X‑ L`IMPLICATION SOCIETALE

 

D`année en  année, il  trouvait  toujours  des sujets  d`actualités

justifiant la rédaction  de textes,  lui permettant  de s`impliquer

dans les débats de l`heure.   Exprimer ses points de vue constituait

une soupape de sécurité à  son équilibre personnel.  Il  croyait, à

tort ou à raison, que des textes présentés à des comités éditoriaux,

même s`ils n`étaient pas toujours  publiés, qu`ils étaient  lus par

les leaders d`opinions, certains décideurs, …  A défaut d`obtenir

le crédit  ou l`avancement  afférent  à  la reconnaissance  de  ces

suggestions, de ces analyses,  il appréciait la  matérialisation de

certaines mesures suggérées  antérieurement.   Les idées  faisaient

progressivement leur chemin. Par exemple, les membres du Ralliement

pour l`Indépendance Nationale  du  Québec furent  de  plus en  plus

nombreux à être convaincus du  bien‑fondé de leur  cause.  Ensuite,

les membres du Parti  Québécois suivirent un  cheminement semblable

et, après, ceux  du  Parti  Libéral furent  exposés  à cette  idée.

Jacques n`était même pas certain que les membres du Parti Québécois

étaient indépendantistes  dans  l`ensemble, ils  les  soupçonnaient

d`être souverainistes  à divers  degrés.   D`autre  part, il  était

convaincu que  lorsque l`on  adhère  à  l`indépendance, c`est  pour

longtemps. Un chansonnier  québécois nationaliste populaire, Gilles

Vigneault, originaire de la même  région que Jacques et  de l`autre

côté du  fleuve  avait  composé   une  chanson  très  populaire  et

entraînante dans laquelle il référait  au nom de  Jacques.  L`élite

nationaliste québécois omniprésente depuis toujours  alimentait les

milieux nationalistes et assumait  une certaine coordination  à une

échelle réduite.  Les mouvements de  gauche en attente d`un contexte

propice à leur expansion critiquaient souvent avec justesse tant les

actions du gouvernement que celles de l`Opposition. Par exemple, le

fait que le Parti Québécois relayait toujours  son objectif premier

au deuxième rang, soit subséquemment à l`exercice du  pouvoir si le

contexte l`exigerait!

 

 

 

 

                  1‑ La politique

 

 

Jacques s`évertuait  à  rechercher  des moyens  de  promouvoir  les

intérêts des québécois francophones dans un système indépendantiste

alors que  son  avancement commandait  préférablement  l`appui  des

mesures fédéralistes  et du  bilinguisme  sinon  de l`anglais  tout

court. Encourager  le bilinguisme  au Québec, c`était  contribuer à

l`assimilation des québécois, c`était favoriser l`usage de l`anglais

ici quant à  l`extérieur du  Québec le  bilinguisme n`existait  pas

 

réellement; il  s`agissait  en  pratique  de  promouvoir  seulement

l`anglais au Québec et non  pas le  français hors Québec.   Si vous

secondiez une démarche  souverainiste, vos  idées, vos  suggestions

étaient récupérées par les partisans de cette tendance et intégrées

à leurs   actions   irrespectivement    de   votre   position   dans

l`organisation ou du crédit que  vous méritiez ou  devriez mériter.

La cause était d`abord servie  aux profits des dirigeants  en place

quelqu`ils puissent être.

 

Plusieurs anglophones  montréalais  et hors  Québec  décourageaient

Jacques à acheter et à  posséder une résidence secondaire  en terre

américaine.   Ils  préféraient   être  les   seuls  à   assumer  la

représentation extérieure  à la  canadienne  anglaise,  à titre  de

malheureux   opprimés  linguistiques   par  les   pervers  québécois

francophones.   Jamais, il  n`était  propice à  un québécois  d`être

présent aux Etats‑Unis. Les  américains respectueux de leur drapeau

étaient intrigués par les  deux drapeaux, de  dimensions semblables

adossés l`un contre l`autre, des  Laberge; un américain  et l`autre

québécois symbolisant dans l`esprit  de Jacques qu`une  parcelle de

terre américaine était aux mains de québécois. Les canadiens et les

québécois anglophones sur le lac préféraient  déployer leur drapeau

canadien et,  quelques fois,  américain.   De  plus, Jacques  avait

installé un petit drapeau québécois sur son bateau.   Un voisin lui

avait dit qu`il  déployait son  drapeau fleurdelisé  le jour  de la

Saint‑Jean pour lui  plaire.   Jacques n`en  était pas  entièrement

convaincu car québécois même après avoir travaillé pour  la NASA et

vécut avec sa première famille dans le Sud des Etats‑Unis, il avait

parait‑il enseigné au  chef de  l`Opposition et  travaillé pour  le

Vice‑président du  PQ.  Sa  deuxième épouse  l`avait  présenté  aux

Laberge comme  le docteur  Nadeau.   Jacques  avait cru  se  sentir

protégé médicalement toutefois il apprit ensuite qu`il était docteur

en chimie. Quelques  fois,  on l`appelait,  semblait‑il, l`homme au

trois drapeaux.

 

Il était difficile  de s`affirmer  ouvertement comme  souverainiste

dans une société dominée par les valeurs  fédéralistes bien ancrées

dans les moeurs  de  nos dirigeants  devant  leurs positions,  leur

avancement à des stratégies et des actions  s`inscrivant dans cette

foulée, avait observé  Jacques au  cours  des ans.   On ne  saurait

couper les ponts avec les québécois francophones  oeuvrant dans des

organismes fédéralistes au contraire aux risques d`une assimilation à

leurs propres activités souvent importantes, les valeurs véhiculées

par des nationalistes  québécois  convaincus  et sincères  seraient

progressivement intégrées, somme  toute, par  des compatriotes  qui

éventuellement constateraient la pertinence de ces  valeurs même en

fonction de leurs intérêts pécuniaires lorsque la loi du grand nombre

et de la majorité les favoriseraient.

 

 

Il avait colligé des centaines de pages  d`articles rédigés surtout

en français et aussi en  anglais et en  espagnol et publiés  au bon

vouloir des  propriétaires  de   journaux.   En  raison  du  nombre

d`articles écrits et souvent publiés  on pourrait presque  dire que

Jacques tenait un journal personnel public.

 

Il avait  étudié  les  structures   de  la  Commission  des  écoles

catholiques de Montréal incluant le  rôle des commissaires  élus et

exprimé ses conclusions  par écrit.   Lors d`un  voyage au  Nouveau

Brunswick, il nota que certains acadiens auraient aimé être citoyen

québécois et   ses  remarques  furent  publiées   dans  le  journal

Evangeline. Suite  à son retour  de Martinique, Jacques  établit un

parallèle entre la situation du  Québec et celle de  ce département

français d`outremer.   En 1974,  Jacques suggérait  en sus  du Parti

Québécois un parti indépendantiste gauchiste et un autre au fédéral.

La suggestion d`un parti pour anglophones fut aussi présentée. Dans

un de ses articles de cette même année, il soulignait la possibilité

chez un couple qu`un des partenaires en vienne à orienter fortement

et définitivement les décisions du foyer. En 1977, il comparait les

systèmes scolaires privé et  public en  favorisant ce  dernier.  De

plus, il témoignait de situations défavorables à la francisation des

entreprises.   Les  mesures  de   francisation  des  entreprises  ne

semblaient pas appliquées très sérieusement car les avantages d`une

promotion apparaissent plus attrayants, importants que la promotion

du français.   En 1981,  relativement à  l`abolition de  la retraite

obligatoire, il avait exprimé son  opposition à cette mesure  à son

député‑ministre du temps. En 1982,  Jacques se demandait combien de

départs d`anglophones   étaient  fictifs   parmi  les   vrais!   Il

discourait   également  sur   la  pertinence   de  la   souveraineté

comparativement à   la  souveraineté‑association.    L`influence  des

sondages d`opinions retenait aussi son attention.  Il recherchait à

cette époque  un  raccourci  vers  la  souveraineté.   Il  justifia

publiquement et localement sa proposition de vote de blâme à l`égard

du chef du PQ.  A cette  époque, il soulignait  sa confiance  à une

monnaie québécoise  et  il   interrogeait  les  milieux  d`affaires

relativement à la souveraineté et la pertinence de  la présence des

péquistes   à  Ottawa.    En   1983,   quelques  liens   économiques

Québec‑Etats‑Unis étaient mise en relief dans un article.  Un autre

de ses articles soulignait  et déplorait la  perte partielle  de la

nouvelle génération, la  jeunesse  et s`interrogeait  au sujet  des

conséquences de la libéralisation  des moeurs.  Il  questionnait le

coût du  bilinguisme  au  Québec dans  le  domaine  de  l`éducation

relativement à celui de l`Ontario. Au Québec, nous avions un double

sinon quadruple système d`éducation; anglais,  français, protestant

et catholique.   En  1987,   Jacques  pratiquait  son  espagnol  en

établissant un parallèle entre  la situation  des québécois  et des

haïtiens suite à une longue discussion avec un haïtien. Après quoi,

il récidiva, en espagnol encore, auprès du journal El Correo en leur

 

transmettant ses commentaires politiques.  En 1990,  il dressait un

portrait d`ensemble du contexte politique québécois.

 

 

  1. i) Le Parti Québécois

 

 

Jacques s`impliqua socialement et politiquement en  devenant membre

du conseil d`administration de comté d`un parti politique où il fut

à tour de rôle  trésorier,  agent officiel  et  président.  Il  fut

surpris, entre autres, par le peu de services existants dans une des

municipalités, en particulier, et il suggéra en périodes de relative

prospérité que   des  argents  soient  investis   dans  le  domaine

environnemental et notamment  à l`épuration  des eaux  déplorant la

qualité de celles  s`écoulant  doucement à  proximité  de sa  ville

résidentielle.  

 

A une réunion du conseil  d`administration présidé par  Jacques, un

couple d`amis   insista  pour  intervenir.   Le   sujet  concernait

essentiellement le  mari  et  Jacques  donna  la  parole  au  mari.

Toutefois, l`épouse étant des plus dynamiques exigea le     droit de

parole et, après, l`avoir obtenu  elle contribua très peu au débat.

Encore, une fois, Jacques reconnut que la vie et  la dynamique chez

un couple devraient être respectées.   Il s`agissait d`un couple ami

et, surtout, d`un ancien confrère de travail.

 

Il n`accepta pas  la  ponction financière  chez les  fonctionnaires

québécois qui avaient contribué efficacement à la naissance et à la

promotion du Parti. Souverainiste  convaincu, il fut bouleversé par

le fait que  des positions  majoritairement adoptées  à un  congrès

national ne soient pas entérinées par le conseil d`administration du

parti où pourtant  siégeaient  des dirigeants  d`expérience et  des

membres du  gouvernement,  notamment,  des  ministres,  évidemment,

émules de Monsieur Lévesque. A plusieurs reprises, on dit à Jacques

que Monsieur  Lévesque  avait  hautement  été  traumatisé  par  ses

expériences des qu erres en tant que reporter.   Jacques et quelques

militants convaincus firent la promotion de la souveraineté pure et

dure comme les journalistes et les discréditeurs de la souveraineté

et de l`indépendance aimaient les  appeler.  D`abord, au  niveau du

comté, ensuite à la  région et finalement au  congrès nationale.

ils applaudissaient les  résolutions,  les  interventions les  plus

pro‑souverainistes et dites radicales, ils intervenaient en dû temps

pour   influencer  l`assemblée   ayant   maîtrisés  les   procédures

d`assemblées   délibérantes  et   autres,   ils  chahutaient   leurs

adversaires, ils  effectuaient  en  pratique,  démocratiquement  la

promotion de leurs croyances,  de leurs  objectifs et  du programme

officiel du parti tel que transformé. Aller au micro était pour eux

leur façon démocratique de monter  aux barricades!  Jacques  et les

 

militants de  plusieurs comtés  avaient  fourni  aux dirigeants  au

pouvoir   l`opportunité   de    diriger   un   parti   souverainiste,

indépendantiste et   de  préférence   un  pays   indépendant.   Ces

dirigeants et surtout Monsieur Lévesque n`en  attendaient pas tant!

Monsieur Lévesque vit en eux des agitateurs  efficaces alors qu`ils

étaient de simples militants  aguerris à la  défense de  leur idéal

politique que l`on leur  faisait miroiter  durant les  compagnes de

financement, aux Fêtes nationales, …  Ces militants avaient livré

démocratiquement   la  « marchandise »,   l`indépendance  et   non  la

souveraineté‑association à   l`eau  de  rose  qui   devait  revêtir

éventuellement la forme de beau risque  fédéraliste confirmant ainsi

les appréhensions  de ces  militants  expérimentés  et las  de  ces

éternelles discussions,  débats.   Serons‑nous plus  avancés  dans

quelques années, se demandaient‑ils?  Possiblement que  le langage

sera différent  mais  quand   sera‑t‑il  vraiment  de  la  réalité?

Monsieur Lévesque avait possiblement cheminé et favorisé un certain

nationaliste québécois qui  l`avait  conduit  au pouvoir  forcément

entouré d`une  équipe à  l`instar  des  anciens premiers  ministres

québécois.   Toutefois,  pour  bon  nombre de  stratèges,  il  était

souhaitable pour   la  cause,  l`indépendance  que   la  population

identifie ce leader aimé, adulé  à un  moment donné à  cet objectif

poursuivi par tant de militantes, de militants, de québécoises et de

québécois.

 

Jacques avait  également  préparé  une  demande  de  congrès  à  la

chefferie en de telles circonstances.  Requête  qu`il ne présentera

pas même si sa proposition de blâme recueillit beaucoup d`appuis sur

le plancher du  congrès  d`après certains  médias et  observateurs.

Certains journalistes disaient que les dirigeants péquistes purs et

durs avaient reculé pris de vertige. Parlaient‑ils des militants ou

des élus?    Les  militants  semblaient  déterminés!    Jacques  se

souvenait du regard narquois de M. Lévesque, à ce moment, ce dernier

était assuré de ne pas être sérieusement inquiété fort des résultats

du renéremdum.   M. Lévesque  aurait dit qu`il  aurait voté  pour un

blâme partiel à son endroit,  semble‑il.  De plus,  Jacques apprit

que quelques ministres l`auraient averti que la prochaine fois qu`il

défierait les instances officielles du Parti qu`ils ne l`appuierait

plus. Ce congrès « démocratique » comme beaucoup d`autres avaient été

orchestré et les conclusions acceptées à l`avance par les élites du

Parti.   Les   résolutions  provenant  de  la   base  n`étaient  pas

considérées sérieusement sinon comme dérangantes et déstabilisantes.

Souvent, les résolutions issues  de la  base traduisaient  la vraie

nature des  changements souhaités,  des  mesures  requises par  les

membres, les  militants  et  la société  et  qui  divergeaient  des

intérêts   des    dirigeants     bien    installés,    positionnés;

l`establishment.   Au  cours de  ses  activités  politiques, il  eut

l`occasion d`aider un politicien important et maintenant chevronné à

résoudre un anomalie administrative en l`informant en dû temps.  De

 

retour des  nombreux congrès,  il  se  voyait  quelques fois  à  la

télévision et l`expression de faire parti ou être de la « tapisserie »

de petit écran l`amusait.  A l`occasion d`un  colloque organisé par

le PQ, Jacques  souligna au  Président  du conseil  du patronat  du

Québec son appréciation sur la qualité de sa représentativité, entre

autres, à titre de résident de la Rive‑Sud et d`ancien Rimousquois.

Ce dernier en fit autant à l`adresse de Jacques. Plus tard, Jacques

devait constater   qu`il  représentait  bien  et   qu`il  défendait

efficacement les valeurs  des patrons  intégrés au  système actuel;

fédéralisme à saveur anglophone.  Au  niveau local, il  fut surpris

d`être invité par écrit  à joindre  les rangs  du Parti  Libéral du

Québec à titre  de communicateur  ayant présenté  quelques constats

politiques critiques   dans  le   journal  local,   La  Seigneurie.

