnelles.  Voilà, un petit

exemple d`un  début  d`hystérie collective  conduisant  au  désordre

social, le tout réalisé désinvoltement pour ne pas dire innocemment.

Des médias, des politiciens, et autres intervenants trop heureux de se

faire entendre en prônant une solution de facilité éhontée. Jacques

dut partager les coûts des lettres‑réponses,  des frais additionnels

de la gestion  des nouveaux  comptes en  souffrance, des  relations

publiques, …  et  possiblement  du financement  des  revenus  non

perçus, possiblement   (200,000  abonnés  @  300$)   60,000,000  $.

S`attaquer ainsi  à  un  pilier de  l`économie  québécoise  frisait

l`autodestruction.   On était  loin  de bâtir  le  Québec!  Loin  de

l`affirmation du Québec!  Loin de son  indépendance!  La résistance

d`éléments du  Québec  conduisait  à  déstabiliser,  perturber  des

rouages importants de l`économie  québécoise!  La solution  mise de

l`avant par le  PQ, à  savoir assurer  l`alimentation électrique  à

l`entrée de la réserve comportait de nombreux inconvénients; abandon

du réseau électrique coûteux, interdépendance des réseaux, entretien

du réseau, perte de contrôle  d`éléments du réseau, …   Le député

local et la députation péquiste souffraient d`une carence prononcée

de connaissances et d`expériences administrative  et technologique.

Administrer une société d`état n`était  pas une mince affaire  et à

plus forte raison un Etat indépendant.  Il  devenait presque gênant

de se  déclarer,  de  se  réclamer du  comté  de  Bertrand.   Cette

situation, ici détaillée, illustrait certains volets de la politique

au Québec  au point  de  vue  de  Jacques.  La  Société  Saint‑Jean

Baptiste organisait les lundis de l`Indépendance du  Québec et elle

avait invité, entre  autres, un  souverainiste associationniste  et

essentiellement étapiste.   Jacques espérait que  ces souverainistes

cheminaient par étapes mais par étapes  importantes, significatives

vers l`indépendance  du  Québec.   De plus,  le  défilé  annuel  ne

referait pas idéalement à la souveraineté du Québec s`il n`en tenait

qu`à son  président.   Ainsi,   il  pourrait  obtenir  de  nombreux

commanditaires, commandites.   Jacques se  rappelait les  dires d`un

ancien président de compagnies attachés, près des intérêts québécois

qui soulignait pertinemment  le fait  que les  pouvoirs économiques

étaient plus puissants que les pouvoirs politiques.

 

A nouveau, son copain qui jouait à l`entremetteur politique semblait

contribuer   à  l`abrutissement   de   Jacques  en   raison  de   son

asservissement politique aux dirigeants actuels et,  évidemment, de

son envergure personnelle inhérente à ses origines,  à sa formation

de niveau collégial, … dit d`un façon non péjorative! Simplement,

la stricte réalité! Cependant  les liens personnels perduraient.  A

tort ou à raison, Jacques  croyait que  ce copain avait  commencé à

fumer alors que  le  Chef  de son  parti,  le  PQ, était  vertement

critiqué pour  cette  faucheuse   habitude,  contraire  aux  valeurs

sociétales. Après deux heures en  présence de ce copain ayant fumer

 

six   cigarettes,  Jacques   réalisait   l`inconfort  probable   des

collaborateurs du chef  de  l`Opposition à  l`exemple  de celui  de

Jacques qui dut ventiler la pièce suite au départ de son copain qui

était pénalisé au plan santé par cette habitude car une pratique de

la technique Nadeau des plus complètes révéla que Jacques était plus

en forme que  ce copain,  semblait‑il!  Jacques  en fut  surpris et

probablement son interlocuteur.

 

 

  1. ii) Le Parti Libéral du Québec

 

 

Il considérait que le Premier Ministre du Québec devait commencer à

s`exprimer en français à l`étranger comme d`autres  chefs d`état le

faisaient afin de  représenter, promouvoir  le caractère  culturel

spécifique de leur pays. D`autant  plus que des écrits officiels du

chef canadien souvent ne traduisaient par la dualité linguistique du

Canada de l`époque.  Ce  chef originant  du Québec  provenait d`une

famille pour le  moins  bilingue comme  plusieurs anciens  premiers

ministres du Canada,  des gens  bien intégrés  d`abord à  l`élément

anglophone.  

 

A voir, le  Parti Libéral  du  Québec  palabrer de  souveraineté  à

vingt‑deux crans   (rapport  Allaire)   en  attendant   les  offres

fédérales, de  juridictions  fédérales transférées  au  Québec,  de

référendums à  proximité  des   élections  et  le  Parti  Québécois

discourir de souveraineté  même pas  d`indépendance avec  plusieurs

éléments en moins, de référendums quelques mois après leur accession

au pouvoir, une commission  québécoise qui  accouchera probablement

d`une suggestion de référendums,  Jacques aurait aimer  être assuré

que l`indépendance   fut  pour   demain  ou   pour  le   moins  une

souveraineté‑association   obtenue    suite   à    une   déclaration

d`indépendance du Québec préférablement consommée. Comment négocier

sans un mandat ferme et clair!   De plus, tout comme  René Lévesque

avait tenu  son  parti  en  otage,  en  menaçant  de  partir,  Ryan

appliquait le même scénario hautement inspiré  toutefois cette fois

avec l`appui du  Premier  ministre.  Il  était inacceptable  qu`une

seule personne malgré son mérite allait contre le  vote de délégués

officiellement élus d`un parti pour assumer la  prise de décisions.

La brève  histoire  du  Québec   avait  démontré  que  ces  piliers

s`effondaient assez  rapidement et  malencontreusement  différaient

l`évolution du Québec.  Monsieur Ryan se  questionnait publiquement

au sujet de la pertinence  d`un société  française au Québec  et il

disait que c`était  irréaliste.  Certaines  réflexions de  Monsieur

Claude Béland  lui laissaient  croire  que  comme dirigeant  il  ne

s`était pas souvent frôler, frotter à la communauté anglophone.  Il

lui semblait, à  prime abord,  poursuivre un  cheminement politique

honnête et  représentatif  de  celui de  nombreux  québécois.   Ses

 

témoignages   faisaient    progresser   le   débat    conduisant   à

l`indépendance du Québec. Comme  prévu, ses interventions efficaces

suscitèrent des réactions, des  représailles de la  part d`éléments

fédéralistes de l`intérieur  et de  l`extérieur de  mouvement qu`il

dirigeait. En  suivant attentivement  les travaux de  la Commission

Bélanger‑Campeau, il constata à nouveau que les experts étaient peu

consultés,   entendus  et   surtout   écoutés.   Généralement,   ils

recommandaient   l`obtention   d`un  mandat   clair   d`indépendance

préalablement à de nouvelles tractations avec  Ottawa.  Jacques non

pris sinon perdu dans les détales de la politique partisane en était

depuis longtemps arrivé à  ces conclusions.   Par le  truchement de

l`Ordre des  ingénieurs  du  Québec à  titre  d`administrateur  élu

participant au comité de rédaction d`un mémoire pour la Commission,

il avait soumis son point de vue et réagit à la version préliminaire

du rapport présenté.  Son  point de  vue fut  aussi repris  dans un

journal local et Jacques y soulignait que l`avenir  du Québec était

entre les mains  du  Parti  Libéral au  pouvoir,  parti à  vocation

fédéraliste, un peu indépendamment des conclusions de la Commission

Bélanger‑Campeau et  jusqu`à  un  certain  point  des  vues  de  la

population.

 

L`actuel Premier ministre du Québec, après avoir profité des appuis

de sa belle‑famille  et de  vint‑cinq  ans de  vie politique  avait

probablement oublié ses  humbles origines  qui lui  facilitaient la

compréhension de   certains  dossiers  et  lui   fournissaient  des

arguments qui ne servaient pas toujours les démunis  du Québec.  Le

gouvernement du Québec même dirigé par un économiste ne préconisait

que peu   de  mesures  favorisant  le   soutien,  le  développement

économique, la création d`emplois en sus de leur appui au projet de

la Baie James.   D`autre part,  un confrère  lui faisait  remarquer

qu`il était ardu pour le  chef d`Opposition d`oublier  ses humbles

origines et qu`un de ses problèmes consistait  plutôt à s`approcher

du citoyen québécois!   Un intervenant politique des  plus actifs et

un ami déclaré du Premier Ministre, Pierre  Bourgault, lui semblait

être prêt à  tout pour  promouvoir  l`indépendance du  Québec et  à

appuyer   un    leader   déterminé   à    réaliser   l`indépendance

indépendamment de ses  origines.  Jacques  accordait énormément  de

mérite à  Monsieur  Bourgault  pour  ces  années  de  promotion  de

l`indépendance, même de « descente  aux Enfers », de  désuétude, pour

son authenticité, …

 

Les membres de l`Assemblée Nationale s`étaient votés unanimement, il

va s`en dire,  des félicitations  ainsi qu`aux  autres intervenants

dans le  dossier de  l`incendie  de  Saint‑Amable.  Néanmoins,  les

conséquences et  les  suites   de  l`incendie  n`étaient  pas  très

heureuses pour la  population  locale; des  sables contaminés,  des

milliers de  pneus,  des  sols   contaminés,  l`état  de  santé  de

nombreuses personnes  incertain, …   On  devait  conclure que  le

 

sinistre aurait pu causer plus de dégâts!

 

Monsieur Bourassa,  s`il  avait  voulu  réaliser  la  souveraineté,

l`indépendance du  Québec,  il l`aurait  fait  présentement,  sinon

depuis longtemps, pensait Jacques.  De disserter  sur ses capacités

et ses aptitudes  à  le  faire était  peine  perdue.  Ses  intérêts

politiques et personnels étaient liées au  système fédéraliste.  Il

s`était toujours acharné  à défendre  le fédéralisme,  incapable de

réaliser plus, de  mieux défendre  les  intérêts du  Québec à  long

terme. Il  n`avait comme réflexes  que des réflexes  défensifs, que

des attitudes   attentistes  (un   vrai  mollusque).    Une  attitude

pro‑active ne  cadrait  pas   avec  sa  personnalité.   L`ambiguïté

entretenue reflétait  son incapacité  à  prendre  des décisions,  à

définir des orientations québécoises, à innover en quelques domaines

que ce soit, à s`appuyer sur les éléments dynamiques et innovateurs

du Québec. Les jeunes  se retrouvaient sans‑emploi, sans ouvertures

internationales.   Ses  nombreuses   nominations  traduisaient   un

favoritisme historique   et  un  souci  de   status  quo  prononcé.

S`appuyer sur  son expérience  pour  maintenir  le Québec  dans  la

fédération canadienne alors que le Canada anglais nous avait répudié

apparaissait comme  une  démarche  d`un leader  en  attente  de  sa

retraite dorée fédéralistement et témoignait de  la faible vitalité

du Parti qu`il représentait.   Si le  système fédéraliste  était si

performant, il  lui  fallait  livrer  la  marchandise;  assurer  la

prospérité du  Québec, créer  le  quasi‑plein  emploi, obtenir  des

capitaux pour la recherche et le développement,  gérer la récession

plus   efficacement   que   le    Parti   Québécois   l`avait   fait

antérieurement, favoriser  le  français comme  langue  de  travail,

assumer les responsabilités financières  du Québec  au lieu  de les

refouler, de les refiler unilatéralement  à un palier  inférieur de

gouvernement, représenter   le  Québec  au   niveau  international,

favoriser l`implantation de sièges  sociaux ou,  pour le  moins, de

bureaux régionaux  par  les   entreprises  bénéficiant  du  marché

québécois, … La direction du PLQ aurait dû être laissé à un jeune

libéral nationaliste québécois.  Monsieur Bourassa  devait accorder

la même chance que M. Desrocher lui avait allouée.

 

Monsieur Lévesque se flattait de représenter la population dans son

ensemble ayant été élu non  seulement par les  péquistes.  Monsieur

Bourrassa en  assurant  par  tous   les  moyens  la  suprématie  du

fédéralisme faisait fi de la  volonté des deux tiers  des québécois

qui désiraient  la  souveraineté.   Le chef  de  l`Opposition  avait

tendance à suivre la voie de Monsieur Lévesque  et Jacques espérait

qu`il n`oublierait       pas cette volonté québécoise.  Ainsi donc,

Monsieur Lévesque   croyait  de   son  devoir  de   représenter  la

population! Cependant, ce n`était pas le cas de Monsieur Bourrassa,

il continuait  à  défendre  les  intérêts  de  son  entourage,  ses

secondeurs financiers et autres, un peu comme à l`ancienne cour des

 

rois, au lieu de représenter la population québécoise souverainiste.

 

Le ministre Claude Ryan était favorable au fédéralisme en autant que

son rayonnement personnel en  était accrue.  Toutefois,  lorsque le

fédéral s`ingérait dans ses activités politiques,  il s`en trouvait

beaucoup moins heureux.  Il avait  vécu une expérience  semblable à

l`occasion du  dernier référendum  québécois.   Compte  tenu de  la

rigueur, du degré d`approfondissement, des conclusions tirées et des

actions entreprises dans un dossier concernant Jacques, il ne put se

dire impressionné par le ministre Ryan.  Une  attitude studieuse ne

saurait remplacer l`obtention de résultats tangibles!

 

Monsieur Guy Saint‑Pierre en accédant à présidence de SNC avait été

suivi par  une  kyrielle  d`administrateurs  qui  lui  apparaissait

anglais.   Plusieurs administrateurs  réalisèrent subséquemment  des

profits de l`ordre de  cent mille dollars  en écoulant  des actions

reçues de l`entreprise possiblement non imposables  s`ils n`avaient

pas encore utilisés leur marge de gains de capital.  Bénéficiant de

ses présumés contacts personnels  avec son ancien  patron, Monsieur

Bourassa, le président de SNC contribua largement au relancement de

cette   importante  entreprise.    Non  seulement,   les  dirigeants

d`affiliation libérale étaient  promus mais  ils étaient  également

maintenus au pouvoir en bénéficiant de l`appui des réseaux libéraux:

médias, marchés, directorats, …                    

 

Le conflit d`Oka semblait  une façon de  déstabiliser le  Québec en

utilisant des  éléments  canadiens  et  américains  intégrés  à  la

majorité anglophone nord‑américaine.  La permissivité  avec laquelle

les lois québécoises, canadiennes et américaines étaient appliquées

représentaient un encouragement à la  désobéissance civile et  à un

escalade.

 

En une occasion au moins, Jacques observât qu`au lieu de souligner

de son vivant le travail, la contribution humanitaire d`un membre de

la communauté,  on  attendit  de présenter  des  hommages  à  titre

posthume.   Les autorités  politiques  en place  profitaient de  ces

circonstances auprès  des  proches éprouvés  pour  renforcer  leurs

emprises sur  la population  indépendamment  des  croyances et  des

affinités des disparus.                

 

Subséquemment aux propositions fédérales de Meech,  le gouvernement

conservateur revenait à l`attaque, visait de nouveau  à intégrer le

Québec dans l`ensemble  canadien.  Suite  à des  consultations avec

toutes les provinces et  les territoires, le  gouvernement comptait

présenté à son électorat un Canada intégré ou intégrant les éléments

francophones,   anglophones  et   autochtones.   Les   conservateurs

fédéraux pouvaient   compter  sur   l`appui  du   Premier  ministre

québécois, croyait‑il.   Après un référendum provincial  relatif aux

 

propositions fédérales, M. Bourassa poursuivraient son cheminement

fédéraliste à moins d`imprévus nationalistes franco‑québécois.

 

Il était quand même plaisant de voir M. Bourassa jouer avec

l`équation suivante:

 

Union économique + Autonomie politique = Souveraineté partagée

 

De plus, il  se  referait à  des discussions  avec  M. R.  Lévesque

préalablement à l`avènement du PQ. Ces  discussions permettaient de

mieux situer les positions  respectives du  PLQ et  du PQ  en cette

matière au niveau du discours. Prononcés à l`occasion d`un colloque

où la qualité totale était à l`honneur, on pourrait supposer que ces

remarques traduisaient  un effort  pour  défendre  les intérêts  du

Québec et de l`administrer de la façon la plus efficace.  Pourtant,

une démarche respectant les critères de la qualité totale en matière

politique compte tenu des  objectifs politiques de  Jacques passait

par l`indépendance du Québec à ses yeux.

 

A un moment,   M.  G.   St‑Pierre,  chef   d`entreprise  témoignait

publiquement de  son appréhension  quant  à  la prospérité  de  son

entreprise et  des  économies  québécoise  et  canadienne  dans  un

contexte politique  où  le   Québec  s`autogouvernerait.   Ce  chef

d`entreprise avait trouvé une formule, une  stratégie efficace dans

le   système  fédéral   et  anticipait   des  bouleversements,   des

réajustements nécessaires dans un  régime politique  différent.  Il

avait profité des circonstances pour souligner les aspects négatifs

des dernières interventions  politiques  de  M. Trudeau.   Pendant

qu`une autre   commission  fédérale  péniblement   poursuivait  ses

consultations, le Chef de  l`opposition à Québec  renformissait les

liens souverainistes et associationnistes avec les Etats‑Unis et M.

Bourassa allait séjourner en France  préalablement au sommet  de la

francophonie alors que  généralement  les Etats‑Unis  l`accueillait

durant ses périodes de détente  à l`instar  de M. R.  Lévesque.  La

dite commission fédérale était  coprésidée par  un pilier  du parti

libéral qui apparaissait sous un  jour moins glorieux,  désabusé et

perdu dans les « détales » organisationnels et multipartisans.

 

Après avoir  été  très  absents  dans  le  domaine  des  politiques

économiques québécoises et subis  les interventions  fédérales, les

ministres libéraux  commençaient  à   faire  leur  classe  dans  la

planification économique, le développement technologique, industriel

et commercial.   En bref,  les libéraux  commençaient à  faire leurs

devoirs cependant on était en droit de se  demander si l`opposition

officielle pouvait en effectuer la correction, la  critique car les

libéraux puisaient à même les ressources humaines nationales en ces

matières.                                                

 

 

  1. Bourassa tentait de doubler le Parti Québécois en suggérant, lors

d`un voyage  européen,   une  formule  de  souveraineté‑association

originale. A un degré peut‑être  plus élevé au plus formelle, cette

approche requérait l`apport,  la collaboration  du Canada  anglais;

association non  seulement   économique,  diplomatique  mais  aussi

politique par l`intermédiaire d`un super parlement dont  les membres

seraient élus. M. Parizeau attendit les résultats d`un sondage pour

manifester précisément ses appréhensions face à  cette proposition.

Le système politique  retenu par  le PQ  supposait quand  même des

structures conjointes.   Dans les deux cas,  Jacques entrevoyait une

prédominance du Canada sur  le Québec  à tous  les plans  ainsi que

l`exigence d`un accord tacite ou  réel du Canada.   Cette situation

comparativement   à celle  conduisant  directement à  l`indépendance

pénalisait les négociations, hypothéquait dès le départ l`assumation

la plus complète possible de  pouvoirs actuellement assumés  par le

Canada.

 

              iii) Le Bloc Québécois

 

Jacques avait  cru  percevoir   même  en  l`absence  d`informations

prévilégières, un désabusement chez Monsieur L. Bouchard face entre

autres au fonctionnarisme  fédéral essentiellement  anglophone tout

comme Jaques  avait  vécu  (sans   faire  de  projections)  face  à

l`administration anglophone des grandes  entreprises montréalaises.

A un moment  donné,  vous  constatez   qu`il  s`agit  d`un  roc  de

Gilbraltar et vous  reculez  face à  une  intégration certaine,  un

asservissement à la Chrétien,  par exemple.  Monsieur  L. Bouchard

avait probablement réalisé qu`ìl  ne deviendrait jamais  le premier

ministre du Canada; ses parents n`étant pas anglo‑québécois et que,

toutefois, son projet de carrière pouvait peut‑être inclure le poste

de premier ministre du Québec. Il semblait populaire dans l`opinion

publique chevauchant les  systèmes politique  fédéral et  québécois

avec une  volubilité  développée  au   cours  des  ans.   Il  était

problématique pour le PQ de  ne pas  appuyer le Bloc  Québécois dit

indépendantiste maintenant qu`un tel  Bloc existait.   Une certaine

alliance,   concertation   dans    l`action   politique   s`imposait

d`elle‑même cependant le Chef du Bloc devait jouer  ses cartes afin

de s`assurer d`une représentativité, la plus vaste possible incluant

les péquistes, les  libéraux, les  conservateurs, les  ethnies, les

anglo‑québécois, … et  ainsi  se positionner  en potentiel  futur

premier ministre  du  Québec  afin  de  profiter  des  opportunités

politiques éventuelles. Dans une analyse politique en 1982, Jacques

avait réfuté plusieurs arguments favorables à la création d`un parti

politique indépendantiste à Ottawa suite à une implication active au

sein du PQ.

 

D`autre part,  au  niveau  fédéral, une  commission  consulta  les

canadiens, un autre groupe examina la constitution canadienne et ses

 

facilités d`amendement, une  campagne de  promotion du  fédéralisme

généreusement financée par le public s`amorça, …  Les dépenses de

l`état fédéral devaient être  contrôlées sauf celles  favorisant le

pouvoir, ou  le  maintien  du   régime  fédéral  comme  tel  et  du

gouvernement conservateur  actuel.   Tout pour  laisser  le  carcan

canadien sur le Québec!        

 

Mulroney à court de ressources et en dernier ressort  car son parti

bénéficiait d`un   très  faible  appui  populaire,   accordait  des

promotions à ses anciens adversaires politiques (à la chefferie) vu

de l`intérieur du Parti conservateur du Canada, PCC. Il désespérait

d`être réélu et il acceptait  de laisser le bateau  conservateur en

voie de naufrage à de  potentiels sauveteurs s`ils  ne réussissaient

pas à  le remettre  à  flots  d`ici  les prochaines  élections.   A

quelques années des élections  fédérales, ce  qui faisait  la force

relative du PCC était la  multiplicité des partis, la  faiblesse du

Parti Libéral du  Canada et  particulièrement de  son nouveau  chef

empêtrer dans cette  complexité conjoncturelle  et en  l`absence de

politiques précises si  ce n`était  l`optique de  plaire au  groupe

majoritaire du Canada et de ménager les subtilités des québécois.

 

Au fédéral et  au  moment  du vote,  les  québécois, les  électeurs

hésiteraient à annuler leurs votes, à voter pour le Bloc Québécois.

Les gens  ont   été  conditionnés  par  de   nombreuses  années  de

participation au   choix  du  premier  ministre   canadien  et  ils

adoptaient généralement une  attitude  positive  face au  processus

électoral, démocratique  même  au   niveau  fédéral.   A  moins  de

campagnes électorales très  vigoureuses,  les appuis  hypothétiques

notés dans les sondages s`estomperaient.

 

Jacques s`étonna que  le  Bloc Québécois  fut  fondé en  Montérégie

plutôt   qu`au  Saguenay‑Lac‑Saint‑Jean,   chateau  fort   péquiste,

nationaliste,   lieu  d`origine   du   fondateur.   Ils   désiraient

possiblement élargir leur base opérationnelle. Les ressources de ce

nouveau parti, surtout financières, n`étaient pas  très importantes

et son financement constituait un défi.  Le Vice‑président du Parti

Québécois était présent à ce congrès de fondation alors que le chef

de BQ n`avait pas participé au congrès péquiste. M. Bouchard aurait

probablement aimer voir également à ses cotés  le vice‑président du

Parti Libéral du Québec, du NPD‑Québec, …  Jacques  savait que M.

Landry avait maintenant  un  pied à  terre sur  les  deux rives  du

Saint‑Laurent, de  Montréal et  qu`il  aimerait  séduire un  nouvel

électorat, un  électorat  sudiste,  après  avoir  subi  un  verdict

populaire négatif.  A  quelques reprises,  M. L.  Bouchard semblait

tiraillé entre ses anciennes prises de position fédéralistes dans le

domaine de  l`environnement  et  l`affirmation  indépendantiste  du

Québec.

 

 

Après avoir été en adoration, avoir adulé les, relativement, jeunes

familles Trudeau et Mulroney, on nous offrait la seconde famille de

  1. Bouchard à titre de modèle à imiter.  Dans ces  conditions, M.

Parizeau   n`était  plus  dans  la course,  il  devait  au moins  se

remarier à une jeune femme à l`instar de M. Lévesque et le plus tôt

possible serait le mieux!

 

Assistant à un souper‑concert organisé aux  profits d`une fondation

d`un hôpital à titre  de représentant du  Président de  l`Ordre des

Ingénieurs du Québec, Jacques questionnait la pertinence d`une telle

décision du Président. L`OIQ ne  pouvant se permettre de contribuer

à toutes les fondations du Québec toutefois  celle‑ci était dirigée

par une  représentante  du  public à  l`Ordre.   Cette  soirée  fut

appréciée par le couple Laberge  ayant été très bien  accueilli par

leur hôte, une politicienne municipale  bien intégrée à  son milieu

entourée des  membres  du conseil  d`administration  de  l`hôpital.

Jacques discuta fortuitement de scénarios politiques avec un député

fédéral. Aux  prochaines élections  fédérales, le Parti  Libéral du

Canada pourrait être élu  et le  Bloc Québécois  formé l`opposition

officielle à Ottawa malgré un hésitation prévisible des québécois à

presque annuler leur vote en votant pour BQ. Jacques croyait que les

québécois pourraient élire le PLQ dans  ces circonstances sécurisés

par la présence du BQ à Ottawa.  De plus, le PLQ  forcerait le PQ à

défendre des positions indépendantistes en surcroît du nouveau refus

stratégique de toutes associations de la part du Canada anglais avec

un futur Québec indépendant.   Ce député percevait  semble‑t‑il, M.

Parizeau plus indépendantiste  que  L. Bouchard  et entrevoyait  la

perception de  toutes   les  taxes  et  impôts   comme  une  mesure

significative d`affirmation  nationale  même  si  des  négociations

pouvaient conduire à une répartition  des pouvoirs entre  Ottawa et

Québec. Jacques  réalisait que  les conditions  de vie  d`un simple

député fédéral étaient difficiles.  Le député se  devait d`aimer ce

travail de représentations  multiples  auprès de  la population  au

cours des fins de semaine, entre autres, et des voyages aller‑retour

à Ottawa surtout en l`absence de pied à terre. De plus, la tâche de

sollicitation des fonds était  très accaparant et  représentait un

véritable défi pour ce parti. Une voisine de table qui se disait de

souche anglaise  s`en  prenait  vigoureusement à  M.  Péladeau  qui

investissait ou investirait  au Mexique.   Jacques nourrissait  des

appréhensions face au  libre‑échange mais  ne pouvait  partager ces

opinions malgré l`échec de la papeterie de Matane et il lui semblait

normal que  des  investisseurs   québécois  évaluaient  le  marché

potentiel du Mexique et pourquoi pas M. Péladeau!

 

  1. Chrétien maintenait l`image traditionnelle du Parti Libéral du

Canada face à Washington au moins dans le dossier  du libre échange

en exigeant son  réexamen.  L`éminence  d`élections américaines  ne

favorisait pas une grande ouverture de la part du candidat Bush. M.

 

Mulroney pourrait être choyé relativement à M. Chrétien officielle

plus revendicateur.   Néanmoins, il fallait  se poser la  question à

savoir si M. Bush serait encore l`interlocuteur américain suite aux

élections.

 

Une fois de plus, Jacques observait en visionnant  les jeux d`hiver

que les manifestations sportives internationales représentaient une

opération exceptionnelle de  promotion du  Canada de  préférence au

Québec tant au Québec qu`à l`étranger.  Les remarques relatives aux

discriminations à  l`endroit  des  athlètes québécois  au  sein  de

l`équipe canadienne étaient faites constamment et particulièrement à

chacune de   ces  manifestations  internationales.    Pourtant  les

performances des   québécois  ne  manquaient  pas   d`éclats;  cinq

médailles québécoises sur un total de sept décorés par le Canada.

 

  1. iv) Les autres considérations

 

A accorder priorité au travail,  à la famille,  à la  religion, …

relativement au nationalisme franco‑québécois, notre société n`était

qu`une province  largement  conduite, administrée  de  l`extérieure

s`intégrant imperturbablement et systématiquement aux plans culturel

et économique aux sociétés anglo‑canadienne et américaine.

 

La création de  plusieurs  emplois pour  des  francophones tant  au

Québec qu`en   dehors  du   Québec  passait   par  l`intransigeance

collective des québécois à exiger du français et  idéalement par un

gouvernement indépendantiste fort.   Les  francophones hors  Québec

l`avaient, d`ailleurs, souligné  à la  commission Bélanger‑Campeau.

Jacques avait été témoin de  maintes situations où son  exigence du

français avait contribué à l`obtention d`un service en français par

un francophone.  Ses  services  avaient également  été appréciés  à

titre   de   francophone   dans  des   entreprises   majoritairement

anglophones dans des  conditions  similaires tant  au Québec  qu`en

Ontario.   Effectuer la  promotion  d`une culture  franco‑québécoise

dans son   ensemble  constituait   dans  les  faits,   en  réalité,

concrètement à promouvoir l`emploi, la  prise en main,  la création

d`un climat de concertation,  une cohésion  sociale accrue  et, par

conséquent, une plus  grande imperméabilité  face à  la culture  et

société anglophone très dynamique et vivace.

 

Doris Lussier  que  l`on  retrouvait constamment  en  compagnie  de

personnalités nationalistes n`avait pu être  élu à cause du  peu de

sérieux de ses propos en  tant qu`amuseur public,  pensait Jacques.

Les gens voyaient chez lui d`avantage le côté,  l`aspect amuseur de

sa personnalité que celui de l`universitaire et l`amateur, le mordu

de politique  québécoise.    Probablement  que  financièrement,  il

n`était pas perdant autrement il  aurait dû troquer des  emplois de

professeur d`université et d`artiste pour celui  de politicien.  Il

 

était hasardeux  de  parler  de sujets  personnels.   Par  exemple,

d`autres individus  lui  avaient été  présentés  comme  professeurs

d`université alors qu`ils assumaient qu`une ou deux charges de cours

et conséquemment, ils  étaient  loin de  toucher  le salaire  d`un

professeur. Ce  n`était pas le  cas de M. Lussier  croyait Jacques.

Lui‑même avait  bénéficier  de  cette ambiguïté  dans  l`esprit  de

beaucoup de gens  lorsque agissant  comme consultant  et chargé  de

cours à l`université.              

 

Fréquemment, il s`agissait de décrier  une situation ou  une mesure

généralisée pour qu`exceptionnellement,  on mettait  en relief,  en

manchettes électroniques,   un  cas,  comme  l`on   disait  souvent

l`exception qui confirmait  la  règle.   Ainsi, cette  dénonciation

était contrée temporairement et rapidement  oubliées et de  plus la

situation était perpétuée.   Les  dirigeants  pouvaient alors  être

satisfaits de  leurs  opérations  de camouflage.   Et  à  quand  la

prochaine! Avec les médias électroniques, la télévision, la riposte

était presque immédiate.  D`autre part, une  réaction sporadique et

même concertée de la base pouvait donner de bons résultats cependant

une action planifiée et orchestrée au niveau  national pouvait même

ne pas être perçue de la base surtout dans  un climat de confiance,

de succès, d`euphorie et quelques fois de panique et de crise.

 

Quelqu`un qui effectuait  une critique  sérieuse des  méthodes, des

politiques d`un organisme  et qui  suggérait diverses  solutions ou

palliatifs se  devait  de  voir ses  observations  communiquées  aux

membres et   au  public  afin  d`améliorer   le  fonctionnement  de

l`organisme et possiblement  de  contribuer  au renouvellement  des

dirigeants. Trop souvent, ce genre de commentaires était tû pour ne

pas incommoder les dirigeants en fonction et on leur acheminait les

suggestions en sourdine espérant qu`ils   réagiraient positivement.

C`était ce que  Jacques appelait  des demi‑mesures  de la  part des

militants anxieux de souligner  leurs appuis  à  l` »establishment ».

Placer un pantin, en position exécutive qui  empruntait le langage

de d`autres  ou qui  répétait  les  discours suggérés,  ne  pouvait

transformer un pro‑fédéraliste en un indépendantiste  efficace, par

exemple.   Son  copain lui  proposait  souvent  ou généralement  des

actions qu`il  jugeait  altruistes  et  occasionnant  des  dépenses

personnelles en énergies, temps et argents:  rédaction de plusieurs

livres, vente de cartes de membres du parti, etc. alors que Jacques

aurait préféré rentabiliser les investissements consentis en termes

de temps, énergies et argents:  publier un  ouvrage, accéder  à des

postes rénumérateurs à l`instar de d`autres citoyens et militants.

 

Jacques expliquait le faible taux de participation aux élections par

un désintéressement  face  à  un  palier  politique  donné,  à  des

candidats semblables,  des  programmes  similaires,  à  la  carence

d`enjeux majeurs,  aux  faibles   incidences  personnelles,  à  des

 

candidats non connus personnellement, particulièrement  en périodes

d`activités personnelles intenses.

 

Au plan municipal, un directeur  général permettait à un  maire peu

instruit et expérimenté  d`administrer.   Le  choix d`un  directeur

général moins expérimenté aurait pu réduire les succès d`une équipe

dirigeante dans  la  direction  des   affaires  et  aussi  de  leur

réélection.   Dans sa  municipalité,  le fait  d`originer du  milieu

semblait particulièrement  important  lors de  la  distribution  de

mérites, par exemple, on  soulignait d`abord  le nombre  d`année de

résidence dans la municipalité. Visiblement, les décideurs en place

souhaitaient maintenir leur ascendant.   Après quelques  années, on

aurait pu croire qu`il s`agissait d`un critère de faible importance

et que la  connaissance de  d`autres municipalités  aurait même  pu

constituer un atout.   Un  ancien maire  et  un ancien  commissaire

industriel étaient omni‑présents dans le suivi et la participation à

la gestion des affaires  de la  municipalité, semblait‑il.   On les

disait partie prenante d`importants projets à titre de consultants.

Un candidat défait à la mairie  avait promis de réduire  au minimum

les travaux réalisés par des consultants et autres et de confier le

plus possible de  mandats  aux fonctionnaires  de la  municipalité.

L`opposition municipale félicita les dirigeants pour la préparation

du budget, fait  particulier  pour une  opposition  qui se  privait

éventuellement d`arguments. Jacques savait le maire adroit et cette

situation le confirmait.

 

Certains   souverainistes    disaient   qu`ils    bénéficiaient   de

soixante‑dix pour-cent d`appui de  la population dans  l`exercice de

leur profession ou encore dans la recherche d`emploi ou de contrats.

Les trente pour-cent de  fédéralistes occupaient des  postes souvent

importants et contrôlaient probablement plus que trente pour-cent des

activités économiques et  commerciales.   Beaucoup de  francophones

devaient travailler en anglais même si les sondages les présentaient

favorables à la souveraineté. Dans plusieurs champs d`activités, il

n`était pas évident que les leaders étaient si favorables.  

 

Jacques avait réfléchi  au sujet  d`une remarque  de Monsieur  René

Lévesque à l`effet qu`un parti politique était un « mal nécessaire »,

possiblement en raison de  sa lourdeur, de  l`énergie requise  à sa

création, son maintien  même  après avoir  obtenu  le privilège  de

diriger la nation.  Néanmoins, on ne  saurait procéder différemment

afin de respecter  un processus  démocratique et  efficace quant  à

l`implication et  à  la   participation  de  la  population,  entre

autres.                                            

 

Si vous proveniez, originiez pas d`un milieu aisé, il était naturel

que vous accédiez à des postes importants.  Si vos origines étaient

humbles, que vous ne proveniez pas de la cuisse  de Jubiter, toutes

 

les raisons étaient valables pour freiner votre  avancement à moins

de suivre docilement un membre de l`élite québécoise fédéraliste de

préférence ou d`être  un ancien  ministre.  A  plusieurs occasions,

Jacques s`interrogea sur la qualité de la  démocratie québécoise, il

écrivait, il parlait par dépit de la « démocrassie ».