Plusieurs militants péquistes avaient fait l`analyse,  même et bien

avant les déboires connus par  le successeur de  Monsieur Lévesque,

que la souveraineté, et surtout, l`indépendance du  Québec était la

seule voie   acceptable  et  souhaitable.   Que   la  promotion  de

l`indépendance était effectuée plus efficacement lorsque le PQ était

dans l`opposition  si   l`on  en  jugeait  par   le  degré  d`appui

constamment accru à la souveraineté et  au PQ jusqu`a son  accès au

pouvoir.   Ainsi,  il était  normal  que  le  Parti revienne  à  ses

orientations initiales surtout après avoir perdu le pouvoir, réfuté

les conclusions d`un congrès national, écarter certains successeurs

potentiels   à  Monsieur   Lévesque.   En   effectuant  son   virage

fédéraliste, le PQ faisait fi de l`appui de quarante pour-cent de la

population à la souveraineté et d`un pourcentage plus  élevé de ses

membres.   Quels  intérêts  personnels,  partisans,  …  pouvaient

justifiées une telle infamie.  Le Parti Libéral  du Québec semblait

peu enclin à les imiter! En  pratique, l`ancien chef du PQ, chef du

gouvernement fut remplacé par Monsieur Bourassa à ce dernier poste.

Après vingt‑cinq ans  de  service, ce  dernier  devrait laisser  la

chefferie libérale et retrouver ses cheveux gris ou blanc.

 

Le politicien  que Jacques  respectait,  admirait,  le plus,  était

Camille   Laurin,  malgré   ses   mains   moites  qui   traduisaient

possiblement son professionnalisme,  pour  avoir  fait adopter  une

législation linguistique avec semblait‑il un appui mitigé du Premier

ministre du temps.   Jacques avait comme beaucoup  de québécois fait

parvenir sa lettre d`appui à cette loi. Cette loi avait une portée,

un impact considérable, déterminant sur les chances de survie sinon

de durer de la  société franco‑québécoise à  court, moyen   et long

termes. De plus  à titre de président du comté,  il avait préconisé

sa venue dans  le comté  au moment  où il  défendait son  projet de

réforme, de restructuration scolaire.   Il avait conserver  un bref

texte de présentation préparé à cet effet.  Toutefois,    le député

se réserva le  droit de  présenter un  tel personnage;  question de

protocole! Son ascendant sur son parti était des plus déterminants.

En fin stratège,  d`érudit et  de professionnel,  il utilisait  ses

 

connaissances afin de promouvoir l`épanouissement des québécois dans

leur ensemble et surtout l`élément franco‑américain  majoritaire au

Québec; dernier bastion de la francophonie sur ce continent.

 

Jacques fut impressionné par la prestance de  Monsieur Lazure ainsi

que sa puissance intellectuelle.   A titre  de président  du comté,

Jacques avait passé de nombreuses  heures en sa compagnie  à divers

congrès et  conseils  nationaux  ainsi  qu`aux  diverses  activités

partisanes locales. Au  risque de réduire sa  popularité, M. Lazure

défendait souvent et  vigoureusement des  causes, des  projets très

louables qui ne représentaient pas toujours un souci collectivement

reconnu, partagé à prime abord.   Au plan politique, Jacques n`avait

pas été impressionné par une mise en garde personnelle. Jacques fut

surpris des  réactions de  M.  Lazure  qu`il  avait prévenu  de  sa

candidature à la présidence du comté. Il ne croyait, peut‑être pas,

qu`il serait élu à ce poste compte tenu des commentaires recueillis

auprès des membres de son bureau de comté.   Cet avertissement avait

modifié sa perception,  avec raison  ou non,  de l`envergure  de ce

politicien. Peut‑être qu`il  s`agissait de considérations pratiques

à son point de vue, d`un style de gestion?

 

Un jeune ministre qui lui semblait  désabuser de son milieu  de vie

politique; valeurs,  compromission, rythme  de  vie,  … en  était

arriver à des  mésaventures personnelles  spectaculaires traduisant

son épuisement psychologique et peut‑être physique?

 

Jacques devait se rallier à plusieurs politiques gouvernementales et

partisanes. Toutefois,  il étudiait  le plus  sérieusement possible

les dossiers, en évaluait les avantages et les désavantages tout en

consultant les membres du parti  et des citoyens et  présentait ses

observations aux instance du parti et quelques fois à la population.

L`évaluation des politiques était réalisée à partir de principes et

d`idéaux sachant qu`en périodes d`activités intenses  les décideurs

étaient bousculés par les événements et influencés  par les groupes

de pression ainsi que par leur entourage  politique.  Les solutions

n`étaient pas toujours évidentes et les marges entre  la théorie et

la pratique, l`application de principes et le respect de la réalité

politique, les idéaux et les positions pragmatiques étaient souvent

considérables.   Comme  point de  départ  à  une réflexion,  Jacques

préférait s`inspirer de  principes sachant  que la  politique vécue

activement exigeait énormément de compromis, de concessions,     …

lorsque   les   obstacles   semblaient  insurmontables   alors   que

l`objectif, le but poursuivi était d`importance primordiale.

 

A l`épicerie, il entrevit un ancien confrère de travail, démographe

et   économiste,  politicien   municipal  qu`il   avait  neutraliser

politiquement d`une  façon  tout   à  fait  inattendue  lors  d`une

assemblée de comté où les délégués au prochain  congrès national du

 

PQ suite au renérendum  furent élus.   Bénéficiant de  l`appui d`un

voisin membre de l`exécutif, ils présentèrent une équipe  et ce fut

l`équipe des décriés souverainistes « purs et durs »  qui furent élus

déconcertant ces nouveaux candidats aux postes de délégués péquistes

du comté.

 

A ces dernières interventions après avoir laisser  la présidence du

comté, il se souvenait d`une rencontre  où il avait insisté  sur la

nécessité d`impliquer les dirigeants d`entreprises dans le débat sur

la souveraineté, l`indépendance.   D`ailleurs,  il s`agissait  d`un

prolongement verbal   de  ses   écrits  publiés   localement.   Ses

expériences dans les milieux industriels en particulier lui avaient

enseignées le peu  de latitude  laissée aux  employés en  termes de

temps, d`idéologie, …   Son point  de vue  n`était pas  nettement

compris par  des  enseignants,   des  fonctionnaires  et  même  des

travailleurs des milieux  industriels dont  certains n`avaient  pas

observés la prépondérance des  arguments présentés par  les milieux

d`affaires soit  officieusement,   soit  officiellement.   Certains

militants voyaient   quelques  ministres  comme   des  « preachers »,

prédicateurs américains du  haut de  leurs ministères.   Jusqu`à un

certain point, on était  en droit de  s`attendre que  les ministres

définissent des orientations et même des moyens et des méthodes tout

en demeurant  le plus  possible  à  l`écoute  des citoyens  et  des

militants surtout après quelques années de cumul  de ces fonctions.

D`autres ministres dépensaient quelques  fois beaucoup  d`énergie à

créer, à soigner leurs images et peut‑être pas suffisamment de temps

à l`étude, l`examen et la révision des méthodes de gestion publique.

 

A discuter avec un copain vivement intéressé à la  politique, il en

vînt à la conclusion que celui‑ci était disposé à appuyer n`importe

lequel leader favorisant la souveraineté, la plus complète possible

indépendamment des antécédents  de ce  leader.  A  vouloir défendre

l`unité de pensée du parti,  l`autorité et  l`image du chef,  on en

venait à brimer  des éléments  dynamiques, porteurs  d`idéologie et

agent de ressourcement et de  renouvellement au sein du  Parti.  Si

quelqu`un de la  base  avait une  bonne idée,  elle  était mise  au

service d`un dirigeant au lieu de servir à l`initiateur. Jacques se

souvenait qu`il avait commencé à fumer la cigarette en signe d`appui

au Chef de l`opposition vertement critiqué à ce sujet. Un copain et

allié politique, pensait‑il,  jouait  un rôle  effacé en  politique

laissant à son épouse les rôles prépondérants et correspondants à sa

forte personnalité. A discuter avec un des conjoints, l`on obtenait

un point de vue tandis que l`autre conjoint procédait différemment.

Ce processus était assez courant;  un couple étant composé  de deux

personnalités! Tous les moyens étaient valables pour contraindre le

Chef de l`opposition à  promouvoir la souveraineté  et son  plan de

carrière incluait cette exigence contringnante au  moins jusqu`à ce

que le PQ prenne le pouvoir après quoi il pourrait toujours adopter

 

des positions semblables à  celles adoptées par  Monsieur Lévesque.

Que faire de plus en ce domaine!  Tant que  le Chef de l`opposition

répondait favorablement aux  pressions  exercées sur  lui et  qu`il

parlait le plus ouvertement possible de souveraineté compte tenu de

ses déclarations antérieures,  sa  relative  faible popularité  lui

était pardonnée. Jacques trouvait que c`était allé bien loin et que

c`était symptomatique  d`une  apparente  carence  de  leaders,  de

dirigeants indépendantistes. Il ne croyait pas à l`efficacité de ce

genre de   « tordage »  de  bras,  de   pressurisation  d`un  cerveau

développé, intelligent en raison de l`importance des moyens laissés

à la disposition d`un chef d`opposition et à plus forte raison d`un

chef de gouvernement à l`apogée de sa carrière politique. Il aurait

de beaucoup  préférer  simplement   pouvoir  compter  sur  de  tels

dirigeants les yeux fermés. Plusieurs militants lui disaient que le

Chef de l`opposition était un homme de transition. Transition entre

le fédéralisme   et  l`indépendance;  s`eut  été   trop  beau!   Le

fédéralisme et la souveraineté‑association, peut‑être,  compte tenu

de ses déclarations antérieures!            

 

Certains militants lui  avaient  confiés que  l`épouse  du chef  de

l`Opposition représentait  un  handicap  pour ce  dernier  dans  le

domaine de la politique. Jacques  n`en était pas convaincu car elle

était une personnalité canadienne de stature internationale connue,

une écrivaine populaire.   En politique, les gens  se croyaient tout

permis!

 

Au cours d`une entrevue, le  chef de l`Opposition  encourageait les

gens, les militants  à  effectuer des  pressions  pour l`inciter  à

parler d`indépendance  au  lieu   de  souveraineté  et  de  monnaie

québécoise au lieu de monnaie canadienne. A son insu, il confirmait

à Jacques qu`en tant que Premier ministre du Québec, il fléchirait,

il s`infléchirait comme un roseau obéissant aux déplacements d`air,

aux vents  en  l`absence  d`orientations,  de  programme  d`actions

définis préalablement à l`accession  au pouvoir  possiblement suite

aux prochaines  élections.  En  une  autre  occasion, dans  l`Ouest

canadien, le   Chef  du  PQ   fut  surpris  que   ses  propositions

d`associations soient refusées.  Il avait, semble‑t‑il,  peu appris

du dernier referendum et  il apparaissait  gelé dans  les anciennes

positions du PQ.

 

Le chef de l`Opposition disait  organiser une conférence  de presse

pour annoncer la potentielle candidature de M. Ménard,  au poste de

ministre de  la Justice  car  ce  sujet n`était  pas  l`agriculture

pouvait‑on comprendre, en réponse à une  question des journalistes.

Ce commentaire fut présenté  quelques fois aux  téléjournaux.  Avec

les médias  électroniques,  il  était si  facile  de  gaffer.   Les

personnalités en cause étaient  révélées sauf pour  les politiciens

ayant développés des mécanismes de défense, des réflexes appropriés.

 

Jacques se demandait si ce point serait soulevé, noté  par le parti

au pouvoir. Et  Oui!  Ce fut le ministre de  l`Agriculture en titre

qui y refera. Jacques pensait que  le PQ était chanceux à plusieurs

points de vue d`avoir M. Parizeau comme chef et il lui reconnaissait

de grandes qualités.   Ceci  ne l`empêchait  pas  de respecter  ses

devoirs de citoyen et de  militant.  Des citoyens et  des militants

négligeant ne  permettaient  pas  à  la  démocratie  de  s`exercer

réellement, le peuple en  était réduit  à subir  une « démocrassie ».

Certains militants allaient très loin dans la défense  de leur chef

jusqu`à parler   de  morsures  de  pantalon.    Ils  se  laissaient

conditionner à outrance  par l`aristocratie  péquiste, semblait‑il!

Pour mordre un pantalon, il faut généralement être  un chien.  Même

si Jacques aimait  bien la  race canine,  il ne  s`y associait  pas

directement, si étroitement. Rapporter  une déficience majeure dans

le gestion publique  à  titre  de citoyen  était  un  devoir et  en

écrivant directement  à  un ministre  responsable  accroissait  les

chances d`être entendu. En d`autres circonstances, il se contentait

d`en discuter avec des proches.  Une fois, le  chef de l`Opposition

se disit heureux du report du projet hydro‑électrique Grande‑Baleine

ce qui inquiéta Jacques car si ce projet était adéquatement intégré

dans   une   politique   énergétique  et   environnementaliste,   il

constituait un apport économique québécois non négligeable en cette

période d`attente de  la relance  économique américaine.   D`autant

plus qu`un premier report ouvrait la porte à d`autres et, peut‑être,

à son abandon.   A une émission d`intérêts  publics, l`animateur fit

admettre au chef de l`Opposition qu`il  souhaitait depuis longtemps

une souveraineté‑association,  une  association économique,  …  à

l`instar du dernier programme du parti Libéral. Jacques avait admis

à un journaliste que  les  positions de  messieurs  Bourassa et  de

Parizeau étaient intrinsèquement semblables; ils  recherchaient une

association économique avec le  Canada de  préférence sans  avoir à

réaliser la souveraineté, l`indépendance du Québec.   Pourquoi, les

Anglo‑canadiens feraient‑ils des  concessions au  Québécois?  Leurs

intérêts primaient!   Un Québec indépendant offrirait  une meilleure

position pour  fins  de  négociation.   Négocier  en  positions  de

dépendance ne pouvait  conduire  qu`à  l`attribution des pouvoirs québécois.

 

D`un point  de vue  démocratique,  le  processus d`accession  à  la

chefferie d`un  parti  était primordial.   Jacques  avait  remarqué

qu`entre Pierre Marc Johnson et Bernard Landry,  les pourvoyeurs de

fonds, les   dirigeants  d`entreprises   québécoises,  canadiennes,

américaines et internationales n`avaient pas hésité longtemps avant

de seconder le plus fédéraliste, M. J. Des alliés politiques naturels

pour Jacques avaient été et étaient Bernard Landry et Pierre Marois

en raison de ses antécédents universitaires et Monsieur Lazure ayant

été connu par  la  suite comme  un des  quatre  « L » de  l`Assemblée

Nationale; Lévesque, Landry,  Lazure  et  Léonard.  C`est  Monsieur

 

Lazure qui devait présenter Jacques à son mentor, Jacques Parizeau,

à l`occasion d`un congrès péquiste. Au cours des ans, Jacques avait

acquis une maturité politique  face aux  autres intervenants  en ce

domaine sans avoir d`idole comme à ses débuts. Bernard Landry avait

promu énormément et efficacement  la prise  en main  économique des

québécois,   une   politique   de  développement   industrielle   et

technologique, jusqu`à un certain point,  et il occupait  un espace

politique assez considérable  cependant  réduit suite  à son  échec

d`accession à la chefferie. Lors de l`élection de Monsieur Parizeau

à la chefferie, on avait évacué d`autres  candidatures qui auraient

pu porter ombrage à son prestige, à son pouvoir, à son affirmation,

à son image, à la nature de ses  appuis et de son  ascendant sur le

parti.   Conséquemment,  on pouvait  dire  que  la problématique  de

l`élection d`un chef du PQ respectant surtout le  choix des membres

existait toujours même si elle avait été contourné en une occasion.

Avis aux  intéressés  à  prendre  la  relève!   Certains  candidats

potentiels et autres intervenants avaient déjà analysé le contexte

politique et adopté des positions correspondantes  à ces exigences.

Même le financement populaire pouvait être  allègrement contourner,

il s`agissait pour quelques  individus de souscrire  plusieurs fois

trois mille dollars et  de le laisser  savoir aux  dirigeants.  Les

dîners‑bénéfices étaient  une  autre formule.   Le  système  actuel

probablement supérieur   au  précédent   où  à  un   moment  donné,

semble‑t‑il, tous les  contrats  gouvernementaux faisaient  l`objet

d`une remise systématiquement, disait‑on, de dix pour-cent au lieu de

favoriser seulement ou surtout  les éléments  du parti  au pouvoir.

Jacques n`était pas convaincu que de favoriser seulement ou fortement

des membres d`un parti correspondait à une situation nettement plus

équitable que la méthode du  dix pour-cent réquisitionné à  tous les

soumissionnaires, bénéficiaires de contrats.  Si ce  n`était pas de

l`hypocrisie, les partis auraient pu partager selon des pourcentages

inégaux les ristournes sur les contrats selon que  leur parti était

au pouvoir ou non. A l`occasion,  il avait débattu ce sujet avec un

copain. Jacques avait noté la relative facilité avec laquelle P. M.