 

Si l`on  examinait  la  situation  politique  québécoise  dans  son

ensemble, il n`était pas évident que l`indépendance du Québec était

pour demain ou après demain pourtant un  certain consensus semblait

se dessiner même  par  de çà,  au  de là  des  intérêts des  partis

politiques québécois et des  dirigeants d`affaires et  autres.  Ces

derniers voulaient maximiser les résultats des  retombées positives

pour leurs formations et leurs intérêts  respectifs.  Leur objectif

premier étant le  pouvoir ou  le profit!   De plus,  bon nombre  de

politiciens expérimentés avaient  vu les  services fédéralistes  de

leurs nombreux amis trop bien récompensés et fréquemment  en fin de

carrière pour ne pas s`en soucier. Les autres dirigeants adoptaient

des attitudes similaires.

 

Pourquoi   faire  l`indépendance?    Poser  la   question  pour   un

indépendantiste, c`était répondre aux questions suivantes: Pourquoi

être maître chez nous? Pourquoi administrer nos affaires nous‑même?

Parce que  c`était nos  responsabilités  et  que nous  devions  les

assumer et gérer notre mieux‑être, notre  avenir!  Personne n`était

plus intéressé à notre mieux‑être que nous‑même!  A long terme, les

québécois   bénéficieraient  de   leur  gestion   publique  et   ils

apprendraient beaucoup à réaliser l`indépendance du  Québec dans un

premier temps.  Que  de pouvoirs  présentement assumés  au nom  des

québécois à Ottawa!   Cette étape aurait un effet  stimulateur et de

responsabilisation de l`ensemble des  membres de  notre communauté.

La réponse à cette question reposait sur la confiance des québécois

en leurs propres moyens et des risques énormes à laisser à d`autres

le droit de  gérer complètement  ou en  partie nos  dossiers, notre

avenir.   Comment  créer  un  climat de  concertation  lorsque  vous

déteniez qu`une portion des  pouvoirs au Québec!   Dans le  pays du

Québec, les deux solitudes linguistiques seraient plus près, presque

forcées de se souder, de collaborer. Une question d`un co‑président

de la  Commission Bélanger‑Campeau  le  laissait  perplexe quant  à

l`utilité de cette  commission  traitant précisément  de ce  sujet,

quant aux intérêts de nos élites à assumer simplement  leur rôle de

citoyen responsable.   Plusieurs  écrits   de  Jacques  visaient  à

convaincre ses concitoyens  de l`importance  de créer  notre propre

pays,   notre  propre   cadre  de   vie.   Tout   simplement!   Tout

naturellement!

 

Lors d`un appel  à Revenu  Québec  au sujet  d`un régime  d`épargne

enregistré de retraite, Jacques se fit dire que l`harmonisation des

politiques, des données en cette matière était effectuée par Revenu

 

Canada, le Québec devenant de moins en moins autonome.

 

Avec la venue de partis politiques anglophones  au Québec, l`amorce

du rejet  des  journaux anglophones  racistes  montréalais,  Jacques

estimait que  le climat  politique  à  Montréal s`améliorait.   Les

points de vue  anglophones étaient  présentés assez  directement et

honnêtement à  la  population  du Québec  et  cette  dernière  s`en

trouvait mieux renseignée pour  réagir adéquatement.   Cependant, à

entendre des jours durant sur les lignes ouvertes des entretiens de

sympathisants aux malheurs des anglo‑québécois, il se doutait que de

tels débats  influenceraient les  résultats  des  sondages en  leur

faveur et que, fort de ces résultats  favorables, ils insisteraient

sinon exigeraient que, par respect pour la  démocratie, des mesures

suggérées et de  plus en  plus envahissantes  soient matérialisées,

réalisées. Jacques étaient conscients de  leur assurance et de leur

confiance en leurs  énormes  moyens.   Périodiquement, des  groupes

d`hommes d`affaire réagissaient  positivement à  ce lobby  des plus

efficaces s`appuyant sur les affinités anglophones nord‑américaines.

 

En attendant  de se  rendre à  un banquet,  Jacques attablé  dans un

restaurant, sirotait son café en lisant le rapport annuel de la CUM.

Il observa installé à la table voisine un individu qui attendait et

Jacques lui dit quelques paroles banales en français  et ce dernier

répondit d`un anglais  tinté d`espagnol.   Jacques en  profita pour

pratiquer son espagnol et une discussion s`en suivit relativement à

l`opportunité ou au bien‑fondé d`investir  aux Iles Canaries  et en

Espagne, pays en expansion économique,  la deuxième en  Europe, aux

différences culturelles et économiques entre l`Espagne et l`Amérique

latine; accents et  niveaux  d`instruction différents,  intégration

internationale (libre‑échange  américain  et  marché  commun),  aux

dangers du libre‑échange  tripartite (E.U.‑Canada‑Mexique)  pour le

Québec en raison  des faibles  salaires mexicains  et de  leur lent

développement économique prévisible (dix ans et plus), aux avantages

pour le Canada de garder le  Québec sous sa gouverne  et Jacques le

convainquit de l`importance  pour le  Québec d`être  indépendant et

près des   pays  latins.   Sergio,  son   interlocuteur,  le  salua

chaleureusement et  Jacques  lui  répéta  une  de  ses  expressions

favorites et pour la  première fois  en espagnol  « El mundo  es mas

pegneno »; le  monde  est  petit  et  il  n`est  pas  surprenant  de

rencontrer, par  exemple,  un  voisin   en  Europe  ou  ailleurs  à

l`occasion d`un voyage.

 

En soirée, au banquet, un confrère oeuvrant dans un milieu bilingue

préconisait à titre de compromis que la langue et la culture soient

laissées au gouvernement québécois et que l`économie  et les autres

fonctions soient  administrées   conjointement.   Jacques  lui  fit

remarquer qu`il ne partageait pas  ces vues  et il admit  qu`un tel

partage pourrait bien survenir à quelques nuances, détails près avec

 

deux partis qui préconisent des associations Québec‑Ottawa. Jacques

fit voir à son copain,  la pertinence  pour le Québec  d`obtenir un

mandat d`indépendance de la  population au  plus tôt  afin d`éviter

l`auto‑destruction du  Québec  et  du  Canada  par  les  fanatiques

nationalistes. Un gouvernement ainsi mandaté pourrait minimiser les

dégâts et optimiser les résultats de la répartition des pouvoirs tel

que suggéré par les experts  à la Commission  Bélanger‑Campeau.  On

pouvait croire  que  la  répartition des  pouvoirs  et  des  avoirs

respectifs étaient déjà amorcée tant  à Québec qu`à Ottawa  et dans

les autres capitales provinciales. De plus, les leaders économiques

traduisaient officiellement les intérêts de leurs entreprises plutôt

que ceux de  simples membres  de la  société québécoise.   « Dis moi

quels sont les intérêts que tu  représentes et je te  dirai quelles

positions constitutionnelles tu défends!   Comment penser qu`un homme

d`affaire très grassement rénuméré dont l`entreprise était à cheval

sur les deux  provinces pouvait  prôner ouvertement  l`autonomie de

l`une d`elle alors que le tout était chapeauté  par le gouvernement

fédéral.

 

Une fin  de  semaine,  il  aurait  pu  assister  à  deux  activités

politiques. Il  fut invité  à un  banquet‑bénéfice organisé  par un

mouvement indépendantiste et social démocrate de gauche car il était

abonné à leur journal. De plus, le Parti Québécois local organisait

un colloque auquel  un  député  favorisant l`élection  référendaire

souverainiste agissait comme conférencier.   Jacques aida Suzie à la

confection et à l`installation d`une valence dans le salon.

 

Il avait un  peu peur  des mouvements  de gauche,  certains membres

ayant été aux mains de  la GRC,  Gendarmerie royale du  Canada, lui

disait‑on!   Toutefois, il  partageait certaines  de leurs  analyses

politiques.   S`il avait  été invité  comme personnalité,  il serait

peut‑être allé au  lieu de  grossir simplement  l`assistance et  de

contribuer au financement!

 

Jacques se  demandait  s`il  ne réagissait  pas  d`une  façon  trop

critique contre les dirigeants incluant  ceux du PQ. Il  avait vécu

plusieurs   expériences   politiques   qu`il  n`avait   pas   encore

« digérées », intégrées,  et  acceptées,  semblait‑il!   Après  avoir

assumé des  responsabilités, il  était  moins  motivé à  simplement

assister à des événements. Il maintenait sa décision de s`impliquer

activement dans une organisation à la fois tout  en appartenant en

tant que membres à d`autres. Disperser ses énergies ne l`enchantait

pas et  il  jugeait  ce procédé   inefficace.   Mieux  valait  être

disponible lorsque  nécessaire!    Cependant,  il  appréciait  être

informé du déroulement de  telles activités.  S`il  plafonnait dans

l`organisation choisie,   il  pourrait  remettre  en   cause  cette

approche.

 

 

On avait porter à son  attention, le cas d`une  multinationale bien

implantée au Québec  dans les  produits de  santé.  On  lui faisait

réaliser que la  philosophie corporative  avait été  bouleversée au

moins localement suite  à des  conflits de  nature linguistique  et

raciale puisqu`il  faut  bien  appeler les  choses  par  leur  nom;

québécois francophones et  québécois versus  canadiens anglophones.

Les canadiens anglais avaient gagnées comme c`était   souvent le cas

néanmoins ils en  subissaient des  contre coups  importants et  par

conséquent le Québec.   Dans un  Québec indépendant,  nos québécois

auraient eu de meilleures chances de défendre et de conserver leurs

emplois, de nombreux emplois, pensait‑il! Lui‑même avait vu pleurer

un patron originaire des provinces  de l`Ouest car  Jacques voulait

briser le Canada.  Ce  gestionnaire humain avait  également réalisé

l`impact négatif d`une telle  attitude sur  la carrière  de Jacques

dans un tel milieu.

 

Nos amis anglophones du Québec étaient fiers à juste  titre de leur

contribution à l`essor du Québec.   En l`absence de leur  appui, de

leur présence,  les  éléments francophones  auraient  peut‑être  pu

suppléer. Beaucoup  de réalisations  avaient été  rendues possibles

grâce au financement fédéral soit la quote‑part des impôts québécois

majoritairement francophones. Même, le financement privé s`appuyait

sur les profits réalisés par des entreprises bénéficiant de l`accès

au marché québécois et souvent de  généreuses subventions fédérales

et québécoises  accompagnées  de  crédit d`impôt,  de  l`accès  aux

ressources naturelles  renouvelables  ou  non,  …   Leur  volonté

collective de maintenir le cordon beylical fédéral en disait long sur

la source, l`origine de leur prospérité.  De plus, le partage d`une

langue continentale   contribuait  énormément  aux   échanges  tant

économiques que culturels.                                    

 

Jacques   avait   observé   l`apport   culturel,   la   contribution

significative à   la  francisation,  à  l`usage   d`un  vocabulaire

technique français des firmes françaises lors de la réalisation des

travaux olympiques. Au moment de l`implantation, en particulier, de

l`usine Michelin dans les  Maritimes, Jacques  avait écrit  que les

français négociaient,  offraient  surtout des  biens  culturels  au

Québec tandis que leurs investissements tangibles allaient ailleurs

tout en   empruntant  souvent  le  passeport   québécois,  l`entrée

québécoise en terre nord‑américaine.

 

L`Hydro‑Québec apparaissait attaquée de tous les  côtés; ingérences

gouvernementales, contrôles  environnementaux québécois,  canadiens

et, par     surcroît, américains incluant les amérindiens, …  Ces

attaques confirmaient  l`importance   de  cette  organisation  dans

l`économie québécoise.  Déstabiliser  l`Hydro‑Québec contribuait  à

démolir un des  principaux  symboles de  la  réussite québécoise,  à

déstabiliser l`économie québécoise, à ébranler le vouloir collectif

 

d`affirmation québécoise.   Au   niveau  personnel,  Jacques  avait

mentionné à cette société  que les relevés  émis par  le fiduciaire

l`était en anglais. Depuis un certain temps, le français y apparaît

en priorité  tout  comme  l`anglais dans  les  documents  fédéraux.

Jacques aurait  préféré des  relevés  unilingues  français dont  la

confection nécessiterait  seulement   des  francophones  alors  que

beaucoup d`emplois en  milieu financier  exigeaient l`anglais.   Des

proches de Jacques réalisaient peu l`importance d`exiger le français

afin de  créer des  emplois  pour  les francophones.   Ils  étaient

traumatisés, avaient peur  d`une  affirmation  francophile dans  un

pays,   le  Canada   où  l`anglais   était  une   exigence  fédérale

fondamentale en tout milieu même au Québec.

 

A moultes reprises, les nostalgiques de l`ère  Trudeau avec l`appui

actif de celui‑ci s`évertuaient à  concevoir une façon de  le faire

participer à nouveau à la vie politique canadienne et par tant à la

promotion du fédéralisme canadien si rentable pour  ces habitués du

pouvoir.   Ils  auraient  aimé   que  leur  progéniture  continue  à

bénéficier de  ce   système  qui  avait  fait   leur  succès.   Ils

s`évertuaient à ressusciter une ancienne revue avec la connivence de

grands médias. M. Trudeau ou  plutôt M. Elliot  Trudeau essayait de

mobiliser ses amis anglophones contre la société distincte du Québec

telle que définie dans les propositions du  gouvernement fédéral et

conservateur. Les  franco‑québécois qui avaient peine  à s`affirmer

depuis des siècles étaient soupçonnés par  l`illustre ancien premier

ministre du  Canada de  vouloir  déporter  des anglo‑québécois  une

minorité si bien traitée et  pourvue.  Il réagissait en  raison, en

fonction de  ses  propres  méthodes,  mesures  dont  les  québécois

francophones avaient fait les frais et  continuaient d`assumer les

conséquences, entre autres, des politiques mises de l`avant sous sa

direction   notamment  d`un   bilinguisme  artificiel   pan‑canadien

conduisant en  réalité à  la  bilinguisation  du Québec  alors  que

l`assimilation des francophones  hors Québec  se poursuivant  peut

être à un rythme légèrement moins accéléré.  De part  la fermeté de

ses propos, cet homme public souvent provocateur et  idéaliste à sa

façon réveillait peut‑être tant chez  les anglophones que  chez les

francophones un esprit  nationaliste  en réaction  à de  nombreuses

années de  tentatives  d`uniformisation  et  de  nivellement.   Les

québécois acceptaient moins bien  le dicta  de M.  Elliott Trudeau,

signe d`une affirmation collective québécoise ou tout simplement que

« son temps était  passé ou  qu`il avait  fait son  temps ».  Jacques

visionnait l`importance du Québec pour les québécois francophones en

terre américaine d`une façon semblable  à celle de  l`état d`Israël

pour les  juifs  au  niveau   mondial  malgré  le  fait  que  toute

comparaison demeurait  imparfaite.   En ce  sens,  deux  situations

quoique similaires  à  plusieurs  aspects  n`en  étaient  pas  mois

différentes.

 

 

Que penser  des  sondages?   Par qui  étaient‑ils  financés?   Quel

échantillon était pris?   Jacques préférait  que les  résultats des

sondages émanaient de plusieurs, diverses sources  et idéalement de

sources souverainistes  et préférablement  indépendantistes  malgré

leurs faibles moyens que de sources fédéralistes pourvues d`énormes

ressources. Des sondages favorables à la souveraineté, favorables à

des   dirigeants  hautement   associationnistes  et   souverainistes

pouvaient conduire   à  l`élection  d`un  parti   représentant  ces

tendances; le  Parti  Québécois  et  contribuer  essentiellement  à

l`assainissement de la paix sociale sans toutefois amener le Québec

à l`indépendance, prérequis à une saine négociation  avec le Canada

anglophone.

 

Monsieur Chrétien   se  devait  de   jouer  un  rôle   de  penseur,

d`animateur, de  coordonnateur,  de  rassembleur,  de  porte‑parole

libéral après  avoir  traduit   souvent  crûment  les  opinions  et

concrétiser les projets de ses anciens patrons. Il disposait de peu

de temps pour s`adapter à ses nouvelles   fonctions si ses capacités

personnelles le lui permettaient.   Suite à  quelques déclarations,

Jacques se demandait  s`il  n`était  pas trop  franc  pour être  un

politicien   conventionnel.   En   principe,  ses   chances  étaient

excellentes de devenir  le prochain  premier ministre  du Canada  à

moins que  le  Québec  devienne  indépendant  avant  les  élections

fédérales.

 

Un proche de Jacques lui avait décrié les méthodes d`affaires de M.

Malenfant dès le début de sa progression  vertigineuse.  Dans cette

région du Québec, les entrepreneurs refusaient  systématiquement de

travailler pour lui et ils exigeaient des garantis ou des paiements

à l`avance. En  l`absence de syndicats, les  travailleurs n`étaient

possiblement pas en entière sécurité eux aussi.

 

Il revit  un  confrère  de  classe  marqué  naturellement  par  les

séquelles de l`âge  dont l`entreprise  montréalaise avait  basculée

financièrement aux mains américaines. Cette prise de contrôle était

accompagnée des nombreuses mesures de rationalisation.   Est‑ce que

le libre‑échange apportait de telles conséquences et  à quel degré?

Peu d`études, de statistiques semblaient témoigner de  l`état et de

l`évolution de   la  situation.    Les  dirigeants   politiques  et

d`affaires aux  rênes  lors  de  la  signature  du  traité  avaient

acquiescé aux désirs du géant américain et ils étaient plutôt avares

de précisions et préféraient tablés simplement  sur leurs positions

initiales.   Ils  faillaient  être proactifs  commercialement  en  de

telles circonstances face  à un  géant dont  les décisions  étaient

fréquemment concertées  au  plus   haut  palier  hiérarchique.   La

diversification des tendances  politiques  et autres  au Québec  ne

facilitait aucunement une semblable concertation en  l`absence d`un

esprit national de survie et d`affirmation car les québécois étaient

 

depuis toujours écrasés par des forces politiques et autres dirigées

de l`extérieur   et  écartelés  par  des   partis  politiques,  des

organismes disposant de faibles assises, affinités, … québécoises

et francophones. Il était opportun pour un dirigeant politique, par

exemple, d`être optimiste au volant, entouré d`autres bénéficiaires

de ces  pouvoirs,  bardés  d`amis   intéressés.   Que  dire  de  la

québécoise, du québécois francophone moyen?  Avaient‑ils  les mêmes

raisons d`envisager l`avenir avec  optimiste compte tenu  de l`état

actuel des choses,  de leur  possibilité d`avancement  personnel et

collective, …   Des régions entières étaient  laissées pour compte

et on les départait d`outils  susceptibles de leur  permettre de

s`animer, de se concerter, de se prendre en main, de s`organiser, de

prendre racines  commercialement  et financièrement  sur  une  base

collective au  lieu d`attendre  une  pitance  parcimonieuse, de  se

donner des moyens; coopératives,  sociétés, … afin  de construire

véritablement le Québec, le Québec régional seul espoir de survie du

Québec car Montréal vivait  sous le  jouge du  multiculturalisme à

saveur anglophone prononcé  et cette  ville semblait  une ville  en

sursis compte tenu des forces en présence.  Une ville  en sursis et

également un Québec en positions très précaires,  Montréal étant un

moteur économique important et d`un poids démographique déterminant

alors que  l`expansion  économique  et  démographique  des  régions

s`avéraient problématique.

 

Jacques n`admettait pas ou très difficilement que l`on fasse passer

la religion, la  famille,  le travail,  …  avant le  nationalisme

franco‑québécois. Ce schème simple de valeurs rendait problématique

la promotion de l`indépendance du Québec et même de  la défense des

intérêts franco‑québécois.   Les travailleurs en  milieu francophone

étaient favorisés et malgré tout,  Jacques avait connu  beaucoup de

ces   travailleurs  prônant   le   fédéralisme   et  réalisant   peu

l`importance d`une patrie comme gage de pérennité de leur situation.

Ils en désiraient  toujours plus,  maintenant et  à n`importe  quel

prix!

 

Observant   qu`une   manifestation   de   rejet   des   francophones

conservateurs se préparait à Ottawa, Jacques constatait une fois de

plus la nécessité  de créer  notre pays  afin de  s`administrer, de

contrôler les informations  nationales  en tant  que majorité  tout

comme les anglophones au Canada.  Les franco‑québécois sacrifiaient

leur nationalisme aux avantages  pécuniaires, honorifiques  et autres

devant vivre en tant que canadien plutôt que québécois.

 

Un étudiant espagnol en stage  de formation linguistique  au Québec

soulignait son attachement  à  sa langue  natale,  le catalan.   Il

évaluait comme meilleures les chances pour  l`avènement d`un Québec

indépendant que celles d`une Catalogne indépendante. Il souligna le

fait que sa langue  maternelle n`en  était pas  une internationale.

 

Jacques avouait qu`il  était plus  facile pour  un non‑espagnol  ou

non‑catalan de considérer le pays dans son ensemble  tout comme les

étrangers face au  Canada  et  au Québec.   Toutefois  en tant  que

québécois, il sympathisait aux  préoccupations nationalistes  de ce

jeune catalan.  Au  Québec  au  sujet du  français  parlé et  écrit

subissait des assauts dans  plusieurs domaines; doublage  de films,

éditions, …   visant  à  assurer  la   suprématie  non  seulement

culturelle mais économique de l`ancienne mère‑patrie.

 

Que   pouvait‑on  attendre   d`Ottawa?   Des   mesures  fédéralistes

sûrement! Une propension naturelle à la centralisation!  L`exercice

du pouvoir par la majorité anglophone! Le contrôle économique, nerf

de la querre en toute matière!   Quel était le réflexe  naturel des

dirigeants   de  l`époque   lorsque  vous   suggériez  des   mesures

québécoises? Ces mesures étaient  souhaitables mais trop coûteuses,

onéreuses! Ottawa  en préconisant  la centralisation  des pouvoirs

économiques au niveau fédéral forçait le Québec à  rentrer dans les

rangs fédéraux ou à s`affirmer en tant que pays.

 

Un autre point de vue important aux yeux de  Jacques s`avérait être

la facilité d`obtention de subventions par certains entrepreneurs à

succès pour un certain temps.  L`expression  « bien‑être social pour

riches » le frappa par  sa pertinence.   Une autre  expression mieux

accréditée était la suivante « Tout le monde commentait des dépenses

inférieures à  un  million  et   peu  de  gens  se  reconnaissaient

l`expertise d`apprécier     des projets de plus grandes envergures.

Fermer une  usine  récente  dont la  construction  avait  nécessité

l`appui substantiel de l`état méritait mûres réflexions.

 

Progressivement, des révélations  relatives aux  antécédents de  M.

Mulroney permirent d`identifier les méthodes employées par celui‑ci

dans les négociations, représentant une de  ses principales forces,

un de ses atouts majeurs  en tant qu`administrateur  et politicien,

disait‑on. Après avoir liquidé harmonieusement l`Iron Ore propriété

américaine, il était  peut‑être  le leader  idéal  pour briser  le

Canada comme répétaient invariablement les fédéralistes convaincus.

Toutefois en liquidant son  ancienne compagnie, il  l`avait réalisé

aux plus grands intérêts de ses patrons et l`on  pouvait croire que

ses nouveaux patrons étaient la majorité anglaise du Canada assistés

de ses amis américains.  Au  sujet des  déboires de M.  B. Lamarre,

Jacques en venait  à croire  qu`ils étaient  non seulement  d`ordre

administratif mais également d`ordre politique car plusieurs de ses

successeurs à  diverses  fonctions qu`il  avait  cumulées,  étaient

clairement reliés sinon identifiés au Parti libéral.

 

A prime abord, dans la défense de la démocratie en Haïti, les alliés

et les américains en particulier semblaient moins pressés d`envahir

ce pays que le  Koweit et l`Irak.   Les enjeux  économiques étaient

 

différents,   croyait‑on.     Toutefois   mieux    valait   disposer

d`informations valables avant de se prononcer et d`entreprendre des

représailles. Les  expériences américaines en ces  matières étaient

considérables et s`avéraient  porteuses de  sérieuses leçons.   Les

déclarations du Père  Aristide favorables  aux supplices  corporels

s`expliquaient possiblement par l`influence de son milieu immédiat.

Même si vous êtes président d`un organisme, son porte‑parole vous ne

pouvez imposez entièrement  vos  vues.   Probablement qu`il  devait

composer avec son  entourage afin  de conserver  son poste.   Quel

dilemme! Appuyer  un président  démocratiquement élu  qui préconise

des sacrifices  humains  au  lieu d`un  président  par  intérim  et

éventuellement un nouveau président élu dans quelles conditions? Le

député local et le PQ approuvaient le Père Aristide et son ancienne

équipe. Ici,  il fallait  viser, seconder  le respect  du processus

démocratique. Jacques repoussait la pensée morbide que les pneus de

Saint‑Amable auraient  pu être  utiles  au  Président d`Haïti.   En

certains pays, la  puissance  économique influençait  le choix  des

chefs ainsi que  l`appui  populaire  de ces  derniers  de part  les

contributions accordées  à  certains  candidats,  par  exemple,  en

mettant à pied les leaders d`opinions défavorables  à leurs thèses.

Tandis que dans d`autres pays aux moeurs plus  violents, tel Haïti,

les perturbations personnelles touchant non seulement l`emploi d`un

individu et de ses proches, son rôle social, sa qualité de vie mais

également               sa              vie,                ultime

châtiment.                                                        

 

La prédominance d`hommes  de loi  dans les  institutions publiques:

Mulroney, Bourassa, … favorisait  peut‑être la tenue  de nombreux

débats, la présentation  de  documents  intéressants, de  multiples

commissions utiles cependant  les  mesures  concrètes en  matières

économiques, notamment aux chapitres de la création  et du maintien

de l`emploi, du  développement  industriel et  technologique et  en

matières politiques se  faisaient  de plus  en  plus pressantes  et

rarissimes.    

 

Un débat interpellant M. Bourassa demandé par M.  Parizeau au sujet

des propositions préliminaires du fédéral avait été organisé plaçant

  1. Bourassa en terrain vague,  flou  où il  excellait.   Certains

disaient que ce dernier était  peu en forme  alors que ce  débat le

favorisa d`après les consultations téléphoniques auprès  du public.

Plusieurs auditeurs déploraient la carence de  nouvelles données et

des séances    d`information   formelles   par    des   formateurs

professionnels étaient  suggérées.    Un  commentateur  imputait  à

l`attitude suffisante de l`ancien professeur connaissant  la faible

appui populaire à ses propos et à sa démarche politique. En dehors,

des   débats   officiels   M.   Bourassa   semblait   aimer   flatter

personnellement les  personnalités  en  cause,  ses  interlocuteurs

politiques faisant ainsi la  promotion de vis‑à‑vis  politiques qui

 

l`accommodaient bien, somme toute! Un opposant feutré, conventionnel

convenait bien à M. Bourassa!

 

Décidément, les  autochtones  servaient   les  intérêts  du  Canada

anglais. Après avoir bloqué l`entente  du lac Meech, ils invitaient

le Premier ministre du Québec à assister à une assemblée regroupant

les premiers ministres des provinces, activités que celui‑ci s`était

refusé des derniers mois.

 

Une animatrice  vedette interviewait  un  auteur  ayant analysé  le

contexte politique québécois et conclu que les francophones québécois

se   dirigeaient   vers   une    fausse   solution   politique,   la

souveraine‑association servie à la sauce péquiste ou libérale alors

que la solution durable s`avérait être à ses yeux l`indépendance du

Québec. Jacques et  de nombreux militants en étaient  venus à cette

conclusion depuis des ans!  Cette  animatrice jouait à  la vedette,

monopolisait le débat tout en sacrifiant les auditeurs d`exposés le

moindrement complets et  en  l`interrompant à  la première  amorce.

Bravo au   « vedettaria »  superficielle!   Les  auditeurs   tout  en

sympathisant avec  l`auteur restaient  sur  leur  appétit étant  plus

intéressé au  sujet qu`à  l`effervescence  du  débat.  Si  l`auteur

méritait d`être invité, il méritait de s`exprimer et d`être entendu

sinon compris!

 

L`armée canadienne semblait faire preuve de maturité et de réalisme

influencé par des représentants  francophones et  anglophones.  Les

francophones avaient su faire valoir  les intérêts du  Québec compte

tenu de cette déclaration de principe.  Un  ancien fonctionnaire de

la défense lui confia que même à Montréal, il  travailla en anglais

seulement. Les  jeunes recrues  francophones étaient  assimilées en

moins de deux ans étant noyées intentionnellement  dans des milieux

anglophones. Ce  n`était que  récemment que les  nouveaux officiers

éprouvaient encore de  la difficulté  à maîtriser  l`anglais étaient

lorsque promus,  lui  disait‑il.   L`arrivée de  René  Lévesque  au

pouvoir avait  contribué  à  son avancement  ainsi  qu`à  celui  de

plusieurs fonctionnaires francophones.  Lui‑même était  retraité et

admettait être plus familier avec l`anglais écrit  que le français.

Jacques avait apprécié la compagnie  de ce gentilhomme et  en avait

profité   pour  étudier   succinctement  sa   vie  de   retraité,  sa

philosophie; être actif, ouvert  aux gens,  …  Toutefois  à cette

réception, Jacques rencontra plusieurs connaissances, personnalités

du milieu de  l`ingénierie  et félicita  un  ingénieur qui  venait

d`obtenir une promotion suite entre autres à de  nombreux efforts à

la promotion  du  fédéralisme.  En  temps  qu`admininistrateur  de

l`OIQ, il considérait  ce geste  comme normal  et rituel.   Jacques

s`était vêtu convenablement sans plus et il se surprit à saluer tant

de gens qui sillonnait les  salles contingües.  Il avait  décidé de

poursuivre une  conversation  intéressante plutôt  que  de  saluer

 

brièvement de  nombreuses  personnes, activité  moins  chaleureuse.

 

Certains québécois  même à  titre  de  professionnels se  sentaient

désemparés dans  le  contexte économique;  domination  des  marchés

québécois par des intervenants internationaux, succès amoindris des

têtes de file québécoises, taux de chômage élevé chez les québécois,

perspicacité des nouveaux arrivants à se positionner  sur le marché

du travail dans des  emplois stables  et établissement  de réseaux

d`influence, décrochage et  indolence politique  des dirigeants  en

matières constitutionnelles (dédoublements, …), dans la définition

de   politiques  économiques,   de  développements   technologiques,

régionales et autres, dans la création d`emplois, dans la réduction

des déficits, en la stabilisation  sinon la réduction des  taxes et

des impôts,  dans le  décloisonnement  planifié  des marchés,  etc.

Malgré,   leurs  compétences   respectives,   ils  étaient   apeurés

d`affronter la gestion des affaires québécoises habitués  à un rôle

d`appui plutôt que  de  direction.  Jacques  croyait fermement  aux

capacités des  québécois  et  éprouvait  des  difficultés  à  faire

partager ce point de vue que les québécois étaient les mieux placés

pour promouvoir leurs intérêts en  tout milieu  et même au  GATT où

d`importantes   mesures  étaient   prises   et   devant  avoir   des

répercussions économiques et sociales considérables particulièrement

au Québec.

 

Par exemple, l`Hydro‑Québec se retrouvait dans un milieu énergétique

compétitif disposant  pourtant  de sources  locales  d`alimentation

électrique: hydraulique, nucléaire, thermique et récemment à partir

du gaz.   Des projets  au  Nouveau‑Brunswick;  turbines à  gaz,  au

Labrador; centrales hydrauliques, et  des turbines à  gaz implantés

par les américains, le tout à des  coûts unitaires (kilowatt‑heure)

projetés compétitifs.   Cette  entreprise d`état  était  soumise  à

moultes contraintes politiques limitant énormément son  maintien et

préférablement sa progression.   Elle était de plus  en plus limitée

comme un  des  moteurs  économiques du  Québec;  ses  entrepreneurs

originaient   de   plus   en   plus  de   l`extérieur   du   Québec.

L`Hydro‑Québec semblait  souffrir  des  conséquences  fâcheuses  du

piètre état  des relations  entre  les  gouvernements québécois  et

canadiens   avec  les   autochtones.    D`autre   part,  la   faible

transparence des activités hyroquébécoises ne contribuaient en rien

à son image. Là encore, l`HQ s`était probablement conformé ou avait

répondu aux attentes  du  gouvernement  québécois.  Maintenant  que

certains problèmes devenaient publics  les politiciens  jouaient au

Ponce Pilate  tenant sous  leur  tutelle  politique les  dirigeants

contraints à l`obéissance ou à une démission.

 

Le programme de  développement technologique  du ministre  Tremblay

constituait essentiellement l`identification  des pôles  actuels ou

des principaux  secteurs  technologiques du  Québec  plutôt  qu`une

 

stratégie. Le  dit programme  ainsi que  celui de  la main‑d`oeuvre

professionnelle et   d`autres  représentaient   une  amorce   à  la

définition de stratégies québécoises.   Toutefois en  l`absence des

pouvoirs constitutionnels   complets,  ces   stratégies  québécoises

étaient fragmentaires, incomplètes, …  tant dans  leur définition

comme telle que dans leur réalisation hypothétique.   Même, un pays

(indépendant) et par tant disposant  de moyens accrus  était soumis

aux contraintes internationales mais  son champs de  manoeuvre s`en

trouvait   agrandi  d`autant.    Par  ailleurs,   l`intégration  des

francophones aux milieux anglophones se poursuivait. Les travaux de

recherches, d`ingénierie, de fabrication et autres réalisés pour le

gouvernement américain notamment  les  forces  armées, les  agences

gouvernementales américaines,  …,  la documentation  devait  être

rédigée en anglais. A un degré légèrement moindre, la documentation

produite pour  le  gouvernement  canadien  l`étaient  également  en

anglais surtout lors qu`il  s`agissait de projets  d`envergure.  Le

contexte économique  et  politique  était  progressivement  préparé

intentionnellement   ou   non   pour   insécuriser   les   québécois

francophones à l`époque  du  futur référendum  possiblement sur  la

souveraineté. Les coupures de transferts fédéraux, les déclarations

antagonisantes des  anglophones  relativement  à  l`affirmation  du

Québec comme société, la multiplication des comités consultatifs, la

mise sur pied de groupes de promotion du fédéralisme à grand frais,

… en sus de la récession profonde  constituaient quelques mesures

préliminaires au référendum.                        

 

Un premier  ministre provincial  de  l`Ouest  dut admettre  que  sa

population régionale craignait le bilinguisme. Le responsable de la

politique canadienne affirma  que  l`objectif  de cette  politique

visait à permettre entre autres aux résidents de l`Ouest de vivre en

anglais ainsi qu`aux anglophones du Québec.  Ce premier ministre ne

faisait que confirmer le caractère   anglophone de sa province et la

volonté de ses concitoyens de vivre  dans un pays anglophone  et il

dénonçait l`aspect superficiel de cette politique nationale établie

d`abord pour  promouvoir les  intérêts  des  anglophones du  Québec.

Seulement, un Québec  indépendant  pouvait négocier  favorablement,

efficacement   certains   accords   de   réciprocité   en   matières

linguistiques et autres. Toutefois, de tels accords ne devaient pas

mettre en péril  la  protection  du français  au  Québec comme  tel

d`autant plus que les politiques canadiennes de bilinguisme avaient

été peu respectées ailleurs qu`au Québec.

 

Jacques fut étonné du grand nombre d`actionnaires qui participèrent

à une assemblée annuelle d`une banque montréalaise.  La présence de

personnalités de   divers  milieux   et  la  qualité   des  buffets

constituaient   des   éléments   d`explication.    L`assemblée   fut

rigoureusement conduite selon  l`ordre du  jour prévu.   Toutes les

propositions, résolutions étaient connues  à l`avance sauf  pour la

 

période de questions laquelle permit de rendre  public une présumée

fraude et  de  mettre  habilement  en  évidence  l`unilinguisme  du

président de  l`entreprise.   Ce   dirigeant  fit  un  réquisitoire

compréhensible et anticipé en faveur du fédéralisme canadien. Cette

banque oeuvrait évidemment au  Québec et au  Canada anglais  et son

siège social était au Québec ce qui la rendait hautement tributaire

des marchés québécois  et  canadiens.  De  plus,  leur expérience  en

territoire américain s`avérait fructueuse!