Jonhson avait accédé au poste de  premier ministre du Québec  en se

référant au système fédéral  alors que son  successeur au  titre de

chef   du     parti    semblait    prendre    un     détour    plus

long si jamais il le devenait.                                              

 

Des alliés locaux semblaient des inconditionnels du chef du PQ ayant

connus ses prédécesseurs moins  souverainistes et surtout  s`ils se

referaient aux dirigeants des tiers partis nommément le  PLQ. Le PQ

comme véhicule politique d`importance s`identifiait le plus près de

leur objectif indépendantiste pur et dur en tant que militant.

 

Jacques ne pouvait  compter aveuglément  sur des  alliés politiques

locaux car il croyait à tort ou à raison que malgré leur motivation

 

indépendantiste, leur intégrité,  ils  pouvaient « facilement »  être

dupés par des dirigeants souvent à plein temps et  au fait de leurs

priorités. Un de ses voisins fut un des premiers militants du comté

à encourager, à appuyer ouvertement la candidature  du présent chef

de l`Opposition à la chefferie.   Il s`agissait pour eux de répondre

en apparence ou pour une période de temps à ces attentes jusqu`à ce

que ces effectifs soient intégrés  et éventuellement noyés  dans un

ensemble dirigé par  l`élite  péquiste selon  les  exigences de  la

sortie de l`attentisme du pouvoir, le plus tôt  possible.  Pour des

dirigeants expérimentés face  à  des militants  sincères, il  était

facile de  discréditer  en  sourdine  les  éléments  du  parti  qui

n`acceptaient pas leur dicta apparemment démocratique.  Quand même,

il trouvait ses  alliés très  dégourdis  et muris  par de  nombreux

insuccès en tant que militants de l`indépendance. Il ne fallait pas

demander, s`attendre à l`invraisemblable sinon à l`impossible!  Ses

alliés, les  militants  disposaient  de peu  d`informations  et  de

moyens. Ils ne pouvaient que réagir favorablement ou non à diverses

mesures préconisées par  les dirigeants.   Ils essayaient  aussi de

protéger leurs intérêts  locaux.   Ces militants  dits modèles  par

souci de fidélité aux leaders politiques en titre,  par respect de

l`unité du parti au niveau local démolissaient gaiement des arguments

et des personnes  ne prônant  pas  la doctrine  actuelle du  parti.

Certaines mesures pouvaient paraître draconiennes à  court terme et

se révéler judicieuses  à moyen  et à  long termes.   Des principes

devaient être appliqués avec largesse d`esprit et pour  se faire le

meilleur bagage possible de connaissances était souhaitable.  Mieux

valait que certaines choses soient dites par des  militants que par

des adversaires politiques en moments inopportuns.

 

Quelqu`un qui mentionnait les faiblesses d`une      organisation et

soumettait de  nombreuses  suggestions  aurait dû  se  voir  offrir

l`opportunité de contribuer à un  plus haut  degré à la  gestion de

l`organisation, à implanter ses projets et ce  n`était pas toujours

le cas particulièrement  lorsque   les  remarques originaient  d`un

palier hiérarchique peu élevé.

 

Jacques aurait aimer postuler, soumettre sa candidature à un poste à

l`exécutif national du PQ. Toutefois, il  préférait jouer seulement

un rôle à titre de  bénévole à la fois  et il était  présentement à

l`Ordre des  ingénieurs  du   Québec.   Lorsqu`un  militant  épouse

fortement la  thèse  d`un  parti,  il  n`était  pas  nécessaire  de

l`avantager personnellement, mieux valait conserver ses atouts pour

attirer de potentiels  supporteurs.  Certains  militants refusaient

d`oeuvrer pour  le  parti  ou ailleurs  en  périodes  de  précarité

financière, en recherche d`emploi afin  d`éviter que l`on  abuse de

leur disponibilité.   Quelques alliés  de Jacques  étaient fortement

embarrassés par les  périodes d`activités  réduites de  celui‑ci ne

comprenant pas  qu`un  professionnel  qualifié  et  expérimenté  ne

 

pouvait pas utiliser ses contacts personnels et professionnels pour

décrocher facilement  des  contrats   ou  des  emplois.   Dans  ces

conditions, ils  hésitaient  à  l`appuyer, à  accorder  une  pleine

crédibilité à ses  propos,  à  ses idées,  à  ses  analyses, à  ses

propositions enfin à  ses  actions.  De  plus  quelqu`un ayant  osé

soumettre un vote de blâme à  un chef de parti  et de gouvernement,

par surcroît, était  sûrement  vu comme  suffisamment déterminé  et

susceptible d`embarrasser d`autres dirigeants.  Probablement qu`une

acceptation officielle,  écrite  du « merveilleux »  système  fédéral

aurait facilité son retour au travail. Les militants en demandaient

beaucoup!   Demandaient‑ils  moins   de   principes   et  plus   de

compromission? En étaient‑ils conscients?

 

Dans le feu de l`action, peu de temps était accordé à la réflexion,

ainsi donc, le PQ se devait de planifier préalablement à la prise du

pouvoir, leurs actions, leurs activités prévues suite à l`accession

au pouvoir. Jacques avait noté que des idées, des mesures proposées

par certains militants étaient réalisées par  d`autres en positions

exécutives et que ces personnes souvent comprenaient  mal la portée

et les modalités d`implantation  des mesures suggérées.   Il aurait

mieux valu déléguer ces responsabilités ou accorder une promotion aux

initiateurs de ces mesures.   Le moins d`intermédiaires possible et,

surtout dans le cas, d`intermédiaires  dotés de faibles  moyens, de

connaissances très  limitées,  de  peu  d`informations,  de  faible

envergure, hautement impressionnables  par  des  dirigeants même  de

faibles niveaux hiérarchiques, empressés à bénéficier  des moindres

avantages pécuniaires ou honorifiques, ressentant le besoin de plaire

à tout prix,  de  piètres  communicateurs, disposés  à  agir  comme

conseillers plutôt que comme exécutants et qui  dans des situations

difficiles se  considéraient  dépassés.   Au lieu  de  continuer  à

favoriser les intérêts  du mentor,  du dirigeant  local ainsi  qu`à

faire confiance à ses habilités et à recourir à lui, ils profitaient

des   informations   prévilégières   et  ils   étaient   avares   de

renseignements susceptibles d`éclairer leur mentor,  leur dirigeant

et d`influencer ses orientations.   Jacques se  retrouvait quelques

fois dans des  situations où  il devait  performer en  l`absence ou

disposant de faibles moyens alors il soulignait ses problèmes à des

supérieurs ou  à  des  alliés  et  il  observait  leurs  réactions,

attendait leurs  suggestions et  leur  appui  et souvent  performait

honorablement à  partir de  ses  humbles  moyens.  Ces  commettants

avaient plutôt   propension,  tendance  à  concéder   le  champ  de

responsabilités aux parties adverses.   A quelques  occasions, même

après que  Jacques  s`eut  tiré d`affaires  seul,  il  n`avait  pas

bénéficier de la  reconnaissance  pour ses  actions  en raison  des

concessions effectuées.   S`il avait  été  plus  audacieux ou  même

présomptueux, il aurait pu en profiter.  Cependant, il en résultait

qu`une certaine reconnaissance de ses habilités  était établie.  En

définitive, malgré leurs bonnes  intentions et leur  intégrité, ces

 

alliés erraient fréquemment ayant à  prendre des décisions  dans de

telles conditions qui correspondaient  souvent à  des demi‑mesures.

De plus, la participation de Jacques à des activités bénévoles était

de   nature  à   lui  nuire   dans  ses   activités  politiques   et

professionnelles le rendant non disponible à des moments programmés

à l`avance.   En planifiant  deux  activités simultanément,  Jacques

devait en sacrifier une et/ou respecter ses engagements.

 

Il attendit plusieurs années  avant de revenir  membre du  parti ne

pouvant   accepter  un   tel  accroc   au  processus   démocratique,

renérendum, ainsi  que  la   tiède  et  lente  démarche;  multiples

mini‑référendums, vers l`indépendance du  Québec tel  que préconisé

par le Chef de l`opposition.   Malgré cette appréciation  pas aussi

positive qu`il l`aurait souhaité du contexte politique, il se devait

de respecter les hommes politiques et ressentait une propension vers

cette activité en principe déterminante pour le  devenir du Québec.

S`il s`engageait  dans cette  voie,  il  lui faudrait,  pensait‑il,

accepter au départ la  possibilité qu`il pourrait  ne pas  vivre la

réalisation de l`indépendance du  Québec même s`il  considérait cet

objectif comme essentiel à la survie de la collectivité francophone

québécoise.   Autrement, une  telle  expérience  aurait pu  s`avérer

aussi pénible que  celles  vécues antérieurement.   Un vieil  adage

suggérait qu`il fallait d`abord apprendre à tomber avant de marcher!

Espérons que le referendum du  Parti libéral du Québec  ne reposera

pas sur les cinq demandes refusées récemment par le Canada anglais,

se disait‑il. Il serait ironique et efficace pour le Canada anglais

de procéder ainsi et catastrophique pour le Québec.

 

Beaucoup de militants indépendantistes et  fortement souverainistes

s`opposaient   à   la   création   et  au   maintien   d`un   parti

indépendantiste.   Ils   craignaient   une   division   des   votes

souverainistes et indépendantistes. Jacques  avait déjà milité pour

le Parti indépendantiste car il préférait appartenir à un plus petit

véhicule politique, un bateau qui naviguait dans la bonne direction

soit l`indépendance que  sur un  paquebot  qui avait  comme cap  la

souveraineté‑association.   Le dilemme  avait été  résolu à  un moment

donné, le Parti indépendantiste était disparu tout comme le RDI, le

Ralliement démocratique pour l`indépendance  qui s`était  avéré une

chambre de  décompression, une  salle  d`attente,  une réserve,  et

surtout un comité d`appui à  M. Parizeau pour les  souverainistes du

Parti québécois.   Le RDI  servit  à  regrouper temporairement  les

souverainistes en attendant  l`appel  de l`élite.   Après quoi,  le

Parti Québécois devint à nouveau le point de ralliement. Jacques se

questionnait toujours quant au cap du paquebot péquiste n`étant pas

au courant  du  plan  détaillé   de  voyage,  de  la  planification

stratégique.   Ces  nombreuses  années  de  suivi  et  d`implication

politique lui avaient fait  découvrir que  la plus  courte distance

entre deux points était la ligne droite,  l`indépendance, un message

 

clair, permettant  de progresser  sérieusement  et  non en  zigzags

déroutants pour tout le monde et dupant à la fin même les militants

initialement déterminés.  L`état  de ces  démarches, entre  autres,

résumait quelques actions entreprises par des indépendantistes, des

souverainistes en faveur de l`accession de l`indépendance plutôt que

de favoriser, en particulier,  l`accès au pouvoir.   Jacques aurait

aimé qu`il  en  fut   autrement;  une  franche  démarche  l`aurait

satisfait. Si le Parti québécois  ne livrait pas la marchandise, un

autre parti indépendantiste    renaîtrait rapidement,  divisant les

votes, peut‑être, tout en  répondant aux aspirations  profondes des

militants, des bénévoles. La récompense du militant, ce n`était pas

seulement   l`appui  politique   reçu  en   retour,  c`était   aussi

l`avancement de la cause.                        

 

Plusieurs militants admiraient  M.  Parizeau  pour avoir  affronter

plusieurs ministres   des  finances  canadiens  et   d`avoir  tirer

élégamment son  épingle  du  jeu.  Ils  croyaient  qu`il  profitait

d`informations sérieuses, qu`il  maîtrisait ses  dossiers et  qu`il

jouait souvent ses  cartes  à  la dernière  minute.   De plus,  ils

respectaient ce politicien de part ses nombreuses années de service

au poste de ministre des Finances, son aristocratique comportement,

son attitude de fidèle soldat dans l`équipe de Monsieur Lévesque, et

de conseiller de plusieurs  ministères et  gouvernements en  sus de

l`exercice des fonctions  de  professeur  d`université.  Lors  d`un

congrès national, il avait  semblé appuyer les  indépendantistes un

moment pour ensuite reculer devant son mentor.  Entre les militants

et son chef, il avait choisi le confort ministériel comme plusieurs

autres.

 

D`autre part,  plusieurs  commentaires  recueillis  lui  laissaient

croire que les gens se sentaient plutôt loin de M. Parizeau, qu`ils

s`identifiaient peu à lui.  Pour  sa part, Jacques était  plus près

des idées  de  M.  Parizeau  que de  celles  de  beaucoup  d`autres

dirigeants péquistes et  il  appréciait  énormément ses  nombreuses

qualités cependant il ne le  connaissait pas personnellement  ou si

peu.   M.  Parizeau  modifiait   progressivement  son  apparence  en

acquiesçant probablement aux désirs de  ses conseillers  et  de ses

supporters dont le sort était lié aux performance de leur leader.

 

A plusieurs reprises, le chef de l`Opposition s`était alité dans le

double et douillet lit du pouvoir québécois en compagnie du chef du

gouvernement, son premier ministre. Cette attitude le rapprochait du

pouvoir québécois ultime et contribuait  sans doute à  le présenter

comme « ministrable  au  premier  degré »,  comme  potentiel  premier

ministre, à accroître sa popularité personnelle en tant que chef de

parti, à approcher  le  Parti québécois  de  la position  centriste

occupée par le Parti libéral  du Québec, PLQ.  Cependant, rejoindre

les libéraux du  PLQ supposait  la convergence  politique des  deux

 

partis et  la  désaffectation  des  membres  indépendantistes;  ces

derniers   pourraient  soit   refuser   l`engagement  actif,   soit

rechercher d`autres   instruments  politiques  répondant   à  leurs

orientations, à leurs exigences, …                              

 

Jacques entrevoyait des risques pour la  réalisation des principaux

objectifs du PQ  à confier  de nombreux  rôles‑clés à  de nouvelles

recrues fédéralistes converties rapidement  à la  souveraineté soit

partielle, soit fragmentaire, soit  conjoncturelle.  Il  était plus

difficile de maintenir le cap sur l`indépendance et les sirènes aux

chants   associationnistes   prononcées   feraient   des   conquêtes

particulièrement à l`approche des élections, du  scrutin populaire.

A vouloir constamment élargir la base électorale de cette façon, les

dirigeants risquaient  de  placer  à des  postes  stratégiques  des

éléments non  convaincus du  bien‑fondé  de  l`indépendance et  les

possibilités de  d`autres  virages  fédéralistes  étaient  toujours

présentes.

 

Le comté avait été représenté surtout par des individus extérieurs à

celui‑ci à l`exception d`une nomination par le  Premier ministre du

Québec. Les  militants semblaient  incapables de s`identifier  à un

leader   local   et,  en   contre   partie,   les  leaders   locaux

s`identifiaient peu ou mal à l` »establishment » du parti compte tenu

de l`authenticité de leurs convictions indépendantistes.   A défaut

d`agir comme leader élu, rénuméré et fonctionnel, ces leaders locaux

continuaient d`être à la mesure de leurs moyens et des moyens mis à

leur disposition, des leaders d`opinions dans leur milieu de travail

respectif, leur entourage, leurs activités bénévoles et autres. Aux

yeux de Jacques, il apparaissait hasardeux sinon  dangereux pour la

cause indépendantiste  que  des  postes‑clés soient  confiés  à  de

nombreux arrivants recrutés afin d`élargir la base du parti.

 

C`est ainsi qu`un nouveau militant au PQ devenu député  réussi à se

faire élire représentant d`une région entière du Québec en quelques

semaines seulement. Cet état de fait  témoignait de la valeur de la

nouvelle recrue, de la qualité de ses conseillers ou de la faiblesse

du parti   au  niveau  local   et  régional;  manque   de  cohésion

organisationnelle, conflits de personnalité, d`intérêts, …  Cette

situation rappelait à Jacques son arrivée au Bureau  de l`Ordre des

ingénieurs du Québec, un groupe  plus nombreux, plus stable  que le

groupe de députés  régionaux,  l`existence  d`équipes anciennes  et

nouvelles,   une  mentalité   particulière,  certaines   traditions,

l`influence des  anciens  présidents  et  officiers  au  Bureau  et

ailleurs, d`anciens vice‑présidents désireux de  devenir président,

une certaine improvisation dans la gestion, une insécurité face aux

habilités du leader en tant que porte‑parole, gestionnaire ayant à

maîtriser plusieurs dossiers, … Jacques avait eut moins de succès

en ce nouveau milieu que ce nouveau militant!