 

Jacques fut surpris  de  la  considération donnée  à  une offre  de

service effectuée à la Présidente d`un mouvement d`opposition d`une

commission   scolaire   importante.   L`opposition   avait   bloquée

l`embauche d`un  dirigeant  intérimaire   et  Jacques  avait  voulu

soumettre sa candidature à ce moment. Sa surprise originait du fait

que sa candidature  fut porter  à  l`attention du  Président de  la

commission scolaire, Chef  du parti  au  pouvoir.  Le  style de  la

réponse du Président témoignait du climat administratif houleux.  A

cette offre  osée en  milieu  instable,  une réponse  étriquée  fut

obtenue!    

 

Une célébration à  caractère nationaliste  conduisit à  un appui  à

l`Indépendance du Québec, une proposition formelle à cette cause de

la part de  plus  de trois  cent  sympathisants.  Jacques  participa

activement à un atelier  traitant de  monnaie et  de la  dette d`un

Québec indépendant et, probablement, souverain à  un certain degré.

La documentation  et   les  présentations  d`économistes  prenaient

l`utilisation d`une  monnaie  canadienne surtout  en  raison  d`une

période d`instabilité  économique  et de  l`impact  potentiellement

négatif sur  les  résultats  des élections.   Un  fort  pourcentage

d`appui à une monnaie canadienne était préférable  à un pourcentage

moins élevé à une monnaie québécoise, préconisaient‑ils.  Toujours,

le même scénario pré‑électorale!  Jacques souligna  l`importance de

bénéficier de la latitude  optimale dans  les négociations  avec le

Canada anglais et que le contrôle linguistique et culturel supposait

que les pouvoirs économiques  soient aussi  et d`abord  acquis.  La

portion de  la dette  québécoise  avait  été  révisée à  la  hausse

rejoignant presque  les  données   d`un  économiste  anglophone  de

l`université McGill.   On s`alignait  sur les  capacités à  payer du

Québec.   Jacques préférait  des pourcentages  moins élevés  surtout

dans le  cadre  de négociations.   Plusieurs  participants  étaient

présents à leurs  dires pour  apprendre, obtenir  des informations.

Deux économistes présents  avaient changés  d`opinions au  cours des

derniers six mois, se ralliant  au point de  vue de M.  Parizeau de

crainte d`apeurer comme  toujours  l`électorat,  les répondants  au

prochain référendum ou les voteurs à la prochaine élection. Un d`eux

avait écrit M. Parizeau  à titre de futur  principal décideur

québécois! A défaut de présenter aucune conclusion ou une référence

à la monnaie canadienne seulement, Jacques suggéra à contre coeur au

 

moins une monnaie québécoise à long terme et une monnaie canadienne

ou autre au départ selon l`état des négociations. Les spécialistes,

les économistes croyaient se  réserver les sujets  dits techniques;

monnaie, dette, …   Pourtant des  sujets aussi  complexes étaient

débattus publiquement. Ces sujets dits techniques ne pouvaient être

traités séparément ayant une incidence importante sur les politiques

économiques d`un Québec indépendant. Dans l`ensemble, Jacques était

satisfait de la proposition d`ouverture de la rencontre, déclaration

d`indépendance du Québec et il n`éprouvait pas le besoin de se faire

voir et  entendre  au   micro.   Jacques  salua  plusieurs  anciens

militants du  PQ.  Le  PQ  était  très  présent  à  cet  événement!

L`élément féminin n`apprécia pas un  vote minoritaire quant  à leur

implication   égalitaire   dans   la  composition   d`un   assemblée

constuante.   M.  Doris  Lussier  qui s`exprima  sur  ce  sujet  fut

amicalement pris à parti en soirée.  Jacques aurait aimer assister

au banquet  mais préféra  épargner  soixante‑cinq  dollars car  les

revenus familiaux originaient surtout de son épouse. « Au cas où », il

avait quand même apporté  une chemise et  une cravate  qu`il avait

laissé dans sa voiture.  De plus, il comptait lire  cette revue, la

revue publiée par cet organisme à la bibliothèque locale plutôt que

de payer son abonnement.   Ici encore,  son député  s`était inscrit

comme par hasard au même atelier. Il reconnu un ancien président de

compagnies pour qui un confrère avait oeuvré durant quelques années.

Il s`agissait  d`un  vénérant  nationaliste,  pensait‑il.   Jacques

discuta assez longuement avec  un ancien président  de comté  du PQ

dans la jeune trentaine; des congrès à chefferie, des personnalités

péquistes et de leurs antécédents, … Il éprouvait de la réticence

à s`adresser aux présidents de mouvements présents; M. Bouthiller,

… Il se  demandait qui serait les récipiendaires des  deux prix à

saveur nationaliste. Le  dirigeant de la revue à  qui Jacques avait

présenté son  manuscrit était  absent.   Une  journée en  compagnie

d`indépendantistes lui donnait plus  de satisfaction  que plusieurs

mois en milieu souveraineté‑associationniste!

 

Quelques jours  plus  tard,  Jacques releva  que  le  Président  du

Mouvement National des québécois appuyait officiellement l`exemption

d`une nouvelle taxe dans la région près de  la capitale canadienne,

mesure régionale.   On disait  que  déjà  les taxes  sur  l`essence

étaient moins  élevées  qu`ailleurs   au  Québec.   Les  régions  à

proximité des Etats‑Unis subissaient aussi les pressions économiques

résultantes du faible coût de l`essence américaine.

 

Il était  petit  actionnaire   d`une  banque  qui  sollicitait  des

commentaires, il offrit ceux‑ci: « Suite à l`indépendance du Québec,

votre banque devra  s`adapter à  ce nouveau  contexte politique.   A

titre de  citoyen corporatif  québécois,  pourquoi  ne pas  vous  y

adapter dès maintenant!   Des  dirigeants  grassement payés,  entre

autres par les québécois  devraient représenter  les valeurs  de la

 

société québécoise et éviter  de se cramponner  dans un  status quo

reflétant des points de vue dépassés.  Des leaders plus clairvoyants

et moins coupés du citoyen  moyen, défendraient mieux  les intérêts

des actionnaires de la banque. Un club de millionnaires ne constitue

pas nécessairement  un  excellent  conseil  d`administration! »  Les

québécois avaient avantages  à exprimer  leurs opinions   auprès de

ces piliers économiques, ces centres de décision.

 

La   lecture   de   deux  livres   indépendantistes,   l`un   rédigé

professionnellement   à  titre   de  politicologue   constituait  un

plaidoyer en faveur  de l`indépendance  et un  appui au  PQ et  aux

dirigeants et le second plus près de l`histoire politique québécoise

reflétait l`implication personnelle de  l`auteur, permit  à Jacques

d`apprécier les cheminements, les arguments, les positionnements et

la nature  des  appuis respectifs  à  la  cause,  au  PQ et  à  ces

dirigeants. Ces deux indépendantistes  avaient menés un combat sans

trop échopper personnellement, les  deux avaient séjourné  dans la

Capitale nationale et  profité de  des largesses  du fédéral  à un

moment donné de  leur carrière.   Un des  livres était  structuré à

l`exemple de celui de  Jacques; antécédents personnel  et politique

incluant quelques écrits complémentaires déjà publiés  ou non.  Les

québécois y étaient interpellés et invités à s`affirmer comme tels en

se démarquant des agissements louvoyant de M. Bourrassa.

 

Jacques avait  conçu  une  pétition relative  à  l`Indépendance  du

Québec.   Elle se  lisait  ainsi:  »  Nous  soussignés, citoyennes  et

citoyens du  Québec  réclamons   l`Indépendance  du  Québec.   Nous

demandons la tenue  soit d`un  référendum, d`ici  la fin  d`octobre

1992, soit  une  élection  référendaire.   Nous  demandons  que  la

question posée soit la suivante: Je désire le statut d`indépendance

pour le Québec.  oui _____  non  _____ » Ainsi,  les gens  pouvaient

donner leur  appui  à   une  telle  démarche  indépendantiste  sans

référence à  aucun  organisme.   Les  coordonnés  du  Président  de

l`Assemblée Nationale  du  Québec   étaient  données  comme  adresse

d`expédition.   Une autre  pétition appuyant  la souveraineté  était

circulée par le Mouvement Québec, entre autres.

 

Trop de  gens  désiraient,   ressentaient  le  besoin  d`aduler  un

politicien, trop   d`intervenants  politique  collaboraient   à  la

création artificielle d`une  « super star »  politique contribuant  à

fausser le jugement politique,  entre autres,  de la  population et

aussi des  militants   politiques.   L`optimisation  visuelle  d`un

personnage politique et autres était souvent  réalisée au détriment

du respect de la vérité,  du camouflage des faiblesses  humaines et

caractérielles avec  le  concours  intentionnel ou  non  des  médias

réagissant à ces forces sociétales.  Une plus  grande maturité, une

acceptation collective des moyens  et des ressources  limitées d`un

humain aurait conduit à un encadrement plus judicieux de ces agents

 

du pouvoir qu`étaient les politiciens.  Les milieux d`affaires bien

établis dans un  ou  des créneaux  consolidaient constamment  leurs

acquis à tous les plans en scrutant toutes les avenues possibles, en

évaluant la  pertinence   et  la  rentabilité  de   telle  ou  telle

alternative en  manifestant  le  plus  de  réalisme  possible  dans

l`appréciation des  ressources  disponibles   en  rapport  avec  de

nouveaux défis envisagés.   L`estimation  à leur  juste valeur  des

performances et des  résultats antérieurement  obtenus représentait

une assise fondamentale à une telle démarche.  De plus  en plus, de

gens identifiaient et déploraient pour  ne pas dire  décriaient que

des dits spécialistes souvent au langage peu  accessible au public

utilisaient leurs connaissances pour servir d`abord ou exclusivement

leurs intérêts soit professionnels, soit personnels  et asservir la

population. Ces  intervenants sociétaux  au points de  vue officiels

fréquemment divergeants favorisaient la création et le climat flou

et imprécis et le maintien du status quo en  diverses matières dont

celles constitutionnelles. Le  non respect de la réalité  ou du moins

l`absence de  recherche de  données  réalistes  conduisaient à  des

résultats de nature éphémère et de  portée restreinte affaiblissant

globalement notre   société  relativement   à  d`autres   dont  les

dirigeants faisaient preuve de  pragmatisme, de  clairvoyance basée

sur des  éclairages  réalistes   et  recherchés  par  ceux‑ci  leur

facilitant la définition  de projets  de société,  des modalités  de

réalisation et  de l`évaluation  des  projets  définis et  acceptés

collectivement. Ces dernières lignes auraient pu constituer un bref

article lequel  aurait pu  être  intitulé  « Il  y a  politique  et

politique ».

 

             2‑ La société en général

 

Lorsque quelqu`un était actif à son travail, il disposait moins, de

temps pour exploiter ses propres faiblesses, ses fantasmes, pensait

Jacques. Sa mère lui répétait  souvent que l`oisiveté était la mère

de tous les  vices.  Une  personne  appartenant à  une société  qui

permet,   favorise   son  épanouissement   matériel,   intellectuel,

physique, culturel sera moins sujette à se tourner vers la drogue, la

boisson, …  pour oublier  ses  problèmes  et  se détacher  de  la

réalité. Ainsi, la notion de plaisir avait une connotation négative

dans l`oreille   et  l`oeil  de  Jacques.    Une  activité  futile,

secondaire par laquelle on pouvait perdre temps, énergies et argents

sans résultats   tangibles  et   durables.   Il  se   souvenait  de

l`expression « plaisir  de  la   chair »  marquant  une  réprobation.

Pourtant, le plaisir apportait  énormément à  notre qualité  de vie

lorsque l`on en élargissait la définition, la portée.

 

Actif au sein de plusieurs organismes, il se lia  d`amitiés avec un

militant politique pour  discuter surtout  de politique.   Les deux

protagonistes partageaient de nombreux points de  vue nationalistes

 

et ils  discutaient de  stratégies  en  la  matière.  C`est  en  sa

compagnie que Jacques s`impliquera subséquemment dans  un mouvement

humanitaire et  religieux.   Les   deux  familles  apprirent  à  se

connaître lors de nombreux événements sociaux.   La personnalité de

l`épouse de  son copain  lui  semblait  complémentaire à  celle  de

celui‑ci, comme c`était souvent le cas.  Ensuite, il poursuivit son

bénévolat auprès des membres de sa profession d`ingénieur.  

 

La notion de confidentialité de l`information détenue  par un parti

au pouvoir et  par  le fait  même de  l`accès  à l`information  tel

qu`observé   entre   autres   endroits  au   Québec,   l`intriguait.

Privait‑on indûment   la  population   d`informations  importantes?

Favorisait‑on la gestion en vase  clos et les  intérêts spécifiques

d`un parti, des officiers?  A  quoi bon être  élu démocratiquement!

En certains milieux, l`information dite confidentielle générée pour

les dirigeants, était utilisée seulement si ces données confirmaient

leurs approches, leurs intérêts personnels ainsi un usage partiel et

biaisé de ces  renseignements en  résultait.  La  population serait

mieux servit si l`accès à  l`information pour tous  était respecté.

Déjà, l`exigence de l`assimilation de ces  données représentait une

contrainte. Les dirigeants en  fonction maintenaient le Québec dans

l`ornière fédéraliste  en  orientant   les  efforts  des  effectifs

gouvernementaux à leurs avantages personnels et partisans au lieu de

viser, de favoriser l`épanouissement, le développement de la nation

québécoise dans son ensemble. Tant et aussi longtemps que le Québec

ne contrôlait  pas  en   entier  ses  institutions  politiques,  le

sous‑emploi serait  une  caractéristique fondamentale  du  contexte

socio‑économique québécois.

 

Lors du débat conduisant à la signature du  traité du libre‑échange

canado‑américain, plusieurs politiciens et théoriciens à l`abri des

affres de la compétition internationale à  l`assemblée nationale ou

actifs dans  les  secteurs   publics  et  parapublics  favorisèrent

intensément le  libre‑échange,  voie de  l`avenir  particulièrement

lorsqu`un pays contrôlait  d`abord  ses  politiques intérieures  et

extérieures ou  disposait  de  ses propres  outils  politiques  lui

permettant de s`assumer en tant que tel particulièrement en présence

d`un pays aux dimensions gigantestes  à presque tous les  points de

vue comme Jacques l`expliquait à un franco‑américain ouvert à un tel

débat. Plusieurs  sources d`information indiquaient  qu`une entente

officieuse était intervenue lors des négociations  du libre‑échange

conduisant à la parité des monnaies canadienne et américaine afin de

répondre aux exigences américaines.  De plus,  Jacques avait appris

que des  ententes de  réciprocité  avaient  été signées  entre  les

ingénieurs ontariens et  ceux de  certains états  américains tandis

qu`au Québec pourtant si  près, voisin  des états  de New  York, du

Vermont, … n`avait pas encore  établi des liens professionnels et

économiques semblables.

 

Lorsque Jacques  écrivait,  il  donnait,  quelques  fois,  plus  de

précisions sur les sujets qui le  concernaient à ce moment.   Il se

vit refuser en diverses occasions la publication d`articles dans des

journaux de municipalités avoisinantes même     lorsqu`une élection

québécoise approchait. Les dirigeants  des journaux réservant leurs

pages à  des intervenants  locaux.   Cependant,  leur futur  député

devait être quelqu`un de Montréal  actif (candidat défait)  dans un

parti   fédéraliste.    Toutefois,   il  était   reconnaissant   aux

propriétaires de journaux  locaux  qui  ouvraient généreusement  et

gracieusement   leurs  pages   favorisant   ainsi  son   implication

sociétale.   Au  niveau  national  québécois, La  Presse  lui  avait

toujours refusé l`accès à  ces pages et  il avait  publier quelques

articles dans le Journal de Montréal.  Souvent quelqu`un peu connu,

non reconnu comme personnalité  se voyait refuser  divers services,

publications d`articles  et de  communiqués,  droits  de parole  et

d`interventions ce qui, autrement, aurait  pu contribuer à lui créer

une image publique  ou améliorer  sa frète  image.  En  adoptant le

slogan, « Plus on  en parle,  plus  on en  vend et  plus elles  sont

fraîches! », on récrirait   celui‑ci: « Moins on en parle, moins on en

effectue la  promotion  et  moins  ils  sont  populaires,  connus ».

D`autre   part,   de    potentiels   dirigeants,   leaders   étaient

périodiquement recherchés dans  les  domaines  politiques, etc;  la

relève se prépare en tout temps  et en tout milieu!   Quelques fois

sinon souvent, l`esprit de clocher  très prononcé jouait  contre la

« régionalisation ». Sur  la Rive‑Sud, Jacques déplorait  les faibles

infrastructures montérégiennnes en matières économiques et autres et

quelques démarches avaient été amorcées en ce sens.

 

Fréquemment, les médias  publiaient  des textes  insipides et  sans

intérêts de personnalités  désireuses d`assurer  une présence  dans

l`opinion publique, de maintenir une image  vivante, récente auprès

de la  collectivité  alors  que   de  nombreux  et  sérieux  textes

d`illustres inconnus  ou de  personnes  peu  connues n`étaient  pas

publiés, ne contribuant pas au  tirage du journal.   Evidemment que

cette sélection des textes requérait  énormément de jugement  de la

part des membres des  comités éditoriaux  et ils  préféraient baser

leurs décisions   sur  la  notoriété  de   l`expéditeur  du  texte.

Fréquemment, Jacques préférait développer succinctement un  sujet au

lieu de réagir aux éditoriaux comme le suggérait les éditeurs ainsi

ils poursuivaient   le  débat  sur  des   sujets  qu`ils  jugeaient

pertinents et   relevant  à   leurs  yeux;  contrôle   indirect  de

l`information. Si vous étiez peu connu, vos idées devaient plaire à

un groupe influent de la société,  ce dernier devait y  trouver ses

intérêts sinon quelque soit la qualité d`expression, la pertinence,

la justesse   de  vos   propos,  ils  n`étaient   jamais  présentés

publiquement, publiés.  Les  médias contribuaient  à souligner  les

qualités des  fédéralistes  et atténuaient  sinon  cachaient  leurs

faiblesses.   Il   en   était    tout   autrement   des   dangereux

 

indépendantistes dont les moindres faiblesses, défaillances étaient

souvent provoquées et mises  en relief pour  ne pas  mentionner les

menaces qu`ils représentaient pour  l` »establishment » de  la patrie

anglo‑franco canadienne et  québécoise à  majorité anglophone.   Un

éditorialiste opinait qu`il valait mieux défaire des  élus dont les

performances étaient discutables au lieu de scruter le pedigree des

candidats à la députation.  On était  de loin de la  qualité totale

appliquées à toutes  les  étapes  d`un processus  et  à la  rigueur

intellectuelle d`antan.   Jacques lui  souhaitait  un  député à  la

mesure de ses exigences, à la hauteur des expectatives!

 

 

Le   journal   Le   Devoir   lui  apparaissait   perdu   dans   leur

perfectionnisme sinon snobisme littéraire et  journalistique.  Leur

formule semblait les  étouffer,  les couper  et  les dissocier  des

débats sociétaux, du réel, du quotidien!  On pouvait presque parler

d`atrophie intellectuelle non  apparente.   Jugement sévère!   Sans

doute!   Cependant, ces  remarques et  d`autres pouvaient  expliquer

leurs problèmes d`existence et de  survie.  Ce média avait  fait le

succès de plusieurs éditorialistes qui souvent occupaient une place

importante dans  l`opinion  et  la   vie  publiques  suite  à  leur

implication sociale.   Jacques n`avait  pas lu récemment  Le Devoir,

leurs opinions l`avaient éloignées malgré qu`il aimait généralement

connaître des arguments adverses aux siennes  ce qui  quelques fois

lui permettait de mûrir ses propres points de vue et de déceler les

stratégies subjacentes à leurs prises de positions.  Force était de

constater que l`absence de médias souverainistes et indépendantistes

importants ne  contribuerait  en  rien  à  la  promotion  de  cette

idéologie et à  sa  réalisation.  Quelle  nation!   Quel pays!   Il

fallait que le Canada anglais nous rejette et encore ce n`était pas

suffisant! Habitués à  exécuter les ordres, il  aurait fallu qu`ils

réalisent l`indépendance pour nous. Habituellement, l`intelligentsia

s`intéressait et défendait l`autonomie de son groupe ethnique. Ici,

elle a été  conditionnée, façonnée  au  cours des  siècles et  elle

s`accommodait de rétributions et d`honneurs inhérents  aux services

rendus à la défense du status quo et n`ayant en principe qu`une vie

à vivre, ils préféraient la vie près des dirigeants fédéralistes au

pouvoir. De plus, ce journal, comme d`autres, copiait, incluait les

nombreux articles de la Presse canadienne.  On  pouvait se demander

quand   le   Québec   profiterait  d`une   agence   qui   traiterait

l`information dans   une  optique  québécoise,  à   l`avantage  des

québécois.

 

Jacques préférait plaire à moins de  gens et d`une façon  simple et

authentique; ce  qui  signifiait discuter  sincèrement  de  divers

sujets au lieu de faire appel à des clichés  conventionnels, que de

s`attirer superficiellement ou socialement l`attention  de beaucoup

de personnes à  moins de  poursuivre  un objectif  électoral ou  la

 

recherche d`appuis démocratiques dans la  défense des causes  où la

majorité où     la loi du plus grand nombre était significative, se

refusant toutefois   à  certains   compromis  l`éloignant   de  ses

principes.

 

Jacques avait observé que  les européens se  sentaient généralement

qualifiés pour aborder quelques sujets  que se soit tandis  que les

québécois se considéraient moins à l`aise, se refusant de présenter

des généralités ou de  répéter des arguments  dont le  contenu était

plus ou moins  compris, assimilé.   Un éditeur  , en  entrevue, lui

avait apparu arrogant, alors qu`en pratique, il s`avérait peut‑être

courtois.   Il  fallait  dire  qu`il venait  de  recevoir  un  prix.

Phénomène typiquement québécois où les étrangers étaient encouragés

à abuser de notre milieu avec une arrogance qui  rappelait celle de

  1. Trudeau.   Il aurait dû se réclamer plus de l`arrogance  que de

l`excellence! En  définitive, ces  gens écrémaient  adroitement les

marchés québécois en  n`exerçant  qu`une influence  infime au  plan

culturel québécois!

 

Ses nombreuses expériences en tant que professionnel et bénévole lui

firent reconnaître le  bien‑fondé  d`assumer une  fonction la  plus

importante possible dans un organisme.  Il avait cru  à prime abord

que les personnes  agissant ainsi  recherchaient exclusivement  les

honneurs. Expériences à l`appui, Jacques avait subi l`incompétence,

le peu de motivation de trop  nombreux supérieurs pour ne  pas être

convaincu de la valeur et de  la pertinence de ses  approches et de

ses habilités.  L`expérience  additionnelle  et  la contribution  à

l`organisme étaient d`autant plus significatives à  un haut niveau.

En d`autres mots, après avoir oeuvré dans diverses organisations et

quelquefois subi  les affres  de  dirigeants  peu expérimentés,  il

reconnaissait qu`un bénévole  ou un  administrateur expérimenté  se

devait d`accéder au plus haut palier d`une organisation autrement il

devait faire preuve de beaucoup de patience.

 

Lorsque possible, Jacques  préférait acheminer  personnellement ses

envois, ses documents  sans faire  appel aux  offices des  services

postaux.   Ainsi,  il était  assuré  de  la confidentialité  de  ses

missives qui s`en  être  de nature  secrète  s`avéraient de  nature

confidentielle et  ses  documents  parvenaient  plus  rapidement  à

destination.

 

Ce québécois vécu une autre  expérience enrichissante soit  celle de

membre d`un  mouvement catholique  humanitaire  et  de son  conseil

d`administration local à  titre  de secrétaire‑trésorier.   Jacques

avait souvent été impressionné par la justesse et la pertinence des

propos des dirigeants de la communauté catholique  du Québec animée

en sus  par des  principes  chrétiens  de charité,  de  fraternité,

d`unité et  de patriotisme  au  sens  large.   Il pensait  que  nos

 

politiciens avaient  avantage à  s`inspirer  et  à puiser  à  leurs

enseignements. Toujours   avide  de  connaissances,  en   plus  de

s`impliquer   localement,  il   s`intéressa   à  l`organisation   du

mouvement, ses ramifications internationales, à ses objectifs, à ses

moyens d`action,   aux  impacts   sociétaux  québécois   et  offrit

commentaires et  suggestions  en  tant  que  bénévole  quelque  peu

expérimenté à cette époque  de sa  vie.  Sa  suggestion de  ne plus

distribuer au Québec une revue anglophone se matérialisa. Une autre

revue majoritairement  anglophone aurait  pu  l`être  aussi et  les

articles d`ordre international pourraient  être ajoutés à  la revue

strictement québécoise rédigée  en français.   Il questionnait  les

pourcentages des argents alloués à la formation de franco‑québécois

relativement aux argents perçus ici car il n`avait pas eu le loisir

de creuser, d`approfondir ce dossier.  Les présentations écrites et

orales aux congrès  internationaux,  surtout  tenus aux  Etats‑Unis

comme c`était  généralement le  cas  pour  ce type  d`organisation,

pourraient progressivement être présenté par les  autorités civiles

et religieuses en français à l`instar de d`autres groupes ethniques,

pays.   Originaire  d`un  rang,  Jacques n`avait  jamais  agi  comme

servant de messe et il en fit l`apprentissage.  Jacques trouvait en

plus à  la  confession,  le   sacrement  du  pardon,  une  fonction

thérapeutique et il aimait bien les célébrations communautaires. Il

y redécouvrit la pertinence et  la valeur des  lectures religieuses

effectuées publiquement et en privé. Il était heureux d`entendre le

mot « mystère » parce qu`il ne comprenait pas toutes les doctrines et

il essayait d`y voir clair.  Jacques fut  impressionné par quelques

homélies d`un prêtre  africain qui  venait évangéliser  avec raison

notre société qui  s`éloignait  des doctrines  chrétiennes.  Il  le

faisait avec une logique, des exemples, des  arguments reflétant sa

propre culture. Certains paroissiens  discutaient de l`accent de ce

pasteur zaïrois et peu  de commentaires  étaient entendus  quant au

contenu des homélies. Ce pasteur  retourna dans son pays d`origine.

Jacques admirait  leur foi  en  ces  doctrines.  Se  rapprocher  de

l`église, le rapprochait de son enfance, de son  adolescence, de sa

mère très dévote, de la vie de pensionnaire encadré de prêtres, …

Dans une ancienne  église, chaque  fois qu`assis  dans le  coeur et

qu`il levait les  yeux, il  se  trouvait confronter  avec un  globe

terrestre sur lequel le Canada était clairement identifié. Il aurait

préféré y voir le Québec. Au  moment du Carême, Jacques pensait que

ces jeûnes annuels  répondaient non  seulement à  un besoin,  à des

exigences religieuses mais aussi à un besoin physiologique, médical.

Il était, peut‑être, plus aisé de le pratiquer collectivement. Dans

ce mouvement, Jacques eut l`occasion de réfléchir sur  la notion du

péché et  des faiblesses  humaines  des  membres de  la  communauté

colombienne locale. Ces réflexions le conduisirent au cours des mois

suivants à une acceptation accrue de ses propres points faibles.  A

se regarder, l`on  se désole  et à  se comparer,  l`on se  console!

Plusieurs membres de cette  communauté lui inspiraient  beaucoup de

 

respect et  d`admiration.   Dans  les années  1970,  Jacques  avait

constaté que les dogmes catholiques étaient  toujours proclamés, en

ces années, à l`italienne car les papes étaient toujours italiens et

Rome étaient située en Italie ce qui accroissait  les chances qu`un

pape soit italien. La vérité  était ainsi toujours proclamée par un

italien et  il  fut   heureux  d`accueillir  l`élection  d`un  pape

originant d`un autre  pays.  Suzie  avait déjà  été plus  fervente.

Elle se désolait de voir des gens prospérer sans  jamais mettre les

pieds à l`église; réaction  peu théologique mais  humaine.  Jacques

préférait évolué ensemble en tant  que couple, le plus  possible, à

leur rythme.   D`ailleurs, elle lui rappelait  avec justesse qu`elle

avait déjà connu  des moments  où  la situation  était inversée  se

rappelait‑elle avec justesse.   Jacques  l`avait suivi  à un  bazar

local où  ils  furent  accueillis par  de  jeunes  enfants  portant

l`accoutrement de chevalier d`une secte religieuse.   Il constata à

nouveau l`importance des exigences,  des besoins spirituels,  de la

connaissance de l`au‑delà,  de notre  provenance, …   De plus  en

plus, les expériences sexuelles  des religieux  étaient mentionnées

dans les médias à l`instar de celles des civils et Jacques y voyait

une manifestation de  libéralisation sexuelle  et de  presse tout  au

moins en ce domaine.  Personne n`étant parfait,  étant tous humains

perfectibles, il considérait  souhaitable que  ces informations  de

nature sociétale soient connues.

 

Etre membre d`une association ou participer à quelques  unes de ses

activités étaient  une chose!   Etre  actif  au niveau  du  conseil

d`administration en était une autre! En tant que membre du CA, vous

côtoyiez régulièrement les  dirigeants  et  deviez‑vous y  associer

comme membre de l`équipe adhérant à ses valeurs et  à ses méthodes.

Plusieurs   politiciens   et   personnalités  étaient   membres   de

l`association et peu y étaient actifs.

 

Cette tâche bénévole se  révéla une des  plus laborieuses  sinon la

plus laborieuse  assumée.   En  sus des  réunions  mensuelles,  des

documents à préparer, des activités à organiser, il lui fallait être

disponible un soir  par  semaine  au local.   Il  en résultait  une

fraternité plutôt unique. Jacques s`était astreint sérieusement aux

exigences du poste  et  il devait  projeté  publiquement une  image

correspondante à l`envergure du  mouvement local.   Suzie admettait

volontiers qu`il avait été agréable pour les  Laberge de contribuer

et de participer à  presque toutes  les activités  tant religieuses

qu`humanitaires et   sociales  de  cet    organisme.    Les  années

subséquentes, il n`assistait qu`à une ou deux activités étant pris,

occupés     ailleurs.  En termes de temps et d`argents, il se devait

d`être sélectif tout en recherchant de nouveaux défis.

 

Un politicien local louangea les mérites du mouvement communautaire

auquel Jacques   appartenait  depuis  quelques   années.   Certains

 

auraient aimé qu`il  joignit  leurs rangs.   Toutefois, le  statut

marital de ce  politicien ne  lui  permettait pas  d`accéder à  des

postes de  direction et  même  son  admission était  problématique

malgré l`appui de personnalités locales désireuses de reconnaître un

élu parmi eux, croyait Jacques.  Même, si  ce politicien dissertait

sur le bien‑fondé de ce mouvement, il n`en avait  jamais été membre

et il aurait eu tort de s`aliéner quelques groupes que se soient de

son électorat sans raisons majeures, suffisantes.

 

Après avoir émis plusieurs suggestions à des copains qui agissaient

surtout comme conseillers plutôt  que comme dirigeants  dans divers

organismes, Jacques était heureux de voir ses idées se matérialiser

toutefois il déplorait le peu d`avantages qu`il  en récoltait.  Ils

abusaient de sa  nature altruiste,  pensait‑il.  A  procéder ainsi,

leurs sources de  suggestions  se  tariraient rapidement,  d`autant

plus, que la façon dont ses idées étaient mise  en pratique étaient

quelques fois   questionnables.   Pour  profiter  de   vos  efforts

imaginatifs, il fallait les soumettre directement aux     principaux

dirigeants si vous étiez suffisamment motivés sinon les intérêts des

intermédiaires étaient d`abord   servis.  Quoi de  plus humain!  Où

il y a des hommes, il y a de l`hommerie! De plus, si vous siégiez à

un conseil d`administration, dans un premier temps,  les leaders en

position d`autorité,   en  fonction  décelaient   rapidement  votre

puissance intellectuelle,  votre  prestance  et  votre  facilité  à

influencer les autres membres  et ils  s`évertuaient à  contrer les

actions, les influences des nouveaux arrivants. Cependant, au cours

des mois,   ils  appréciaient  progressivement  les   valeurs,  les

contributions de ces derniers.                

 

A communiquer et à  vivre aussi  avec quelques  copains de  niveaux

d`instruction   inférieurs,   il   croyait   agrandir   son   champs

d`influence, se familiariser  à  leurs soucis,  leurs versions  des

choses, leurs moyens d`actions, … Il constatait que leurs actions

étaient très limitées, un pouvoir de réaction plutôt que d`action ou

d`illusion d`action. Il ne pouvait en être autrement!  Mieux valait

qu`ils entretiennent cette illusion du pouvoir pour  le maintien de

la paix sociale.   A jaser avec ses copains occupant  des postes peu

importants, il obtenait fréquemment des suggestions  qu`il évaluait

comme   onéreuses,  peu   rénumératrices,   peu  avantageuses,   peu

valorisantes et il  avait  tendances  à s`éloigner  progressivement

d`eux. Ils énonçaient  des principes qu`ils ne  respectaient pas en

pratique, se permettaient des compromis difficilement acceptables à

ses yeux.   Sans  trop  s`en rendre  compte,  ils  contribuaient  à

rapprocher Jacques de leurs milieux.  Quoi de plus  naturel!  On ne

donne pas ce que l`on ne possède pas! Jacques avait confectionné le

premier agenda de son  conseil et la  publication d`une  annonce du

député péquiste le  laissait songeur  car le  mouvement se  voulait

apolitique toutefois il s`agissait du député élu par les citoyens.

 

Jacques s`expliquait en partie la violence des jeunes  face à leurs

parents par le fait  que les parents  donnaient à  leur progéniture

tout ce qu`ils leur demandaient.   Aussitôt qu`une demande avait été

satisfaite, les jeunes songeaient à autres choses. Il était plaisant

de pouvoir répondre positivement à leurs besoins et  à leurs désirs

cependant il   fallait  également  les  sensibiliser   aux  limites

financières familiales; les faire participer le plus  tôt possible à

la planification  financière,  à   la  préparation  du  budget,  si

nécessaire. On ne saurait hésiter  à leur faire partager les soucis

financiers de la famille.   Cette éducation financière  leur serait

utile plus tard!  De plus, l`influence  de la drogue ne  devait pas

être sous‑estimée dans de telles circonstances, pensait‑il!

 

Jacques croyait comprendre  pourquoi  souvent  l`homme décédait  au

cours de l`année qui suivait la disparition, le décès de son épouse.

Ce départ entraînait un chambardement majeur dans la vie de l`homme

l`absence   d`une  présence   active,   de   nouvelles  tâches   qui

s`ajoutaient; cuisine,  ménage,  liens avec  les  enfants,  l`oubli

progressif et très lent de la partenaire, …

 

Un certain engouement pour les écoles  secondaires privés conduisit

plusieurs jeunes  à  leur  cinquième  année  à  vivre  des  moments

pénibles. La  direction de certaines écoles  désireuse de conserver

les élèves les plus forts afin d`améliorer la moyenne académique de

leurs étudiants aux examens du ministère  de l`Education appréciait

peu des étudiants  dont  les  performances académiques  voisinaient

soixante pour-cent et  certains décidaient  ou étaient  contrains de

poursuivre leurs études dans  le secteur  public après  que l`école

privée eut  bénéficié de  revenus  afférents  au cours  des  quatre

premières années.   Le ministère  de l`Education  releva la  note de

passage   de  cinquante   à  soixante   pour-cent  sans   ajustements

pédagogiques perceptibles ou mesures supplémentaires  d`appui.  Les

intervenants du milieu  s`évertuèrent par  la suite  à trouver  des

solutions au décrochage des jeunes de  niveau secondaire pénalisant

considérablement le  Québec  en  gradués de  niveaux  collégial  et

universitaire.

 

Le haut taux  de chômage  dans plusieurs  secteurs de  grande ville

provenait partiellement des humbles  origines de gens  qui devaient

franchir moultes barrières psychologiques, morales, culturelles, …

Pour chaque  barrière  franchie  des  années  d`avancement  étaient

perdues ainsi que les pertes de rénumérations  afférentes.  Même si

vous disposiez  d`une  formation,  il vous  fallait  connaître  des

employeurs potentiels, des  parents, des  confrères et  des amis  à

l`emploi d`entreprises privées  ou  d`organismes  publics.  Si  vos

parents n`étaient pas instruits, étaient‑ils motivé à vous seconder?

Est‑ce   que le milieu vous offrait des exemples de succès parmi vos

proches?                                  

 

Une expérience simple que Jacques avait vécue illustrait à ses yeux

la vulnérabilité sinon la volatilité des  marchés québécois.  Parmi

les trois types de fournaises offertes dans le cadre des programmes

de subventions de l`Hydro‑Québec  le modèle québécois  était décrié

comme affublés de plusieurs difficultés surtout à la phase initiale

de sa mise en marché.  Même  si un produit était  acceptable, il en

fallait peu pour transformer un  tel projet de développement  en un

insuccès commercial et  par  tant  financier.  Des  recommandations

défavorables   des   installateurs,    des   préposés   au   service

influençaient les  représentants  des ventes  et  conséquemment  se

reflétaient sur les  ventes d`un  produit.  Peut‑être  que d`autres

incentifs   favorisaient  également   la   promotion  des   produits

ontariens. Jacques s`était laissé  influencer par les représentants

malgré ses   préférences  marquées  pour  un   produit  entièrement

québécois encourageant ainsi la  création d`emplois.   Toutefois il

craignait des   problèmes!   De  plus,   apparemment,  l`entreprise

québécoise avait adapté  un procédé  existant qui  était devenu  la

norme sur le marché.   Quelles incongruités!  Le  préjugé favorable

aux produits québécois  ne  prévalait  pas!  L`esprit  nationaliste

était contré  par des  éléments  extérieurs!   Heureusement que  la

fournaise en cause avait été fabriquée au Québec à défaut d`y avoir

été conçue son ingénierie.

 

La médecine québécoise telle  que pratiquée depuis  quelques années

constituait une  valeur  fondamentale  de  la  société  québécoise.

L`accès universel à des  services médicaux représentait  une mesure

égalitaire.   Au  moins dans  ce  domaine,  le principe  de  justice

sociale prévalait encore! Fréquemment, Jacques s`entendait dire que

la seule mesure, manifestation de la justice, ici bas, consistait en

la mort  que  tous  devaient  subir  quelque  soit  notre  héritage

personnel tant  aux  plans  financier  que  social  et  autres,  et

également nos  acquis suite  à  notre  naissance en  ces  domaines.

Jacques était intrigué  par la  variété des  services offerts  à un

patient donné qui  sollicitait divers  services médicaux  auprès de

plusieurs établissements   et  qui  conduisait  à   l`ouverture  de

plusieurs dossiers  et  à  leur maintien  pour  un  certain  temps.

Lorsque l`on lui disait que  le patient était responsable,  le seul

responsable de sa santé physique  et mentale, il en  visualisait la

portée réelle,  à  savoir,  qu`un  dossier  reflétant  l`historique

médical d`un  patient  incluant  la  médication  demeurait  à  être

constitué avec la nouvelle technologie électronique et informatique.

Jacques ne s`illusionnait pas qu`en aux  difficultés, aux obstacles

obstruant cette voie.   La qualité et la rigueur mises  à compiler un

tel dossier devenaient  primordiaux.  Le  contrôle des  médicaments

prescrits et vendus étaient souhaitables d`après Jacques dans le but

de protéger le  patient  et de  suivre  l`utilisation générale  des

médicaments. De  part son expérience,  le libre choix  du praticien

s`imposait toujours malgré le professionnalisme de  la majorité des

 

médecins qu`il avait rencontrés; chacun bénéficiant de connaissances

précises,   de    spécialisations   données,    de    personnalités

particulières,   d`approches   professionnelles   et   personnelles,

d`expériences diverses, …  Combien de cas  médicaux impliquant un

médecin traitant dépassé,  refusant  d`admettre  son impuissance  à

soulager, à soigner un patient qui continuait de souffrir, de gémir

et qu`il   traitait comme malade psycho‑somatique surtout lorsque le

choix de médecin était limité.  Comme  manifestation d`humour noir,

on entendait dire que les  médecins enterraient leurs  erreurs.  Il

serait souhaitable de  les  référer humblement  à  un confrère  qui

aurait   peut‑être    traiter   adéquatement   un    cas   semblable

antérieurement ou qui identifierait le problème médical et poserait

un diagnostic à propos,  adéquat.  En certains  établissements, les

diagnostics étaient établis conjointement ce qui permettait de plus

de partager, de répartir les responsabilités.

 

La   confidentialité  d`un   tel   dossier  devenait   problématique

considérant son impact  possible sur  les activités  d`un individu.

Les professionnels même tenus par le secret professionnel pourraient

éprouver des difficultés à respecter pratiquement  ce secret.  Avec

l`accumulation, la compilation de  moultes dossiers  personnels sur

chaque individu surtout regroupés, triés en fonction,  à partir des

numéros de l`assurance sociale.   Nous nous  dirigeons vers  un tel

dossier central à  moyen ou  à  long terme,  croyait Jacques.   Les

données recueillies pour des  fins de crédit  incluant probablement

des données  d`ordre médical,  ce  facteur  lui apparaissant  comme

incident à ce  sujet.   Du côté  américain,  les résidents  étaient

sollicités constamment  par  des  agences de  compilation  de  tels

dossiers.

 

Aujourd`hui, son copain lui disait que l`on pratiquait une médecine

défensive à partir d`antibiotiques, de tests de laboratoire au lieu

de diagnostics rapides  comme c`était  le cas  pour les  méningites

détectées tôt par les médecins  d`antan car cette maladie  était et

est redoutable.   Jacques avait  vécu  une  situation où  il  avait

présenté son propre diagnostic au médecin qui en avait ri et, suite

à des analyses, il  devait confirmer  ce diagnostic.   Il réalisait

qu`il n`était pas facile  à partir  d`observations d`un  patient de

diagnostiquer une  maladie  et   de  prescrire  la  médicamentation

approprié en peu de temps, de continuité et de suivi. En période de

négociations   salariales,   les   médecins  tout   comme   d`autres

professionnels forçaient l`issue  de  tels  conflits d`autant  plus

efficacement qu`ils pouvaient influer sur les soins médicaux requis

possiblement par des  dirigeants comme  ils le  disaient maintenant

ouvertement. Jacques  avait, depuis toujours, été  frappé par cette

assertion, cette possibilité.

 

Evidemment, les privilégiers  de notre  système de  santé québécois

 

n`étaient pas  uniquement ses  usagers  mais  aussi les  praticiens

dispensant les soins. Les médecins étant bien rénumérés le devaient

à leurs habilités intellectuelles, leurs efforts soutenus à l`étude

et dans  certains  cas   à  leur  encadrement  familial.   Certains

s`inquiétaient à tort ou à raison de la  qualité que dispenseraient

les médecins de demain choisis surtout en fonction de leurs côtes Z,

de leurs dossiers  académiques!   Toutefois  quels autres  critères

appliqués? Que des entrevues soient conduites était une mesure dont

Jacques avait entendu parler.  Les pharmaciens  bénéficiaient aussi

de ce généreux  système  qui faisait  l`envie  des autres  sociétés

particulièrement en Amérique.

 

Un autre sujet délicat à  traiter était le suivant.   Jacques avait

observé que, suite à une chute,  son père avait été  bien traité et

son état de santé  général s`améliorait  considérablement.  Jacques

crut, à tort  ou  à  raison, que  ses  traitements furent  arrêtés,

discontinués après qu`il eut mentionné au médecin  traitant que son

père devait aller en  institution car  sa mère  ne pouvait  plus le

reprendre à   la  maison.   En  agissant   ainsi,  ils  réduisaient

l`achalandage à de tels services.

 

Jacques suivait l`actualité et la démission d`un ministre ontarien,

pour avoir posé habillé dans  une revue spécialisée et  à caractère

sensuelle, le portait croire qu`à la raison officielle s`ajoutait un

motif à  cette  démission.   L`accueil  de  Mario  Lemieux  par  le

président Bush lui avait encore une fois fait réaliser l`absence de

notre pays.  A  titre de  joueur étoile  de l`équipe  américaine et

gagnante de  hockey,  le  Président  ne  connaissait  pas  son  nom

probablement parce qu`il était québécois, pardon canadien.  Ici, de

nouveau, en haut lieu, on parlait  du Canada plutôt que  du Québec.

Une publicité fortuite et très importante!  Au moins, une partie de

l`entrevue fut  tenue en  français  à  la demande  de  journalistes

probablement.   Il ne  fut également  pas surpris  que le  procès du

jeune Chrétien se déroula devant un juge seulement!

 

Au début de  1991, presqu`à  chaque jour,  la photo  du recteur  de

l`UQAM, apparaissait dans  les journaux.   En mars,  Jacques apprit

qu`il venait de s`être fait  accordé un  autre mandat de  cinq ans.

Même pour accéder à  un tel  poste, l`appui  de la  « grosse » presse

n`était pas à  dédaigner.   Il n`avait  pas eu  la  même chance  en

essayant de se faire nommer candidat du Parti Libéral du Québec. Sa

physionomie         correspondait         bien         à         son

nom.                                  

 

Une politicienne indépendantiste recyclée en « écrivaine » était fière

de   ses  téléromans   où  les   couples  s`inter changeaient   leurs

partenaires.   Jacques  l`admirait  comme  animatrice,  politicienne

efficace, écrivaine mais  pas  nécessairement sa  façon moderne  et

 

possiblement dite féministe de  former ou  de défaire  des couples.

Cette attitude l`avait  frappé car  il respectait  beaucoup la  vie

privée des  couples  et   en  admirait  particulièrement  l`élément

stabilité.   A  chacun son  point  de  vue!  Plusieurs  travailleurs

sociaux face à  la  complexité des  relations familiales  donnaient

l`impression à Jacques que la séparation des couples constituait la

solution magique en cette ère de libéralisme à  plusieurs points de

vue.

 

Jacques s`était fait dire qu`à Polytechnique ont était las de parler

de la tuerie du 6 décembre 1990.  Un film présentant, entre autres,

une des victimes de ce drame témoignait de la  vitalité de la gente

féminine et de son affirmation professionnelle. Avec un an de recul

et, par conséquent,  moins d`émotivité,  les images  de ces  femmes

ayant vécues intensément  de  graves situations  permettaient à  la

population de mieux  percevoir  l`importance  de certaines  valeurs

sociétales; respect de la  personne, de  leurs objectifs,  de leurs

efforts, de leur travail, …, rejet de la violence morale, verbale,

physique, …, accueil et acceptation des  éléments minoritaires et

dynamiques au sein  de la  communauté, …  

 

Une évaluation comparative des universités canadiennes  conduisit à

un très faible résultat pour cette université qui  avait réalisé un

programme de publicité agressif  visant à  souligner les  vertus de

leurs enseignements  tout en  présentant  des  gradués qui  avaient

particulièrement bien réussi. Certains disaient à la blague « malgré

leur affiliation  à  cette  université ».  Jacques  croyait  que  la

culture comme telle de cette université était en cause pour y avoir

étudié. Son image extérieure  lui apparaissait un facteur secondaire

à ce moment.   Le dilemme  qualité  et quantité était présent  en ce

milieu comme  en tant  d`autres.   Une  croissance vertigineuse  en

termes du nombre d`étudiants, de programmes  offerts, … supposait

qu`éventuellement une  consolidation  qualitative  serait  reconnue

nécessaire par la direction.

 

Les américains  en télédiffusant  le  procès  d`un membre  du  clan

Kennedy faisaient preuve de rigueur intellectuelle  et morale ainsi

que de transparence.   La gente féminine y jouait  un rôle important;

présumée victime, juge,  avocate, …   Malgré cette  transparence,

David et Goliath s`y affrontaient; les parties  disposant de moyens

différents. L`importance  des médias  et la valeur  commerciale des

informations étaient de nature à encourager la répétition de telles

poursuites.

 

Le débat au sujet du racisme  du Chanoine Groulx l`amusait  un peu.

Comment être   nationaliste  sans  favoriser   prioritairement  les

intérêts du groupe  ethnique auquel    on appartient,  se demandait

Jacques. Les citoyens  de tous les pays le font!   Pourquoi pas les

 

Québécois? Ce genre de débat contribuait à culpabiliser un plus les

Québécois au plus grand  plaisir des  détracteurs de  notre société

québécoise francophone.   En  adaptant  une  pensée  du  philosophe

Rousseau au contexte québécois, on pouvait écrire  que le québécois

était foncièrement  authentique  mais   que  le  système  politique

fédéraliste actuel l`éloignait de ses intérêts propres.

 

Un   forum  relatif   au   développement  du   Québec  fut   annoncé

professionnellement.   Il regroupait  des intervenants  de premières

instances malheureusement  seulement  une  trentaine  de  personnes

assistaient et  furent  témoin  de   ces  échanges  animés  par  un

journaliste. Les  secteurs économiques  du Québec furent  passés en

revue.   Les pâtes  et papiers  étaient en  décrépitude; équipements

désuets, coûts élevés de la production, … Le secteur de l`amiante

avait suivi  le  cycle  traditionnel  sinon  typique  des  produits

québécois; extraction  et  vente   de  matières  premières,  faible

transformation locale,  produits  finis développés  à  l`extérieur,

technologies nouvelles ou de remplacement développées à l`extérieur

du Québec. On pouvait se demander si l`absence d`identité nationale

entière ne contribuait  pas à  cet état  de chose.   L`aluminium et

l`électricité constituaient deux autres secteurs où peu de produits

transformés ou la  valeur  ajoutée  à ces  produits  de base  était

faible.

 

Face au développement durable, la recherche constante de profits de

la part des investisseurs quoique mobilisatrice s`avérait souvent un

handicap dans le domaine de la protection de  l`environnement et le

maintien   de  l`emploi   local.  Le  non   respect  flagrant   de

l`environnement,   la  violation   prononcée  de   l`éthique  social

consistaient à la disparition de produits souvent remplacés par des

substituts tout  aussi  pollueurs,  par exemple,  les  produits  de

remplacement de l`amiante et la nature très  polluante des résidus

de la fabrication du papier  recyclé.  Les ressources  ne devraient

pas être exclusivement consacrées aux projets d`envergure mais aussi

allouées aux  multiples  initiatives  régionales  industrielles  et

commerciales. De  plus, la réglementation  gouvernementale pourrait

protéger constructivement certains secteurs économiques  à l`instar

de l`Allemagne qui adroitement instaure des  mesures favorisant ces

industries, son économie.

 

Plusieurs habitudes dans le monde récréatif étaient fort discutables

et même plus que celles de certains milieux industriels nommément le

plomb des balles laissé dans la nature lors  d`excursion de chasse,

l`impact sur la vie de  quelques animaux de diverses  mesures alors

que la chasse  conduit à  l`extermination de  nombreuses bêtes,  la

réduction des espaces verts au  faîte de nos  plus impressionnantes

montagnes pour  laisser  place  à   des  pistes  de  ski,  …   Le

questionnement des valeurs courantes ou des pratiques habituelles et

 

conventionnelles était souhaitable afin  de découvrir  les avenues,

des solutions plus avantageuses pour notre société, notre économie.

 

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                  IX‑ LA CARRIÈRE COMME TELLE

 

Jacques oeuvrât essentiellement dans des entreprises d`envergure où

la langue du travail  et des  communications était  l`anglais.  Ils

adoraient se familiariser avec les organigrammes, le personnel, les

méthodes   et  les   philosophies   de  gestion,   les  projets   de

développement, les procédés techniques,  … de ces  entreprises en

favorisant les nouvelles technologies, les  procédés administratifs

les plus  récents  et  représentant  le  meilleur  potentiel.   Son

adhésion à la culture de ces entreprises fut partielle; il se refusa

à être assimilé aux  plans  linguistique et  ethnique.  Il  pouvait

supporter ces environnements durant trois ou quatre  ans après quoi

son insatisfaction devenait apparente.

 

Un facteur important qui influença la prise  de plusieurs décisions

relatives à la carrière chez les  Laberge fut le système  de double

emploi de Suzie  et de  Jacques.  Par  exemple, solliciter  pour un

emploi chez Bombardier près  de Québec,  Jacques dut  considérer le

fait que  Suzie  occupait  un  emploi  stable  et  qu`elle  pouvait

difficilement le laisser et suivre Jacques pour  un emploi toujours

incertain dans le secteur privé comme ils l`avaient  appris à leurs

dépends.

 

 

                  1‑ Le travail

 

Une composante importante de  la carrière  de Jacques  pouvait être

présentée de la façon suivante: A travailler souvent dans le domaine

de la gestion, fonction conseil (staff), au lieu d`occuper un poste

d`autorité (line), Jacques  était très  vulnérable.  En  période de

ralentissement des affaires, ces fonctions étaient  les premières à

être éliminées.   En  principe,  ses  fonctions  auraient  dû  être

maintenues afin de solliciter et de  faciliter l`ajout, l`obtention

de d`autres projets  et  produits.  Deux  des multinationales  pour

lesquelles il travailla  virent réduire  leurs effectifs  de moitié

caractérisant l`entreprise privée.  De plus,  de part la  nature de

son travail, souvent affecté à des projets d`envergure, il se voyait

sans occupation lorsque le projet ou les  projets étaient réalisés.

Fréquemment, dans le génie‑conseil,  par exemple, tout  un secteur

d`activités dépendait d`un projet d`envergure tel la participation à

l`ingénierie d`usine d`eau lourde.   Dans les grandes industries, la

production d`une division entière  était tributaire parfois  de la

popularité d`un produit, de la satisfaction des besoins d`un client

important autrement  il  fallait  rationaliser  les  opérations  et

souvent des  emplois  étaient   éliminés  dont  celui  de  Jacques.

Certains confrères pataugeaient et d`autres nageaient  avec plus ou

moins de facilité dans notre  système de libre  entreprise, système

cependant préférable à bien d`autres et quand même perfectible.

 

Suite à la réception d`une offre d`emploi par télégramme, il accepta

un emploi dans une avionnerie,  milieu de travail  anglophone.  Son

emploi lui plut beaucoup; un comité, une équipe de travail révisant

les systèmes  d`information  de  la compagnie  et  son  patron,  un

psychologue industriel de profession, assistant du  président était

dynamique et communicatif.   Ce patron  se souciait  de son  niveau

salarial car un salaire  trop élevé aurait  pu rendre  la recherche

d`un autre  poste  difficile  même à  l`intérieur  de  l`entreprise

particulièrement en  début  de  carrière.   En  milieu  anglophone,

Jacques s`appliqua et maîtrisa la  langue de Shakespeare  parlée et

écrite toutefois il n`était pas particulièrement intéressé à perdre

son accent français.  Sa sensibilité linguistique  (francophobe) et

nationaliste lui nuit  considérablement  car il  adhérait peu  aux

valeurs de  l`entreprise  sauf   sur  les  plans  administratif  et

technique.   Avec  un certain  recul,  cette  situation lui  apparut

clairement comme telle et il se  demanda si le contexte  de travail

évoluerait au  cours  des  prochaines  années  chez  cet  important

employeur.   La  bataille linguistique  se  livrait  sur un  premier

front, ici, et  si elle  était perdue  à Montréal,  elle le  serait

subséquemment et  rapidement  dans  l`ensemble  du  Québec.   Cette

bataille ne pourrait  être gagnée  sans l`engagement  massif de  la

population québécoise car les  francophones, on le  savait, étaient

nettement minoritaires sur le continent américain, écrivait‑il, dans

de nombreux écrits acheminés aux journaux de l`époque.

 

Dans cette multinationale anglophone,  un employé, dont  Jacques se

souvenait, était  un vieux  superviseur  dans  la soixantaine  très

paternaliste et expérimenté.   Il s`intéressait  aux mines  en tant

qu`investissements personnels à risques et chaque jour, il vérifiait

les cotes  souvent  hors  liste   à  la  bourse.   Jacques  prépara

l`enregistrement d`un cours pour superviseur avec lui. En une autre

occasion, un superviseur  bilingue  fut  tellement impressionné  de

signer la page frontispice d`une procédure qu`il dit à Jacques qu`il

en éjaculait. Jacques et lui  avaient travaillé quelques semaines à

la rédaction et à  la révision du  document.  Lors  d`une rencontre

déjà décrite dans quelques écrits, il avait discuté  en présence de

ce superviseur  avec  un   directeur  responsable  de  trois  mille

employés, un américain au  Québec depuis  neuf mois.   Ce directeur

s`adressa à Jacques en  français et ce  superviseur s`enquit  de la

raison de ce geste et il lui répondit simplement que ce n`était pas

pour lui  qu`il  parlait   français.   Jacques  avait  déjà  rédigé

certaines procédures en français pour ce directeur.

 

Une seconde entreprise  montréalaise  de fabrication  d`équipements

électroniques accueillit, en  son sein  anglophone, notre  Jacques,

probablement référé   par  son   dernier  employeur.    Dans  cette

entreprise de calibre international, il y restera  peu longtemps et

la quitta avec au moins  deux autres professionnels  qui décriaient

 

l`anglais comme langue de travail  dans les médias à  l`encontre de

leurs intérêts professionnels à  l`égard d`une telle  entreprise de

haute technologie.   Un haut dirigeant anglophone,  qui avait appris

le français, eut l`amabilité de le saluer à son départ.

 

Que d`énergies   dépensées  improductivement  d`un  point   de  vue

nationaliste québécois francophone, pensait Jacques!  Que de forces

vives neutralisées ou pour le moins mal orientées! Que de carrières

flétries dès la levée  du jour, l`aube  de la  vie professionnelle!

Quelques éléments francophones réussirent à s`intégrer à ces milieux

de travail, soit qu`ils s`intéressaient peu aux questions sociales,

soit qu`ils originaient d`un milieu culturel  bilingue, soit qu`ils

accordaient prépondérance à leur emploi immédiat,  à leur carrière.

Plusieurs de ces  personnes occuperaient  plus tard  des postes  de

commande aux   plus  hauts  échelons  hiérarchiques   et  espérons,

pensait‑il, qu`ils s`intéresseront un peu au devenir du Québec même

s`ils auront été récompensés de leur  adhésion à la culture  de ces

entreprises.

 

Quatre ans de travail  en français  dans une  importante commission

scolaire fut appréciés cependant les effectifs furent réduits et la

priorité fut accordée  aux  plus anciens  employés.   Il fut  nommé

délégué en matière d`équipement de la commission scolaire au Conseil

scolaire de l`Ile  de  Montréal.  Beaucoup  de cadres  d`organismes

publics et privés étaient recrutés  à partir des  membres exécutifs

des syndicats, des associations de professionnels et de cadres. Ces

derniers en venaient à être au fait de la planification stratégique

de l`entreprise pour y être, par la suite, intégrés.   A ce moment,

il connut un copain qui devint un cadre supérieur  dans la fonction

publique de la métropole  ainsi que quelques  autres connaissances.

Il   joignit  un   entrepreneur   important  occupé   à  un   projet

d`infrastructures sportives majeures.  Même si ce  travail, de part

sa nature, fut  de courte  durée, il  assuma rapidement  de lourdes

responsabilités de gestion de personnel et  technique.  Une analyse

de   l`état   d`avancement   des   travaux  lui   fit   conclure   à

l`impossibilité de réaliser au  complet le  mât olympique  avant la

tenue des jeux.   Jacques fut  heureux de  rencontrer un  québécois

d`origine égyptienne qui lui  facilita la  tâche de  la publication

d`un article dans  un  périodique à  caractère professionnel.   Par

contre, Jacques le seconda dans la rédaction de sa thèse de doctorat

en administration scolaire, à titre de consultant, il prit en partie

la relève de  son  directeur de  thèse.  Le  sujet  de cette  thèse

reposait sur les principes de gestion de projets que Jacques avaient

approfondis à partir de  la documentation  des logiciels  d`IBM, de

Control Data, de PSDI, … et  d`autres sources.  Il assista  à une

soirée organisée par des ressortissants du Moyen‑Orient qui fêtaient

leur compatriote  en  présence   des  représentants  politiques  et

religieux du Québec et des dirigeants de leur communauté.

 

Jacques envisagea de partir en affaires avec deux autres ingénieurs

cependant ils réalisèrent rapidement  qu`il était  plus sécuritaire

d`oeuvrer dans une grande entreprise. Ils avaient déjà décrochés un

contrat de gestion de projet  et ils  eurent le temps  de connaître

brièvement la vie d`affaires à trois sociétaires où généralement des

affinités se développent entre deux partenaires en particulier.  Un

de ceux‑là avait vu son père  privé de son fonds  de retraite ayant

été mise à pied avant de pouvoir en bénéficier ce qui le motivait à

accepter un poste dans la fonction parapublic.  Un  jour, un ami,

Normand Thivierge, l`invita à postuler  avec lui un poste  dans une

entreprise de services.  Jacques suggéra  que l`on invita  un autre

confrère de travail, Clément Claveau,  à poser sa  candidature, lui

aussi. On demanda à Jacques  lors de l`entrevue s`il accepterait de

travailler pour  Normand  et  il répondit  négativement  même  s`il

respectait énormément l`intelligence et l`intégrité de son confrère.

Jacques disposait d`une formation supérieure au  niveau du deuxième

cycle universitaire et il  n`avait pas  clairement réalisé  que cet

exercice de recrutement visait surtout à procurer de l`avancement à

Normand au sein de l`organisme où il disposait d`appuis. Ainsi, son

confrère, Clément fut choisi et entra dans la  boite, la compagnie.

Jacques réalisa une fois de plus  que souvent ce n`est  pas tant ce

que tu connais qui est important mais qui tu connais.

 

Un choix professionnel fut  effectué entre un  organisme parapublic

francophone et une entreprise privée sensément  bilingue offrant un

salaire supérieur,  il  opta  pour  cette  dernière,  ayant  oeuvré

précédemment dans une organisation parapublic sans y avoir obtenu

de promotion mais quand même une augmentation salariale acceptable.

Ce ne fut probablement  pas la meilleure  décision de  sa carrière!

Qui sais?  A  ce bureau‑conseil,  des travaux  étaient réalisés  au

Québec et en  français, seulement,  si le  client l`exigeait.   A ce

moment, Jacques  fit  connaissance   avec  l`Office  de  la  langue

française. il  se  plaignit  de la  piètre  qualité  d`un  document

interne, entre  autres.   A   l`emploi  de  ce  bureau‑conseil,  il

rencontra un ingénieur originaire de Baie‑Comeau qui avait poursuivi

ses études de génie  en Nouvelle‑Ecosse  et qui lui  parla de  M B.

Mulroney en termes plutôt élogieux.   Avec un certain recul, Jacques

réalisa qu`il  avait  reçu  des  appuis  insoupçonnés  alors  qu`il

recherchait un  nouveau   défi.   Un  de  ces   voisins  lui  avait

généreusement organisé une entrevue dans une entreprise parapublic

pour   le   poste   de   directeur  et   il   avait   été   accepté.

Malheureusement, crut‑il,   il  aurait  dû  retourner   au  secteur

parapublic où les  salaires augmentèrent  rapidement, profitant  de

cette merveilleuse occasion offerte grâce  à la digilence,  au sens

pratique, à la sympathie et à l`efficacité de  ce cadre.  Peut‑être

que subconciemment  Jacques  considérait comme  trop  facile  cette

opportunité car il avait dû travailler fort constamment.

 

 

Jacques s`était  vu  offrir  un   poste  à  San  Francisco  par  un

groupe‑conseil américain  de  réputation  internationale.   Jacques

avait qu`il s`agissait quand même d`une entreprise familiale ce qui

l`avait surpris pour  une entreprise  de cette  nature, gestion  de

projets qui était depuis très longtemps active  au Québec.  Jacques

ne voulait pas s`éloigner de sa famille et il refusa.

 

Les fluctuations de personnels étaient fréquentes dans ces bureaux,

elles étaient hautement tributaires des marchés obtenus.  Il en fut

ainsi à un bureau‑conseil interne d`une aluminerie, un des fleurons

de l`industrie québécoise.   Heureusement, la  décentralisation des

activités avait accéléré  la  francisation,    l`usage du  français

comme langue de travail ainsi que les législations québécoises en la

matière. Ici, encore, un certain nombre de ceux qui s`identifiaient

à la culture anglophone et parfois bilingue,  furent récompensés et

promus afin de perpétuer ce système le plus longtemps possible. Dix

ans plus tard, il ne fut pas surpris d`apprendre qu`au cours des dix

dernières années un sondage confirmait ses appréhensions, de faibles

progrès accomplis en matière  de francisation;  un pour-cent  en dix

ans. Les programmes étaient appliqués avec tant de laxisme que s`en

était dérisoire.   Il refit connaissance avec  un copain anglophone,

typiquement « scotchish », qu`il  avait  rencontré  chez son  premier

employeur.   Ce  copain,   fort  socialement,   lui  facilita   son

intégration.   Jacques appréciait  beaucoup  son  humour, son  franc

parler, ses appuis indirects efficaces, sa chaude camaraderie et il

se sentait relativement en confiance.

 

Une courte alte à son  travail lui  fut imposée après  que quelques

malaises l`eurent conduit à une opération  afin d`extraire quelques

pierres au rein gauche. Subséquemment,  il fut informer des progrès

médicaux pour ne  pas  dire technologiques  en  cette matière;  les

pierres pouvaient  être  pulvérisées  par des  ondes  de  chocs  et

éliminées par voies naturelles.  Son spécialiste,  néphrologue, lui

avoua après quelques années qu`il pouvait sentir la pierre dans son

rein alors qu`antérieurement il plaisantait lorsque Jacques faisait

quelques allusions à ce sujet.   De plus, le  spécialiste mentionna

que   ces  problèmes   de  santé   originaient  d`une   « trop  bonne

alimentation ». Un  des buts  du suivi  annuel consistait  à motiver

Jacques à  boire  de  l`eau  en bonne  quantité  et  à  réduire  sa

consommation d`aliments à forte teneur de calcium.  Une des trompes

d`Eustache de l`oreille de Jacques s`était fermée temporairement et

un   orthorhinologiste  lui   perfora  le   tympan  sans   l`avertir

formellement même si Jacques avait  signé une autorisation  pour un

traitement.   Le   spécialiste   lui  sourit   ironiquement   sinon

sarcastiquement lorsque Jacques lui demanda si son tympan avait été

perforé.   Jacques dut  changer de  spécialiste même  si ce  premier

spécialiste   âgé  consulté   pouvait  être   compétent.   Craignant

l`infection, il se débloquait la  trompe d`Eustache chaque  jour en

 

soufflant de l`air  afin de  ventiler l`arrière  du tympan.   Il ne

considérait pas ces situations médicalement problématiques car elles

ne représentaient  en  aucun  cas   un  handicap  à  ses  activités

personnelles et  professionnelles.   Afin  de  rassurer  un  ancien

employeur, un spécialiste,  un orthorhinologiste  avait aimablement

écrit que Jacques ne deviendrait jamais sourd.

 

Au plan  professionnel,  Jacques  ne  pensait pas  à  ce  moment  à

l`enseignement universitaire cependant une université lui suggéra de

préparer un cours de français scientifique et  technique.  Ce qu`il

fit quelques semestres durant et il enseigna aussi l`administration

de projets, sa spécialité. Il apprit également en préparant surtout

ces cours de  français  comme le  veut l`adage  à  savoir que  l`on

apprend aussi en  enseignant.  En  raison de  la pauvre  qualité du

français des étudiants  en sciences,  surtout de  certains nouveaux

arrivants et moins ceux en français comme tel, Jacques dû présenter

un rappel des rudiments de  la langue.   A titre de  consultant, il

travailla aussi aux études des projets de la Baie  James, phase II,

afin de  définir  le  contenu   des  marchés  ou  contrats  à  être

éventuellement octroyés. Il commença quelques cours prérequis à son

admission au  doctorat  conjoint   en  administration  après  avoir

enseigné à cette université et il eut plus tard à choisir entre ses

cours et un poste dans  sa spécialité;  il choisit le  travail.  Il

conserva l`impression qu`il aurait pu être accepté à ce moment et on

lui avait proposé  quelques  charges  de cours  ce  qui lui  aurait

procuré un revenu d`appoint.  Cependant, lors de  sa rencontre avec

le directeur du programme du doctorat, celui‑ci avait souligner avec

emphase ses  antécédents  au  sein   du  Parti  Libéral  du  Québec

contrairement à ceux de Jacques au Parti Québécois.

 

Une autre fois, il retourna pratiquer ses professions d`ingénieur et

d`administrateur, dans le secteur privé anglophone et  de plus dans

le domaine des télécommunications  où des  fonctions de  gestion de

projets l`attendaient           à nouveau ainsi qu`une rénumération

raisonnable.   Il  avait   été  interviewé   à  quelques   reprises

individuellement par son  patron  immédiat et  son directeur.   Son

grand patron était de  race noire et  il le  seconda courageusement

jusqu`à sa mutation et éventuellement  son départ de  la compagnie.

Là, encore, il y demeura quatre ans et  bénéficia d`une progression

salariale toutefois il ne fut  jamais promu.  Il sortit  fatigué de

ses routines hebdo maires (fait  exceptionnel) de  mises à  jour des

échéanciers et des prévisions budgétaires de projets;  il avait mal

au cou et au  dos suite  à de  nombreuses heures  de travail  à son

ordinateur et ce n`est que quelques mois plus tard et à l`aide de la

technique Nadeau qu`il se départit de ces malaises. Quelques années

après, il apprit par les journaux le décès du maître d`oeuvre, l`âme

de ce groupe de  télécommunications dont les  membres appartenaient

presque tous à la même promotion d`une université anglophone et ils

 

n`auraient pu que  très difficilement  travailler en  français même

s`ils l`auraient voulu, souhaité.   Jacques était accepté dans cette

équipe comme potentiel successeur d`un gérant qui tardait à prendre

sa retraite, dans  trois ans,  disait‑on, à  celui‑ci et  en autant

qu`il veule  bien  jouer  ce  rôle  spécifique.   Antérieurement  à

Jacques, plusieurs personnes avaient  déjà agi  comme adjoint  à ce

gérant avant de  laisser  l`entreprise, c`est  pourquoi Jacques  ne

s`était pas fait d`illusions.  Ce patron fut surpris  et il ironisa

du fait que Jacques admit humblement qu`il avait appris au cours de

ces quatre années au service de cet employeur notamment au sujet de

l`organisation, des  produits,  etc.  Il  aurait  davantage  appris

possiblement s`il  avait  été  promu à  un  poste  plus  important.

Toutefois, Jacques avait bénéficié d`appuis importants et efficaces

à certains égards durant son séjour chez cet employeur.

 

Lorsque   confortablement,   douillettement    installé   dans   une

entreprise, un poste, on était peu motivé à aider quelqu`un d`autre

et il était aussi vrai de dire qu`il n`était pas facile de le faire

à certains niveaux hiérarchiques  dans l`organisation.   Jacques se

souvenait de quelqu`un qui l`appelait périodiquement  au sujet d`un

emploi. Il semblait  avoir un profil de carrière  susceptible de se

qualifier pour un poste semblable à celui de Jacques.  En l`absence

de promotion  assurée, Jacques  ne  pouvait  prendre le  risque  de

seconder cet individu auprès de son employeur.  Il en était de même

d`un bureau‑conseil anxieux d`offrir leurs services  et de suggérer

l`usage de leur logiciel modifié, adapté localement.  Jacques avait

adopté un autre logiciel.                              

 

A cette époque, un copain  lui disait que  les deux  frères Johnson

s`étaient rendus chez  son  employeur.  Un  avec  un petit  marché,

semblait‑il,   à titre de ministre dans le gouvernement et l`autre à

titre   de  Chef   de   l`opposition.    Quelle  équipe   politique!

L`entreprise se  devait de  maintenir  des  liens avec  les  divers

milieux dont les  milieux politiques!   Un militant  péquiste était

surpris que les  vice‑présidents se  permettent de  tels commerces.

Jacques voyait d`un  bon  oeil  de tels  liens  d`affaires et  d`un

mauvais oeil, si ces échanges se concluaient  par des contributions

significatives et   multiples  aux   politiciens  et aux  parties

politiques indirectement  de  la  part  de  corporations.   Jacques

préférait les ingérences politiques québécoises à celles fédérales.

De plus, un  gestionnaire  appuyé par  ces  deux politiciens  était

potentiellement favorisé.

 

Afin d`obtenir   un  poste   donné,  il  fallait   presque  assumer

officieusement ces   tâches  avec   une  certaine   connivence  des

supérieurs avant  d`être  officiellement confirmé  dans  un  poste.