 

Un ancien premier ministre, associé au beau risque fédéraliste pour

le Québec, auquel René Lévesque, qui n`avait pas  terminé son cours

de droit, avait  possiblement  promis  ce poste  en  raison de  son

origine familial,  fils  d`ex‑premier  ministre, et  de  sa  double

formation   universitaire  et   à   la   belle  chance   fédéraliste

personnelle, fut  récupéré  par  les  institutions  anglophones  et

communiantes aux valeurs fédéralistes  du Québec.  Comme  prévu, il

fut recyclé en produits politiques pro‑fédéralistes durables.  Plus

tard, le Chef de l`opposition devait utiliser le  même procédé face

au Chef du Bloc québécois afin de  le rallier à ses  côtés et après

lui le « déluge ».

 

Plus le Parti libéral du Québec était fédéraliste moins le PQ devait

être indépendantiste pour être reconnu par la population comme étant

près des  intérêts  québécois.   On s`acheminait  de  nouveau  vers

l`élection du   PQ  afin  d`assurer   la  paix  sociale   sans  que

l`indépendance du  Québec  soit  réalisée.   Ainsi,  l`histoire  se

répétait comme l`on entendait  souvent dire.   Les indépendantistes

devaient apprendre à appuyer  un leader  indépendantiste  convaincu

même peu important plutôt que  de toujours rechercher  quelqu`un au

faîte de sa carrière et d`espérer le convaincre ou de lui forcer la

main.      

 

Le discours  du  PQ  évoluait; après  avoir  proposé  de  multiples

référendums fragmentaires,  son  chef   parlait  d`une  période  de

gestation de huit mois suite à l`élection du  parti.  Le référendum

alors présenté porterait  sur la  souveraineté‑association incluant

une monnaie   commune,  …   Il  était   difficile  de  considérer

sérieusement les propositions, les  dires du chef  de l`Opposition.

Seulement, les citoyens intéressés  à la  politique comme  telle et

sans objectifs nationaux précis pouvaient s`impliquer  sans risquer

d`être déçus. D`autre part, les interventions publiques de certains

politiciens permettaient de  déceler leur  détermination à  voir se

réaliser l`indépendance du  Québec.  Jacques‑Yvan  Morin, pour  un,

définissait clairement une  façon efficace  de procéder;  rédaction

d`une constitution québécoise et référendum suivi d`une déclaration

officielle   d`indépendance  quelques   semaines  après.    Rodrigue

Tremblay se  fit  très  fébrile près  des  milieux  nationalistes.

Jacques avait  mentionné  à   un  militant  péquiste  qu`il  serait

peut‑être intéressé   à  revenir  en  politique   active.   Il  fut

d`ailleurs paneliste à un conseil national du PQ. Fait qui ajoutait

aux dires de Jacques.  Ancien protagoniste d`un Québec  au sein des

Etats‑Unis,   il  favorisait   probablement   une  monnaie   commune

Canada‑Québec sinon Québec‑Etats‑Unis.   Camille  Laurin se  disait

prêt à revenir en tant que député. Même s`il avait su vivre avec la

souveraineté‑association néanmoins   il  s`était  signalé   par  sa

détermination en réussissant  l`adoption d`une  loi protégeant  une

caractéristique distincte du  Québec, trait  important d`un  Québec

 

indépendant nommément sa langue.  Jacques  ne connaissait  pas ses

positions relatives au  degré  d`indépendance  souhaitable pour  le

Québec. Il  avait souvent  pensé que  si M.  Laurin aurait  été le

principal dirigeant du PQ et du gouvernement québécois et s`il avait

été convaincu du bien‑fondé de  l`indépendance à son  meilleur, il

aurait possiblement mené à  bonnes fins  cette démarche  tout comme

l`adoption de la  loi 101.   Etes‑ce un  point de  vue réaliste  ou

téméraire? Jacques ne saurait peut‑être jamais!  Lui‑même aurait‑il

pu relever avec succès un tel défi?

 

Jacques croyait  que  c`était  seulement quelques  mois  avant  les

élections qu`il  pouvait  prédire  avec  assez  de  précisions  les

résultats car le contexte politique évoluait.  Ainsi, la venue d`un

ou de partis  politiques nettement  anglophones tant  à l`est  qu`à

l`ouest du Québec  était de  nature à  accélérer l`affirmation  des

franco‑québécois en   tant  que   groupe  majoritaire   au  Québec.

Maintenant, les dirigeants du PQ sollicitaient des représentants du

groupe minoritaire anglophone la définition de leurs exigences tout

comme le Parti libéral du Québec qui contemplait depuis  des ans la

possibilité de rallier francophones et anglophones afin d`arriver au

pouvoir ou de conserver les rênes de l`état.

 

Afin d`éviter   de  prêter  le   flan,  de  contrer   les  attaques

conventionnelles   des  Premiers   ministres  canadiens,   le  Parti

Québécois et les tenants de  l`indépendance du Québec  devraient en

parler ouvertement autrement ils discréditeraient cette option face

à une population  appréciant  un  message   clair  de  la  part  de

dirigeants convaincus.   Il  fallait  que le  débat  se  fasse  sur

l`indépendance par le  PQ car  volontairement  ou non  le débat  se

ferait sur ce terrain à l`appel des fédéraux, des opposants de cette

thèse.

 

Un courtier  dans le  domaine  des  assurances le  sensibilisa  aux

difficultés rencontrées par sa  PME suite  à la  nationalisation de

l`assurance automobile et  des  récentes modifications  québécoises

dans les domaines des services financiers.   Ces courtiers devaient

joindre leurs efforts à des réseaux internationaux pour survivre et

prospérer.   Jacques   réalisait   que  ce   secteur   traditionnel

d`activités dont  plusieurs  éléments agissaient  souvent  à  titre

d`agents nationalistes, avait été  sérieusement perturbé  et laissé

pour compte à l`avantage de la collectivité et de grands ensembles,

lui semblait‑il!

 

Jacques s`étonnait de la nécessité du Mouvement  Québec alors qu`un

parti dit indépendantiste sinon souverainiste existait. A ses yeux,

un parti constituaient  un  outil  plus efficace  en  autant que  ses

dirigeants voulaient bien réaliser  l`indépendance du Québec  et non

une   souveraineté‑association    constituant   l`équivalent    d`un

 

fédéraliste‑décentralisé.   Utilisé   un  mouvement   pour  réclamer

l`indépendance du Québec au lieu  de servir du  PQ à cet  effet lui

semblait symptomatique du peu de détermination de  ce parti.  Mieux

aurait valu recruter des indépendantistes au sein du PQ! Des appuis

extérieurs au  parti  étaient souhaitables  et  préférablement  non

identifiés à   un  seul  parti   car  les  dirigeants   des  partis

recherchaient avant tout depuis  toujours le  pouvoir.  Il  va s`en

dire que le mouvement était aussi crédible que ses dirigeants compte

tenu de leurs antécédents professionnels et politiques.

 

Avec l`approche des élections québécoises, on entendait  de plus en

plus parler des anciens péquistes  dans les médias.   Ces péquistes

avaient été actifs  en  milieux fédéral,  libéral, conservateur  et

neutre (apolitique).

 

  1. Parizeau se réjouissit qu`une étude,  originant d`un  institut

réputé, présentée à Toronto favorisait une monnaie commune entre un

Québec indépendant  et  le  Canada  afin  de  réduire  les  risques

économiques pour   ces  deux  futurs  pays.    De  plus,  l`étude

mentionnait les avantages de maintenir les  liens politiques.  Sous

les pressions politiques de  militants, il disait  pouvoir accepter

une monnaie québécoise cependant  tout son intellect,  ses intérêts

favorisaient une monnaie canadienne, semblait‑il.  Ainsi toutes les

options en politique monétaire n`étaient  pas étudies à  leur juste

valeur car les études  favorables à  l`union monétaire  recevait un

écho beaucoup plus retentissant ce qui était de nature à encourager

les chercheurs, les économistes dans cette voie.  

 

Lors d`une période de  question à  l`Assemblée Nationale,  il avait

observé que le député local avait posé une question relativement aux

relations internationales avec  beaucoup moins  d`instance que  les

autres membres de l`opposition. Suite à une réponse de M. Bourassa,

il n`avait  pas enchaîné  ou  revenu  à  la  charge en  posant  des

questions supplémentaires.

 

Evénement   peu  banal,   les  deux   chefs  du   parti  au   Québec

s`affrontaient   en  combat  oratoire  au  sujet  des  propositions

constitutionnelles fédérales, ils confronteraient leur égo, Ce type

de débat  généralement de  nature  électorale  favorisait le  parti

d`Opposition, accréditait le chef de l`Opposition tout en l`amenant

sur un terrain fédéraliste.   Situation excellent  pour le  chef de

l`Opposition et possiblement moins alléchante pour l`indépendance du

Québec! Sait‑on jamais?  Une surprise!   On aurait pu penser que M.

Bourassa préférait relayer le flambeau  du pouvoir à  un adversaire

politique à l`instar de  M. Trudeau même  si sa  personnalité était

fort différente.                

 

La commission  de  l`Assemblée  Nationale  relative  à  l`étude  des

 

propositions fédérales  en  invitant  Messieurs  Clark  et  Trudeau

fournissait une  autre  plate-forme  à  deux  fédéralistes  et,  par

conséquent, la promotion du fédéralisme à son meilleur.  Jacques ne

comprenait pas pourquoi les représentants du PQ avaient appuyés cette

résolution du Parti Equalité.  Les personnages  invités n`en étaient

pas moins expérimentés que leurs hôtes!

 

Redevenu membre du PQ, Jacques aurait pu, était  tenté d`assister à

l`assemblée annuelle  de  son  comté  et  son  parti  se  réclamait

d`appuyer la souveraineté, sans doute la souveraineté‑association de

son chef assisté localement d`un ancien candidat NPD Canada défait à

Montréal.   Assisté  passivement   à  l`assemblée  l`enchantait  peu

habitué   à  s`impliquer   dans  les   débats  et   à assumer   des

responsabilités.   Etre   témoin  de   près  des   gestes  partisans

localement l`intéressait peu. Déjà, il se renseignait en lisant les

journaux locaux, en discutant  avec des  militants de  longue date,

etc. Les pages des  journaux étaient comme toujours outracheusement

accaparées par les  multiples  débats politiques  dont de  nombreux

détails contribuant peu à l`avancement  de la société.  Le  rôle de

député aurait pu  l`intéressé après  plusieurs années  de bénévolat

consacrées au service du parti souvent en retrait ou officieusement.

Spontanément,   une  politicienne   rencontrée  à   une  séance   de

consultation régionale lui suggéra d`acheminer son  manuscrit à une

revue nationaliste, indépendantiste. Jacques et celle‑ci semblaient

partager plusieurs points de vue politiques.

 

Le député du comté semblait  expériencer beaucoup de  difficultés à

maîtriser les   dossiers  économiques;   les  Alcools   du  Québec,

Pétromont, le déménagement de la  voie ferrée, …  Par  hasard, ce

fut un confrère de classe à Jacques qui annonça la mauvaise nouvelle

aux employés de Pétromont relativement aux  problèmes financiers de

la compagnie.   Le PQ offrait localement  un modèle d`homosexualité,

de célibat à  la  population  et aux  jeunes  en particulier.   Cet

exemple était peu  susceptible d`encourager  la création  de noyaux

familiaux tout en reflétant la  présence de cet élément  dans notre

société.

 

Dans un comté à proximité de Varennes,  une élection complémentaire

eut lieu. Les résultats étaient incertains car les libéraux avaient

élu une candidate féminine et les péquistes n`avaient pas parachuté

un candidat ministrable!   Normalement, le  candidat du  PQ pouvait

s`attendre à être  élu car  l`ancien député  libéral avait  déclaré

forfait. Le fait de parler  d`un seul référendum suite à l`élection

du PQ au lieu  de multiples  consultations populaires  pouvait être

utilisé comme excuse à un échec potentiel par les  dirigeants du PQ

quoique lors d`une élection partielle les débats  étaient plutôt de

nature locale, régionale que  nationale.  Peut‑être  qu`un candidat

local était  déjà  bien  implanté!  De  plus,  une  courte  période

 

électorale avantageait les libéraux  pour le  moins près  à entamer

leur compagne et défavorisait quelqu`un de l`extérieur. Semblait‑il

que les résultats des sondages étaient favorables au PQ. Ainsi, ils

avaient des  chances  de  l`emporter  à  moins  que  les  candidats

n`étaient pas de forces égales.   Jacques essayait de visualiser ce

qu`il aurait pu faire à titre de candidat du PQ dans le dossier des

immeubles construits près du lac d`Anjou.  Etait‑il mieux préparé à

titre d`ingénieur‑administrateur  qu`un  jeune  avocat?   Le  comté

d`Anjou à proximité de Varennes était intéressant toutefois Jacques

aurait dû y être parachuté par le « national » alors  que de nombreux

militant y résidaient.  Il  n`avait pas été  sollicité directement!

Jacques se demandait  jusqu`où  les  militants indépendantistes  se

devaient   d`appuyer  les   candidats  péquistes   associationnistes

présentés par  le « National »  ou  originant  du milieu.   Devait‑on

laisser le comté à un fédéraliste  jusqu`à ce que le  « National » et

des candidats potentiels  comprennent?   Voilà  une position  assez

ferme mais difficile à réaliser. Le jeune candidat péquiste d`Anjou

fut attribué par la presse de toutes les affinités souhaitables en

regard de son parti et  de son  chef politique: militant  de longue

date ayant  rejeté  Pierre‑Marc  Johnson,  souverainiste,  candidat

imbattable à  une convention,  …   Pourtant,  le cachet  familial

d`antan manquait à l`image de ce candidat.

 

Un animateur de  jeux  télévisés mentionna  ironiquement qu`un  des

motos, des proverbes de M. Parizeau était le suivant: « Lors de maux

de dents, il faisait appel à un indépendantiste ».  Un humoriste se

demandait si l`hymne national québécois ne serait pas de même nature

que la monnaie, la citoyenneté soit canadien; O`Canada. M. Parizeau

apparaissait lui‑même  d`autant  plus indépendantiste  qu`il  était

entouré de gens plus ou moins indifférents à cette option conduisant

possiblement au pouvoir.  Ainsi,  il n`avait pas  trop à  subir les

états d`âme d`indépendantistes pressés et véritablement orthodoxes.

Eventuellement, les  citoyens  se lasseraient  du  gouvernement  en

place!                                                

 

Suite à une  entrevue télévisée  réussie de  Mme Beaudoin,  Jacques

réalisait que la personnalité d`un individu était au  cours des ans

modelés aux  exigences  d`un  poste  requérant  plus  ou  moins  de

détermination apparente. Il essayait  de visualiser les raisons des

insuccès politiques de cette militante péquiste de longue date ayant

connue une brillante carrière professionnelle.  Est‑ce que les gens

ne   pouvaient  s`identifier   à  elle?    Pouvaient‑ils  bénéficier

facilement de son attention,  de sa  compréhension, de  son appui,

…? Jacques  ne pouvait répondre  spontanément oui à partir  de la

perception laissée. Personnellement, il l`a croyait très accessible

et disponible!  

 

La candidature en tant  que député  de M.  Laurin fut  annoncée et,

 

seulement, le   chef  du  PQ   apparut  à  la   télévision  parlant

d`accommodements pour les anglophones et le  principal intéressé ne

s`exprima pas, du moins à la télévision. Ainsi, le retour politique

de M. Laurin  plairait aux  militants et  son impact  médiatique en

serait atténué car on  appréhendait des réactions  des anglophones.

Déjà,   le  PQ   s`agenouillait  devant   les  anglophones   et,  en

particulier, son chef sous  le prétexte d`harmoniser  les relations

anglo‑franco québécoises.  L`histoire  à la  Lévesque se  répétait!