D`une façon tacite,  les  supérieurs et  l`entourage évaluaient  la

situation, les réactions et si personne s`objectaient vertement, le

 

prétendant était nommé  au dit  poste.  Si  vous acceptiez  que les

anglophones   même  bilingues   continuaient,  poursuivaient leurs

carrières en anglais,  ils  vous favorisaient  comme prétendant  au

poste contemplé, ils vous incitaient même à procéder s`étant assurer

que leurs méthodes,  leurs  approches ne  seraient pas   modifiées,

surtout, s`il  s`agissait  de   méthodes  manuelles  utilisées  par

quelqu`un à quelques années de sa retraite. Si vous étiez chanceux,

vous pouviez   être  seconder  par  un   copain,  une  connaissance

partageant des méthodes, des  approches, des  principes similaires.

Votre promotion, par  exemple, ne  devait pas  prêter ombrage  à sa

propre image personnelle et sociale. Au contraire, elle devait être

perçue par ce supporteur comme  une potentielle amélioration  à son

environnement immédiat et susceptible de lui bénéficier à court ou à

long terme.

 

En attendant de  poursuivre ses  études en  administration, Jacques

compléta ses études élémentaires en espagnol au  Pavillon Groulx de

l`Université de Montréal.   Il  s`agissait d`un  cours intensif  en

études hispaniques et il obtint une note supérieure à la moyenne de

sa classe composée surtout de jeunes étudiantes et animée par une

professeure originaire d`Uruguay.

 

Cinq   ans  après  avoir  abandonner   les  cours  prérequis  à  son

inscription au doctorat, il reprit ces études et il devait compléter

les deux cours  prérequis  à son  admission  au programme  conjoint

montréalais (quatre universités) de doctorat avec une moyenne de B.

Un de ses travaux concernait le traité de libre‑échange qu`il traita

honnêtement en évaluant les avantages  et les inconvénients  en une

période   de    polarisation.    Toutefois,   il   fut    déçu   par

l`administration des examens; entre  autres anomalies  presque tous

les étudiants  sortirent de  la  salle  d`examen sans  surveillance

durant un examen théorique en l`absence du droit aux notes. Il s`en

plaignit au professeur et au ministre québécois concerné après qu`il

eut été   refusé  au  doctorat  pour   raison  de  contingentement.

L`adjoint au directeur du  département avait prévenu  Jacques qu`il

devrait être suivi  étroitement.   Il pensait  que  s`il avait  été

accepté au doctorat, il aurait peut‑être pu changé cet état de chose

alors qu`étant  refusé, il  se  devait  moralement de  signaler  ou

souligner cette  situation  à  qui  de droit.   Face  à  de  telles

méthodes, il se voyait mal poursuivre ses études dans  un milieu où

la loi de la majorité, de la meute, prévalait sur de sains procédés

auxquels il avait  toujours été  soumis  dans la  poursuite de  ses

études tant collégiales qu`universitaires  ainsi de dans  sa propre

administration d`examens à l`université, cette même université!  Un

professeur lui  fit   remarquer  que  la  formation   à  ce  niveau

correspondait à la programmation de l`individu et il ne croyait pas

que Jacques en souffrirait réellement.  Il  comprit qu`en l`absence

de programmation  conventionnelle  à forte  saveur  fédéraliste  de

 

troisième cycle, il  arriverait  quand même  à  des solutions,  des

réponses originales et, souvent, judicieuses constituant, peut‑être

d`importantes contributions dans son  milieu.  Il  s`agissait d`une

programmation,   entre    autres,    aux    valeurs    fédéralistes

conventionnelles qui encourage  la propagation,  la perpétuation  du

système actuel   et  qui   nuit,  empêche  le   renouvellement,  le

ressourcement et la créativité authentiques. De plus, ce professeur

disait que  les  journalistes  financiers et  de  d`autres  sphères

d`activités des grands journaux et périodiques étaient généralement

d`anciens décrocheurs de Polytechnique, des Sciences  Sociales, des

Hautes Etudes Commerciales, …  et qu`ils effectuaient  un travail

terriblement pauvre  en ces  matières.   Jacques  réalisait que  le

travail de journaliste était exigeant  et qu`ils devaient  subir de

nombreuses contraintes  les  empêchant   de  présenter  leurs  vues

intégrales des événements  devant  composer avec  les intérêts  des

propriétaires   de  journaux   et  des   dirigeants  politiques   et

économiques. Il observa qu`un cadre supérieur d`entreprise, docteur

en administration, même  bien « programmé »,  eut des  déboires comme

gestionnaire et il fut récupérer  par le  fédéral en raison  de ses

contacts et de sa diplômation.

 

Jacques avait soumis  sa candidature  à titre  d`ingénieur dans  la

fonction publique. On l`inscrivit à  un concours pour un poste dans

la région de Québec comme telle et à un salaire nettement inférieur

à celui de son dernier emploi.   Il lui aurait fallu  défrayer les

coûts d`une troisième  résidence,  être éloigné  de  sa famille  la

semaine durant, démissionner de son poste d`administrateur à l`Ordre

des ingénieurs du  Québec, épauler  de  loin son  grand garçon  qui

nécessitait, semble‑t‑il, encore ses deux parents, …  Pour toutes

ces raisons, il recula au stade de l`examen  d`élimination basé sur

les capacités   d`analyse,  de  synthèse,  de   notions  générales

pertinentes à la gestion de projet et à la  rédaction de documents.

Etant peu  intéressé au  poste,  Jacques  ne voyait  pas  l`intérêt

d`essuyer possiblement un échec inutilement.  Les  aspects positifs

de ce poste étaient quand même pas négligeables; emploi sécuritaire,

secteur d`activités connues, … S`agit‑il d`une bonne décision?

Jacques avait déjà regretté de ne pas avoir accepté  un emploi dans

la fonction parapublic!  Avec un  tel salaire, Suzie  n`aurait pu

prendre une année  sabbatique car  ce salaire  ne permettait  pas de

maintenir le même  niveau  de vie  familial.   Joindre la  fonction

publique correspondait pour  Jacques  à se  bâillonner,  à ne  plus

publier ses opinions, à ne  pas publier son essai.   En définitive,

notre société était très peu libérale, pensait Jacques.  Un employé

d`une société d`état ayant  révélé publiquement  des renseignements

privilégiés en savait quelque chose,  en avait fait  l`expérience à

ses frais!   C`est ainsi que  le nouveau  président de la  Caisse de

placement et de dépôt du  Québec soulignait que son  prédécesseur à

titre de retraité  se  permettait de   s`affirmer souverainiste  et

 

quant à lui il était trop jeune, trop actif professionnellement pour

se prononcer. Il voulait profiter au maximum du système actuel!

 

Un de  ses supporteurs  ou  alliés  politiques sans  emploi  depuis

quelques mois l`avait encouragé à accepter ce poste à Québec afin de

poursuivre sa carrière ou d`effectuer un nouveau  départ.  Ce geste

signifiait pour Jacques la fin ou la modification de liens amicaux,

politiques et  d`affaires.   Jacques  ne possédant  pas  les  mêmes

valeurs, les  mêmes  intérêts  que  son  copain  ou  à  des  degrés

différents n`avait pu  s`associer à  sa démarche  politique ce  qui

avait, à plusieurs points de vue, freiné sa carrière  et grever ses

revenus durant plusieurs années tandis qu`il avait  quand même tiré

avantages de  certaines  expériences.  Ses  exigences  en  matières

politiques l`avait conduit  à refuser  une participation  active au

sein de son parti politique jugeant le prix des compromissions trop

lourd. Son  copain s`évertuait  par tous les  moyens à  lui prouver

qu`il avait  tort  tant  au plan  personnel,  carrière  qu`au  plan

politique car il s`agissait du  moindre mal, la meilleure  des deux

options. Pourtant,  la politique  était quelques fois  définie comme

l`art du possible et Jacques comprenait les  positions de plusieurs

militants qui se satisfaisaient de mesures  souverainistes à divers

degrés et comblaient de ce fait certains de leurs besoins dont celui

d`obéir à un leader fort pour dire le moins. Un grand leader!  Oui,

mais suffisamment  grand  pour  se  tenir  debout!   Son  refus  de

s`engager politiquement, à  ce moment,  le conduirait  probablement,

comme à l`accoutumée, dans un milieu de travail où les préoccupations

indépendantistes   seraient  encore   plus  lointaines,   la  grande

entreprise. Ainsi, Jacques se doutait qu`il retournerait travailler

en milieu anglophone ou pour le moins bilingue car trop de dirigeants

étaient à genoux devant les  anglophones, les fédéralistes  et parmi

eux on retrouvait beaucoup de politiciens, nos décideurs nationaux,

nos élites! Quelle victoire!   Quel soulagement!  Les éléments, les

plus indépendantistes étaient ainsi neutralisés, bâillonnés  et les

tractations fédéro‑souverainistes se  poursuivaient  au plus  grand

plaisir de nos dirigeants.

 

Jacques se tenait au courant  des actualités dans  divers domaines.

Il recevait régulièrement des  publications de nature  générale: La

presse, La Relève,  La Seigneurie,  El Correo,  le Sommet,  …, de

nature nationaliste: L`Action  Nationale,  L`Autr`journal, …,  de

nature professionnelle: Le  Plan,  Le  Plan régional,  L`Ingénieur,

Engineering Digest,  la  revue  des  diplômés  de  l`Université  de

Montréal, la revue  « Birmingham Magazine »,  Direction informatique,

Action informatique,  …,  à caractère  religieux:  Le  Colombien,

Columbia, Le Fureteur, …

 

A un moment ou à un autre, Jacques avait communiqué  par écrit avec

Messieurs Fernand Daoust, Jacques Hébert, Jean‑Paul Desbiens, Alain

 

Stanké, Louis Dumais,  Robert Jim  Stanley, Marcel  De Cotret,  Guy

Joron, Felipe Nunez, …  surtout pour exprimer  des points  de vue

relatifs aux milieux de  travail ainsi  qu`à la  société québécoise

dans son ensemble et à titre de correspondance personnelle.

 

Sur la Rive‑Sud à Saint‑Bruno  de Montarville plus  précisément, il

semblait que plus de dirigeants  originaient de cette ville  que de

partout ailleurs en  Montérégie compte  tenu de  sa population,  un

milieu très  propice  à  l`éclosion  de  prospères  carrières,  une

pépinière des plus  fertiles,  un  milieu décisionnel,  l`Outremont

sinon le Westmount de la Montérégie suivi de près par Saint‑Lambert,

croyait Jacques.   Peut‑être  que l`association  des  propriétaires

constituait un  outil  de  concertation efficace  dont  Jacques  ne

connaissait pas  l`existence  dans sa  municipalité.   Les  emplois

disponibles en  banlieue  étaient souvent  d`importance  moyenne  et

avaient peu convenus à Jacques.   A Varennes, le noyau de dirigeants

municipaux et peut‑être des associations d`affaires  semblaient peu

efficaces dans   l`entraide  professionnelle  relativement   à  une

municipalité comme  celle  de  St‑Bruno.   Less  professionnels  ne

semblaient pas bénéficier  de  réseaux  officiels ou/et  officieux,

peut‑être, en raison du faible nombre de professionnels occupant des

postes d`importance.

 

                  2‑ Les considérations afférentes

 

Plusieurs québécois venus à Montréal de d`autres régions du Québec,

souvent, se sentaient  moins  bien accepté  que  les immigrants  de

d`autres pays et  même  après  des dizaines  années  à Montréal  et

fréquemment suite à une formation montréalaise.  A titre d`exemple,

Jacques avait vécu vingt ans dans le Bas‑du‑Fleuve, vingt‑neuf ans à

Montréal et  un  an  en  Europe  entrecouper  de  brefs  séjours  à

l`étranger. Des amis immigrants  l`avaient souvent intégrés à leurs

réseaux relativement bien organisés et efficaces.

 

Jacques avait observé qu`en périodes difficiles, il se tournait vers

ses proches,   ses  semblables  afin  de   reprendre  son  souffle,

d`apporter   sa   contribution    aux   associations   locales   et

professionnelles avant  de  poursuivre ses  activités  en  d`autres

milieux et de diversifier ses expériences tant professionnelles que

personnelles.

 

Si vous étiez un militant peu ou pas actif  de l`indépendance et de

la souveraineté, disposant  peu de  temps  pour se  faire car  vous

occupiez un poste  accaparant  et étiez  suffisamment flexible,  il

était préférable dans une  optique fédéraliste  que nous  jouiez ce

rôle plutôt   que  d`être   actif  dans   un  parti   politique  et

éventuellement à l`Assemblée Nationale.  Cependant, il  fallait que

le cadre  se  limite  à  la dimension  plutôt  personnelle  de  ses

 

convictions et son développement était favorisé par un milieu de

travail majoritairement francophone comme devrait l`être le monde du

travail québécois. Ainsi, ces quelques cadres favorisés par le sort

se développaient, se réalisaient harmonieusement.  Jacques espérait

que l`indépendance favoriserait un plus grand nombre de ces succès

personnels. Pour ces cadres, il s`agissait déjà d`un apport minimal

intéressant toutefois on  était  loin  d`une implication  sociétale

entière. Une connaissance, un professionnel avait rencontré M. René

Lévesque relativement à ses projets de carrière et  il avait conclu

que ses chances     d`avancement seraient très faibles et il s`était

orienté du coté  fédéraliste  où il  devint  président d`un  groupe

pan‑canadien.

 

Son épouse l`incitait à identifier les  raisons justifiant quelques

changements d`emploi   ou  l`absence  de  promotions   même  si  sa

progression   salariale avait    été   satisfaisante.    Le   plus

objectivement possible, il considérait les raisons suivantes: faible

ou peu d`adhérence à la culture de l`entreprise (langue de travail,

politiques d`investissement, par  exemple, hors  Québec, politiques

d`achat non préférentielles au Québec, politiques de recrutement, de

promotion, …), faible enracinement montréalais, origines modestes,

principes   moraux   et   éthique  professionnelle,   appui   à   la

francisation, …   Notons,  ici,   qu`une  des  motivations  à  la

poursuite de ses études fut  la conviction que ses  propos seraient

plus crédibles s`il bénéficiait d`une formation universitaire.  A ce

moment là, dans un de ses nombreux articles, il  soulignait le sort

fait par la société québécoise; perte d`emplois, anonymat, … à un

des premiers indépendantistes avoués:  Marcel Chaput alors  que les

leaders, les  dirigeants voyant  à  leurs  intérêts personnels  et

favorisant les  politiques  fédérales étaient  allègrement  promus,

souvent, à partir des officines gouvernementales.   Il se demandait

quel était  le  prix  de   ses  convictions  en  pertes  salariales

significatives détrimentales à sa famille dans son ensemble?

 

Quelques fois Jacques vivait dans  un climat de  suspicion engendré

par son inactivité professionnelle  temporaire et  l`inquisition de

Suzie en personne intelligente et dynamique  répondant aux stimulus

sociaux et à sa  soif de  connaissances, de  savoir pourquoi  il en

était ainsi. Ce climat plaçait  Jacques dans une position défensive

et d`insécurité accrue ce qui contrastait avec le  climat serein et

positif sinon de confiance souhaitable à  l`affirmation personnelle

et professionnelle surtout au cours d`entrevues. En ces périodes de

déboires professionnels ou d`affaires, il fallait comprendre que les

effusions et l`effervescence amoureuses pouvaient être altérées chez

les Laberge.  Suzie  faisait  preuve énormément  de  sérieux et  de

maturité compte tenu de ces circonstances adverses. Ils  essayaient

de défendre, maintenir les acquis familiaux afin de ne pas ajouter à

la problématique du moment. Cela représentait tout un défi!

 

Jacques avait souvent demandé à Suzie d`éviter d`intervenir dans sa

vie professionnelle car il était très difficile d`aider   quelqu`un,

même un conjoint. Ils évoluaient  dans des milieux bien différents.

Une épouse, un  ami  pouvait nuire  plus  qu`aider en  s`impliquant

directement. Il s`agissait  probablement d`un opération valorisante

et, souvent, nuisible  sinon  responsable de  délais inutiles.   Le

temps de réaliser que la nature des débats, plusieurs semaines, mois

étaient écoulés sans contributions significatives. Dans sa famille,

on était pas ou  n`avait pas  dû intervenir  dans ses  affaires, on

l`écoutait, l`encourageait, lui présentait des suggestions, dans un

climat constructif réalisant  que la  vie représente  un défi  pour

chacun d`entre nous.   Et que, la perception de son    avenir et les

modalités de son épanouissement, lui appartenaient.

 

Jacques laissait le plus de latitude  possible à Suzie afin  de lui

permettre de réagir aux  situations quelques fois  désagréables, de

vivre ses émotions  naturellement, d`exprimer  son désarroi  et son

agressivité souvent justifiés par les variances constatées entre les

objectifs et la réalité. Il  lui semblait préférable « de laisser le

roseau fléchir plutôt que de le maintenir rigide de crainte qu`il se

casse ».

 

Lors d`une  entrevue,  il  devait  réaliser  et  souligner  que  sa

principale réussite professionnelle et personnelle consistait, entre

autres,   à  avoir   maîtriser  la   gestion  de   projets  réalisée

manuellement et   à  l`aide  de  logiciels   simples  et,  surtout,

sophistiqués   que   moins   de  dix   professionnels   de   calibre

international pouvait efficacement utilisés. Jacques en poursuivant

jeune ses études complémentaires en administration avait acquis tout

au cours   de  ces  expériences   de  travail  non   seulement  une

connaissance spécialisée  de  fonctions   données  mais  aussi  une

connaissance générale de la gestion, culture des entreprises privées

et des organismes parapublics.   Au cours de  la même  entrevue, le

futur patron lui posa  quelques questions quant  à sa  propension à

livrer par écrit ses remarques  et ses observations  relativement à

son milieu de travail, culturel, politique, … ainsi que le nombre

d`heures   allouées   au   service   de  sa   profession   en   tant

qu`administrateur élu.    Heureusement  que  Jacques   se  limitait

généralement à être  actif dans  une seule  organisation à  la fois

malgré le fait qu`il était constamment sollicité.

 

En   discutant   avec   un    confrère   ingénieur   qui   piétinait

professionnellement pour  diverses  raisons, Jacques,  perçu  qu`il

avait atteint le  palier  supérieur à  titre  d`ingénieur dans  une

entreprise multinationale dans le domaine de  la haute technologie.

Jacques écoutait  longuement  ce  confère  et  il  essayait  de  le

conseiller et de l`encourager à se reprendre en  mains.  Il croyait

qu`en aidant les  autres, il  s`aidait lui‑même  en augmentant  ses

 

connaissances et en  se familiarisant  avec leurs  organisations et

leurs problèmes. Ainsi, il accroissait son champ d`influence!

 

Après avoir reconnu visuellement et été reconnu par  un cadre d`une

grande municipalité lors d`une  réception, Jacques fut  surpris que

celui‑ci se rappelait son nom. Jacques lui présenta un confrère qui

avait   oeuvré  au   même  projet   et  poursuivi   ses  études   en

administration et en  droit cependant  il ne  se le  rappelait pas,

seulement Jacques, qui fut quelque peu embarrassé pour son confrère.

Il en conclut que son souci de « donner l`heure juste » avait au moins

été reconnu par le client  à défaut de  l`avoir été par  son ancien

employeur. Même les professionnels  n`échappaient pas aux pressions

politiques et administratives à tous les niveaux hiérarchiques.

 

Dans l`exercice de  sa profession,  ses professions  d`ingénieur et

d`administrateur, Jacques voyagea  peu à  son avis.   Il suivit  un

cours relatif aux systèmes d`informations corporatives mécanisées de

l`American Management Association à Chicago.  Il  aurait aimé aller

en Australie et  passé quelques  jours à  ses frais  aux Iles  Fiji

lorsqu`il travaillait à  des  projets d`alumineries  sises dans  ce

pays. Par  contre, il eut  le loisir d`apprécier le  modernisme des

laboratoires de recherches et des usines de Toronto  et d`Ottawa de

diverses multinationales. Il eut droit  à une visite en hélicoptère

de la Baie James et le pilote dû être surpris qu`un de ses passagers

ne fut pas  malade,  Jacques  en occurrence,  qui  s`en « sortit »  en

regardant au sol constamment. Heureusement que Jacques avait voyagé

au frais du Commonwealth (payé par les québécois et québécoises) et

à son propre compte!   Lorsque  vous prôniez  le démantèlement  du

Canada, l`on vous  laissait derrière  votre bureau!   Une technique

répandue consistait à  offrir un  voyage à  quelqu`un comme  mesure

compensatoire à une promotion  manquée.  Ou  pour vous  éloigner si

vous représentiez un  obstacle ou  n`étiez pas  désiré à  un moment

donné ou  stratégique.  Ou  encore,  si  vous étiez  démobilisé  ou

nerveux, un changement de décors pouvait contribuer à votre détente.

Evidemment, les exigences du travail pouvaient également conduire à

des déplacements.  

 

Dans les   milieux  de   travail,  Jacques  fut   près  d`écossais,

d`ontariens   remarquables,   respectables    et   respectueux,   de

terre‑neuviens humains, d`irlandais sympathiques  compatissants aux

déboires des québécois, de résidents de l`Ouest canadien compétents

et préoccupés par l`unité canadienne, d`américains prêts à respecter

les exigences culturelles  québécoises, de  montréalais anglophones

intégrés,   non  intégrés,   intégrables  et   non  intégrables   et

s`exprimant généralement en anglais.   Ce paragraphe  aurait semblé

des plus brefs à Jacques pour traduire de très nombreuses années de

contacts journaliers dans  des climats  de travail  constructifs et

généralement   harmonieux.     Plusieurs   confrères    anglophones

 

connaissaient   ses  orientations   politiques   cependant  ils   le

sollicitèrent adroitement pour  qu`il se  joignit à  leurs diverses

associations croyant pouvoir plus efficacement l`aider. Ils auraient

aimer le voir s`installer dans  l`Ouest de Montréal et  s`intégrer à

leur communauté.   Il aurait  contribuer à consolider  la communauté

anglo‑québécoise et surtout anglo‑montréalaise comme bon  nombre de

francophones. Ainsi, Jacques aurait sûrement eut la vie plus facile

au plan professionnel.

 

Au plan  syndical,  il  s`était   impliqué  au  niveau  du  conseil

d`administration de l`association des ingénieurs d`une industrie de

haute   technologie.    Il   fut   membre   de   l`association   des

professionnels   lorsqu`à   l`emploi  d`un   importante   commission

scolaire. De retour, plus tard, dans le domaine de l`ingénierie, il

sera de  nouveau  membre  d`un  association  d`ingénieurs.   Il  ne

s`agissait pas  de  syndicats proprement  dits.   Néanmoins,  leurs

méthodes étaient souvent empruntées ou s`apparentaient  à celles de

ces derniers.   Souvent, les dirigeants de  ces associations étaient

intégrés à la direction de l`entreprise.

 

Suzie, l`épouse de Jacques, quelques fois, croyait, qu`en harcelant

Jacques,   elle    pourrait    changer    certaines    orientations

professionnelles, politiques, … Il lui expliquait que personne ne

l`avait presser  jusqu`à   ce  jour  et  qu`il   avait  quand  même

relativement réussit sa  vie  personnelle  et professionnelle.   En

période d`accalmie professionnelle, Suzie ne se sentait pas capable

d`assumer le rôle de soutien  de famille si  ce n`était au  coût de

beaucoup de  stress  et  Jacques la  comprenait.   Dans  le  milieu

familial de Jacques, l`on s`encourageait mutuellement en misant sur

les habilités de chacun.  Après avoir obtenu  une certaine sécurité

matérielle, il voulait  être un  peu plus  lui‑même, respecter  ses

valeurs sociétales, réaliser quelques projets que  les exigences du

travail professionnel dans l`entreprise privée, un certain esclavage

souvent bien rénuméré et  intéressant, l`avait  empêché de  mener à

bonnes    fins.     Il    voulait   s`impliquer    socialement    et

professionnellement comme il le fit  au cours de  plusieurs années.

Suite à de  nombreuses années  de  travail et  de réalisations,  il

n`était pas  toujours  prêt  à  tout  sacrifier  pour  son  travail

professionnel. Trop souvent, un patron zélé ou tyrannique empêchait

inutilement   le   travailleur    professionnel   de    s`impliquer

sociétalement surtout s`il ne partageait pas les mêmes valeurs, par

exemple, fédéralistes et indépendantistes. Souvent, un nationaliste

était placé en porte à faux,  il avait à choisir  entre sa « cause »,

ses valeurs et ses intérêts personnels et dans un milieu de travail

majoritairement anglophone  rien  de plus  facile  sinon  fréquent.

Jacques réalisait que les travailleurs intellectuels étaient souvent

débordés lorsqu`au travail, dans le système; temps surnuméraire, …

alors que d`autres rejetés temporairement par le système avait tout

 

loisir de   réfléchir  et   ils  étaient  réellement   inactifs  et

fréquemment isolés.   Dans  un  projet de  société  québécoise,  il

faudrait reconnaître le droit  au travail  au moins  à ceux  qui le

désiraient. Un autre sujet sur lequel il avait réfléchi était celui

de l`accession à un poste donné.  Il lui semblait  que les méthodes

employées par certains candidats étaient souvent  non orthodoxes et

que l`utilisation de telles méthodes  était oubliée dès le  jour de

leur promotion ou de leur nomination.      

 

Son franc‑parler  et  la  franchise  de  ses  écrits  au  sujet  de

situations concrètes;  chantier   olympique,  commission  scolaire,

entreprises privées, … et des problèmes  d`éthique et d`intégrité

professionnelles ne furent pas toujours favorables à son avancement.

 

Un ancien ministre disait à la  légère que « la plus  belle fille du

monde ne peut offrir que ce qu`elle a, possède ».  Il en est de même

d`amis originants d`humbles  milieux.  Pour  obtenir plus,  il faut

faire comme  certains  politiciens, entre  autres,  s`approcher  de

grands financiers et  des  grands  de ce  monde.   Et,  il faut  se

conformer à  leurs  règles  et  à leurs  exigences.   A  un  palier

inférieur, l`on  doit  se  comporter de  manières  semblables  afin

d`éviter de  mordre  la  main  qui nous  nourrit,  nous  aide.   Au

contraire, il faut anticiper, prévoir leurs désirs et devancer leurs

demandes et  leurs  actions  dans  certains  cas.   Leur  témoigner

beaucoup de déférence,  de  soumission, de  fidélité, de  supporter

courageusement les inconvénients de la situation représentaient des

mesures   désirables.   Il   était   souhaitable  d`indiquer   notre

satisfaction,   notre  appréciation;   certains  petits   gestes  de

gratitude de  nature  surtout   à  flatter  l`égo  des  dirigeants.

Quelques fois au lieu de recourir à des  services d`indépendants de

l`organisation,   mieux   valait   s`adresser   à   un   membre   de

l`organisation sinon à  un allié  même  si la  nature des  services

n`était pas  identique.   Tout  devait  être  mis  en  branle  pour

consolider les activités du  groupe et souligner  ses interventions

aux décideurs  susceptibles  de   favoriser  son  avancement.   Les

contacts personnels de toute nature devaient être cultivés par tous

les moyens possibles. Cette formule n`était, peut‑être, pas gagnante

à tout coup mais  elle en  était  probablement une  bonne dans  une

entreprise donnée à un  moment donné,  pensait Jacques.   Il aurait

offert ses voeux  de bonnes  chances  à ceux,  aux arrivistes,  qui

pouvaient se conformer à une telle démarche!

 

N`appartenant à aucun parti politique  à un moment  donné, Jacques

s`était risqué à écrire à Monsieur Bourrassa pour lui mentionner ses

insuccès au nombre de plus de trois cent offres de service présentés

à des   postes  de   différentes   natures  et   à  divers   paliers

hiérarchiques dans  la  recherche  d`un emploi,  il  connaissait  à

l`avance la réponse protocolaire des membres de son Bureau pourtant

 

il souhaitait voir circuler son nom  et son pedigree en  ce milieu.

Les coordonnées de la fonction publique québécoise  fournies par le

Bureau du PM  devaient  s`avérer erronées.   Il  soumit une  offre

d`emploi à quelques dirigeants d`entreprise: Messieurs Claude Béland

(Desjardins),   Laurent   Beaudoin   (Canadair‑Bombardier),   Pierre

Péladeau   (Québécor),   Guy   St‑Pierre   (SNC),   Richard   Drouin

(Hydro‑Québec), Larkin Kerwin (Agence spatiale de Saint‑Hubert), …

et ce fut apparemment sans succès probant.   Jacques obtint presque

des emplois chez Sidbec‑Dosco en gestion de projets, à  la ville de

Montréal comme commissaire  industriel et  à  la IRSST  à titre  de

conseiller en conception et en gestion de projets. On le disait bon

deuxième alors qu`il  se devait  d`être premier  et l`on  déplorait

quelques fois ses faibles appuis politiques.  De plus, il avait été

reconnu comme  qualifié  à  titre  de  coordonnateur  des  systèmes

informatiques par la Communauté urbaine de Montréal et interviewé à

l`Ecole de   Technologie  supérieure  comme  professeur   en  génie

électrique et doyen. Il avait aussi rencontrer le responsable de la

gestion de projet  chez Oerlikon,  il venait  d`être recruté  d`une

compagnie ayant effectuée plusieurs mises à pied.  

 

Jacques refusait rarement d`appuyer une candidature  à la poursuite

d`études   supérieures   ou   à  l`assumation   de   responsabilités

professionnelles ou   communautaires  malgré  le  risque   que  des

personnes de mauvaises fois, Hé Oui! Il s`en trouve!, utilisent ces

personnes appuyées, recommandées  contre  lui.  En  dépit de  tout,

Jacques préférait adopter  une  attitude positive  et seconder  les

éléments dynamiques de son milieu,  lui‑même ayant été  à plusieurs

reprises le bénéficiaire de tels appuis.

 

Suzie encourageait Jacques à se questionner au sujet de son attitude

face à l`autorité! Etait‑il  contre toute autorité, tout dirigeant?

Aurait‑il voulu prendre leurs places, être à leurs places? Etait‑il

prêt à consentir les efforts  pour arriver,  pour être promu  à ces

postes?   Désirait‑il vraiment  exercer  de  telles fonctions?   Ses

expériences personnelles à la  direction le motivaient‑elles  à cet

égard? Etait‑il  important d`accéder à de  hauts postes?  Savait‑il

laisser cours au libre choix des décideurs?  Savait‑il profiter des

opportunités? Avait‑il peur des responsabilités  du point de vue de

leurs impacts et   de leurs conséquences sur la société?  Pouvait‑il

accepter que son apport  à la prise  de décision  soit fragmentaire

même en tant que principal gestionnaire?  Pourquoi investir tant de

temps, d`énergies et d`argents pour un contrôle partagé, un pouvoir

partiel?   Pourquoi  ne  pas  se concentrer  exclusivement  sur  des

activités rénumératrices?   Pourquoi  ne   pas  essayer  de  rendre

payantes toute  activité?  Pourquoi  ne  pas  oublier les  intérêts

sociétaux et se concentrer sur ses intérêts personnels? Comment son

enfance et son adolescence, l`avaient marqué?  Avaient‑ils influencé

son cheminement, sa vie  personnelle, sa carrière,  ses engagements

 

sociaux et   autres?   L`absence   partielle  de   modèle  paternel

avait‑elle largement influencé ses comportements; son attitude face

à l`autorité.   S`adressait‑il   assez  souvent   aux   dirigeants?

Maintenait‑il vivants, opérationnels         les liens avec les hauts

dirigeants, les supérieurs?   Avait‑il peur  d`eux?  Leur  était‑il

réfractaire? Considérait‑il  ses supérieurs  comme des  alliés, des

collaborateurs nécessaires voir même essentiels?  Se  privait‑il de

leurs conseils, de leurs orientations, de leurs directives, de leurs

connaissances et de leurs  informations?  Manifestait‑il  un besoin

autonomiste irréaliste?   Réalisait‑il sa dépendance  intrinsèque en

tant que membre d`une équipe à quelques niveaux que se soient? Quel

était la  qualité  de   ses  communications  avec  ses  supérieurs?

Redoutait‑il   l`évaluation   sévère,   la  critique   de   ceux‑ci?

Valorisait‑il trop les  relations  entre confrères  de même  niveau

hiérarchique ou de niveaux inférieurs?  Essayait‑il  constamment de

se constituer une  équipe de  supporteurs?  Prônait‑il  ses propres

théories et ses méthodes auprès de son entourage?  Se conformait‑il

aux directives, aux souhaits clairement exprimés par la direction?

 

Voilà beaucoup d`interrogations  auxquelles  Jacques  aurait pu  en

ajouter bien d`autres!  Désirait‑il être  omniprésent?  Désirait‑il

tout régenter? Acceptait‑il la  contribution de nombreux dirigeants

dans les multiples sphères d`activités?  Ses démarches personnelles

s`harmonisaient‑elles à la réalité hiérarchique des divers milieux?

Oeuvrait‑il à rebours, à contre courant?  Neutralisait‑il ainsi ses

efforts? Noyait‑il ainsi les résultats obtenus ou escomptés au coût

de maints efforts? Se  privait‑il d`expériences plus significatives

en recherchant l`autonomie personnelle, l`indépendance individuelle?

 

Ce questionnement   alimentait  et  animait  profondément   la  vie

intérieure,   les   réflexions   et    les   actions   de   Jacques!

Questionnement effectué sereinement à titre de  scientifique qui ne

deviendra jamais le monopole de la vérité, ni des connaissances mais

qu`un infime  filon.   Il  aurait   aimé  profiter  au  maximum  et

rentabiliser ses  efforts dans  les  multiples  aspects de  sa  vie

personnelle, professionnelles, sociétales,  ….  Le  nombre et  la

diversité de ses  questions  témoignaient et  précisaient le  degré

d`intériorisation chez  Jacques.    Il  réservait,  toutefois,  ces

interrogations pour  les  périodes d`accalmie  professionnelles  et

personnelles.   Dans  l`ensemble,  les   réponses  à  ces  questions

favorisaient son avancement  compte  tenu des  observations et  des

remarques exprimées dans ce récit, croyait‑il!

 

Une proche  connaissance  influencé   par  des  amis  lui  répétait

constamment qu`il fallait prendre  des risques pour  prospérer!  Il

fut moins convainquant après que le  père d`un de ses  amis eut fait

faillite. Prendre des risques, c`était  également risquer de perdre

l`acquis. Il  s`agissait tout  de même  d`une attitude  positive à

 

mûrir pour un jeune de moins de vingt ans.  La fête  de la Reine ou

plutôt la fête de Dollars semblait une journée d`opportunités   pour

Jacques.   A  quelques  reprises,  de  nouvelles  avenues  s`étaient

ouvertes à lui. Question de hasard, pensait‑il!

 

Les gens parlaient  quelques fois  de scientifiques  distraits dans

l`exécution de travaux banals.  Jacques visualisait  comme possible

cette situation  lorsque  quelqu`un se  concentre,  monopolise  ses

énergies intellectuelles  pour  accomplir une  tâche  difficile  et

d`envergure requérant un effort de mémorisation et de raisonnement.

Solutionner un problème ou continuer à réfléchir à un sujet pendant

l`exécution d`une  tâche  routinière  était   fréquent  et  pouvait

conduire à  de faibles  résultats  ou  des performances  atténuées,

réduites relativement aux possibilités, au potentiel de l`individu.

Voilà, pour une explication plausible et expérimentée!  Ainsi, même

après avoir maîtriser un sujet à un moment  donné, quelqu`un devait

se remémorer les données et les  principes soit du procédé, soit de

l`activité, surtout après plusieurs mois et plusieurs années.

 

Chaque fois que Jacques reprenait  le collier, le travail  dans une

entreprise, il avait la sensation de se couper  des débats publics,

de cesser de  vivre publiquement  ayant  peu de  temps pour  suivre

l`actualité, analyser les démarches politiques, définir ses propres

positions, … Par conséquent, il  avait l`impression de perdre, de

sacrifier plusieurs éléments importants de  sa vie en raison  de sa

sensibilité sociétale.   L`expression « avoir l`impression  de perdre

sa vie » lui échappa  dans une  discussion avec un  copain et  il ne

pouvait s`empêcher de penser  que cette  expression était  forte et

jusqu`à un certain point prétentieuse.

 

Les entreprises  familiales   québécoises  étaient  comme  toujours

vulnérables.   Désourdy avait  été  vendu à  des intérêts  français,

Lavalin subissait de sérieux  déboires, Steinberg avait  été repris

heureusement par des québécois,  Pascal fermait, …   Dommage pour

l`économie québécoise!

 

Nos dirigeants  politiques   voulaient  bien  s`adjoindre  quelques

scientifiques, quelques   rares  ingénieurs  à  titre   de  dociles

exécutants politiques, techniques des volontés politiques des grands

élites en la matière. Le peu d`envergure sociétal des scientifiques

les vouait à une servilité méritoire, semblait‑il! Pour des raisons

de survivance et  d`épanouissement économiques  et financiers,  les

professionnels du génie, entre autres, vivaient sous la houlette des

politiciens majoritaires de formations différentes ou sans formation

particulière. Leur  faible crédibilité politique les  confinait, par

conséquent, à jouer un rôle surtout  sinon exclusivement économique

que, d`autre  part,  on  leur reprochait  fréquemment.   Un  membre

émérite de   la  profession   soulignait  avec  justesse   lors  de

 

l`obtention d`une  rare  reconnaissance   publique  que  la  piètre

crédibilité des  ingénieurs  originait de  leur  faible  production

littéraire.   Jacques se  demandait si  les ingénieurs  auraient été

plus prolifiques si leurs efforts en cette matière  avait été mieux

accueillis, recherchés, valorisés,  encadrés, …   Il se  rappelait

qu`un hebdomadaire avait refusé  un de ses  articles relatifs  à la

profession d`ingénieur alors  que la  parution de  la même  semaine

faisait état  de similaires  situations  chez  les architectes  qui

essayent d`obtenir une mobilité  professionnel au  Canada, mobilité

déjà acquise  chez  les  ingénieurs dont  certains  favorisait  une

visibilité et une représentativité internationales accrues pour les

ingénieurs et les ingénieures québécois. A l`ère de la technologie,

la société était encore privée jusqu`à un certain point de l`apport

des scientifiques tant  sur le  plan de  l`écrit et  du commentaire

scientifique que sociétal, c`est‑à‑dire une contribution originale à

titre de scientifique comme tel.

 

 

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                 VI ‑ LA FAMILLE LABERGE           

 

Désireux de  se  soustraire  à des  relations  superficielles  avec

diverses partenaires,  Jacques eut  le  bonheur  de rencontrer  une

personne qui possédait dans l`ensemble les qualités ou les attributs

qu`il valorisait. Ils se rencontrèrent à la discothèque « au Mât des

oliviers »   au   centre‑ville   de  Montréal,   endroit   facilement

accessible. Elle était accompagnée par une amie qui devait marié un

marocain. Ce  ne fut pas le  coup de foudre, néanmoins,  ils firent

connaissance progressivement. Ils se rencontrèrent fréquemment chez

sa tante demeurant dans l`est de Montréal.         

 

La missive suivante témoignait de la nature et de l`authenticité des

liens véritables unissant deux êtres;  une femme et un  homme.  Des

liens d`amoureux,   d`amours  vécus  intensément.    Cette  missive

reflétait à un  moment donné  la convergence  naturelle, l`état  de

l`union potentiellement  durable de  cet  homme  sur le  marché  du

travail et  de cette  femme  complétant  avec  brio un  retour  aux

études.                              

 

 »                                    Saint‑Norbert, 26 août 1969

 

Allô! mon chéri,                         

 

Mardi soir, 10:30 hres;  la semaine dernière  nous étions  dans les

bras l`un de l`autre  à la même  heure.  Voilà que  ce soir,  je me

retrouve seule à m`ennuyer.  Oui, je m`ennuie de  toi, mon « Minou »,

de cette présence si chère qui fut à mes côtés lors de mon séjour à

Montréal. Un coup  de fil et, voilà, tu te  retrouvais près de moi.

Il ne nous reste plus maintenant qu`à envisager le temps présent.

 

Depuis dimanche soir, je  revis les  moments heureux  et malheureux

passés ensemble. Je considère que tout ce qui est beau, ce qui peut

nous rendre vraiment heureux doit se gagner; tout ce qui est facile

ne peut vraiment être apprécié. Pour nous deux, « faire l`amour » est

maintenant devenu « chose facile ». L`appréciera‑t‑on longtemps?  …

Je pense que pour se  découvrir afin  de s`aimer vraiment,  il faut

apprendre à se sacrifier l`un pour l`autre. Chose assez difficile à

mettre en pratique chez  toi puisque  tu es  habitué à  tout avoir.

Pourtant, tu es en mesure d`admettre que dans la vie lorsqu`on veut

arriver à quelque chose de bien, on doit  refouler certains désirs.

Tu sais, mon  chéri,  j`ai de  la difficulté  à  admettre que  l`on

puisse construire de façon solide en vivant notre  amour tel qu`on

le vit présentement. Non pas que je ne te désire pas; au contraire,

je ne peux oublier ces moments si merveilleux où je me suis donnée à

toi. Principalement  dimanche dernier,  n`étions nous  pas heureux,

mon amour? …                          

 

 

Tu devines, sans doute,  que loin  de toi,  je peux  analyser notre

situation froidement. Non pas que  je ne veuille plus jamais « faire

l`amour » mais  je juge  que  certaines  restrictions à  nos  désirs

s`imposent. Je crois que ceci renforcera notre amour.  De ton côté,

as‑tu analysé la situation? Quelles conclusions en as‑tu tirées?

 

J`ai hâte que tu vois mon petit chez moi.  Je ne  t`en dis pas plus

long; ce sera une surprise. Je l`ai  choisi en pensant à toi, en me

disant: « S`il était avec moi, choisirait‑il cet appartement? ». Tu y

seras toujours bienvenu puisque chez moi c`est aussi chez toi.   

 

J`ai vu Roberte aujourd`hui. Ses  amours avec Edmond n`allaient pas

tellement bien, ils ont contremandé leur voyage  au lac Saint‑Jean.

Petite déception pour nous mais pourquoi m`organiserions‑nous pas un

« p`tit » voyage à Québec chez  ta soeur?   Tu me disais,  la semaine

dernière, que tu  aimerais lui  rendre visite.   Ceci n`est  qu`une

proposition, à toi de décider.                

 

Demain, jour  d`inscription.   Apparemment  qu`il ne  faut  pas  se

décourager car on peut  prendre deux jours  à organiser  ses cours.

J`aimerais tellement t`avoir à  mes côtés  pour me  conseiller.  La

confiance que j`ai en  toi me  rendrait beaucoup  plus sûre  de mon

choix.                               

 

Il est présentement minuit.  L`heure  m`oblige à te laisser  car je

m`endors.   Je crois  que la  meilleure  solution serait  que tu  me

téléphones jeudi soir à l`heure du  souper.  On décidera de  ce que

l`on fera en cette fin de semaine de trois jours.      

 

Je t`embrasse bien fort, mon amour.                

Je t`aime, je vais m`endormir en pensant que je suis dans tes bras.

 

                            « Ta minoune »           

                                 xxx               

 

P.S. Je m`ennuie, j`ai hâte de te voir. Tél: 534‑5432″         

 

 

Dans cette  lettre  teintée  fortement  d`amour  et  d`un  désir  de

respecter les   valeurs  morales   et  chrétiennes,   pointait  les

manifestations   d`initiatives  doublées   d`un  léger   soupçon  de

dirigisme.                           

 

 

                 1‑ La famille Laberge comme telle     

 

A l`hiver 1971 et en pleine tempête, Jacques unissait sa destinée à

 

celle d`une  jolie  mauricienne  (québécoise),  administratrice  et

pédagogue de formation;  une  universitaire des  plus exigeantes  et

performantes. Le  couple Laberge  effectua un premier  voyage, leur

voyage de noce au  Mont Tremblant  dans des  conditions climatiques

glaciales et ils trouvèrent le moyen de réchauffer l`atmosphère; ils

avaient énormément d`affection  et  d`amour à  vivre intensément  à

cette époque  avancée  de  leur existence  afin  d`atteindre  leurs

plénitudes affective, sentimentale, amoureuse, sensuelle, sexuelle,

… Ils aimaient  le ski et ils ne voulaient  pas emprunter pour un

voyage dès  le  début  de  leur mariage  ayant  encore  des  dettes

d`études. Jacques était  familier avec les Laurentides  où il avait

loué un chalet d`hiver avec  trois confrères de classe  incluant un

québécois d`origine algérienne.   Il  avait  recruté, retrouvé  ces

confrères en organisant un club de rencontre dans Outremont avec une

grande amie.                            

 

Un fils naquit de leur union,  un an  plus tard.   Jacques comptait

assister à l`accouchement de son  fils après avoir suivi  les cours

prénataux.   Malencontreusement,  des   complications  médicales  de

dernières minutes l`empêchèrent d`être  présent.  La mère  de Suzie

étant morte à la naissance d`un enfant, elle avait probablement été

traumatisée par cet événement.  De  plus, Jacques apprit  alors que

Suzie aurait pu  ne  pas avoir  d`enfants  en raison  d`antécédents

médicaux. Son fils séjourna quelques jours dans un incubateur.  Les

Laberge encourageaient les  futures mères  à visiter  régulièrement

leur médecin à  l`approche  de la  naissance  surtout d`un  premier

enfant. L`obtention,  par téléphone, d`informations  médicales même

d`un centre  hospitalier  ne  saurait  remplacer  adéquatement  une

consultation dans le doute.                   

 

En tant que parents, ils apprécièrent les qualités professionnelles

de plusieurs membres du personnel médical  d`un hôpital montréalais

pour enfants.   L`accompagnement de leur enfant  dans sa croissance,

son développement  personnel,   intellectuel,  physique,  scolaire,

moral, sportif permirent à Jacques de mieux s`intégrer à la société

dans   les  domaines   scolaire,   municipal,  sportif,   religieux,

hospitalier et des  loisirs.  Sa  mère avait  eu la  possibilité de

comparer l`évolution de ses  enfants tandis  que Jacques  et Suzie,

avec seulement  un  enfant,   ils  réagissaient  probablement  plus

fortement.                           

 

Son fils fit son premier  apprentissage de la langue  anglaise dans

une pré‑maternelle  anglophone  des  environs.   Suite  au  premier

semestre, il sembla un peu à l`aise. Cet apprentissage apparaissait

pénible à Jacques.                       

 

La garde de  Simon fut  une opération  que Jacques  et son  épouse,

Suzie,   traitèrent   sérieusement.    Comme  critères,   les   plus

 

importants, ils voyaient chez  une famille de  gardiennage, l`amour

des enfants surtout chez la mère, un faible nombre d`enfants du même

âge ou avoisinant et la proximité des gardiens. Il découvrit en une

occasion que le père  de la  famille, où  Simon était  gardé, était

froid et n`aimait pas vraiment les enfants contrairement à sa femme.

Heureusement que Simon était un peu plus vieux  et que, rapidement,

il fit part de cette situation à ses parents. Jacques avait pensé à

une famille composée de trois enfants où les deux sexes auraient été

représentés et  les  conditions  observées à  la  naissance  et  au

développement du  premier  enfant  modifièrent  leurs  expectatives

surtout celles de Suzie.                      

 

Suzie, son épouse aimait cuisiner et Jacques croyait que l`époux qui

n`appréciait pas la cuisine et celle de son  épouse en particulier,

dès le début de leur mariage, devait en subir les conséquences toute

sa vie.   Son épouse  ayant expérimentée  quelques difficultés  à la

confection de tartes  chez ses  parents antérieurement  et Jacques,

ayant eut quelques succès avec une  simple recette de tartes  de sa

soeur Hélène alors qu`il  était célibataire, prit  la relève  et la

conseilla.   Elle  reprit  confiance  en ses  moyens  et  devint  un

véritable cordon bleu. Son fils était non seulement un gourmet mais

aussi un excellent cuisinier ce qui le rendait moins dépendant de la

cuisine maternelle  et,  quelques  fois,  paternelle.   A  quelques

occasions à voir s`activer Suzie telle une  abeille Jacques pensait

aux nombreuses activités auxquelles sa mère  fébrilement s`occupait

du soir au matin comme elle le disait.  Il en était de même dans le

domaine de  l`habillement;  un  mari   qui  était  attentif  à  son

accoutrement et   conseillait  son  épouse  en   cette  matière  en

définitive encourageait cette  dernière à  revêtir fréquemment  ses

plus beaux  atouts.   Des  accoutrements même  modestes  mais  bien

harmonisés et agencés compte tenu des circonstances pouvaient mieux

convenir que des vêtements simplement dispendieux, chers.       

 

Concernant le processus  de  développement  et d`assumation  sexuel

plutôt tardivement vécu, il croyait, que ce développement avait été

freiné possiblement   par  des  principes  moraux   inculqués,  une

connaissance limitée de  la sexualité,  un respect  prononcé de  la

gente féminine (originant d`une grande famille et étant encadré par

des soeurs), une personnalité  distante, des  désirs plus  ou moins

précis, surtout, des moyens financiers limités ne lui permettant pas

d`envisager le mariage sans arrêter ses études,  etc.  Il réalisait

que la  poursuite  d`études  et  un  mariage  tardif  se  faisaient

peut‑être au détriment d`amours consumés plus tôt  et d`un meilleur

équilibre personnel dans certains cas.   Son point de  vue sociétal

consistait   au   fait   que   les   tendances   démographiques   et

sociologiques; mariages plus tardifs, diminution du nombre d`enfants

par famille,  réduction  du  nombre  de  mariage,  augmentation  de

l`instabilité émotive et affective  des époux, recherche  accrue de

 

confort des  membres  de  la famille,  libéralisation  des  moeurs,

mutation des  valeurs  menaçaient  la  survie  du  groupe  ethnique

francophone québécois  surtout  à  Montréal.   Cette  menace  était

accentuée, pensait‑il, par le  choix des  nouveaux arrivants  et la

qualité de leur accueil et de leur intégration.             

 

Au sujet de son épouse, il pouvait écrire des pages pour décrire la

dévotion avec laquelle elle s`occupait de son enfant et de son mari.

Elle n`avait pas eu  de modèle de  mère si ce  n`était celui  de sa

tante et  elle  en  inventa  un  des  plus  complet  sinon  parfait

humainement parlant.  Que  d`énergies, d`attentions,  de dévouement

manifestés!   Un  de  ses  oncles  venu  leur  rendre  visite  avait

aimablement composé un texte  de deux  pages, reproduit  en annexe,

pour faire l`éloge du jeune couple Laberge et Jacques avait conservé

ce texte. Les deux enfants de cet oncle pratiquaient brillamment le

droit à Montréal.   L`époux, Jacques, appréciait les  efforts de son

épouse pour accueillir ses frères, ses soeurs, ses parents, …  Il

la voyait de plus en plus belle et mature, au  cours de ces années,

malgré, les adversités rencontrées par son mari, par son fils et par

elle‑même sur les marchés du travail et dans la société en général.

Il est superflu d`ajouter que comme toute personne,  elle avait les

défauts de ses qualités.                     

 

Après avoir  demeuré  près   de  l`université,  le  couple  Laberge

déménagea à Rosemont avec leur  progéniture dans un  grand logement

dont le propriétaire était italien. Qu`ils étaient sympathiques ces

italiens; simples,   accueillants  lorsque  leurs   avances;  vins,

gâteaux, …  étaient  acceptés  avec  empressement  et  appréciés.

Jacques souvent pensait que nos amis italiens ressemblaient beaucoup

à nos braves  québécois  oeuvrant  dans la  construction  et  leurs

femmes, quelques  fois,  à  la  manufacture.   Que  dire  de  leurs

fastidieux mariages   auxquels  ils  les   invitèrent  aimablement!

L`esprit de famille était  omniprésente et  ils étaient  disposés à

accueillir un peu comme des membres de leurs familles, des proches,

des locataires accommodants,   en occurrence.  A cet endroit, Jacques

débuta ses expériences de  bricoleur en  rénovant son  logement tel

qu`entendu avec le propriétaire. Le  père américain Smith, connu en

Angleterre, aurait été rassuré de le voir  s`intéresser aux travaux

familiaux,   lui,   qui    s`inquiétait   pour    Jacques   à    ce

sujet.                                                          

 

En 1974, la famille Laberge acheta une maison à Varennes et Jacques

effectua des travaux: pose des revêtements de plancher en bois franc

et peinture préalablement au déménagement.  Le bricoleur  fut mis à

contribution notamment en finissant  le sous‑sol, en  paysageant la

maison et le terrain après y avoir érigé une  clôture.  Il avait dû

se familiariser  avec  tous les  métiers;  menuisier,  électricien,

plâtrier, plombier, … En  tant que technicien‑ingénieur, il était

 

facile d`effectuer ce bricolage exigeant en termes de disponibilité,

de temps.   Combien  d`heures  passées  à  étudier,  à  choisir,  à

commander et à faire croître  des semis à l`intérieur,  des fleurs,

des plantes et  arbres  ornementaux, des  arbres fruitiers;  vignes

décoratives et à raisin, pommiers, cerisiers,  poirier, et prunier,

des semences et des plants  aux jardins familial  et communautaire.

L`ajout d`un  cabanon  et   d`une  piscine  creusée  représenta  un

investissement important pour le  couple Laberge  et la  famille en

profita durant plusieurs années. A la fin de l`été, ils récoltaient

et dégustaient d`abord les raisins  verts et bleus  qui mûrissaient

plus   rapidement    que   les   raisins   rouges.     Simon   était

particulièrement friand  de  ces fruits  frais;  raisins,  fraises,

framboises, pommes, poires,  cerises  de Luceville  et prunes.   Un

automne, Jacques,  conseillé  par des  spécialistes,  fit  quelques

dizaines de bouteilles de vin blanc. En d`autres temps, les oiseaux

étaient nombreux à se gaver de  raisins gelés durant l`hiver  et le

printemps lorsqu`un gel inattendu terminait la saison des vendanges

chez les Laberge à Varennes.   Après avoir rempli  plusieurs petits

albums de photographies d`arbres fruitiers, d`arbustes en fleurs, de

fleurs, de plantes décoratives et autres,  Jacques choisit d`autres

sujets pour exercer ses talents de photographe.  A  un moment donné

beaucoup de plantes  grimpantes d`intérieur  envahissaient jusqu`au

plafond une bonne partie de la  salle à dîner jusqu`à  ce que Suzie

s`en lasse et alors seulement quelques spécimens furent conservés.

 

Une chambre froide avait aussi été construite où  les nombreux pots

de confitures aux  fraises, aux  framboises, aux  prunes jaunes  et

bleus, de gelées aux pommes, aux raisins, aux cerises à grappes, de

jus de tomate, de tomates,  de marinades vertes, rouges,  salées et

sucrées, de betteraves,  de  carottes, d`haricots  coupés, …   De

plus, un   vaste  garde‑robes  en   cèdre  avait  été   aménagé  au

rez‑de‑chaussée également.   Pour le  vivoir, il avait  fabriqué une

grande bibliothèque en mélanine ainsi qu`un  meuble ordinateur avec

un support  amovible  pour  l`imprimante et  une  boite  à  feuille

séparée. Chaque année, il retouchait  la carrosserie de ses voitures

lorsqu`elles   étaient défraîchies  et rouillées.   Il utilisait  au

début du ciment et, ensuite, il  préférait du fibre de  verre ainsi

que des cannes de peinture sous pression.          

 

Durant quelques  mois, Jacques  s`était  initié  sommairement à  la

peinture abstraite  à  l`huile  en  jouant  avec  des  formes,  des

couleurs, des agencements, …  Il avait pensé  pratiquer ce loisir

en absence de professeurs, de cours car jusqu`ici  il avait presque

toujours suivit des cours. Il visitait des galeries d`art ainsi que

des expositions comparant ses tableaux à ceux de d`autres. Il avait

conservé plusieurs  de  ses   peintures  pour  éventuellement  n`en

retenir que quelques unes. L`une  avait longtemps été suspendue à

un mur de leur chambre.                       

 

 

Il fuma la pipe durant quelques années    et il récolta  son propre

tabac.   Surtout en  terre  américaine,  il fumait  le cigare  et il

appréciait la différence  de prix  des cigares  en absence  d`aussi

lourdes taxes qu`au Québec.                   

 

Les   Laberge  eurent   plusieurs   voisins.    C`est  surtout   par

l`intermédiaire de leur fils qu`ils eurent la chance de les côtoyer.

Des couples dont la femme à  la maison couvait ou  surprotégeait son

enfant, d`autres qui n`exerçaient aucune autorité apparente et dont

les enfants consommeraient éventuellement  de la drogue  et étaient

enclin à la violence  et des  parents qui  suivaient de  près leurs

enfants.   Pour  la  pratique  des sports,  Jacques  et  son  épouse

accompagnaient Simon au soccer, à  la natation, au hockey,  au ski,

… et socialisaient avec les autres parents de la ville.  Certains

amis croyaient peut‑être le  couple Laberge parfait.   Non parfait!

Seulement, heureusement   humain.   Suzie  considérait   comme  les

meilleurs moments de la famille ceux passés sur le mont Saint‑Bruno

alors que Simon suivait des cours  de ski et que  le couple Laberge

skiait sur ces  courtes pentes  en  l`attendant.  Sur  la rue,  ils

étaient encadrés par un membre des services secrets  fédéraux et un

membre de la  sécurité  du Québec.   Jacques  se rappelait  d`avoir

informer la police locale d`un point de vente possible de drogue, il

fut surpris par  le  nombre de  questions posées  au  sujet de  ses

propres coordonnées  au  lieu  de  celles  du  point  potentiel  de

distribution et il refusa de s`identifier. A une autre occasion, il

rapporta avec son fils un portefeuille que celui‑ci  avait trouvé à

Montréal. L`agent local leur conseilla  de le rapporter à la police

de Montréal.   Jacques refusa et finalement  l`agent l`accepta.  Lui

et son fils  se  sentaient presque  coupables  d`avoir rapporté  ce

portefeuille contenant  argents  et cartes  personnelles.   Jacques

aurait aimé que l`agent souligne le beau geste de Simon alors qu`il

crut tout simplement ajouter aux tâches du préposé.         

 

A accompagner Simon au hockey, Jacques  connut un père  qui suivait

également les progrès de son  garçon.  Les parents  discouraient de

hockey et de sujets d`actualité. Cet homme, à son travail au volant

de son camion, fut frappé par  un conducteur en état  d`ébriété qui

récidivait régulièrement. Ce père  de famille décéda quelques jours

après l`accident.   Jacques fut heureux d`apprendre  qu`une nouvelle

législation contribuerait   à  réduire   le  nombre  de   ce  genre

d`accidents.   Ces  conducteurs  fautifs  subissaient  rarement  les

conséquences fâcheuses de leurs actes étant détendu ou chanceux.

 

Les parents de  Simon  circulait  dans la  résidence  avec ou  sans

vêtements jusqu`à un âge où il aurait     pu comparer sa situation à

celles de d`autres  enfants.  Alors,  ils cessèrent  cette pratique

pour lui éviter des problèmes sociaux, pensaient‑ils! Plus tard, en

 

l`absence de Simon, ils récidivèrent à ces habitudes de vie dénudée

le plus possible  de vêtements  surtout au  chalet sis  loin de  la

route.                              

 

Lorsque Simon  devint plus  grand,  ils  connurent moins  bien  les

voisins sur la  rue  et  surtout les  nouveaux  venus  et il  était

surprenant de voir les nombreux déménagements  de personnes mutées,

désirant une  plus  vaste  demeure,  etc.   La  situation  apparaît

toujours plus rose chez le  voisin et souvent Suzie  comparait leur

situation à   celles  projetées  par  les   voisins.   Les  Laberge

considéraient avoir été choyés, en général, à ce sujet. Ils avaient

développé des liens d`amitié et fonctionnels avec eux. L`échange de

matériel et de services devinrent une façon naturelle de s`entraider

entre voisins.                           

 

Jacques avait aménagé le patio sur plusieurs verges  cubes de sable

et de pierres cimentées, et l`été, les Laberge  étaient entourés de

vignes à raisin, de lierres Engelman,  clématite, houblon, bourreau

des arbres,   chèvrefeuille  grimpant,  aristoloche   agrippées  aux

treillis supportés par  des  poteaux d`acier.   A  proximité de  la

maison, ils réservaient  cet espace  aux vignes  à raisin  et, dans

l`autre demi‑ellipse compétitionaient les autres lierres que Jacques

trimait au   cours  des  semaines  estivales.    Le  houblon  était

particulièrement envahissant.  Une  petite  rocaille de  couvre‑sol

surtout encadrait la  descente  de  la porte  patio  au patio.   La

cheminée donnant sur la rue s`arc-boutait dans  une rocaille couvrant

le côté de  la maison  d`où s`enracinaient  des lierres  de Boston,

d`Engelman ainsi qu`un  vigoureux  couvre‑sol.   Dès le  printemps,

cette rocaille était fleurie  et d`autres  fleurs se  relayaient au

cours de la saison estivale et même automnale.         

 

Une deuxième table avec parasol occupait un coin de la cour tout au

bout de la piscine creusée, près de ce plan d`eau, adossée contre la

clôture dissimulée sous les lierres Engelman, le weigelia mature et

un rosier Rugosa aux roses veloutées.         

 

A l`autre extrémité de la piscine,  un hydrangea à  boules blanches

cachait partiellement  la  clôture.  Cet  arbrisseau  originait  du

voisin et avait grandi au cours des ans. En retour, ce voisin avait

hérité du cerisiers provenant de Luceville et, pour sa part, Jacques

avait conservé qu`une  tige de  ce cerisier  après avoir  abattu et

débité en bois de chauffage cet arbre immense qu`était devenu    ce

cerisier transplanté de chez ses parents.          

 

La clôture assurait l`intimité familiale au moins  pour la baignade

car elle constituait un support,  un treillis aux  lierres Engelman

aux quintuples feuilles entremèlées d`une lierre aux fleurs en forme

de cloches blanches noyées        dans la  verdure et  s`ouvrant au

 

soleil un peu comme les gloires du matin et provenant de son village

natal. Initialement,  une bordure  de cailloux blanc  recouvrait la

terre entre   la  clôture   et  le  trottoir   de  la   piscine  et

progressivement la vigne  prit  de l`ampleur,  de l`envergure  pour

éventuellement envahir une portion du trottoir.  Au  moins, ce coin

de la cour intérieure plaisait à Suzie.            

 

Jacques préférait  des  arbres  fruitiers  dans  sa  cours  car  le

printemps, ils formaient d`immenses bouquets de fleurs, atteignaient

des tailles raisonnables et produisaient abondamment des fruits.

 

Suzie décriait, quelques  fois, l`envahissement  de ces  lierres et

Jacques s`assurait qu`un cécateur était toujours à la  portée de la

main. Elle  aurait aimé voir un  seul type de lierre  projetant une

image uniforme, de continuité.  Jacques avait  expérimenté diverses

lierres et avait conserver les  plus vigoureuses.  Une  variété les

avait séduit; la  dentelle  d`argent et,  malheureusement, elle  ne

s`avéra   pas   suffisamment   rustique.   Cette   lierre   décorait

admirablement le treillis  en  fin d`été  et de  la  fenêtre de  la

cuisine le coup d`oeil était agréable.  Le cabanon était masqué par

des vignes et un lilas dont Suzie prisait les  aromes au printemps.

Le potager ajoutait une touche rurale, champêtre, trait‑d`union avec

leurs antécédents communs.  Originant  d`une région au  climat plus

rustique que Montréal, Jacques était fasciné particulièrement par le

mûrissement des raisins, d`abord, et, ensuite, des poires malgré le

supplément d`ombre apporté par la proximité  des majestueux érables

avoisinant leur  propriété.   Quand  Simon était  jeune,  il  avait

l`opportunité de dégusté des fraises disposées aux abords du terrain

près des clôtures.  Plus  tard, il  s`agissait de  framboises qu`il

pouvait manger  à  satiété  tout  comme  ses  parents  car  ils  en

récoltaient une dizaine de livres. Afin de déguster tôt les tomates

fraîches du jardin, Jacques transplantait des plants avec des fleurs

et des petites tomates, plants achetés de  pépinières, trois plants

suffisaient. Dès, la mi‑juin,  certaines années, ils se délectaient

de ces fruits.   Le soir à bicyclette,  ils découvraient, admiraient

les aménagements  paysagers  dans  les rues  avoisinantes  tout  en

exerçant leurs mollets.                       

 

Deux de ses soeurs vivant  à Montréal avaient joint  leur existence

respectivement à un  français  et à  un  suisse allemand.   Jacques

apprit à les connaître et, un peu, leurs pays aussi. Ayant séjourné

un an en Europe, il réalisait qu`ils ne leur  étaient pas facile de

s`adapter à un nouveau pays; des milieux de travail anglophones, des

pressions pour intégrer  même  illégalement les  enfants au  milieu

anglophone, de  nouvelles  coutumes,  des désirs  de  migrer  outre

frontières québécoises (Etats‑Unis), des pièges  publicitaires, des

valeurs et des installations matérielles différentes.   Jacques les

admirait à plusieurs  points  de  vue et  ils  voyageaient le  plus

 

possible généralement accompagnés de leur famille.     

 

A l`occasion, les Laberge aimaient magasiné sur la rue Saint‑Laurent

à Montréal. Ils  s`intéressaient aux quelques  boutiques présentant

des produits un peu internationaux.  Jacques fut abonné  à un club

vidéo latino‑américain du secteur.   Certains magasins offraient des

produits de qualité acceptable à  des prix abordables  toutefois il

était préférable de s`y  connaître.  Ils  avaient noté  des progrès

dans l`usage du français. Jacques  retournait quelques fois chez un

barbier grec amical, compétent et dont les prix étaient raisonnables

à son point  de  vue  et  ce  barbier  s`exprimait  malheureusement

seulement en grec et en anglais quoique le français primait dans son

annonce.                             

 

Il vécut une expérience particulière,  le jour où il  réalisa qu`il

avait reçu plus d`intérêts sur ses obligations du Québec que prévus.

Après avoir mentionné une anomalie à la direction de  la gestion de

la dette  publique à  Québec,  ils  lui acheminèrent  des  intérêts

additionnels. Jacques écrivit au ministre  en titre à son bureau de

comté et il ne reçut jamais d`accusé de réception  à sa lettre même

si la  direction du  dit  service  fut  changée.  Par  bonheur  ses

dossiers financiers étaient à jour!   A partir de ses  dossiers, il

rectifia les données du ministère des Finances et il  en résulta de

nombreux échanges épistolaires. Il fut renversé de constater qu`une

si importante fonction administrative  pour le  Québec ait  pu être

aussi lamentablement assumée.  Certains amis politiques  de Jacques

avaient vu cette  situation  comme un  piège  personnel visant  son

intégrité et éventuellement  sa liberté  d`expression et  d`action.

Tout était possible!  Surtout en  politique où les  appétits étaient

féroces!                             

 

Une amitié  établie  à  partir des  relations  professionnelles  et

entretenue par des visites familiales semi‑annuelles s`avéra durable

de part   les personnalités en cause; deux scientifiques intéressés

aussi à d`autres sujets que la science (politique, moral, affaires,

…) et  deux  épouses   oeuvrant  dans  des  secteurs  d`activités

semblables, connexes. Ils furent témoins de l`évolution des membres

de chaque famille  respectivement, une  évolution harmonieuse  dans

l`ensemble; deux noyaux familiaux stables.  Ce  copain s`impliquait

bénévolement à la  gestion d`un  mouvement coopératif  d`envergure,

aimait rédiger des  articles  en s`appuyant  sur les  connaissances

acquises notamment  au  cours   classique  et  il  songeait  écrire

l`historique de sa lignée familiale, les  Labelle.  Quelqu`un avait

travaillé dix ans à un tel projet, lui avait‑on dit!        

 

Les décisions   d`ordre  familial  se  prenaient   à  deux!   Après

discussion avec son épouse et  l`étude des diverses  solutions, les

décisions étaient souvent finalisées par Jacques. Il appréciait les

 

arguments et  les  informations  présentées par  son  épouse  qu`il

considérait intelligente   et  douée.   Souvent  dans   l`étude  de

transactions, Suzie défendait une autre proposition  ou développait

des arguments adverses à ceux de Jacques,  ce processus décisionnel

qui conduisait à des décisions mûries et qui laissait quelques fois

Suzie en position de critiquer si les résultats escomptés n`étaient

pas obtenus. Toutefois  à la blague, ils disaient  que quelque soit

leurs   décisions,  ils   erraient   souvent,  semblait‑il!  Suzie

s`objectait souvent à la prise de décisions   importantes.  C`était

jamais le temps, et il fallait poursuivre l`étude du dossier, que ce

soit pour l`achat d`une voiture, d`une maison, d`un chalet, …  

 

A court d`un deuxième  salaire durant  certaines périodes,  Jacques

rénovait une ou deux pièces  de la  résidence chaque année  afin de

moderniser celle‑ci. Dans de meilleures conditions financières, les

Laberge auraient acheté une maison neuve maintenant que Simon était

d`accord, maintenant que les amis  de Simon n`étaient  plus surtout

localisés sur  la rue  car  ils  considéraient les  investissements

immobiliers comme d`excellents placements.   En ces années, le grand

ménage annuel traditionnel,  tâche  harassante  et monotone,  était

effectué par les propriétaires sans aide de l`extérieur.

 

Leur fils  à   depuis  son  adolescence  eut   accès  aux  boissons

alcoolisées.   Il  en   fit  progressivement   la  dégustation   et

l`apprentissage   afin  d`éviter   des  abus   souvent  dûs   à  une

interdiction qui se levait abruptement à un moment  donné.  Du côté

américain, ils croyaient qu`attendre à vingt et un ans pour boire de

l`alcool dans un bar était excellent comme mesure  pour réduire les

accidents routiers  et  constituait  une situation  où  les  jeunes

adultes pouvaient se tourner  plutôt vers la  drogue en  absence de

boisson même s`ils leur étaient loisible d`en consommer à la maison.

Ici,   encore,    Jacques   accordait   beaucoup    d`importance   à

l`assimilation progressive  de  connaissances comme  sauvegarde  de

l`intégrité personnelle.  Une  personne expérimentée  et renseignée

était moins vulnérable aux sollicitations du milieu! Et Dieu savait

qu`elles étaient nombreuses!             

 

Dans le choix de ses accoutrements, Jacques, choisissait des vêtements

convenant à  l`exercice  de   sa  profession;  complets,  ensembles

harmonisés du point de  vue couleur et  style de  veston, pantalon,

chemise, bas, cravate et  souliers.  Ses couleurs  préférées compte

tenu de la nature de son travail s`apparentaient au  bleu, au gris,

au noir et au brun. Durant quelques années, le brun fut banni de la

mode et Jacques le regrettait car il considérait cette couleur comme

une des grandes couleurs masculines.   Il aimait moins le  kaki, en

raison de son image, son association sinon sa connotation militaire,

qui fut très populaire à un moment donné.          

 

 

Il préférait varier journalièrement son habillement  au moins selon

un cycle hebdomadaire. Généralement, il  portait la cravate et, en de

rares occasions, il revêtait un chandail  à collet roulé sauf  à la

maison où il adorait  ce vêtement chaud  et confortable  en saisons

froides. L`été, il portait des  bermudas et souvent des « shorts » de

couleur à la mode et la plupart du temps neutre; bleu, gris, blanc,

noir. Suzie le disait conservateur dans son habillement et quelques

fois l`influençait en  ce domaine  ainsi que  son garçon.   Pour sa

part, Simon ne ménageait rien pour s`habiller à la mode et avec goût

souvent à grand frais. La mode permit le port de vêtements dénudant

de plus en plus les gens. Les travailleurs de la construction avec

leurs courts jeans en étaient un exemple.          

 

Après avoir assumer leur  sexualité, Jacques et  Suzie constataient

l`importance de cette fonction de la  vie conjugale, de la  vie qui

permet à  deux êtres  complémentaires  de  se réaliser,  d`accepter

certains inconvénients de la vie, de continuer à cheminer ensemble.

L`harmonie sexuelle correspondait au ciment efficace maintenant deux

individus ensemble.  Evidemment  que cette  harmonie était  une des

composantes‑clé d`une vie  pleinement vécue  à plusieurs  points de

vue.                            