Oui à M. Laurin mais il fallait l`encadrer rigidement. Probablement

que ses commentaires relatifs à l`attrition   de la loi 101 au cours

des ans  n`enthousiasmaient pas  le  chef  de l`opposition  et  ses

acolytes.   Deux  anciens dirigeants  du Parti  Indépendantiste dont

Jacques avait été membre, sans plus, réussirent à publier alors que

Jacques s`évertuait depuis des mois auprès d`éditeurs. Leurs propos

s`apparentaient à ceux  de Jacques  qui n`avait  pas encore  lu ces

ouvrages. Ils étaient probablement moins menaçants que lui, que ses

écrits pour les dirigeants du PQ! Les anciens  dirigeants du défunt

PI étaient considérés politiquement brûlés alors qu`il s`agissait de

souverainistes exigeants.   Ils  avaient  vraisemblablement  obtenu

tacitement ou activement l`imprimatur du chef de l`opposition sinon

de certains  membres de  son  état  major.   En principe,  le  chef

défendait la paix sociale et  en réalité, il défendait  ses propres

intérêts, ses idéologies personnelles et tant pis  pour les tenants

d`autres approches souverainistes et surtout indépendantistes.

 

Le talon d`Achille  du PQ  pourrait  bien consister  en une  faible

représentation des milieux économiques, industriels, …   Il était

une chose que  des  économistes et  des  professeurs oeuvraient  au

gouvernement et  il en  était  une  autre  que de  s`adjoindre  des

praticiens de ces milieux.  Trop de  politiciens étaient dépourvues

d`expériences   concrètes,   pratiques    des   milieux   d`affaires

francophones, anglophones et  bilingues.  Ils  n`avaient pas  eu le

loisir de visualiser  l`univers réel  de l`industrie,  du commerce.

Leurs   vision   en   était  une   théorique,   hypothétique.    Ils

représentaient peu de danger concret pour les dirigeants actuels de

ces milieux car ils pouvaient  facilement être bernés  par ceux‑ci.

La preuve de ces dires était les mérites  de propositions concrètes

apportées et appliquées, mises en  place avec succès  par d`anciens

hommes d`affaires lesquels disposaient d`une formation très limitée

en la matière.

 

Avec grand renfort publicitaire, la nomination d`un ancien ministre

péquiste à un conseil  d`administration fut annoncé.   Il siégerait

bénévolement! Quelle nouvelle extraordinaire alors que des milliers

de bénévoles  s`activaient   déjà  depuis  longtemps!   Evidemment,

l`image de cet ancien politicien était soignée  car on l`entrevoyait

déjà occupant des  tâches  encore plus  importantes.   De plus,  ce

politicien en apparence  peu politicailleur  représentait l`exemple

 

singulier   du   péquiste,   souverainiste   dont   la   progression

professionnelle , la carrière se poursuivait malgré que son parti

politique était dans  l`opposition.   Pour une  vedette « montée  en

épouvantail »,   de  très   nombreux  nationalistes,   souverainistes

végétaient lorsque chanceux à la remorque  des libéraux allègrement

promus.                    

 

Monsieur D. Lussier, toujours omniprésent en politique, apportait sa

contribution littéraire  à la  souveraineté  du  Québec surtout  en

colligeant des déclarations de  personnalités sympathiques ou  non à

cette démarche. Jacques surestimait  peut‑être cet intellectuel car

il s`attendait  à  un  écrit  original de  sa  part.   De  nouveau,

l`éditeur en cause  prenait  peu  de risques  en  publiant de  tels

propos, d`ailleurs, assez froidement accueillis.        

 

Le dirigeant  local   du  parti  sollicita  Jacques   en  tant  que

solliciteur à l`occasion  de la  compagne annuelle  de financement.

L`organisatrice s`était opposée à la candidature de Jacques au poste

de   président  de   comté,  elle   appuya  quelqu`un   d`une  autre

municipalité.   Jacques  mentionna  qu`il  se  concentrait  sur  ses

activités à l`Ordre des  ingénieurs du  Québec, son  manuscrit, ses

lectures; Canabec, Ennemi intime,  Indépendance, … dont  il avait

recommandé l`achat à la  bibliothèque locale.  De  plus, il  mit en

garde l`exécutif du  parti contre  l`encouragement du  député à  la

désobéissance civile face à une société de  services.  Cette mesure

lui apparaissait  hasardeuse  même  de   la  part  d`un  docteur  en

politique, Jacques questionnait son jugement à ce sujet.  Le député

local s`en prit  à l`Hydro‑Québec  qui avait  fait des  concessions

monétaires aux autochtones « bon  client ».  Jacques trouvait  que ce

geste de l`Hydro‑Québec défavorisait indûment le québécois toutefois

la source de  ces difficultés  de l`Hydro‑Québec  en cette  matière

consistait aux problèmes d`accessibilité au  territoire autochtone,

territoire   sous  la   responsabilité  dudit   député  d`opposition

responsable de la  Montérégie.  Prêcher  par l`exemple  en refusant

officiellement de payer les services électriques reçus représentait

pour Jacques une des méthodes les plus efficaces  d`être imité.  La

perturbation de   plus  en   plus  généralisée  des   activités  de

l`Hydro‑Québec se faisait aux  frais des québécois.   Encourager la

désobéissance   civile  n`était   pas   la   meilleure  démarche   à

entreprendre de  la  part  d`un membre  de  l`Assemblée  Nationale.

L`accessibilité au  territoire  autochtone  était  du  ressort  des

gouvernements fédéral, québécois, ontarien et américain.   De plus,

l`impact sur les relations internationales de  ces échanges étaient

considérables et le député régional était également imputable de ces

relations pour son  parti.  La  réalisation de  la souveraineté  du

Québec et préférablement  de son  indépendance ne  pouvait profiter

d`un tel  climat créé  en  parti  et  en  principe par  des  futurs

responsables de l`affirmation  du  Québec à  tous  les plans.   Ses

 

supporteurs se réjouirent qu`il ait obtenu les manchettes locales et

occuper les titres des journaux québécois mais à quel prix! Jouer à

la vedette souvent improvisée constituait une activité divertissante

mais pas  toujours  rentable   pour  la  cause  servie!   Récupérer

politiquement   une  démarche   populaire  spontanée consistait  à

effectuer du  « surffing »  sur  une  vague.   Jacques  présenta  ses

commentaires aux préposées à la clientèle et aux relations publiques

de la société d`utilités publiques au sujet de cet encouragement de

la part d`un politicien  aux abonnés  à ne  pas payer  les services

reçus car les autochtones se  voyaient accordés des  traitements de

faveur   de   nature   incitative.   D`ailleurs,   les   autochtones

jouissaient de bien  d`autres privilèges;  droits de  chasse et  de

pèche, exemption  de  taxes  sur  le  tabac  consommé,  allocations

gouvernementales, …   Le  vrai  problème  était  fondamentalement

l`intégration   des  autochtones   au  Québec   aux  plans   social,

judiciaire, …    Conséquemment,  des  pressions   devaient  être

exercées au  fédéral  et  à   Québec  en  cette  matière.   Jacques

n`approuvait pas les accommodements de l`Hydro‑Québec à l`égard des

autochtones cependant l`Hydro‑Québec  disposait de  moyens limités,

limités à ceux que lui accordaient les états canadiens et québécois.

Accentuer le problème des paiements des services en le généralisant

au niveau du  Québec lui  semblait  irresponsable de  la part  d`un

membre de l`Assemblée Nationale. Malgré, ses allégeances politiques,

Jacques exprima également ses  opinions à  l`exécutif local  de son

parti.   Ces  récriminescences   s`inscrivaient  dans  un  mouvement

croissant de critique de cette société d`Etat, mouvement initié par

les   autochtones,  entre   autres,   et  débordant   sur  le   plan

international. Le  succès obtenu  par ces  critiques encourageaient

d`autres intervenants  locaux  à  profiter de  cette  tribune  pour

mousser leur image publique au lieu de  sauvegarder une institution

très importante pour  les  québécois et  particulièrement pour  les

québécois francophones. L`idée de représailles du député lui venait

probablement de militants toutefois il était le signataire de cette

missive et il endossait un mouvement de désobéissance civile. Déjà,

des lettres de protestations avaient été acheminées à l`Hydro‑Québec

et un recours collectif était initié occasionnant des  frais à être

payés par les abonnées.  Malgré qu`un moratoire fut  décrété par le

chef de l`Opposition  à  ce  sujet, le  député  local poursuivit  sa

démarche, notamment à  la  télévision.  Une  formation en  sciences

politiques aurait  pu  conduire   au  développement  d`un  jugement

politique suite  à  quelques   années  d`expériences  cependant  la

tentation était toujours grande de faire la manchette des journaux.

Les supporteurs de député faisaient des efforts  pour lui conserver

sa crédibilité de jeune  député.  Par  surcroît, Jacques  avait cru

qu`il était difficile, même à  un politicien de formation  et ayant

oeuvré au NPD‑Canada  de s`identifier  intrinsèquement aux  valeurs

québécoises, en  être  imprégnées quoi!   Que  l`indépendance  soit

promue par de  tels  politiciens présentait  plusieurs écueils;  la

 

force créatrice d`un individu  était préférablement guidée  par les

motivations profondes, les croyances personnelles.  Voilà, un petit

exemple d`un  début  d`hystérie collective  conduisant  au  désordre

social, le tout réalisé désinvoltement pour ne pas dire innocemment.

Des médias, des politiciens, et autres intervenants trop heureux de se

faire entendre en prônant une solution de facilité éhontée. Jacques

dut partager les coûts des lettres‑réponses,  des frais additionnels

de la gestion  des nouveaux  comptes en  souffrance, des  relations

publiques, …  et  possiblement  du financement  des  revenus  non

perçus, possiblement   (200,000  abonnés  @  300$)   60,000,000  $.

S`attaquer ainsi  à  un  pilier de  l`économie  québécoise  frisait

l`autodestruction.   On était  loin  de bâtir  le  Québec!  Loin  de

l`affirmation du Québec!  Loin de son  indépendance!  La résistance

d`éléments du  Québec  conduisait  à  déstabiliser,  perturber  des

rouages importants de l`économie  québécoise!  La solution  mise de

l`avant par le  PQ, à  savoir assurer  l`alimentation électrique  à

l`entrée de la réserve comportait de nombreux inconvénients; abandon

du réseau électrique coûteux, interdépendance des réseaux, entretien

du réseau, perte de contrôle  d`éléments du réseau, …   Le député

local et la députation péquiste souffraient d`une carence prononcée

de connaissances et d`expériences administrative  et technologique.

Administrer une société d`état n`était  pas une mince affaire  et à

plus forte raison un Etat indépendant.  Il  devenait presque gênant

de se  déclarer,  de  se  réclamer du  comté  de  Bertrand.   Cette

situation, ici détaillée, illustrait certains volets de la politique

au Québec  au point  de  vue  de  Jacques.  La  Société  Saint‑Jean

Baptiste organisait les lundis de l`Indépendance du  Québec et elle

avait invité, entre  autres, un  souverainiste associationniste  et

essentiellement étapiste.   Jacques espérait que  ces souverainistes

cheminaient par étapes mais par étapes  importantes, significatives

vers l`indépendance  du  Québec.   De plus,  le  défilé  annuel  ne

referait pas idéalement à la souveraineté du Québec s`il n`en tenait

qu`à son  président.   Ainsi,   il  pourrait  obtenir  de  nombreux

commanditaires, commandites.   Jacques se  rappelait les  dires d`un

ancien président de compagnies attachés, près des intérêts québécois

qui soulignait pertinemment  le fait  que les  pouvoirs économiques

étaient plus puissants que les pouvoirs politiques.

 

A nouveau, son copain qui jouait à l`entremetteur politique semblait

contribuer   à  l`abrutissement   de   Jacques  en   raison  de   son

asservissement politique aux dirigeants actuels et,  évidemment, de

son envergure personnelle inhérente à ses origines,  à sa formation

de niveau collégial, … dit d`un façon non péjorative! Simplement,

la stricte réalité! Cependant  les liens personnels perduraient.  A

tort ou à raison, Jacques  croyait que  ce copain avait  commencé à

fumer alors que  le  Chef  de son  parti,  le  PQ, était  vertement

critiqué pour  cette  faucheuse   habitude,  contraire  aux  valeurs

sociétales. Après deux heures en  présence de ce copain ayant fumer

 

six   cigarettes,  Jacques   réalisait   l`inconfort  probable   des

collaborateurs du chef  de  l`Opposition à  l`exemple  de celui  de

Jacques qui dut ventiler la pièce suite au départ de son copain qui

était pénalisé au plan santé par cette habitude car une pratique de

la technique Nadeau des plus complètes révéla que Jacques était plus

en forme que  ce copain,  semblait‑il!  Jacques  en fut  surpris et

probablement son interlocuteur.

 

 

  1. ii) Le Parti Libéral du Québec

 

 

Il considérait que le Premier Ministre du Québec devait commencer à

s`exprimer en français à l`étranger comme d`autres  chefs d`état le

faisaient afin de  représenter, promouvoir  le caractère  culturel

spécifique de leur pays. D`autant  plus que des écrits officiels du

chef canadien souvent ne traduisaient par la dualité linguistique du

Canada de l`époque.  Ce  chef originant  du Québec  provenait d`une

famille pour le  moins  bilingue comme  plusieurs anciens  premiers

ministres du Canada,  des gens  bien intégrés  d`abord à  l`élément

anglophone.  

 

A voir, le  Parti Libéral  du  Québec  palabrer de  souveraineté  à

vingt‑deux crans   (rapport  Allaire)   en  attendant   les  offres

fédérales, de  juridictions  fédérales transférées  au  Québec,  de

référendums à  proximité  des   élections  et  le  Parti  Québécois

discourir de souveraineté  même pas  d`indépendance avec  plusieurs

éléments en moins, de référendums quelques mois après leur accession

au pouvoir, une commission  québécoise qui  accouchera probablement

d`une suggestion de référendums,  Jacques aurait aimer  être assuré

que l`indépendance   fut  pour   demain  ou   pour  le   moins  une

souveraineté‑association   obtenue    suite   à    une   déclaration

d`indépendance du Québec préférablement consommée. Comment négocier

sans un mandat ferme et clair!   De plus, tout comme  René Lévesque

avait tenu  son  parti  en  otage,  en  menaçant  de  partir,  Ryan

appliquait le même scénario hautement inspiré  toutefois cette fois

avec l`appui du  Premier  ministre.  Il  était inacceptable  qu`une

seule personne malgré son mérite allait contre le  vote de délégués

officiellement élus d`un parti pour assumer la  prise de décisions.

La brève  histoire  du  Québec   avait  démontré  que  ces  piliers

s`effondaient assez  rapidement et  malencontreusement  différaient

l`évolution du Québec.  Monsieur Ryan se  questionnait publiquement

au sujet de la pertinence  d`un société  française au Québec  et il

disait que c`était  irréaliste.  Certaines  réflexions de  Monsieur

Claude Béland  lui laissaient  croire  que  comme dirigeant  il  ne

s`était pas souvent frôler, frotter à la communauté anglophone.  Il

lui semblait, à  prime abord,  poursuivre un  cheminement politique

honnête et  représentatif  de  celui de  nombreux  québécois.   Ses

 

témoignages   faisaient    progresser   le   débat    conduisant   à

l`indépendance du Québec. Comme  prévu, ses interventions efficaces

suscitèrent des réactions, des  représailles de la  part d`éléments

fédéralistes de l`intérieur  et de  l`extérieur de  mouvement qu`il

dirigeait. En  suivant attentivement  les travaux de  la Commission

Bélanger‑Campeau, il constata à nouveau que les experts étaient peu

consultés,   entendus  et   surtout   écoutés.   Généralement,   ils

recommandaient   l`obtention   d`un  mandat   clair   d`indépendance

préalablement à de nouvelles tractations avec  Ottawa.  Jacques non

pris sinon perdu dans les détales de la politique partisane en était

depuis longtemps arrivé à  ces conclusions.   Par le  truchement de

l`Ordre des  ingénieurs  du  Québec à  titre  d`administrateur  élu

participant au comité de rédaction d`un mémoire pour la Commission,

il avait soumis son point de vue et réagit à la version préliminaire

du rapport présenté.  Son  point de  vue fut  aussi repris  dans un

journal local et Jacques y soulignait que l`avenir  du Québec était

entre les mains  du  Parti  Libéral au  pouvoir,  parti à  vocation

fédéraliste, un peu indépendamment des conclusions de la Commission

Bélanger‑Campeau et  jusqu`à  un  certain  point  des  vues  de  la

population.