 

Sa mère mourut à l`âge de quatre‑vingt ans, elle  se sentait malade

depuis un certain temps et refusait de mourir  à l`hôpital, endroit

qu`elle   connaissait  bien   ayant  subit   quelques  interventions

médicales.   Jacques  l`encouragea  à  subir des  examens  mais  les

résultats ne furent pas encourageants et il constata qu`elle n`était

plus motivée à combattre.  Son  père était décédé déjà  depuis  six

ans environ et elle fut enterrée dans sa paroisse natale près de son

époux. Leur fils aîné repose également près d`eux.        

 

Jacques observait   à  l`occasion  que  Suzie   lorsque  contrariée

déversait sur lui beaucoup du fiel verbal avec presque de l`hystérie

et l`accablait  de  tous   les  défauts,  d`incapacités  possibles;

manifestations de violence verbale, pensait‑il, auxquelles il apprit

à ne pas répondre.   Suzie  faisait preuve  de réalisme  légèrement

nuancé de pessimisme.  Personne n`était parfait!   Chacun avait des

faiblesses à commencer par  Jacques!  Nous avons  le défaut  de nos

qualités, pensait‑il!  Suzie,  perfectionniste, devenait  peut‑être

obsédée par  le   manque  de  travail  de  Jacques   ce  qui  était

compréhensible cependant  Jacques  n`en  était  pas  certain.   Ces

manifestations ne  conduisaient  nul  part  si  ce  n`est  qu`à  la

séparation lorsque la réplique  était constamment donnée  et qu`une

escalade en  résultait.   Il  était   plus  facile  de  faire  face

positivement à  ces  assauts  lorsque l`on  était  reposé,  croyait

Jacques. A trop s`intéresser à des détails, la vue d`ensemble et la

perspective globale s`échappaient, s`estompaient,  s`effritaient et

il en résultait que des points importants  pouvaient être négligés.

 

De plus, Simon, son  fils, réagissait  quelques fois  avec beaucoup

d`exaspération à de  telles réactions  de sa  mère.  Un  noyau, une

cellule familiale au sein de  laquelle les époux se  disputaient en

fonction de leurs personnalités était probablement représentative de

plusieurs secteurs d`activités où  de chauds débats,  de nombreuses

luttes de pouvoirs existaient, perduraient. Le système politique ne

reposait‑il pas fréquemment, en pratique, sur le bipartisme.

 

Jacques était favorisé relativement à Suzie car il n`avait que très

rarement mal à  la tête  alors que  Suzie souffrait  fréquemment de

migraines et de maux de  dos.  Elle  avait tout essayé  la médecine

conventionnelle, l`acuponcture, la chiropractie,  la physiothérapie,

la kinésithérapie, les exercices,  …  Pourvu et  bénéficiant d`un

excellent estomac, Jacques, périodiquement, réduisait son poids près

de son poids calculé comme  normal par un éducateur  physique: cent

cinquante‑deux livres.   Sa méthode  s`avérait des plus  simples car

elle consistait à réduire  la quantité des  aliments absorbés  et à

boire de l`eau. Ainsi, sa diète  était balancée car il continuait à

absorber la même variété,  diversité et gamme  d`aliments.  Jacques

attendait et choisissait un moment particulier,  un changement pour

amorcer un jeune diététique.   Ils avaient aussi  expérimentés avec

succès un gargarisme  à base  de miel  et d`huiles  essentielles et

naturelles d`eucalyptus et de menthe  poivrée pour traiter  un gorge

éraflée et des congestions nasales.                

 

En vieillissant  à  l`instar   de  d`autres  couples,  les  Laberge

recevaient moins  de  parents   et  d`amis  malgré  les  nombreuses

sollicitations ou possibilités tant au  Québec qu`au Canada  et aux

Etats‑Unis que d`ailleurs car ils étaient moins désireux et motivés

à cuisiner et à dépenser temps et argents à cet effet.  Actifs dans

diverses organisations, ils rencontrèrent des gens de divers milieux

ayant   diverses   préoccupations   et   exercèrent   leur   pouvoir

discriminatoire d`après leurs préférences et leurs intérêts tel que

perçus.                             

 

Certaines connaissances des Laberge et même des confrères de travail

de Jacques s`imaginaient  qu`ils étaient  riches souvent  parce que

plus jeunes ou n`ayant pas des formations semblables. Les exigences

financières en  milieux  urbains  et  en  régions  ou  en  campagne

différaient beaucoup, la  valeur des  résidences, …   Ils étaient

loin d`être riches, comme Suzie le disait souvent, devant maintenir

leur niveau de confort  actuel parfois  en l`absence  d`un deuxième

salaire. Leurs fonds de pension en souffraient aussi de ces moments

difficiles car Jacques ne pouvait investir dans un fonds de pension

des   revenus  d`intérêts.    Quelqu`un  avait   réussi  à   amasser

suffisamment d`argents pour vivre convenablement de  ses revenus et

il travaillait  pour s`occuper  et  continuait  à amasser  d`autres

argents par réflexes  naturels, par  déformations professionnelles.

 

Il ne pouvait travailler bénévolement.  Jacques appréciait l`argent

comme moyen permettant l`achat d`utilités, conduisant  à un certain

confort et surtout à  un certain  degré d`indépendance  difficile à

atteindre.   On  disait  de  quelques personnes  que  l`argent  leur

collait aux doigts  tandis  que d`autres  ne  pouvaient endurer  la

pensée de posséder quelque argent!   Jacques avait déjà  noté cette

façon différente de s`assurer une sécurité dans sa propre famille.

 

Un autre mode d`expression culturelle que  Jacques appréciait était

le théâtre.   Les Laberge  avaient assisté  à  quelques  pièces.  A

l`université, le  dimanche  après‑midi,  Jacques  avait  assisté  à

plusieurs mini‑concerts   et  occasionnellement,  les   Laberge  se

laissaient   bercer  aux   sons   harmonieux   d`orchestres  et   de

chorales.                           

 

                    2‑ Les vacances                

 

Chaque été, la famille Laberge séjournait à Rimouski profitant de la

présence des parents et des grands parents.  Jacques  et sa famille

appréciaient l`amabilité et la chaleur humaine de son père au cours

de ces visites.   Toujours accueillant  et souriant!   Suzie aimait

bien son beau‑père toujours  plaisant!  Simon,  leur fils  était le

préféré avoué de  sa grand‑mère,  question de  tempérament, dit‑on.

Une semaine représentait une courte période pour visiter les quatre

soeurs et les trois frères du Bas du Fleuve,  sa paroisse natale et

les environs. D`année en année, le nombre de cultivateurs diminuait

dans le rang  natal et  dans ce  village d`arrière‑pays.   Quelques

fois, ils  poursuivaient  leur  pèlerinage  annuel,  comme  Jacques

l`appelait, jusqu`à   Percé,  au  Nouveau‑Brunswick   ou  ailleurs.

Jacques aimait rejoindre tous les membres de sa famille même lorsque

de légers différents existaient.  Il considérait  qu`il faut éviter

d`isoler qui que se soit car en d`autres temps  la personne laissée

pour compte pourrait un jour être lui.  Quelques fois, il allait en

excursions de  pêche à  la  morue  sur  le  fleuve avec  son  frère

accompagné par   un  professionnel.   Les  premières   années,  ils

rapportaient du poisson à Montréal  et ils réalisèrent  que souvent

les produits de la pêche et les fruits de mer  étaient offerts à de

bons prix et dans de  bonnes conditions  à Montréal.  Une  fois, il

était allé pêcher avec son jeune fils à une  petite rivière près de

Saint‑Donat et ils prirent quelques petites  truites mouchetées que

sa mère âgée dégusta, elle adorait ça, ces petits salmonidés enrobés

de farine et rôtis dans  le beurre.   Lors de ces  pèlerinages, ils

rapportaient aussi  un ou  deux  faisans  achetés chez  une  vielle

connaissance de l`arrière‑pays. Jacques réalisait que sa mère refit

l`apprentissage de la vie à deux et en compagnie de leur fils aîné.

Il avait discuté de vie sexuelle entre elle et  son père.  Elle lui

avait révélé qu`il était tard pour eux et il reconnaissait l`ampleur

du processus de réadaptation un peu comme deux inconnus.    

 

 

Après être revenu du Bas du Fleuve, ils se  rendaient en Mauricie à

la ferme de ses beaux‑parents  pour quelques jours.  Les  tantes et

les oncles occupaient beaucoup de place lors de ces visites.  Un de

ses oncles  était venu  hiverniser  leur  résidence secondaire  aux

Etats‑Unis avec une  petite  équipe d`hommes  accompagnés de  leurs

épouses même  s`ils ne  parlaient  pas  anglais.  Une  voisine  des

Laberge   sur   le   lac,  une   franco‑américaine   veuve   accepta

généreusement d`agir  comme  interprète.    On  retrouve  des  gens

formidables   partout,   n`est‑ce    pas?   comme    disaient   les

britanniques!                                                          

 

Le couple Laberge se rendit en Martinique. Ce fut probablement leur

plus beau voyage; le soleil, les paysages, les  fleurs, l`hôtel « en

surface ou   en  superficie »   plutôt  qu`en  hauteur,   les  repas

gastronomiques avec spectacles folkloriques, les  déjeuners arrosés

de mille jus variés, l`amabilité des martiniquais,  la quiétude des

lieux, la visite des sites  historiques, …  En compagnie  de leur

jeune fils, ils  vécurent  aussi  pour ne  pas  dire également  des

moments merveilleux à Ixtapa  au Mexique; chambre  au niveau  de la

plage, qualité  de l`eau,  nourriture  excellente  à l`hôtel  et  à

proximité, isolement du  complexe touristique  que le  Président du

Mexique fréquenta à ce  moment, température chaude  et confortable,

accueil chaleureux des mexicains, …             

 

                  3‑ La chienne               

 

Son fils insista auprès de sa  mère pour s`acheter un  chien malgré

ses allergies connues.   Il entreprit  une étude  exhaustive de  la

gente canine et  son  choix se  fixa sur  une  petite chienne  West

Highland terrier   aux  poils  laineux  auxquels   il  n`était  pas

allergique. Son épouse devint une adepte de la nouvelle venue et en

prit soin tel  un  enfant.  Simplement  qu`en  observant la  pauvre

qualité du poil de la petite chienne, Jacques décela le piètre état

de santé du  chiot.  Son  historique médical  devait confirmer  son

diagnostic d`amis  des animaux.   En  vain,  elle fut  opérée  pour

corriger une boiterie à la  jambe gauche arrière.  Il  semblait que

ces problèmes étaient courants chez les petits chiens de race.   

 

En vieillissant,   la  petite   chienne  s`intégra   aux  activités

familiales et représenta un lien enrichissant, un trait‑d`union entre

les membres de la famille ainsi qu`une compagne pour celui ou celle

qui restait seul à la maison. Elle suivait même les programmes à la

télévision et elle jappait lors de scènes violentes et où des chiens

apparaissaient. A  proximité d`un plan d`eau,  elle surveillait les

baigneurs et jappait lorsque quelqu`un enfonçait sa tête dans l`eau.

Elle s`intéressait surtout aux  enfants!  A l`arrivée  de visiteurs

 

indifférents à  sa  présence,  elle jappait  pour  s`attirer  leurs

attentions.   Jacques  avait hérité  d`une  petite  chaise haute  et

rustique pour enfant.   Il  s`agissait de  la  chaise utilisée  par

lui‑même lorsqu`enfant  et  dont  la famille  de  son  frère  avait

bénéficié. A  son tour, Simon,  fils de Jacques l`avait  utilisé et

pour terminer cette histoire banale, c`était la  petite chienne qui

en était la dernière bénéficiaire.  Au lieu de  se faire solliciter

individuellement, les Laberge avaient décidé de placer la chienne à

leur portée, dans la chaise haute. Jacques n`avait jamais cru qu`il

en viendrait à adopter une telle méthode; refiler la chaise d`enfant

à un chien.   Les  personnes  âgées pourraient  bénéficiées  de  la

présence de tels compagnons,  songeait‑il!  La  chienne constituait

une présence active  pour les  trois membres  de la  famille.  Elle

occupait souvent une  position mitoyenne  entre les  membres de  la

famille et adorait  se coucher  sur les  vêtements de  ceux‑ci.  Sa

principale préoccupation était son alimentation et le plus généreux

à lui accorder quelques miettes, lors  des repas, était  son favori.

Il était  peu souhaitable  pour  Jacques  d`embrasser Suzie  en  sa

présence; elle manifestait sa jalousie et son esprit possessif.  En

voiture, elle préférait se coucher sur les épaules de Jacques, tout

contre le sommet du  siège.  Evidemment, il  ne pouvait  subir très

longtemps cette pression même d`une douzaine de livres.

 

Leur chienne souvent  s`attardait à  sentir de  son petit  nez noir

humecté le petit problème de peau de Jacques près de l`oreille qu`il

soignait à l`occasion  avec de  la  cortisone à  2.5 %  ce que  les

dermatologistes   recommandaient.     Il   utilisait    aussi    du

protège‑lèvres et du polysporin pour empêcher la peau de gercer car

la cortisone apparaissait moins efficace, toutefois, son efficacité

à moyen terme n`était pas  assurée non  plus.  Jacques  fut heureux

d`être efficacement soigné par un jeune dermatologiste. En quelques

jours, son léger  mais  néanmoins persistant  et croissant  problème

cutané disparu.   Quel soulagement  peu escompté!  Le  médicament en

cause était une  crème  corticostéroïde de  furoate de  mométasone,

0,1%. La chienne  avait semblé habilité, capable  de détecter ces

anomalies et Jacques ne fut pas surpris outre mesure de lire dans un

journal qu`une femme avait  vu un  problème à  une jambe  détecté à

temps grâce aux  attentions répétées  de son  chien à  cet endroit.

Incroyable n`est‑ce pas!  De plus, elle  avait développé l`habitude

de lécher les sueurs sur le cou de Jacques lorsqu`il avait transpiré

en travaillant.   Certains propriétaires de chien  coupait les poils

masquant partiellement  les yeux  du  chien.   Les Laberge  avaient

observé chez un couple d`amis que leur chien avait  les yeux cernés

par des sécrétions jaunâtres l`été et ils décidèrent de respecter la

nature capillaire de leur chienne.                 

 

Si quelqu`un s`amusait à jouer au chien avec elle,  il se devait de

rester loin de  son plat  de nourriture  s`il ne  voulait pas  être

 

menacé par la propriétaire; grondements, jappements et même morsures

après avertisements.   Jacques s`était  amusé  à  lui installer  un

escabeau à deux  marches afin  de lui  permettre de  surveiller les

chats, les gens à l`extérieur de la maison et  d`éviter à un membre

de la famille d`avoir à la  placer sur son poste  d`observation.  A

l`heure de sa promenade, elle talonnait Suzie pour lui rappeler que

c`était l`heure et qu`elle le désirait vivement.       

 

Elle passait ses journées entières à surveiller  les chats surtout,

et le chien  du voisin.   Un été,  elle s`intéressa  à une  famille

d`écureuils gris  dont  les  membres  effectuaient  des  promenades

aériennes sur les câbles téléphoniques à l`arrière de la maison et à

proximité du potager.   Elle  s`avérait une  gardienne efficace  du

patrimoine familial  des  Laberge  d`autant  plus  qu`une  marmotte

faisait des ravages cet été là dans le voisinage.  Lorsque Suzie et

Simon parlaient fort, la chienne venait se réfugier près de Jacques

ne comprenant pas la nature  des échanges tout en  reconnaissant le

ton.                            

 

La chienne disposait d`une vraie banque de données reliée, connexe à

ses instincts. Par exemple, les soirs  d`été en raison de sa nature

dite « terrière », elle creusait un nouveau trou dans la terre où elle

rafraîchissait un ancien emplacement à  proximité du patio  et elle

s`y couchait  rafraîchissant ainsi  son  ventre  et par  conséquent

abaissait la température de son corps. Suzie désespérait à la voir,

par le fait même,  salir son  poil blanc.   Ensuite, la  chienne se

secouait, tout comme, elle le faisait après que Suzie l`ait peigné.

Elle préférait son  poil à  l`état  naturel, libre.   Quoi de  plus

naturel!                                

 

Des amies de Suzie s`étaient plu à lui offrir une plaque décorative

dont le  thème  était  Fanny  car  elles  avaient  été  témoin  des

attentions de Suzie à l`égard de sa petite chienne. On pouvait lire

sur cette plaque                         

« Fanny                               

 Franche, douce et sincère                    

 Avec l`intelligence prospère                 

 Noble et naturelle                      

 Nantie des qualités les plus belles               

 Y`en a pas deux comme elle! »                 

 Amusant n`est pas?                      

 

 

                      4‑ Le sport                  

 

Jacques et Suzie adoraient les promenades  en ski de fond  dans une

érablière où chemin faisant  ils admiraient les  décors « boiseries »,

forestiers variés; de multiples bouleaux blanchâtres, des sapins et

 

des pruches au  coloris permanent  (vert), des  érables de  diverses

dimensions, des champs de quenouilles, …  Tout au  long des douze

kilomètres souvent parcourus en  soixante minutes  ou près  par des

conditions excellentes car Jacques  n`avait pas de  ski anti‑recul,

leurs organismes s`oxygénaient  semi‑aérobiquement car  leurs pouls

approchaient rarement cent  vingt pulsations  par minute.   Jacques

avait   participé  à   quelques   demi‑marathons.    Un  premier   à

Rivière‑des‑Prairies avec  un  doigt cassé,  ensuite,  au  huitième

marathon de Montréal à l`épreuve du vingt et un kilomètres et celui

de Kino‑Québec de Longueuil de vingt‑deux kilomètres.       

 

Ces expériences de courses à pied se terminèrent  par une tendinite

et Jacques connut plusieurs « joggers » d`expérience  qui souffrirent

de troubles articulatoires aux genoux  et cela le confirma  dans sa

décision d`accrocher ses souliers de coureur‑amateur. Il suivit des

cours   de  conditionnement   physique  dans   sa  municipalité   et

l`éducateur physique devint un chiropraticien qui devait traiter son

épouse subséquemment. Jacques avait confiance aux médecins et aussi

à la chiropratique pour certains problèmes de dos et articulatoires

après la prise de radiographies. Jacques avait été soulagé d`un mal

devenu chronique à un orteil.   Après deux traitements,  son « vieux

chiro » des plus expérimentés et équipés  le soulagea définitivement

et rapidement de ces malaises. Ensuite,  il se limita à des marches

et à des randonnées à bicyclette à Varennes et dans les Adirondacks.

Suzie insistait pour faire sa promenade journalière.        

 

A titre d`expériences sportives, il  pratiqua assidûment  le karaté

durant un semestre et  il en  acquit les  rudiments.  Il  retint de

cette expérience surtout un contrôle  accru de lui‑même.   Déjà, il

avait observé que, généralement, il conservait son  flegme, la tête

froide, son sang froid dans les situations critiques. Ces exercices

intenses développèrent chez lui une endurance  physique qu`il nota,

entre autres, de la façon suivante; il pouvait  retarder les heures

de ses repas sans en subir d`inconvénients apparents   lorsqu`il le

fallait.                             

 

Jacques fit du ski  alpin pendant de  nombreuses années.   C`est au

petit mont Plante dans les Laurentides qu`il fit ses  débuts en ski

accompagnée d`une enseignante, directrice d`école, originaire du Lac

Saint‑Jean. Il devait  skier souvent à Belle‑Neige,  pente facile à

proximité du chalet loué à Val David.  A l`occasion,  il se rendait

au mont Tremblant où  un copain  agissait comme  patrouilleur.  Les

quelques pentes de  ski à  proximité de  leur résidence  secondaire

s`avéraient un peu éloignées et il déplorait que l`ancien centre de

ski de l`autre côté du lac ait été fermé car la montagne était parmi

les plus élevées dans le nord de l`état de New  York et à mi‑chemin

entre Montréal et le centre de ski White Face.   Son fils possédait

des dispositions naturelles pour enseigner le ski, lui semblait‑il,

 

il lui soulignait les points susceptibles d`être améliorés en peu de

temps.                              

 

Un des sports, que Jacques appréciait, était le golf.  Sans être un

excellent joueur pour  n`avoir  jamais jouer  intensément et  avoir

appartenu à un club de golf, il adorait se trouver sur ces parcours

relaxants en milieux naturels et  en compagnie de compagnons  et de

compagnes intéressés à se détendre.                

 

A plusieurs reprises, il avait nagé selon un  parcours fictif tracé

entre son quai sur le  lac et un quai  flottant chez un  voisin sis

plus loin.   Il faisait  l`aller‑retour  en  variant, changeant  de

styles; brasse avant, brasse arrière, la nage  rampée (crawl) avant

et arrière, marinière et brasse arrière inversée.   Il disposait de

quelques lunettes ajustées à sa vue pour fins de natation et de ski

nautique (avec  flotteur).   De  plus, un  autre  accessoire  utile

lorsqu`il allait à la piscine intérieure était ses lunettes ajustées

à montants de carbone résistants à la chaleur du  sauna.  La piscine

familiale était agréable  pour le  jeu et  particulièrement pour  le

rafraîchissement.   Cependant, en  tant  qu`adulte,  il n`était  pas

question de s`y  conditionner  physiquement en  raison des  faibles

dimensions relativement  aux   piscines  municipales.   Avec  l`air

climatisé, les Laberge ressentaient moins le besoin de se baigner à

Varennes. Au chalet surtout  après l`exécution de quelques travaux,

ils se  rafraîchissaient  même  si l`eau  était  plus  froide  qu`à

Varennes. Dans ce cadre naturel, ils se plaisaient à se rendre à la

nage à une roche à quelques distances du bord du lac.       

 

A titre de membre d`un organisme communautaire, il joua une saison à

la balle‑molle,  sport  qu`il  connaissait  peu.   Il  fut  surpris

d`attraper presque toujours  les balles  lorsqu`il était  au bâton,

agissait  à titre  de  frappeur.   Il était  plus  faible au  champ,

pensait‑il!   Préférant  se  rendre  au  chalet  certaines  fins  de

semaine, il lui arrivait de manquer quelques parties.  Au baseball,

au stade olympique, il restait assis durant le chant  « O Canada » et

de plus en plus de gens adoptaient cette attitude.     

 

Un sport que  Jacques qualifiait  de social  et qui  lui permit  de

réduire son poids de quelques livres lors des  nombreuses soirées à

danser sur des musiques anciennes et modernes en compagnie de Suzie.

Surtout lorsque la musique était celle d`un  orchestre de plusieurs

musiciens, ils  se  sentaient  mû,  porté  au  gré  des  vibrations

harmoniques et des rythmes musicaux originants et traduisants     de

nombreuses   cultures;  latino‑américaine,   hispanique,  viennoise,

bavaroise, française, anglaise, africaine, …  Jacques avait suivi

et organisé des cours de danse à l`université.                  

 

Un autre  sport important  pour  un  propriétaire de  chalet  était

 

évidemment la  pèche.  Jacques  et  Suzie  séjournait souvent  deux

heures sur le lac  à pêcher  à la traîne  à     basse vitesse  et à

pique‑niquer. Une  pèche fructueuse consistait en  quelques truites

arc‑en‑ciel   et  des   saumons   dont  le   lac  était   ensemencé.

Généralement, ils utilisaient le bateau‑moteur et occasionnellement,

la chaloupe mut par le moteur électrique.   Souvent,  au coucher de

soleil, ils  pêchaient devant  le  chalet  près d`un  petit  rocher

pouvant être observé de la surface. Jacques et Simon avaient passer

plusieurs soirées  à prendre  des  achigans,  des perchaudes,  des

truites et même des  saumons.  Le  ski nautique  occupait également

Jacques et  Simon.   Surtout,  Simon, il  exécutait  des  prouesses

attirant l`attention des autres  propriétaires et  souvent d`autres

skieurs venaient   agrémenter  le  décor  de   leurs  zigzags  bien

« arrosés », bien accentués. Durant,  quelques années, le voilier fut

populaire chez les Laberge.  Ces  sports étaient pratiqués  dans un

cadre naturel enchanteur.                     

 

A l`automne, la chasse permettait  d`agréables promenades  dans les

forêts avoisinantes en compagnie de la chienne et Jacques pratiquait

le tir à la perdrix, aux lièvres, …  A quelques reprises, Jacques

avait suggéré l`étude d`une entente Québec‑New‑York visant à réduire

les coûts des permis de  chasse et de  pèche dans les  deux régions

compte tenu du nombre de sportifs américains  et québécois d`autant

plus qu`ils payaient des taxes scolaires, par exemple, sans que leur

enfant en profite.   Ils affectionnaient  une route  dans la  forêt

tracée pour  une  voie  ferrée délaissée.   Un  ancien  verger  les

fascinait   et  attirait   du  gibier.    Malheureusement,  en   peu

d`endroits, la chasse était permise et, quelques fois, ils allaient

chez son  copain  américain.   Jacques avait  cru  qu`en  tant  que

droitier son meilleur oeil était son oeil droit.   Hé!  Bien!  Non!

Suite aux conseils d`un armurier, il devait reconnaître que son oeil

utile pour la chasse était le gauche. D`ailleurs, il était habile à

divers degrés des deux  mains.  Conséquemment,  il dut  refaire son

apprentissage de chasseur, jusqu`à un certain point. Les randonnées

en quatre roues,  tout terrain  avaient été  prisées longtemps  par

Simon en particulier  et Jacques  accompagné par  Suzie en  étaient

aussi venus  à  bien  connaître les  sentiers  dans  les  environs.

Généralement, ils s`enfonçaient dans la forêt jusqu`au sommet de la

montagne d`une façon motorisée  pour ensuite  poursuivre à  pied la

chasse après avoir chargé son arme.

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Grraduation in 1967 at University of Birmingham Alumni

Posted by Odilon Talbot on Monday, November 11, 2013

Worchester Cathedral from River Severn

Posted by Odilon Talbot on Friday, November 15, 2013

                      V‑ SÉJOUR EUROPÉEN           

 

Sur le paquebot, il eut droit à un cours d`histoire de la part d`un

boursier de l`Ouest canadien sur ses ancêtres  normands qui avaient

laissé leur marques indélébiles tant en France  qu`en Angleterre et

au plus  haut  niveau   hiérarchique.   En  Angleterre,  il  devait

retrouver, entre autres, des pubs ou brasseries portant  son nom et

en France, des entreprises commerciales importantes  portent ce nom

prestigieux.   En  passant  lentement  devant  Québec  et  Rimouski,

surtout, il ressentit un pincement de coeur réalisant qu`il laissait

pour un an ses parents, ses amis et son pays.  De plus, il vécut la

vie d`hôtel sur le paquebot, le Franconia,  relativement luxueux et

confortable; repas gastronomiques, jeux,  divertissements, piscine,

salles de danse et de spectacles, …              

 

Plusieurs réceptions regroupant les boursiers provenant des pays du

Commonwealth furent  organisées   par  les  autorités  britanniques

démontrant beaucoup de doigté et  d`expérience.  Il noua  des liens

amicaux avec des étudiantes et des étudiants notamment en musique à

Londres, en littératures à  Cambridge et  en sciences  politiques à

Oxford. Il devait visiter ces  campus et ces connaissances au cours

de l`année et à son retour à Montréal communiquer avec l`étudiant au

doctorat en sciences politiques, nommément Robert  Jim Stanley, qui

devint responsable de la formation  des parlementaires à  Ottawa et

professeur à l`Université.                    

 

A Birmingham, il était logé dans une résidence moderne, confortable

et à proximité de l`université conçue pour les étudiants catholiques

provenant du Royaume‑Uni;  Irlande,  Ecosse,  Angleterre et  Galles

ainsi que   du  Nigéria,  Canada   (Nouveau‑Brunswick),  Etats‑Unis

(Texas), Espagne  et autres  pays.   A  l`occasion, l`aumônier,  le

chapelain se plaisait à converser en français,  abordait des allures

d`anciens ministres protestants qu`il avait été, était admirablement

secondé par une très gentille dame  et il vint même  rencontrer son

amie à Montréal alors qu`il représentait l`Angleterre à l`exposition

universelle de   Montréal.   Les  installations   matérielles,  les

logements étaient de qualité supérieure à celle que l`on retrouvait

dans les appartements privés où, par exemple, le chauffage en hiver

était souvent déficient.   Plus tard,  chaque fois  que les  médias

parlaient de températures froides en Europe, il sympathisait à leur

manque, leur carence de confort.   Jacques fut près  d`un ingénieur

originaire du Nouveau‑Brunswick qui lui révéla son handicap physique

et qu`il ne revit malheureusement pas après son  retour à Montréal.

Il était facile pour Jacques d`échanger avec  les résidents ouverts

au fait international mais combien défenseurs  acharnés des valeurs

et des intérêts britanniques.            La résidence était le lieu

 

d`événements hebdomadaires sociaux et religieux.  Un des résidents,

espagnol, avec qui il conversait en français ainsi qu`avec sa fiancé

l`invita à Madrid lors de son futur tour d`Europe et ce Felipe Nunez

devint ministre des Affaires extérieures d`Espagne.   Jacques avait

été invité  à leur  mariage  suite  à  son  retour au  Québec.   Sa

condition financière ne lui permit pas d`y assister.  Les résidents

partageaient une  salle  communautaire  et une  cuisine  où  chacun

disposait d`un garde‑manger.  Le repas dominical  était préparé par

un des résidents à tour  de rôle.  Jacques  avait servi un  rôti de

porc accompagné de lentilles, de  pommes de  terre et de  sauce aux

pommes comme plat de résistance ou principal.          

 

Le résident américain et texan obtint son doctorat  en théologie et

il pratiqua son  sacerdoce  à l`oratoire  St‑Joseph  au Texas.   Ce

dernier fut très heureux de se faire photographier avec la Princesse

lors d`une réception.  Ce  père compléta son  doctorat et  il était

quelques fois ébranlé psychologiquement comme il se  produit en ces

moments       où ces individus étaient invités à puiser dans leurs

ressources intellectuelles   ultimes.  Cette situation lui rappelait

celle   d`un  étudiant   terminant  un   doctorat  en   biochimie  à

l`Université de Montréal.  Cet  étudiant cachait derrière  sa barbe

une certaine instabilité émotive temporaire due au stress résultant

d`efforts intellectuels intenses  et soutenus.   Comme en  d`autres

milieux européens, les étudiants britanniques   appréciaient peu les

vérités tonifiantes promulguées par cet américain moulé  rigidement

au creuset de sa société à l`instar de nombreux autres.

 

L`accent des gens de  Birmingham était  prononcé; ces  gens étaient

chaleureux et  les dames  avaient  la  charmante habitude  de  vous

appeler « love ». En Angleterre, il réalisa que les accents variaient

et différeraient d`une région à  l`autre et probablement  d`une façon

plus accentuée   qu`aux  Etats‑Unis.   En  France,   on  retrouvait

également des  accents et  des  langages  identifiés aux  diverses

régions. Ainsi, il  ne se scandalisait pas  lorsque les anglophones

de Montréal et  même  les  français (de  France)  lui parlaient  de

l`accent québécois  qui  justifiait leurs  « sérieux »  problèmes  de

communication. Lorsque quelqu`un lui disait qu`il ne comprenait que

le français parisien, il en  concluait qu`il ne connaissait  pas le

français. Ces études de la  langue hispanique le conduisirent à des

conclusions identiques.                  

 

Maintenant des liens pour les moins affectifs en correspondant avec

une amie de  Montréal, il  résista  aux avances  des charmantes  et

gentilles anglaises et autres demoiselles intéressées à venir vivre

à leur point de vue au Canada.  Formant un  duo franco‑espagnol, ou

québéco‑espagnol avec son  copain  espagnol en  voiture sport,  ils

participèrent à la vie nocturne de Birmingham, Birmingham, la nuit!

Il était devenu un habitué des parties d`un lunetier international

 

qui vint à  plusieurs reprises  le  rencontrer à  Montréal dans  sa

famille. Jacques fut invité à des réceptions à la Maison du Québec,

au Royal Society of Arts et  par le Président de  la Commission des

bourses du Commonwealth à Londres.                 

 

Jacques portait une barbe qu`il coupa à son retour et il conserva sa

moustache.   Une   barbe  et  même  une   moustache  lui  permettait

d`affirmer une certaine masculinité.               

 

Son voyage en Ecosse à Dumfries plus précisément,  à l`occasion des

Fêtes lui permit  de  rencontrer une  vingtaine d`autres  étudiants

originaires de Russie, d`Argentine,  des Etats‑Unis, du  Zambie, du

Mali, du  Japon,  de  la   Côte  d`Ivoire,  d`Islande,  de  France,

d`Allemangne, d`Arabie Saoudite, etc… Malgré les regards invitant

d`une américaine,  il  se  rapprocha d`une  jolie  russe  et  d`une

élégante   française  tout   en  se   familiarisant  avec   quelques

caractéristiques de l`Islande où un des  participants y enseignait.

Dans une brève pièce de théâtre humoristique présentée en témoignage

de remerciements à leurs hôtes écossais, suite  au désistement d`un

allemand sollicité à  cette fin,  il joua  le rôle  d`un commandant

allemand, qui ne  se trompait  jamais  sauf qu`il  avait oublié  de

porter son  pantalon ce  matin‑là,  et  il emprunta  d`un  étudiant

saoudien   des  sous‑vêtements   longs,   requis  pour   l`occasion.

Edimburgh était une ville charmante à visiter sous  le soleil.  Sur

le chemin du retour, l`aridité, la nudité des montagnes écossaises

en absence d`arbres le frappèrent  en tant que  visiteur québécois.

De plus, l`étudiante russe qui avait chanté  quelques couplets pour

ses hôtes  écossais et  refusé  les  avances  de Jacques  car  elle

craignait que  les  échos,  les bruits  provenant  de  sa  chambre

auraient indisposés ses voisins iraniens se permit,  dans le train,

une caresse dissimulée  aux  fesses  de Jacques  et  l`invita à  la

visiter à son campus universitaire relativement près de Birmingaham.

Jacques ne fut jamais suffisamment motivé pour s`y rendre.  

 

A Pâques, il obtint  la permission  de séjourner  quelques jours  à

Paris où il  y rejoignit  son copain  lyonnais et  en profita  pour

visiter la  ville  lumière.   Quelle splendeur!   Que  de  sites  à

visiter: Notre‑Dame, l`arc de Triomphe, la tour Effel,  le musée du

Louvre, les Halles,  ..!   A  Pigalle, il  devait  se permettre  un

premier   contact   physique   exploratoire  « amoureux »   avec   une

professionnelle dûment accréditée.  Probablement que  ses principes

moraux l`avaient empêché de profiter des chances qui lui avaient été

offertes et il considérait  ce geste  important pour  son équilibre

personnel.   Il se  croyait défavorisé  en ce  domaine d`expériences

amoureuses concrètes, à  cet âge  relativement avancé,  pensait‑il!

Ainsi, il débuta son apprentissage « pratique » sexuel et ce n`est que

de retour à Montréal  qu`il commença  à s`exprimer  sexuellement; à

vivre sa sexualité  après une  autre brève  expérience relativement

 

heureuse à Birmingham avec une infirmière, mère de deux enfants que

son mari  avait laissé  suite  à  une  dépression dont  elle  était

partiellement rétablie, remise.                            

 

Au cours de nombreuses soirées, Jacques se retrouvait à chanter avec

des étudiants particulièrement des airs irlandais. Pour lui témoigner

leurs amitiés,  ils  ajoutaient  « Allouette,  … »  au  répertoire.

Jacques ne se souvenait  pas d`avoir chanté  au Québec.   Aimant la

danse, il s`était familiariser avec les danses  populaires dans les

immenses salles de danse des diverses grandes villes.       

 

Il connut  plusieurs russes,  un  très  sociable et  accessible  de

Leningrad qui étudiait la recherche opérationnelle et  il ne revint

pas après Pâques.  Jacques  crut qu`il  s`approchait, s`intéressait

trop aux méthodes  occidentales à  cette époque  d`un point  de vue

russe.   Un autre  fut rapatrié  in extremis  avait‑il appris!   Ils

semblaient se surveiller mutuellement.   Un confrère de classe russe

s`intéressait particulièrement à des dictionnaires, des manuels, …

Celui‑ci lui rappelait  les québécois  costauds, résidents  de pays

nordiques d`expression directe et souvent franche. Le premier russe

mentionné séjourna  ultérieurement  aux Etats‑Unis  et  à  Montréal

durant la période  de détente  URSS‑EU.  Au  cours de  cette année,

Jacques aurait aussi  aimé  se  rendre en  Russie  car des  voyages

étaient organisés par train à des prix abordables cependant il avait

choisi d`autres directions, itinéraires de voyage et il se consacra

à la préparation des examens tenus à cette époque.     

 

En compagnie de sept  confrères de  l`Université de  Birmingham, il

navigua durant une  semaine  en  yatch, en  voilier  sur  la mer  à

proximité des côtes  anglaises.   Jacques n`était  pas le  meilleur

marin ou navigateur du groupe. Il se souvenait des heures passées à

aider à la navigation, à la pêche, à la lecture  ou simplement à la

détente après cette  longue année  académique.  Son  compatriote se

brisa une  jambe « grâce »  à  la  maladresse,  à la  gaucherie  bien

reconnue d`un des membres de  l`équipage; grandeur et  dextérité ne

vont pas toujours  de  pair néanmoins  un  accident était  toujours

possible et vite arrivé! Quelle  merveilleuse semaine!  Le soir, le

bateau était ancré aux deux extrémités et le matin ils retournaient

au large après avoir  magasiné dans  les petits  villages côtiers;

Jacques avait  conservé  quelques  cartes postales  achetées  à  ce

moment.   Ils  eurent même  le  loisir  d`observer des  baleines  en

groupe.   Jacques  se permit  de  nager  près  des  côtes et  il  se

souvenait d`avoir dégusté le fruit de sa pêche apprêté par un copain

indou avec de l`oignon et du cari, c`était un  vrai régal tant ils

étaient affamés.   Une  année  d`études et  de  laboratoires  avait

favorisé des liens amicaux étroits.                             

 

Jacques aurait probablement dû demander de poursuivre ses études de

 

doctorat à Londres afin de bénéficier pleinement de sa bourse.  Ces

liens affectifs et amoureux avec son amie de  Montréal lui pesaient

lourds, elle lui avait même suggéré de l`attendre  pour visiter les

autres pays d`Europe.                   

 

Rétroactivement, il  constata  que  les  diplômés  de  l`Université

McGill, fort sympathiques, avaient  profité en grand  nombre; sept

sur neuf. Seulement, deux de  l`Université de Montréal!  Ces appuis

financiers du Québec contribuaient à seconder  des jeunes québécois

de tout milieu à se préparer à jouer un rôle plus important dans la

société en complétant leur formation en milieux internationaux et en

développant pleinement leurs potentiels intellectuels. Le programme

de bourses Athlone  dont plusieurs  québécois avaient  bénéficié et

parmi lesquels un  certain  nombre  occupaient des  positions‑clés,

devait éventuellement être abandonné et réinstitué.  Alors, Jacques

déplorait que celui  du Commonwealth,  qui  fut aboli,  ne fut  pas

également rétabli.   Ce dernier  programme un  des plus  complets et

généreux de  bourses  permettait   aux  québécois  aux  compétences

académiques supérieures de se perfectionner  professionnellement au

niveau international  notamment  dans  le  Commonwealth,  des  pays

essentiellement anglophones répartis  aux  quatre  coins du  globe.

L`évaluation de ce  programme  par le  Conseil  des universités  et

Collèges du Canada et l`association des universités du Commonwealth

dont   les   résultats    furent,   peut‑on   croire,   insuffisants

probablement en raison des  positions sociales  des récipiendaires

peu nombreux relativement à ceux de la bourse  Athlone.  Jacques ne

prit jamais  connaissance  de ces  résultats.   Ces  récipiendaires

brillaient   probablement   discrètement   dans  leurs   champs   de

spécialisation   surtout  dans   les   secteurs  de   l`enseignement

universitaire et de la recherche. Jacques, francophobe profitait de

cette opportunité.    Le  Royaume‑Uni   était  un   des  principaux

investisseurs au Québec  et  ce pays  représentait une  alternative

anglophone intéressante  aux Etats‑Unis  et  un  autre accès  à  la

Communauté européenne en  sus de  la France.   Dans le  domaine des

affaires mieux valait  s`aménager plusieurs  entrées plutôt  qu`une

seule. Et  que dire  des nombreux pays  du Commonwealth,  une vraie

communauté internationale! Il était souhaitable que le gouvernement

québécois essaya  et  développa   un  pendant,  un  programme  plus

important et  prioritaire  dans  le monde  de  la  francophonie  et

éventuellement avec les pays latins, pensait‑il!       

 

Après avoir remis sa thèse de maîtrise à la fin de l`été suite à de

multiples visites  à  une   entreprise  de  fabrication  de  pièces

automobiles où il se fit  offrir un emploi  par le gérant  et qu`il

refusa. Ce  gérant se plaignait gentillement  d`aider des québécois

et des canadiens et  de ne  pas les revoir  par la  suite.  Jacques

comprenait et sympathisait aux problèmes économiques  et sociaux de

la Grande Bretagne, problèmes hiérents ou  imputables, entre autres

 

raisons, à la vétucité de nombreuses installations industrielles et

commerciales relativement au  Japon,  à l`Allemagne  et au  Québec.

Après quoi,  il  s`envola  pour Paris.   Son  itinéraire  européen,

préalablement défini, lui  offrait  la flexibilité  de choisir  les

jours de départ de Paris en train, de Berlin en avion, de Munich en

train, de Rome en avion, de Madrid en avion et finalement de Paris à

Montréal en avion.   La  contrainte était  une  rencontre prévue  à

Madrid entre Felipe Nunez, sa  fiancée et le père  américain Smith.

Disposant d`un budget  limité,  il séjournait  dans des  résidences

d`étudiants, le plus souvent.                 

 

Il fut stigmatisé par la résonnance des bottes  communistes dans le

train Paris‑Berlin.   Les regards des passagers  tendus témoignaient

du climat  sévère  derrière  le   rideau  de  fer.   Les  passagers

recherchaient et  sollicitaient   des  échanges  d`objets  simples;

gommes, souliers, et cigarettes surtout américaines. Il a tellement

à dire au sujet d`un tel voyage!  Après avoir visité Londres, Paris

lui parut également  immense mais  moins massif,  plus élégant  que

Londres même  si  toute  comparaison était  difficile  à  établir  et

s`avérait fréquemment subjective.                  

 

La visite du mur de Berlin et d`un important monument historique du

côté communiste le fit réfléchir quant à  l`importance, la rigidité

et l`imperméabilité  du régime  communiste.   Le  climat de  guerre

froide se lisait sur ces murs, ces monuments et spécialement sur ces

visages. Les deux  églises à Berlin, dont  l`une ancienne quasiment

démolie et  l`autre  nouvelle  et moderne  se  voulaient  un  autre

témoignage d`un ancien conflit mondial.  Malgré,  tout ces symboles

et ses souvenirs marquants, d`autres conflits même mondiaux étaient

toujours probables et inévitables car inhérents à la nature humaine

affublée de nombreux tares et  carences.  La paix et  la perfection

étaient difficilement  accessibles  en  raison  de  nos  potentiels

intellectuels limités, de nos instincts vindicatifs, de nos faibles

niveaux de connaissance  des réalités  et des  phénomènes naturels.

Fréquemment, l`humain corrigeait un  problème même  partiellement et

constatait plus tard que des effets pervers avaient résultés de ces

actions ou des mesures prises. Jacques réalisa que l`être humain ne

peut qu`aspirer  à  la  perfection,  à  la  qualité  totale  (terme

populaire aujourd`hui), à l`optimisation des résultats compte tenu de

toutes les  composantes  d`une  situation qu`à  la  mesure  de  ses

habilités, de ses capacités dans le plus optimiste des mondes ou des

scénarios. Connaître et accepter nos limites marquaient le début de

la sagesse humaine à son  humble avis.   A Munich, le  climat était

plus détendu et particulièrement à la « maison de la bière ».  Il fut

impressionné par  l`aspect  fonctionnelle et  simple  des  édifices

publics que l`on retrouvera de  plus en  plus à Montréal,  dans les

années                                                          qui

 

suivront.                                                                                              

 

En Italie, à Venise, il occupa une antique et confortable « suite » à

un faible prix car  la saison touristique  était fort  avancée.  La

place Saint‑Marc se  révéla  toujours survolée  par  des volées  de

pigeons tous aussi affamés les uns  que les autres.  A  Rome où les

visiteurs étaient les plus sollicités,  à son avis, il  lui fallait

surveiller étroitement  ses achats  et  son  portefeuille.  Que  de

places, de châteaux, de fontaines à visiter en Italie et que dire du

Collisé et des ruines du mur  de Rome.  A Florence,  le fameux pont

supportant des habitations qui  y étaient intégrés  l`avait séduits

ainsi   que   les   basiliques   de  couleurs   pâles   et   variées

photographiées. En Espagne, il  acheta quelques souvenirs à Tolède,

s`émerveilla de la beauté de Madrid avec ses parcs, ses places, son

musée El Prado  où il  prit quelques  photos de  peintures célèbres

feignant ne pas savoir que c`était défendu et  il visita l`Oratoire

construite   dans   le  roc   de   la   montagne  à   proximité   de

Madrid.                                                        

 

A son retour  d`Europe,  il   devait  apprécier  notre  système  de

transport par  métro comparativement  à  celui  des grandes  villes

visitées; celui de Montréal étant des plus propres et sécuritaires.

 

De retour à Montréal, il loua une chambre annoncée à l`aéroport. Il

retrouva son amie dans son milieu familial.  Pour diverses raisons,

il ne put renouer avec son amie qui gentillement l`accueillit. Ils

n`étaient pas sur la même longueur d`ondes dit simplement en termes

de génie électronique; Jacques  était sans  le sous,  sans travail,

cambreur avec de nouveaux arrivants français, japonais, et autres

et peu expérimenté en amour.   Il revit  aussi un copain  associé à

cette famille qui devait devenir sous‑ministre à  Québec.  Après un

an à l`extérieur et la tenue de l`exposition universelle à Montréal,

le Québec n`était plus le même que celui qu`il avait connu avant son

départ. Il eut  quand même quelques jours  pour visiter furtivement

les pavillons  de  l`Expo  et observa,  crut‑il,  l`ancien  premier

ministre Lesage, sur le site, moins entouré et sollicité auparavant;

seul.                               

 

Même si  Jacques  considérait  une   voiture  comme  un  des  pires

investissements, placements  malgré  la  nécessité  d`un  moyen  de

transport, il s`était acheté  une rutilante  Parisienne décapotable

rouge car c`était le printemps et il lui aurait fallu attendre deux

mois afin d`obtenir une voiture de couleur vert foncé. Il réalisait

que cette  voiture  sport  représentait  une  récompense  pour  les

nombreuses années d`étude, d`efforts et d`attente. Par la suite, il

devait conserver ses voitures pour des périodes de dix ans environ.

 

Au volant  de  cette  puissante voiture,  parfois  seul  abord,  il

 

poussait son  bolide à  de  grandes  vitesses, par  exemple,  entre

Montréal et Québec où il avait établi ses performances personnelles.

A ces vitesses,  peu de  conducteurs  le  dépassaient et  s`ils  le

faisaient, il les retrouvait souvent dans le décor particulièrement

lorsque le pavé  était humide.   En  se rendant  à Rimouski,  passé

Québec, il avait coursé avec une Mustang. Sur un parcours droit, il

gagnait en vitesse sur la Mustang  et dans les courbes,  il perdait

son avance  en raison  de  la  plus  faible manoeuvrabilité  de  sa

voiture. Plus  tard, il fit  part de  ses expériences à  son garçon

tout en le dissuadant de l`imiter en ce domaine. Un accident mineur

l`avait rendu prudent. Sa voiture avait légèrement dérapé dans les

conditions pluvieuses à un  kiosque de perception  sur l`autoroute.

Il réalisa qu`un accident était vite et facilement  arrivé et qu`il

valait mieux  respecter  les  limites  de  vitesse  et  étudier  le

comportement des conducteurs à l`avant,  à droite, à l`arrière  et à

gauche de son véhicule.                  

 

Son   premier  placement   de  mille   dollars  à   la  bourse   par

l`intermédiaire d`un courtier renommé s`avéra en moins  de six mois

une perte complète dans le domaine minier de l`Ouest canadien.   

 

 

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Prêt pour aller au bureau! – Leaving for the office! – Partindo para o escritório! – Ostavljanje za ured! – – دفتر کے لی…

Posted by Odilon Talbot on Wednesday, November 9, 2016

 

                          III‑ L`ADULTE            

 

Sa mère assistait à sa graduation et son attention  fut retenue par

son confrère, Yves.   Ce détail le surprit compte tenu  de sa propre

performance; récipiendaire du prix du ministre  du Bien‑Etre social

et de la Jeunesse, Monsieur Bertrand et premier dans quatre matières

ainsi que deuxième dans quatre autres. Elle était possiblement plus

ambitieuse qu`il l`avait cru!  Jacques  avait cru déceler  dans son

cheminement, sa progression intellectuelle  une facilité  accrue au

fur et à mesure que les années passaient. Peut‑être en raison d`une

plus grande concentration sur ses études ou une certaine facilité à

intégrer les connaissances acquises ou encore une soif croissante de

connaissance.   Eventuellement,  il  devait  observer  un  phénomène

semblable chez sa progéniture.                

 

Son premier emploi d`été fut celui de bûcheron en  compagnie de son

frère aîné, expérimenté et  anxieux de l`aider  à sa  façon.  Après

deux semaines d`ardus  labeurs pour  un étudiant  de petite  sature

physique, son frère jugea que les cent dollars gagnés chaque semaine

ne constituaient pas une rénumération satisfaisante compte tenu des

efforts consentis et en raison du peu de bois  de coupe disponible.

Au moulin à  papier de  Baie‑Comeau,  le préposé  au personnel  lui

offrit, en apparence  froidement,  un choix  de  deux emplois  bien

rénumérés et syndiqués; transport du souffre à la brouette, brie et

transport de la pierre calcaire et nettoyage des planchers aux jets

d`eau pressurisée.   Il  réalisera  que les  confrères  de  travail

étaient expérimentés  et  respectaient  un  rythme  raisonnable  de

travail, comme  le dit  un  vieil  adage;  « petit train  va  loin ».

Jacques poursuivit son travail une semaine après le début des cours

avec la permission de la direction du collège et il en profita pour

rencontrer les  chimistes  du  moulin   et  leur  emprunter      la

documentation relative à un  projet de fin  d`étude traitant  de la

fabrication du papier. Des  travaux additionnels comme débardeur de

rouleaux de papier et de  sacs de ciment lui  permirent d`accumuler

des argents pour la prochaine année.               

 

Suite à sa graduation  en 1960, il  travailla à  l`arpentage requis

pour le  déplacement des  lignes  téléphoniques  en compagnie  d`un

arpenteur originant d`un milieu  nantis de la  région, sympathique,

plaisant et connaissant.  Même à cet  âge, il crût grandir  car une

rencontre fortuite avec son  ancien préfet  de discipline  leur fit

réaliser qu`il avait  physiquement  grandi  présumément à  franchir

allégrement les clôtures des fermes. Il s`était également adressé à

l`université McGill suite à son cours collégial ainsi  il aurait pu

terminer ses études universitaires de premier cycle  en quatre ans.

Ils lui soulignèrent la faiblesse de ses connaissances de l`anglais

 

et ils l`encouragèrent à entreprendre d`abord une année préparatoire

en milieu anglophone.                    

 

Arrivé à Montréal, il rechercha  une chambre double à  proximité de

l`université en compagnie de son confrère du collégial, Yves Hébert.

A l`occasion, il  observait   des  faisans,  spécimens  apparemment

disparus, se  promenant  aux  abords de  la  montagne  surtout  aux

premières neiges.   A Polytechnique,  il  fut  accepté sans  examen

d`admission ainsi que neuf  autres gradués  du même  collège.  Deux

d`entre eux seulement devaient devenir ingénieurs; les deux premiers

au collégial! Yves devint par la suite professeur à l`Université et

président de  leur  association.   Un  proche  confrère  jovial  et

socialement fort, Ernest  Bilodeau,  devint géographe  à Québec  et

plusieurs confrères oeuvrèrent dans l`enseignement professionnel au

secondaire   et   au collégial.   Avant   les   premiers   examens

trimestriels, son frère, Emile, décéda dans  un accident impliquant

sa plus jeune soeur.  Il  obtint au cours de  la fin de  semaine la

permission du  directeur  adjoint  de  l`Ecole  de  s`absenter  aux

examens.   Ainsi,  l`examen   semestriel  revêtit   une  importance

particulière. Les résultats  de la première année  lui donnèrent la

satisfaction d`avoir   obtenu  les  meilleurs  résultats   des  dix

étudiants venus ensemble  du  Bas‑Saint‑Laurent. Ici, encore,  il

avait demandé à compléter le cours de génie en quatre ans au lieu de

cinq mais sa demande avait été refusée.  Au premier bal de l`année,

il rencontra une employée  de la  Croix‑Rouge plus  âgée que  lui à

l`occasion d`un « blind date » et ils ne se revirent pas. Durant deux

ans, il pratiqua l`escrime et  le fleuret, en particulier,  avec le

maître d`armes, M. Desjarlais, et poursuivit ses cours de natation.

Il joignit une équipe de quille organisée par un homonyme d`un maire

montréalais.                                           

Jacques à sa  troisième année  de  génie s`était  lassé de  l`étude

séduit et fasciné par les activités parascolaires  au Centre social

de l`Université de Montréal, son lieu de  résidence.  Il s`impliqua

particulièrement dans l`organisation  des  activités sociales.   Un

cours de cinq ans lui avait  apparu très long et  c`est pourquoi il

avait pensé le faire en quatre ans. Il dut reprendre courageusement

cette année car il avait subi trois échecs. Devant travailler l`été

pour défrayer ses études, il disposa de peu de  temps à Arvida pour

préparer ses examens de reprise. Il avait loué une chambre chez les

parents d`une nombreuse  famille  sympathique.   Il était  difficile

d`approfondir des   sujets  en   dehors  du   cadre  universitaire.

Heureusement que les  étudiants graduaient  maintenant par  matière

malgré les quelques avantages de l`ancienne méthode.  Jacques avait

été élu directeur  du comité  des  Activités sociales  suite à  son

implication soutenue.  Il  préférait ces  activités sociales  à ses

études. Malgré cet échec  scolaire, Jacques appréciait l`expérience

et les connaissances sociétales acquises  au cours de  cette année.

De cette expérience, il  retint, entre  autres, qu`il  possédait un

 

caractère assez entier, qu`il  se consacrait à  ce qu`il  aimait le

plus, un peu comme tout le monde, qu`il était  dangereux de diviser

ses énergies.   Peu de  confrères et  de consoeurs  de Polytechnique

étaient actifs au sein de  comités ou d`activités à  l`extérieur de

l`Ecole en raison des exigences académiques, de la nature des sujets

étudiés et du faible niveau  d`intérêts suscités par  les activités

agéumiques (AGEUM). De cette façon,  il devait connaître assez bien

deux promotions de  génie et  officiellement appartenir  à la  plus

récente des deux promotions. De part, ses performances académiques,

sa personnalité   et  son   sérieux,  il   croyait  se   mérité  la

considération de ses consoeurs et de ses confrères.    

 

Ainsi, sa  troisième  année  universitaire se  caractérisa  par  un

intérêt   particulier   pour   les  activités   sociales   et   leur

organisation. Il se lia d`amitié avec un étudiant en droit des plus

sociables. Un copain  actif aux Activités sociales  devait jouer un

rôle‑clé dans l`instauration  de la  francophonie.  Il  fut l`objet

d`un article dans le Quartier Latin, un  article intitulé « Scandale

chez les bourgeois ».   Aux « Petit bal du samedi soir »,  une tenue de

ville était exigée et Jacques assisté de ses acolytes avaient refusé

l`admission à un étudiant  pour cette  raison.  Jacques  Girard, le

directeur de ce journal à  ce moment l`avait encouragé  à répondre.

La vie  à  la  résidence  des étudiants  lui  permit  de  connaître

plusieurs confrères de Polytechnique  et de d`autres  facultés dont

plusieurs résidaient hors  de  Montréal, soient  les « orphelins  du

centre social ». A ce moment, il  connut deux étudiants en droit qui

devaient devenir des ministres québécois. Il visita irrégulièrement

ses tantes  et  cousins  de  Montréal  dont  l`un  est  aujourd`hui

procureur général adjoint  dans une  grande ville  du Québec.   Une

année durant, il loua une chambre chez des allemands et à ce moment

là, il avait une amie, institutrice originaire  de Québec.  L`année

suivante, un copain,  Sylvio Lamaire,  lui offrait  de partager  un

appartement. Cet  ami était considéré  et tenu en haute  estime par

Jacques. Il était  favorablement impressionné par le  sérieux et la

fidélité de son plus grand ami qui devait obtenir son doctorat dans

une nouvelle spécialité du génie,  le génie bio‑médical.   Deux des

soeurs de Jacques venues demeurées à Montréal  eurent l`occasion de

connaître ce  copain  cependant  aucune  d`elle  ne  s`y  intéressa

sentimentalement.   Le propriétaire  de  l`immeuble était  également

propriétaire d`un  chaîne  de  pâtisserie  et  souvent  ses  chiens

l`accompagnaient.   La  dernière année  fut  passée  avec sa  soeur,

Louise, infirmière  et plus  âgée  de  deux  ans dans  un  logement

fraîchement meublé.  Les  nombreux liens  amicaux établis  avec les

confrères de  classe en  génie,  en  particulier, furent  des  plus

précieux tant sur  le  plan professionnel  que  personnel.  On  les

retrouve dans toutes les sphères de la vie économique québécoise et

ailleurs. A Polytechnique, il y avait des étudiants du Maroc, de la

Tunisie, du Liban, du Vietnam, de l`Algérie, de l`Egypte …  qu`il

 

apprit à connaître et à apprécier. L`un d`eux devenu vice‑président

d`un multinationale  devait  lui fournir  d`excellentes  références

adressées à lui personnellement pour la poursuite de  ses études au

niveau du  doctorat.  Il  compléta  son  camp d`arpentage  avec  un

québécois italophone bien intégré au Québec qu`il côtoiera plus tard

à Varennes.                          

 

Lorsqu`à l`université, il  vécut  une expérience  dont  il tira  de

sérieuses conclusions.   Un  homonyme   avec  qui  il  essayait  de

s`entendre lui refusa  son amitié.   Après plusieurs  démarches, il

conclut en l`existence  d`antipathie  naturelle qu`il  ne faut  pas

espérer vaincre.  Possiblement  que  son  homonyme retrouvait  chez

Jacques quelques uns  de ses  traits personnels  qu`il n`appréciait

pas, lui disait‑on!  Il devait  vivre une situation  similaire dans

une association professionnelle plus tard et, comme par hasard, une

compagne, à qui Jacques avait  décrit le petit dilemme,  expliqua à

son confrère  la  situation  qu`il   vivait.   Une  facette  de  sa

personnalité qu`il avait très tôt découvert consistait  au fait que

peu de gens, lui semblait‑il, l`approchait sans qu`il est établi au

préalable un contact  personnel.   Lui  reconnaissait‑on une  forte

personnalité?   Avait‑il   l`impression  d`être   peu  influençable?

Généralement, les personnes  approchées  par Jacques  réagissaient

positivement à ses démarches, à ses communications.    

 

Jacques avait été  séduit  intellectuellement par  une compagne  de

classe très brillante, simple, jolie, diplomate, équilibrée, grande,

…  L`image  de cette  femme‑ingénieur,   ingénieure le  motiva  à

d`autres moments à favoriser les intérêts de celles‑ci pour le bien

de la profession. Celle‑ci enseigna  dans une université de la côte

ouest du Canada et y poursuivit des  recherches.  D`autres confrères

masculins lui inspiraient aussi  beaucoup de  respect et  le milieu

estudiantin s`avérait des plus stimulants professionnellement. Plus

tard, Jacques   rêvait  quelques  fois   d`implications  sociétales

entourées de tels consoeurs et confrères.          

 

Tout au cours des étés,  il travailla à  Toronto dans une  usine de

métal en feuille afin de payer ses études  et d`apprendre l`anglais

ce qui était  relativement  difficile et  l`isolait  de son  milieu

culturel. La  plupart des employés  avaient, par exemple,  un doigt

coupé par l`équipement, les machines‑outils malgré certaines mesures

de protection au  travail.   Heureusement, Jacques  s`en tira  sans

accident! Jacques  suivit des  cours d`anglais avec  des immigrants

italiens, allemands et autres.  Pour une seconde fois,  il subit un

harcèlement sexuel léger (terme  peu connu à  cette époque)  de la

part d`un superviseur allemand mais en tant qu`adulte  il ne savait

pavoiser à ce sujet. Un de  ses superviseur de nuit fut un hongrois

qui lui parla  longuement de  son  pays.  Jacques  loga à  Toronto,

d`abord, dans une famille allemande de qui il  apprit quelques unes

 

de leurs coutumes et il dégusta leurs plats  souvent nationaux.  Il

se lia d`amitié avec un autre cambreur également allemand, étudiant

en architecture qui devait épouser la jeune et jolie fille blonde du

propriétaire. L`été suivant, il apprit qu`il en coûte quelques fois

d`aider un québécois  peu sérieux  (quasi‑itinérant) même  pour une

nuit d`hébergement en termes  de réputation  auprès de  sa logeuse,

portant le même nom que lui accepté tant en anglais qu`en français,

et de  non‑remboursement  d`un  prêt  de  trente  dollars.   Il  se

sensibilisera au  comportement des  québécois  hors  Québec et  des

Ontariens.                          

 

Son moyen  de  transport  de  Montréal  à  Rimouski  à  Toronto  et

vice‑versa au cours de ces années de vie étudiante était le « pouce »,

l`auto‑stop. Seulement aux  Fêtes, il empruntait le  train bondé de

passagers et  presque  toujours   en  retard  de  quelques  heures.

Cependant, un Nöel  au lieu  d`emprunter  le train,  il voyagea  de

Montréal à Rimouski en voiture avec un autre étudiant.  La chaussée

était glacée et,  à un  moment donné,  leur voiture  descendait une

longue pente  pendant  qu`une   autre  arrivait  en  sens  inverse.

Immédiatement après  avoir  dépassé cette  voiture,  leur  véhicule

pivota de  cent  quatre‑vingt  degrés et  ils  se  retrouvèrent  en

direction inverse. Si la voiture avait pivoté    quelques secondes

plus tôt, la vie ou du moins  l`état de santé de  Jacques aurait pu

être altéré.   Sa vie  ou du moins  son état de  santé avait  tenu à

quelques secondes du déroulement d`un événement           fâcheux et

possiblement fatal.  La  vie ne  tenait qu`à  un fil  aux dires  de

certains cascadeurs et aux dires de Jacques également.      

 

Amateur de films, il devait en visionner des centaines en français,

en anglais et  plus  tard en  espagnol  et en  italien  et même  en

portugais. Sa  futur compagne éventuellement devait  être aussi une

amatrice de films cependant elle visionnait rarement les films sans

dormir une  trentaine de  minutes  probablement  en raison  de  ces

nombreuses activités et  du haut  niveaux d`énergies  régulièrement

dépensées. De plus, elle devait séjourner également quelques étés à

Toronto pour apprendre l`anglais. Au cours d`un été, il augmenta sa

masse   musculaire  en   respectant  les   instructions  d`exercices

physiques exécutées seulement en  utilisant le  poids de  son corps

comme tel. Cette méthode  contribuait ainsi à améliorer l`apparence

et particulièrement le maintien physique.          

 

Les autres étés furent passées à Arvida où il agit comme responsable

des plans d`une usine pilote dont le  procédé s`avéra impraticable

et elle dut  être démolie,  à Montréal  à titre  de dessinateur  et

d`étudiant‑ingénieur   chez   Bell   où  ses   premières   réactions

nationalistes   francophones   se   manifestèrent.   En   tant   que

dessinateur, il connut un  ingénieur allemand  des plus  humains et

charmants. Il rencontra également les membres de sa petite famille.

 

Subséquemment, il fit fréquemment le nom de son patron dans la liste

des membres du conseil d`administration d`une importante entreprise.

De plus au Bell, il connut  un français, Louis Dumais,  un lyonnais

simple, pondéré, compétent,  appréciant  le  Québec sans  déférence

qu`il devait revoir à Paris  lors de  son séjour en  Europe.  Louis

oeuvra au sein d`une multinationale ayant d`importants intérêts ici.

Il devait être éventuellement des plus compréhensifs en tant qu`hôte

à Paris. Avant de  partir pour l`Europe, Jacques  travailla à Ville

Lasalle à la  programmation.  Cette  été  là, le  camping était  au

programme de même que le tennis à l`université ce qui lui permettait

de rencontrer des compagnes en plus de se conditionner physiquement.

A cette époque, il devait rencontrer une personne, Renée Thibodeau,

avec qui il correspondit durant son voyage d`études en Europe.   

 

Durant ces années d`études, il se demanda souvent s`il était doué et

progressivement,  il   réalisa  qu`il  pouvait   laborieusement,  si

nécessaire,   maîtriser  beaucoup   de  matières.    Son  champ   de

spécialisation avait été choisi  de part les  opportunités offertes,

comme bon nombre de  québécois, sa famille  n`ayant pas  les moyens

financiers nécessaires à la poursuite d`études classiques ce qui lui

aurait permis de  choisir  plus librement  sa profession.   N`ayant

jamais été  intéressé par  la  prêtrise,  la possibilité  de  faire

défrayer ses études au séminaire ne fut jamais considérée.       La

liberté de choix peut  conduire à une  meilleure acceptation  de sa

profession.   A tort  ou à  raison, Jacques  croyait que  les sujets

techniques représentaient des domaines exigeants. Pour y conserver,

maintenir, soutenir son  attention,  il devait  fournir de  sérieux

efforts.   D`autres  sujets  auraient  pu s`avérer  plus  faciles  à

maîtriser. Il considérait ces études comme un défi.        

 

Jacques, ses frères et ses soeurs furent heureux du  retour de leur

père sous le toit familial.   Il était  plaisant de voir  son père,

d`être avec  lui après  une  si  longue absence!   Après  plusieurs

années, il  devait  chuter,   être  hospitalisé  et  éventuellement

décédé.                              

 

Globalement, Jacques vécut plusieurs expériences amoureuses plus ou

moins importantes avec  des institutrices,  des infirmières  et des

étudiantes   à  l`université.    Les  deux   expériences  marquantes

impliquèrent, d`abord, une institutrice de Québec et une professeure

poursuivant ses études à l`université. Cependant, il ne consuma pas

ses amours physiquement.   Au bal  de graduation,  une élégante  et

jolie compagne de la  Rive‑Sud de  Montréal l`accompagnait  dans sa

longue robe blanche étroite découpant sa silouhette élancée dont le

haut était  drapé  d`un  filet  vert.  Cette  amie  fit  preuve  de

gentillesse et d`une grande franchise à son égard ce qu`il apprécia

grandement.                          

 

 

A cette époque, un confrère de classe écrivit à son  sujet le texte

suivant:                                 

 

« On peut reconnaître notre ami par  son rire facile et  sa démarche

veloutée. Jovial, toujours et partout,  tranquille et reposé à tout

instant, il  voit la  vie  en  rose  dans  la métropole.   Il  aime

fréquenter les réunions mondaines.                 

 

Comme sportif, c`est un athlète en  retraite; on ne le  voit jamais

courir; il semble tout de même sûr de se rendre au but.

 

Comme il aime faire des rencontres, échanger des idées, il s`occupa

d`activités sociales.  Il  organisa alors  des cours  de danse,  un

petit bal, et des danses  libres.  Mais, c`est difficile  de servir

deux maîtres et il dut abandonner ces activités pour mettre plus de

temps aux études.                       

 

Maintenant, notre ami semble intéressé par la direction des grandes

entreprises; c`est pourquoi il projette de faire un jour une maîtrise

en « Business Administration »; peut‑être qu`il ne veut pas continuer

à faire des calculs compliqués;  peut‑être préfère‑t‑il  les sommes

aux soustractions et aux  sommations infinies.  Nous  te souhaitons

donc, cher ami, de réussir partout et toutes les responsabilités qui

te seront confiées. »                     

 

Pour sa part, Jacques  rédigeait également  d`un plume,  d`une façon

familière les quelques lignes au sujet d`un confrère:       

 

« Robert nous vient d`une région à  proximité du Québec.  Ce  qui ne

l`empêche pas d`avoir la mentalité  d`un vrai Québécois.   Arrivé à

Poly en deuxième année, après  avoir terminé brillamment  son cours

classique, il n`eut jamais de difficulté à réussir ses examens (même

électrotechnique) accomplissant un travail constant.        

 

Déjà depuis  un an,  Robert  apprécie  les avantages  matrimoniaux.

Cette situation n`affecte  en  rien ses  résultats académiques,  au

contraire, elle constitue une motivation de plus  à l`étude.  D`une

humeur toujours gaie, Robert quoique n`étant pas de ceux qui font le

plus de  tapage, est  d`un  contact  agréable.  Il  saura  sûrement

mériter la confiance de son employeur, étant ponctuel et toujours à

point.                                                     

 

A titre   d`activités    extra‑scolaires,   il    s`intéresse   tout

particulièrement aux sports: natation, hockey, … Robert a toujours

été heureux de participer aux activités de classe.     

 

L`an prochain, on le verra très probablement au volant d`une Volvo,

voiture alliant trois caractéristiques d`un intérêt particulier pour

 

Robert, soit: confort, endurance et économie.          

 

Robert, ta préparation  sérieuse  et tes  qualités personnelles  te

vaudront sûrement le succès dans  le domaine d`activités que  tu as

choisi. Tes confrères te le souhaitent sincèrement.        

 

                                    Jacques »          

 

Jacques se surprenait d`avoir utilisé l`expression « vrai Québécois »

aussi tôt que 1966 et surtout à l`endroit de quelqu`un originant de

l`extérieur du Québec.                   

 

A titre d`expérience  à caractère  racial,  il  se souvint  d`avoir

traversé à pied un secteur  noir de la  ville de New  York, Harlem,

pour se  rendre  plus  rapidement  à  l`Université  qu`il  désirait

visiter. Chemin faisant,  un employé de la Ville  qui le rencontra,

lui offrit de  le reconduire  à l`extérieur  de ce  secteur à  haut

risque de violence et  de conflits.  Dans  certains secteurs  de la

ville traversés en métro, il y  rencontra une majorité noire  et il

fut surpris de l`état déplorable  du métro, un des  plus malpropres

avec mille et un  graffitis, qu`il aurait  l`occasion de  visiter et

d`utiliser.                          

 

Il dut renoncé  à  contre  coeur à  un  emploi  permanent des  plus

intéressants et prometteurs chez       Bell, un emploi mérité par sa

performance au cours de l`été précédent et ses résultats académiques

cependant il avait obtenu la bourse du Commonwealth, lui permettant

de poursuivre ses études en administration au Royaume‑Uni au niveau

du deuxième cycle universitaire. Fait  à noter, on avait demander à

Jacques s`il comptait professer à Montréal ou à Rimouski avant de le

choisir comme boursier et il  avait manifesté ses  préférences pour

Montréal. Peut‑être  que les  antécédents familiaux; la  maladie de

son père en particulier l`avait motivé à demeurer  à Montréal après

ses études.   Surtout, les opportunités d`emploi  s`annonçaient plus

nombreuses et plus  brillantes à  Montréal.  Il  lui semblait  plus

normal de poursuivre sa vie dans la métropole.   Le représentant de

la compagnie auprès des universités  lui avait demandé les  noms de

confrères qu`il jugeait professionnellement intéressants compte tenu

des exigences du Bell.   Jacques avait  été flatté  de ce  geste de

confiance.   Le    British   Council   veilla    rigoureusement   à

l`organisation de son  voyage en  paquebot à  Londres et  ensuite à

Birmingham, lieu de ses études où il retrouva  un ancien professeur

de Polytechnique sympathique et communicatif ainsi qu`un confrère de

classe, son président  de promotion,  charmant garçon,  généreux et

jovial. Cette expérience en  Europe devait lui aider éventuellement

à comprendre la nature des liens unissant les nouveaux arrivants au

Québec.           

L’article 5- Il y a vingt ans …. Jacques, l’adulte est apparu en premier sur Il y a vingt ans .....

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