 

L`actuel Premier ministre du Québec, après avoir profité des appuis

de sa belle‑famille  et de  vint‑cinq  ans de  vie politique  avait

probablement oublié ses  humbles origines  qui lui  facilitaient la

compréhension de   certains  dossiers  et  lui   fournissaient  des

arguments qui ne servaient pas toujours les démunis  du Québec.  Le

gouvernement du Québec même dirigé par un économiste ne préconisait

que peu   de  mesures  favorisant  le   soutien,  le  développement

économique, la création d`emplois en sus de leur appui au projet de

la Baie James.   D`autre part,  un confrère  lui faisait  remarquer

qu`il était ardu pour le  chef d`Opposition d`oublier  ses humbles

origines et qu`un de ses problèmes consistait  plutôt à s`approcher

du citoyen québécois!   Un intervenant politique des  plus actifs et

un ami déclaré du Premier Ministre, Pierre  Bourgault, lui semblait

être prêt à  tout pour  promouvoir  l`indépendance du  Québec et  à

appuyer   un    leader   déterminé   à    réaliser   l`indépendance

indépendamment de ses  origines.  Jacques  accordait énormément  de

mérite à  Monsieur  Bourgault  pour  ces  années  de  promotion  de

l`indépendance, même de « descente  aux Enfers », de  désuétude, pour

son authenticité, …

 

Les membres de l`Assemblée Nationale s`étaient votés unanimement, il

va s`en dire,  des félicitations  ainsi qu`aux  autres intervenants

dans le  dossier de  l`incendie  de  Saint‑Amable.  Néanmoins,  les

conséquences et  les  suites   de  l`incendie  n`étaient  pas  très

heureuses pour la  population  locale; des  sables contaminés,  des

milliers de  pneus,  des  sols   contaminés,  l`état  de  santé  de

nombreuses personnes  incertain, …   On  devait  conclure que  le

 

sinistre aurait pu causer plus de dégâts!

 

Monsieur Bourassa,  s`il  avait  voulu  réaliser  la  souveraineté,

l`indépendance du  Québec,  il l`aurait  fait  présentement,  sinon

depuis longtemps, pensait Jacques.  De disserter  sur ses capacités

et ses aptitudes  à  le  faire était  peine  perdue.  Ses  intérêts

politiques et personnels étaient liées au  système fédéraliste.  Il

s`était toujours acharné  à défendre  le fédéralisme,  incapable de

réaliser plus, de  mieux défendre  les  intérêts du  Québec à  long

terme. Il  n`avait comme réflexes  que des réflexes  défensifs, que

des attitudes   attentistes  (un   vrai  mollusque).    Une  attitude

pro‑active ne  cadrait  pas   avec  sa  personnalité.   L`ambiguïté

entretenue reflétait  son incapacité  à  prendre  des décisions,  à

définir des orientations québécoises, à innover en quelques domaines

que ce soit, à s`appuyer sur les éléments dynamiques et innovateurs

du Québec. Les jeunes  se retrouvaient sans‑emploi, sans ouvertures

internationales.   Ses  nombreuses   nominations  traduisaient   un

favoritisme historique   et  un  souci  de   status  quo  prononcé.

S`appuyer sur  son expérience  pour  maintenir  le Québec  dans  la

fédération canadienne alors que le Canada anglais nous avait répudié

apparaissait comme  une  démarche  d`un leader  en  attente  de  sa

retraite dorée fédéralistement et témoignait de  la faible vitalité

du Parti qu`il représentait.   Si le  système fédéraliste  était si

performant, il  lui  fallait  livrer  la  marchandise;  assurer  la

prospérité du  Québec, créer  le  quasi‑plein  emploi, obtenir  des

capitaux pour la recherche et le développement,  gérer la récession

plus   efficacement   que   le    Parti   Québécois   l`avait   fait

antérieurement, favoriser  le  français comme  langue  de  travail,

assumer les responsabilités financières  du Québec  au lieu  de les

refouler, de les refiler unilatéralement  à un palier  inférieur de

gouvernement, représenter   le  Québec  au   niveau  international,

favoriser l`implantation de sièges  sociaux ou,  pour le  moins, de

bureaux régionaux  par  les   entreprises  bénéficiant  du  marché

québécois, … La direction du PLQ aurait dû être laissé à un jeune

libéral nationaliste québécois.  Monsieur Bourassa  devait accorder

la même chance que M. Desrocher lui avait allouée.

 

Monsieur Lévesque se flattait de représenter la population dans son

ensemble ayant été élu non  seulement par les  péquistes.  Monsieur

Bourrassa en  assurant  par  tous   les  moyens  la  suprématie  du

fédéralisme faisait fi de la  volonté des deux tiers  des québécois

qui désiraient  la  souveraineté.   Le chef  de  l`Opposition  avait

tendance à suivre la voie de Monsieur Lévesque  et Jacques espérait

qu`il n`oublierait       pas cette volonté québécoise.  Ainsi donc,

Monsieur Lévesque   croyait  de   son  devoir  de   représenter  la

population! Cependant, ce n`était pas le cas de Monsieur Bourrassa,

il continuait  à  défendre  les  intérêts  de  son  entourage,  ses

secondeurs financiers et autres, un peu comme à l`ancienne cour des

 

rois, au lieu de représenter la population québécoise souverainiste.

 

Le ministre Claude Ryan était favorable au fédéralisme en autant que

son rayonnement personnel en  était accrue.  Toutefois,  lorsque le

fédéral s`ingérait dans ses activités politiques,  il s`en trouvait

beaucoup moins heureux.  Il avait  vécu une expérience  semblable à

l`occasion du  dernier référendum  québécois.   Compte  tenu de  la

rigueur, du degré d`approfondissement, des conclusions tirées et des

actions entreprises dans un dossier concernant Jacques, il ne put se

dire impressionné par le ministre Ryan.  Une  attitude studieuse ne

saurait remplacer l`obtention de résultats tangibles!

 

Monsieur Guy Saint‑Pierre en accédant à présidence de SNC avait été

suivi par  une  kyrielle  d`administrateurs  qui  lui  apparaissait

anglais.   Plusieurs administrateurs  réalisèrent subséquemment  des

profits de l`ordre de  cent mille dollars  en écoulant  des actions

reçues de l`entreprise possiblement non imposables  s`ils n`avaient

pas encore utilisés leur marge de gains de capital.  Bénéficiant de

ses présumés contacts personnels  avec son ancien  patron, Monsieur

Bourassa, le président de SNC contribua largement au relancement de

cette   importante  entreprise.    Non  seulement,   les  dirigeants

d`affiliation libérale étaient  promus mais  ils étaient  également

maintenus au pouvoir en bénéficiant de l`appui des réseaux libéraux:

médias, marchés, directorats, …                    

 

Le conflit d`Oka semblait  une façon de  déstabiliser le  Québec en

utilisant des  éléments  canadiens  et  américains  intégrés  à  la

majorité anglophone nord‑américaine.  La permissivité  avec laquelle

les lois québécoises, canadiennes et américaines étaient appliquées

représentaient un encouragement à la  désobéissance civile et  à un

escalade.

 

En une occasion au moins, Jacques observât qu`au lieu de souligner

de son vivant le travail, la contribution humanitaire d`un membre de

la communauté,  on  attendit  de présenter  des  hommages  à  titre

posthume.   Les autorités  politiques  en place  profitaient de  ces

circonstances auprès  des  proches éprouvés  pour  renforcer  leurs

emprises sur  la population  indépendamment  des  croyances et  des

affinités des disparus.                

 

Subséquemment aux propositions fédérales de Meech,  le gouvernement

conservateur revenait à l`attaque, visait de nouveau  à intégrer le

Québec dans l`ensemble  canadien.  Suite  à des  consultations avec

toutes les provinces et  les territoires, le  gouvernement comptait

présenté à son électorat un Canada intégré ou intégrant les éléments

francophones,   anglophones  et   autochtones.   Les   conservateurs

fédéraux pouvaient   compter  sur   l`appui  du   Premier  ministre

québécois, croyait‑il.   Après un référendum provincial  relatif aux

 

propositions fédérales, M. Bourassa poursuivraient son cheminement

fédéraliste à moins d`imprévus nationalistes franco‑québécois.

 

Il était quand même plaisant de voir M. Bourassa jouer avec

l`équation suivante:

 

Union économique + Autonomie politique = Souveraineté partagée

 

De plus, il  se  referait à  des discussions  avec  M. R.  Lévesque

préalablement à l`avènement du PQ. Ces  discussions permettaient de

mieux situer les positions  respectives du  PLQ et  du PQ  en cette

matière au niveau du discours. Prononcés à l`occasion d`un colloque

où la qualité totale était à l`honneur, on pourrait supposer que ces

remarques traduisaient  un effort  pour  défendre  les intérêts  du

Québec et de l`administrer de la façon la plus efficace.  Pourtant,

une démarche respectant les critères de la qualité totale en matière

politique compte tenu des  objectifs politiques de  Jacques passait

par l`indépendance du Québec à ses yeux.

 

A un moment,   M.  G.   St‑Pierre,  chef   d`entreprise  témoignait

publiquement de  son appréhension  quant  à  la prospérité  de  son

entreprise et  des  économies  québécoise  et  canadienne  dans  un

contexte politique  où  le   Québec  s`autogouvernerait.   Ce  chef

d`entreprise avait trouvé une formule, une  stratégie efficace dans

le   système  fédéral   et  anticipait   des  bouleversements,   des

réajustements nécessaires dans un  régime politique  différent.  Il

avait profité des circonstances pour souligner les aspects négatifs

des dernières interventions  politiques  de  M. Trudeau.   Pendant

qu`une autre   commission  fédérale  péniblement   poursuivait  ses

consultations, le Chef de  l`opposition à Québec  renformissait les

liens souverainistes et associationnistes avec les Etats‑Unis et M.

Bourassa allait séjourner en France  préalablement au sommet  de la

francophonie alors que  généralement  les Etats‑Unis  l`accueillait

durant ses périodes de détente  à l`instar  de M. R.  Lévesque.  La

dite commission fédérale était  coprésidée par  un pilier  du parti

libéral qui apparaissait sous un  jour moins glorieux,  désabusé et

perdu dans les « détales » organisationnels et multipartisans.

 

Après avoir  été  très  absents  dans  le  domaine  des  politiques

économiques québécoises et subis  les interventions  fédérales, les

ministres libéraux  commençaient  à   faire  leur  classe  dans  la

planification économique, le développement technologique, industriel

et commercial.   En bref,  les libéraux  commençaient à  faire leurs

devoirs cependant on était en droit de se  demander si l`opposition

officielle pouvait en effectuer la correction, la  critique car les

libéraux puisaient à même les ressources humaines nationales en ces

matières.                                                

 

 

  1. Bourassa tentait de doubler le Parti Québécois en suggérant, lors

d`un voyage  européen,   une  formule  de  souveraineté‑association

originale. A un degré peut‑être  plus élevé au plus formelle, cette

approche requérait l`apport,  la collaboration  du Canada  anglais;

association non  seulement   économique,  diplomatique  mais  aussi

politique par l`intermédiaire d`un super parlement dont  les membres

seraient élus. M. Parizeau attendit les résultats d`un sondage pour

manifester précisément ses appréhensions face à  cette proposition.

Le système politique  retenu par  le PQ  supposait quand  même des

structures conjointes.   Dans les deux cas,  Jacques entrevoyait une

prédominance du Canada sur  le Québec  à tous  les plans  ainsi que

l`exigence d`un accord tacite ou  réel du Canada.   Cette situation

comparativement   à celle  conduisant  directement à  l`indépendance

pénalisait les négociations, hypothéquait dès le départ l`assumation

la plus complète possible de  pouvoirs actuellement assumés  par le

Canada.

 

              iii) Le Bloc Québécois

 

Jacques avait  cru  percevoir   même  en  l`absence  d`informations

prévilégières, un désabusement chez Monsieur L. Bouchard face entre

autres au fonctionnarisme  fédéral essentiellement  anglophone tout

comme Jaques  avait  vécu  (sans   faire  de  projections)  face  à

l`administration anglophone des grandes  entreprises montréalaises.

A un moment  donné,  vous  constatez   qu`il  s`agit  d`un  roc  de

Gilbraltar et vous  reculez  face à  une  intégration certaine,  un

asservissement à la Chrétien,  par exemple.  Monsieur  L. Bouchard

avait probablement réalisé qu`ìl  ne deviendrait jamais  le premier

ministre du Canada; ses parents n`étant pas anglo‑québécois et que,

toutefois, son projet de carrière pouvait peut‑être inclure le poste

de premier ministre du Québec. Il semblait populaire dans l`opinion

publique chevauchant les  systèmes politique  fédéral et  québécois

avec une  volubilité  développée  au   cours  des  ans.   Il  était

problématique pour le PQ de  ne pas  appuyer le Bloc  Québécois dit

indépendantiste maintenant qu`un tel  Bloc existait.   Une certaine

alliance,   concertation   dans    l`action   politique   s`imposait

d`elle‑même cependant le Chef du Bloc devait jouer  ses cartes afin

de s`assurer d`une représentativité, la plus vaste possible incluant

les péquistes, les  libéraux, les  conservateurs, les  ethnies, les

anglo‑québécois, … et  ainsi  se positionner  en potentiel  futur

premier ministre  du  Québec  afin  de  profiter  des  opportunités

politiques éventuelles. Dans une analyse politique en 1982, Jacques

avait réfuté plusieurs arguments favorables à la création d`un parti

politique indépendantiste à Ottawa suite à une implication active au

sein du PQ.

 

D`autre part,  au  niveau  fédéral, une  commission  consulta  les

canadiens, un autre groupe examina la constitution canadienne et ses

 

facilités d`amendement, une  campagne de  promotion du  fédéralisme

généreusement financée par le public s`amorça, …  Les dépenses de

l`état fédéral devaient être  contrôlées sauf celles  favorisant le

pouvoir, ou  le  maintien  du   régime  fédéral  comme  tel  et  du

gouvernement conservateur  actuel.   Tout pour  laisser  le  carcan

canadien sur le Québec!        

 

Mulroney à court de ressources et en dernier ressort  car son parti

bénéficiait d`un   très  faible  appui  populaire,   accordait  des

promotions à ses anciens adversaires politiques (à la chefferie) vu

de l`intérieur du Parti conservateur du Canada, PCC. Il désespérait

d`être réélu et il acceptait  de laisser le bateau  conservateur en

voie de naufrage à de  potentiels sauveteurs s`ils  ne réussissaient

pas à  le remettre  à  flots  d`ici  les prochaines  élections.   A

quelques années des élections  fédérales, ce  qui faisait  la force

relative du PCC était la  multiplicité des partis, la  faiblesse du

Parti Libéral du  Canada et  particulièrement de  son nouveau  chef

empêtrer dans cette  complexité conjoncturelle  et en  l`absence de

politiques précises si  ce n`était  l`optique de  plaire au  groupe

majoritaire du Canada et de ménager les subtilités des québécois.

 

Au fédéral et  au  moment  du vote,  les  québécois, les  électeurs

hésiteraient à annuler leurs votes, à voter pour le Bloc Québécois.

Les gens  ont   été  conditionnés  par  de   nombreuses  années  de

participation au   choix  du  premier  ministre   canadien  et  ils

adoptaient généralement une  attitude  positive  face au  processus

électoral, démocratique  même  au   niveau  fédéral.   A  moins  de

campagnes électorales très  vigoureuses,  les appuis  hypothétiques

notés dans les sondages s`estomperaient.

 

Jacques s`étonna que  le  Bloc Québécois  fut  fondé en  Montérégie

plutôt   qu`au  Saguenay‑Lac‑Saint‑Jean,   chateau  fort   péquiste,

nationaliste,   lieu  d`origine   du   fondateur.   Ils   désiraient

possiblement élargir leur base opérationnelle. Les ressources de ce

nouveau parti, surtout financières, n`étaient pas  très importantes

et son financement constituait un défi.  Le Vice‑président du Parti

Québécois était présent à ce congrès de fondation alors que le chef

de BQ n`avait pas participé au congrès péquiste. M. Bouchard aurait

probablement aimer voir également à ses cotés  le vice‑président du

Parti Libéral du Québec, du NPD‑Québec, …  Jacques  savait que M.

Landry avait maintenant  un  pied à  terre sur  les  deux rives  du

Saint‑Laurent, de  Montréal et  qu`il  aimerait  séduire un  nouvel

électorat, un  électorat  sudiste,  après  avoir  subi  un  verdict

populaire négatif.  A  quelques reprises,  M. L.  Bouchard semblait

tiraillé entre ses anciennes prises de position fédéralistes dans le

domaine de  l`environnement  et  l`affirmation  indépendantiste  du

Québec.

 

 

Après avoir été en adoration, avoir adulé les, relativement, jeunes

familles Trudeau et Mulroney, on nous offrait la seconde famille de

  1. Bouchard à titre de modèle à imiter.  Dans ces  conditions, M.

Parizeau   n`était  plus  dans  la course,  il  devait  au moins  se

remarier à une jeune femme à l`instar de M. Lévesque et le plus tôt

possible serait le mieux!

 

Assistant à un souper‑concert organisé aux  profits d`une fondation

d`un hôpital à titre  de représentant du  Président de  l`Ordre des

Ingénieurs du Québec, Jacques questionnait la pertinence d`une telle

décision du Président. L`OIQ ne  pouvant se permettre de contribuer

à toutes les fondations du Québec toutefois  celle‑ci était dirigée

par une  représentante  du  public à  l`Ordre.   Cette  soirée  fut

appréciée par le couple Laberge  ayant été très bien  accueilli par

leur hôte, une politicienne municipale  bien intégrée à  son milieu

entourée des  membres  du conseil  d`administration  de  l`hôpital.

Jacques discuta fortuitement de scénarios politiques avec un député

fédéral. Aux  prochaines élections  fédérales, le Parti  Libéral du

Canada pourrait être élu  et le  Bloc Québécois  formé l`opposition

officielle à Ottawa malgré un hésitation prévisible des québécois à

presque annuler leur vote en votant pour BQ. Jacques croyait que les

québécois pourraient élire le PLQ dans  ces circonstances sécurisés

par la présence du BQ à Ottawa.  De plus, le PLQ  forcerait le PQ à

défendre des positions indépendantistes en surcroît du nouveau refus

stratégique de toutes associations de la part du Canada anglais avec

un futur Québec indépendant.   Ce député percevait  semble‑t‑il, M.

Parizeau plus indépendantiste  que  L. Bouchard  et entrevoyait  la

perception de  toutes   les  taxes  et  impôts   comme  une  mesure

significative d`affirmation  nationale  même  si  des  négociations

pouvaient conduire à une répartition  des pouvoirs entre  Ottawa et

Québec. Jacques  réalisait que  les conditions  de vie  d`un simple

député fédéral étaient difficiles.  Le député se  devait d`aimer ce

travail de représentations  multiples  auprès de  la population  au

cours des fins de semaine, entre autres, et des voyages aller‑retour

à Ottawa surtout en l`absence de pied à terre. De plus, la tâche de

sollicitation des fonds était  très accaparant et  représentait un

véritable défi pour ce parti. Une voisine de table qui se disait de

souche anglaise  s`en  prenait  vigoureusement à  M.  Péladeau  qui

investissait ou investirait  au Mexique.   Jacques nourrissait  des

appréhensions face au  libre‑échange mais  ne pouvait  partager ces

opinions malgré l`échec de la papeterie de Matane et il lui semblait

normal que  des  investisseurs   québécois  évaluaient  le  marché

potentiel du Mexique et pourquoi pas M. Péladeau!

 

  1. Chrétien maintenait l`image traditionnelle du Parti Libéral du

Canada face à Washington au moins dans le dossier  du libre échange

en exigeant son  réexamen.  L`éminence  d`élections américaines  ne

favorisait pas une grande ouverture de la part du candidat Bush. M.

 

Mulroney pourrait être choyé relativement à M. Chrétien officielle

plus revendicateur.   Néanmoins, il fallait  se poser la  question à

savoir si M. Bush serait encore l`interlocuteur américain suite aux

élections.

 

Une fois de plus, Jacques observait en visionnant  les jeux d`hiver

que les manifestations sportives internationales représentaient une

opération exceptionnelle de  promotion du  Canada de  préférence au

Québec tant au Québec qu`à l`étranger.  Les remarques relatives aux

discriminations à  l`endroit  des  athlètes québécois  au  sein  de

l`équipe canadienne étaient faites constamment et particulièrement à

chacune de   ces  manifestations  internationales.    Pourtant  les

performances des   québécois  ne  manquaient  pas   d`éclats;  cinq

médailles québécoises sur un total de sept décorés par le Canada.

 

  1. iv) Les autres considérations

 

A accorder priorité au travail,  à la famille,  à la  religion, …

relativement au nationalisme franco‑québécois, notre société n`était

qu`une province  largement  conduite, administrée  de  l`extérieure

s`intégrant imperturbablement et systématiquement aux plans culturel

et économique aux sociétés anglo‑canadienne et américaine.

 

La création de  plusieurs  emplois pour  des  francophones tant  au

Québec qu`en   dehors  du   Québec  passait   par  l`intransigeance

collective des québécois à exiger du français et  idéalement par un

gouvernement indépendantiste fort.   Les  francophones hors  Québec

l`avaient, d`ailleurs, souligné  à la  commission Bélanger‑Campeau.

Jacques avait été témoin de  maintes situations où son  exigence du

français avait contribué à l`obtention d`un service en français par

un francophone.  Ses  services  avaient également  été appréciés  à

titre   de   francophone   dans  des   entreprises   majoritairement

anglophones dans des  conditions  similaires tant  au Québec  qu`en

Ontario.   Effectuer la  promotion  d`une culture  franco‑québécoise

dans son   ensemble  constituait   dans  les  faits,   en  réalité,

concrètement à promouvoir l`emploi, la  prise en main,  la création

d`un climat de concertation,  une cohésion  sociale accrue  et, par

conséquent, une plus  grande imperméabilité  face à  la culture  et

société anglophone très dynamique et vivace.

 

Doris Lussier  que  l`on  retrouvait constamment  en  compagnie  de

personnalités nationalistes n`avait pu être  élu à cause du  peu de

sérieux de ses propos en  tant qu`amuseur public,  pensait Jacques.

Les gens voyaient chez lui d`avantage le côté,  l`aspect amuseur de

sa personnalité que celui de l`universitaire et l`amateur, le mordu

de politique  québécoise.    Probablement  que  financièrement,  il

n`était pas perdant autrement il  aurait dû troquer des  emplois de

professeur d`université et d`artiste pour celui  de politicien.  Il

 

était hasardeux  de  parler  de sujets  personnels.   Par  exemple,

d`autres individus  lui  avaient été  présentés  comme  professeurs

d`université alors qu`ils assumaient qu`une ou deux charges de cours

et conséquemment, ils  étaient  loin de  toucher  le salaire  d`un

professeur. Ce  n`était pas le  cas de M. Lussier  croyait Jacques.

Lui‑même avait  bénéficier  de  cette ambiguïté  dans  l`esprit  de

beaucoup de gens  lorsque agissant  comme consultant  et chargé  de

cours à l`université.              

 

Fréquemment, il s`agissait de décrier  une situation ou  une mesure

généralisée pour qu`exceptionnellement,  on mettait  en relief,  en

manchettes électroniques,   un  cas,  comme  l`on   disait  souvent

l`exception qui confirmait  la  règle.   Ainsi, cette  dénonciation

était contrée temporairement et rapidement  oubliées et de  plus la

situation était perpétuée.   Les  dirigeants  pouvaient alors  être

satisfaits de  leurs  opérations  de camouflage.   Et  à  quand  la

prochaine! Avec les médias électroniques, la télévision, la riposte

était presque immédiate.  D`autre part, une  réaction sporadique et

même concertée de la base pouvait donner de bons résultats cependant

une action planifiée et orchestrée au niveau  national pouvait même

ne pas être perçue de la base surtout dans  un climat de confiance,

de succès, d`euphorie et quelques fois de panique et de crise.

 

Quelqu`un qui effectuait  une critique  sérieuse des  méthodes, des

politiques d`un organisme  et qui  suggérait diverses  solutions ou

palliatifs se  devait  de  voir ses  observations  communiquées  aux

membres et   au  public  afin  d`améliorer   le  fonctionnement  de

l`organisme et possiblement  de  contribuer  au renouvellement  des

dirigeants. Trop souvent, ce genre de commentaires était tû pour ne

pas incommoder les dirigeants en fonction et on leur acheminait les

suggestions en sourdine espérant qu`ils   réagiraient positivement.

C`était ce que  Jacques appelait  des demi‑mesures  de la  part des

militants anxieux de souligner  leurs appuis  à  l` »establishment ».

Placer un pantin, en position exécutive qui  empruntait le langage

de d`autres  ou qui  répétait  les  discours suggérés,  ne  pouvait

transformer un pro‑fédéraliste en un indépendantiste  efficace, par

exemple.   Son  copain lui  proposait  souvent  ou généralement  des

actions qu`il  jugeait  altruistes  et  occasionnant  des  dépenses

personnelles en énergies, temps et argents:  rédaction de plusieurs

livres, vente de cartes de membres du parti, etc. alors que Jacques

aurait préféré rentabiliser les investissements consentis en termes

de temps, énergies et argents:  publier un  ouvrage, accéder  à des

postes rénumérateurs à l`instar de d`autres citoyens et militants.

 

Jacques expliquait le faible taux de participation aux élections par

un désintéressement  face  à  un  palier  politique  donné,  à  des

candidats semblables,  des  programmes  similaires,  à  la  carence

d`enjeux majeurs,  aux  faibles   incidences  personnelles,  à  des

 

candidats non connus personnellement, particulièrement  en périodes

d`activités personnelles intenses.

 

Au plan municipal, un directeur  général permettait à un  maire peu

instruit et expérimenté  d`administrer.   Le  choix d`un  directeur

général moins expérimenté aurait pu réduire les succès d`une équipe

dirigeante dans  la  direction  des   affaires  et  aussi  de  leur

réélection.   Dans sa  municipalité,  le fait  d`originer du  milieu

semblait particulièrement  important  lors de  la  distribution  de

mérites, par exemple, on  soulignait d`abord  le nombre  d`année de

résidence dans la municipalité. Visiblement, les décideurs en place

souhaitaient maintenir leur ascendant.   Après quelques  années, on

aurait pu croire qu`il s`agissait d`un critère de faible importance

et que la  connaissance de  d`autres municipalités  aurait même  pu

constituer un atout.   Un  ancien maire  et  un ancien  commissaire

industriel étaient omni‑présents dans le suivi et la participation à

la gestion des affaires  de la  municipalité, semblait‑il.   On les

disait partie prenante d`importants projets à titre de consultants.

Un candidat défait à la mairie  avait promis de réduire  au minimum

les travaux réalisés par des consultants et autres et de confier le

plus possible de  mandats  aux fonctionnaires  de la  municipalité.

L`opposition municipale félicita les dirigeants pour la préparation

du budget, fait  particulier  pour une  opposition  qui se  privait

éventuellement d`arguments. Jacques savait le maire adroit et cette

situation le confirmait.

 

Certains   souverainistes    disaient   qu`ils    bénéficiaient   de

soixante‑dix pour-cent d`appui de  la population dans  l`exercice de

leur profession ou encore dans la recherche d`emploi ou de contrats.

Les trente pour-cent de  fédéralistes occupaient des  postes souvent

importants et contrôlaient probablement plus que trente pour-cent des

activités économiques et  commerciales.   Beaucoup de  francophones

devaient travailler en anglais même si les sondages les présentaient

favorables à la souveraineté. Dans plusieurs champs d`activités, il

n`était pas évident que les leaders étaient si favorables.  

 

Jacques avait réfléchi  au sujet  d`une remarque  de Monsieur  René

Lévesque à l`effet qu`un parti politique était un « mal nécessaire »,

possiblement en raison de  sa lourdeur, de  l`énergie requise  à sa

création, son maintien  même  après avoir  obtenu  le privilège  de

diriger la nation.  Néanmoins, on ne  saurait procéder différemment

afin de respecter  un processus  démocratique et  efficace quant  à

l`implication et  à  la   participation  de  la  population,  entre

autres.                                            

 

Si vous proveniez, originiez pas d`un milieu aisé, il était naturel

que vous accédiez à des postes importants.  Si vos origines étaient

humbles, que vous ne proveniez pas de la cuisse  de Jubiter, toutes

 

les raisons étaient valables pour freiner votre  avancement à moins

de suivre docilement un membre de l`élite québécoise fédéraliste de

préférence ou d`être  un ancien  ministre.  A  plusieurs occasions,

Jacques s`interrogea sur la qualité de la  démocratie québécoise, il

écrivait, il parlait par dépit de la « démocrassie ».

 

Si l`on  examinait  la  situation  politique  québécoise  dans  son

ensemble, il n`était pas évident que l`indépendance du Québec était

pour demain ou après demain pourtant un  certain consensus semblait

se dessiner même  par  de çà,  au  de là  des  intérêts des  partis

politiques québécois et des  dirigeants d`affaires et  autres.  Ces

derniers voulaient maximiser les résultats des  retombées positives

pour leurs formations et leurs intérêts  respectifs.  Leur objectif

premier étant le  pouvoir ou  le profit!   De plus,  bon nombre  de

politiciens expérimentés avaient  vu les  services fédéralistes  de

leurs nombreux amis trop bien récompensés et fréquemment  en fin de

carrière pour ne pas s`en soucier. Les autres dirigeants adoptaient

des attitudes similaires.

 

Pourquoi   faire  l`indépendance?    Poser  la   question  pour   un

indépendantiste, c`était répondre aux questions suivantes: Pourquoi

être maître chez nous? Pourquoi administrer nos affaires nous‑même?

Parce que  c`était nos  responsabilités  et  que nous  devions  les

assumer et gérer notre mieux‑être, notre  avenir!  Personne n`était

plus intéressé à notre mieux‑être que nous‑même!  A long terme, les

québécois   bénéficieraient  de   leur  gestion   publique  et   ils

apprendraient beaucoup à réaliser l`indépendance du  Québec dans un

premier temps.  Que  de pouvoirs  présentement assumés  au nom  des

québécois à Ottawa!   Cette étape aurait un effet  stimulateur et de

responsabilisation de l`ensemble des  membres de  notre communauté.

La réponse à cette question reposait sur la confiance des québécois

en leurs propres moyens et des risques énormes à laisser à d`autres

le droit de  gérer complètement  ou en  partie nos  dossiers, notre

avenir.   Comment  créer  un  climat de  concertation  lorsque  vous

déteniez qu`une portion des  pouvoirs au Québec!   Dans le  pays du

Québec, les deux solitudes linguistiques seraient plus près, presque

forcées de se souder, de collaborer. Une question d`un co‑président

de la  Commission Bélanger‑Campeau  le  laissait  perplexe quant  à

l`utilité de cette  commission  traitant précisément  de ce  sujet,

quant aux intérêts de nos élites à assumer simplement  leur rôle de

citoyen responsable.   Plusieurs  écrits   de  Jacques  visaient  à

convaincre ses concitoyens  de l`importance  de créer  notre propre

pays,   notre  propre   cadre  de   vie.   Tout   simplement!   Tout

naturellement!

 

Lors d`un appel  à Revenu  Québec  au sujet  d`un régime  d`épargne

enregistré de retraite, Jacques se fit dire que l`harmonisation des

politiques, des données en cette matière était effectuée par Revenu

 

Canada, le Québec devenant de moins en moins autonome.

 

Avec la venue de partis politiques anglophones  au Québec, l`amorce

du rejet  des  journaux anglophones  racistes  montréalais,  Jacques

estimait que  le climat  politique  à  Montréal s`améliorait.   Les

points de vue  anglophones étaient  présentés assez  directement et

honnêtement à  la  population  du Québec  et  cette  dernière  s`en

trouvait mieux renseignée pour  réagir adéquatement.   Cependant, à

entendre des jours durant sur les lignes ouvertes des entretiens de

sympathisants aux malheurs des anglo‑québécois, il se doutait que de

tels débats  influenceraient les  résultats  des  sondages en  leur

faveur et que, fort de ces résultats  favorables, ils insisteraient

sinon exigeraient que, par respect pour la  démocratie, des mesures

suggérées et de  plus en  plus envahissantes  soient matérialisées,

réalisées. Jacques étaient conscients de  leur assurance et de leur

confiance en leurs  énormes  moyens.   Périodiquement, des  groupes

d`hommes d`affaire réagissaient  positivement à  ce lobby  des plus

efficaces s`appuyant sur les affinités anglophones nord‑américaines.

 

En attendant  de se  rendre à  un banquet,  Jacques attablé  dans un

restaurant, sirotait son café en lisant le rapport annuel de la CUM.

Il observa installé à la table voisine un individu qui attendait et

Jacques lui dit quelques paroles banales en français  et ce dernier

répondit d`un anglais  tinté d`espagnol.   Jacques en  profita pour

pratiquer son espagnol et une discussion s`en suivit relativement à

l`opportunité ou au bien‑fondé d`investir  aux Iles Canaries  et en

Espagne, pays en expansion économique,  la deuxième en  Europe, aux

différences culturelles et économiques entre l`Espagne et l`Amérique

latine; accents et  niveaux  d`instruction différents,  intégration

internationale (libre‑échange  américain  et  marché  commun),  aux

dangers du libre‑échange  tripartite (E.U.‑Canada‑Mexique)  pour le

Québec en raison  des faibles  salaires mexicains  et de  leur lent

développement économique prévisible (dix ans et plus), aux avantages

pour le Canada de garder le  Québec sous sa gouverne  et Jacques le

convainquit de l`importance  pour le  Québec d`être  indépendant et

près des   pays  latins.   Sergio,  son   interlocuteur,  le  salua

chaleureusement et  Jacques  lui  répéta  une  de  ses  expressions

favorites et pour la  première fois  en espagnol  « El mundo  es mas

pegneno »; le  monde  est  petit  et  il  n`est  pas  surprenant  de

rencontrer, par  exemple,  un  voisin   en  Europe  ou  ailleurs  à

l`occasion d`un voyage.

 

En soirée, au banquet, un confrère oeuvrant dans un milieu bilingue

préconisait à titre de compromis que la langue et la culture soient

laissées au gouvernement québécois et que l`économie  et les autres

fonctions soient  administrées   conjointement.   Jacques  lui  fit

remarquer qu`il ne partageait pas  ces vues  et il admit  qu`un tel

partage pourrait bien survenir à quelques nuances, détails près avec

 

deux partis qui préconisent des associations Québec‑Ottawa. Jacques

fit voir à son copain,  la pertinence  pour le Québec  d`obtenir un

mandat d`indépendance de la  population au  plus tôt  afin d`éviter

l`auto‑destruction du  Québec  et  du  Canada  par  les  fanatiques

nationalistes. Un gouvernement ainsi mandaté pourrait minimiser les

dégâts et optimiser les résultats de la répartition des pouvoirs tel

que suggéré par les experts  à la Commission  Bélanger‑Campeau.  On

pouvait croire  que  la  répartition des  pouvoirs  et  des  avoirs

respectifs étaient déjà amorcée tant  à Québec qu`à Ottawa  et dans

les autres capitales provinciales. De plus, les leaders économiques

traduisaient officiellement les intérêts de leurs entreprises plutôt

que ceux de  simples membres  de la  société québécoise.   « Dis moi

quels sont les intérêts que tu  représentes et je te  dirai quelles

positions constitutionnelles tu défends!   Comment penser qu`un homme

d`affaire très grassement rénuméré dont l`entreprise était à cheval

sur les deux  provinces pouvait  prôner ouvertement  l`autonomie de

l`une d`elle alors que le tout était chapeauté  par le gouvernement

fédéral.

 

Une fin  de  semaine,  il  aurait  pu  assister  à  deux  activités

politiques. Il  fut invité  à un  banquet‑bénéfice organisé  par un

mouvement indépendantiste et social démocrate de gauche car il était

abonné à leur journal. De plus, le Parti Québécois local organisait

un colloque auquel  un  député  favorisant l`élection  référendaire

souverainiste agissait comme conférencier.   Jacques aida Suzie à la

confection et à l`installation d`une valence dans le salon.

 

Il avait un  peu peur  des mouvements  de gauche,  certains membres

ayant été aux mains de  la GRC,  Gendarmerie royale du  Canada, lui

disait‑on!   Toutefois, il  partageait certaines  de leurs  analyses

politiques.   S`il avait  été invité  comme personnalité,  il serait

peut‑être allé au  lieu de  grossir simplement  l`assistance et  de

contribuer au financement!

 

Jacques se  demandait  s`il  ne réagissait  pas  d`une  façon  trop

critique contre les dirigeants incluant  ceux du PQ. Il  avait vécu

plusieurs   expériences   politiques   qu`il  n`avait   pas   encore

« digérées », intégrées,  et  acceptées,  semblait‑il!   Après  avoir

assumé des  responsabilités, il  était  moins  motivé à  simplement

assister à des événements. Il maintenait sa décision de s`impliquer

activement dans une organisation à la fois tout  en appartenant en

tant que membres à d`autres. Disperser ses énergies ne l`enchantait

pas et  il  jugeait  ce procédé   inefficace.   Mieux  valait  être

disponible lorsque  nécessaire!    Cependant,  il  appréciait  être

informé du déroulement de  telles activités.  S`il  plafonnait dans

l`organisation choisie,   il  pourrait  remettre  en   cause  cette

approche.

 

 

On avait porter à son  attention, le cas d`une  multinationale bien

implantée au Québec  dans les  produits de  santé.  On  lui faisait

réaliser que la  philosophie corporative  avait été  bouleversée au

moins localement suite  à des  conflits de  nature linguistique  et

raciale puisqu`il  faut  bien  appeler les  choses  par  leur  nom;

québécois francophones et  québécois versus  canadiens anglophones.

Les canadiens anglais avaient gagnées comme c`était   souvent le cas

néanmoins ils en  subissaient des  contre coups  importants et  par

conséquent le Québec.   Dans un  Québec indépendant,  nos québécois

auraient eu de meilleures chances de défendre et de conserver leurs

emplois, de nombreux emplois, pensait‑il! Lui‑même avait vu pleurer

un patron originaire des provinces  de l`Ouest car  Jacques voulait

briser le Canada.  Ce  gestionnaire humain avait  également réalisé

l`impact négatif d`une telle  attitude sur  la carrière  de Jacques

dans un tel milieu.

 

Nos amis anglophones du Québec étaient fiers à juste  titre de leur

contribution à l`essor du Québec.   En l`absence de leur  appui, de

leur présence,  les  éléments francophones  auraient  peut‑être  pu

suppléer. Beaucoup  de réalisations  avaient été  rendues possibles

grâce au financement fédéral soit la quote‑part des impôts québécois

majoritairement francophones. Même, le financement privé s`appuyait

sur les profits réalisés par des entreprises bénéficiant de l`accès

au marché québécois et souvent de  généreuses subventions fédérales

et québécoises  accompagnées  de  crédit d`impôt,  de  l`accès  aux

ressources naturelles  renouvelables  ou  non,  …   Leur  volonté

collective de maintenir le cordon beylical fédéral en disait long sur

la source, l`origine de leur prospérité.  De plus, le partage d`une

langue continentale   contribuait  énormément  aux   échanges  tant

économiques que culturels.                                    

 

Jacques   avait   observé   l`apport   culturel,   la   contribution

significative à   la  francisation,  à  l`usage   d`un  vocabulaire

technique français des firmes françaises lors de la réalisation des

travaux olympiques. Au moment de l`implantation, en particulier, de

l`usine Michelin dans les  Maritimes, Jacques  avait écrit  que les

français négociaient,  offraient  surtout des  biens  culturels  au

Québec tandis que leurs investissements tangibles allaient ailleurs

tout en   empruntant  souvent  le  passeport   québécois,  l`entrée

québécoise en terre nord‑américaine.

 

L`Hydro‑Québec apparaissait attaquée de tous les  côtés; ingérences

gouvernementales, contrôles  environnementaux québécois,  canadiens

et, par     surcroît, américains incluant les amérindiens, …  Ces

attaques confirmaient  l`importance   de  cette  organisation  dans

l`économie québécoise.  Déstabiliser  l`Hydro‑Québec contribuait  à

démolir un des  principaux  symboles de  la  réussite québécoise,  à

déstabiliser l`économie québécoise, à ébranler le vouloir collectif

 

d`affirmation québécoise.   Au   niveau  personnel,  Jacques  avait

mentionné à cette société  que les relevés  émis par  le fiduciaire

l`était en anglais. Depuis un certain temps, le français y apparaît

en priorité  tout  comme  l`anglais dans  les  documents  fédéraux.

Jacques aurait  préféré des  relevés  unilingues  français dont  la

confection nécessiterait  seulement   des  francophones  alors  que

beaucoup d`emplois en  milieu financier  exigeaient l`anglais.   Des

proches de Jacques réalisaient peu l`importance d`exiger le français

afin de  créer des  emplois  pour  les francophones.   Ils  étaient

traumatisés, avaient peur  d`une  affirmation  francophile dans  un

pays,   le  Canada   où  l`anglais   était  une   exigence  fédérale

fondamentale en tout milieu même au Québec.

 

A moultes reprises, les nostalgiques de l`ère  Trudeau avec l`appui

actif de celui‑ci s`évertuaient à  concevoir une façon de  le faire

participer à nouveau à la vie politique canadienne et par tant à la

promotion du fédéralisme canadien si rentable pour  ces habitués du

pouvoir.   Ils  auraient  aimé   que  leur  progéniture  continue  à

bénéficier de  ce   système  qui  avait  fait   leur  succès.   Ils

s`évertuaient à ressusciter une ancienne revue avec la connivence de

grands médias. M. Trudeau ou  plutôt M. Elliot  Trudeau essayait de

mobiliser ses amis anglophones contre la société distincte du Québec

telle que définie dans les propositions du  gouvernement fédéral et

conservateur. Les  franco‑québécois qui avaient peine  à s`affirmer

depuis des siècles étaient soupçonnés par  l`illustre ancien premier

ministre du  Canada de  vouloir  déporter  des anglo‑québécois  une

minorité si bien traitée et  pourvue.  Il réagissait en  raison, en

fonction de  ses  propres  méthodes,  mesures  dont  les  québécois

francophones avaient fait les frais et  continuaient d`assumer les

conséquences, entre autres, des politiques mises de l`avant sous sa

direction   notamment  d`un   bilinguisme  artificiel   pan‑canadien

conduisant en  réalité à  la  bilinguisation  du Québec  alors  que

l`assimilation des francophones  hors Québec  se poursuivant  peut

être à un rythme légèrement moins accéléré.  De part  la fermeté de

ses propos, cet homme public souvent provocateur et  idéaliste à sa

façon réveillait peut‑être tant chez  les anglophones que  chez les

francophones un esprit  nationaliste  en réaction  à de  nombreuses

années de  tentatives  d`uniformisation  et  de  nivellement.   Les

québécois acceptaient moins bien  le dicta  de M.  Elliott Trudeau,

signe d`une affirmation collective québécoise ou tout simplement que

« son temps était  passé ou  qu`il avait  fait son  temps ».  Jacques

visionnait l`importance du Québec pour les québécois francophones en

terre américaine d`une façon semblable  à celle de  l`état d`Israël

pour les  juifs  au  niveau   mondial  malgré  le  fait  que  toute

comparaison demeurait  imparfaite.   En ce  sens,  deux  situations

quoique similaires  à  plusieurs  aspects  n`en  étaient  pas  mois

différentes.

 

 

Que penser  des  sondages?   Par qui  étaient‑ils  financés?   Quel

échantillon était pris?   Jacques préférait  que les  résultats des

sondages émanaient de plusieurs, diverses sources  et idéalement de

sources souverainistes  et préférablement  indépendantistes  malgré

leurs faibles moyens que de sources fédéralistes pourvues d`énormes

ressources. Des sondages favorables à la souveraineté, favorables à

des   dirigeants  hautement   associationnistes  et   souverainistes

pouvaient conduire   à  l`élection  d`un  parti   représentant  ces

tendances; le  Parti  Québécois  et  contribuer  essentiellement  à

l`assainissement de la paix sociale sans toutefois amener le Québec

à l`indépendance, prérequis à une saine négociation  avec le Canada

anglophone.

 

Monsieur Chrétien   se  devait  de   jouer  un  rôle   de  penseur,

d`animateur, de  coordonnateur,  de  rassembleur,  de  porte‑parole

libéral après  avoir  traduit   souvent  crûment  les  opinions  et

concrétiser les projets de ses anciens patrons. Il disposait de peu

de temps pour s`adapter à ses nouvelles   fonctions si ses capacités

personnelles le lui permettaient.   Suite à  quelques déclarations,

Jacques se demandait  s`il  n`était  pas trop  franc  pour être  un

politicien   conventionnel.   En   principe,  ses   chances  étaient

excellentes de devenir  le prochain  premier ministre  du Canada  à

moins que  le  Québec  devienne  indépendant  avant  les  élections

fédérales.

 

Un proche de Jacques lui avait décrié les méthodes d`affaires de M.

Malenfant dès le début de sa progression  vertigineuse.  Dans cette

région du Québec, les entrepreneurs refusaient  systématiquement de

travailler pour lui et ils exigeaient des garantis ou des paiements

à l`avance. En  l`absence de syndicats, les  travailleurs n`étaient

possiblement pas en entière sécurité eux aussi.

 

Il revit  un  confrère  de  classe  marqué  naturellement  par  les

séquelles de l`âge  dont l`entreprise  montréalaise avait  basculée

financièrement aux mains américaines. Cette prise de contrôle était

accompagnée des nombreuses mesures de rationalisation.   Est‑ce que

le libre‑échange apportait de telles conséquences et  à quel degré?

Peu d`études, de statistiques semblaient témoigner de  l`état et de

l`évolution de   la  situation.    Les  dirigeants   politiques  et

d`affaires aux  rênes  lors  de  la  signature  du  traité  avaient

acquiescé aux désirs du géant américain et ils étaient plutôt avares

de précisions et préféraient tablés simplement  sur leurs positions

initiales.   Ils  faillaient  être proactifs  commercialement  en  de

telles circonstances face  à un  géant dont  les décisions  étaient

fréquemment concertées  au  plus   haut  palier  hiérarchique.   La

diversification des tendances  politiques  et autres  au Québec  ne

facilitait aucunement une semblable concertation en  l`absence d`un

esprit national de survie et d`affirmation car les québécois étaient

 

depuis toujours écrasés par des forces politiques et autres dirigées

de l`extérieur   et  écartelés  par  des   partis  politiques,  des

organismes disposant de faibles assises, affinités, … québécoises

et francophones. Il était opportun pour un dirigeant politique, par

exemple, d`être optimiste au volant, entouré d`autres bénéficiaires

de ces  pouvoirs,  bardés  d`amis   intéressés.   Que  dire  de  la

québécoise, du québécois francophone moyen?  Avaient‑ils  les mêmes

raisons d`envisager l`avenir avec  optimiste compte tenu  de l`état

actuel des choses,  de leur  possibilité d`avancement  personnel et

collective, …   Des régions entières étaient  laissées pour compte

et on les départait d`outils  susceptibles de leur  permettre de

s`animer, de se concerter, de se prendre en main, de s`organiser, de

prendre racines  commercialement  et financièrement  sur  une  base

collective au  lieu d`attendre  une  pitance  parcimonieuse, de  se

donner des moyens; coopératives,  sociétés, … afin  de construire

véritablement le Québec, le Québec régional seul espoir de survie du

Québec car Montréal vivait  sous le  jouge du  multiculturalisme à

saveur anglophone prononcé  et cette  ville semblait  une ville  en

sursis compte tenu des forces en présence.  Une ville  en sursis et

également un Québec en positions très précaires,  Montréal étant un

moteur économique important et d`un poids démographique déterminant

alors que  l`expansion  économique  et  démographique  des  régions

s`avéraient problématique.

 

Jacques n`admettait pas ou très difficilement que l`on fasse passer

la religion, la  famille,  le travail,  …  avant le  nationalisme

franco‑québécois. Ce schème simple de valeurs rendait problématique

la promotion de l`indépendance du Québec et même de  la défense des

intérêts franco‑québécois.   Les travailleurs en  milieu francophone

étaient favorisés et malgré tout,  Jacques avait connu  beaucoup de

ces   travailleurs  prônant   le   fédéralisme   et  réalisant   peu

l`importance d`une patrie comme gage de pérennité de leur situation.

Ils en désiraient  toujours plus,  maintenant et  à n`importe  quel

prix!

 

Observant   qu`une   manifestation   de   rejet   des   francophones

conservateurs se préparait à Ottawa, Jacques constatait une fois de

plus la nécessité  de créer  notre pays  afin de  s`administrer, de

contrôler les informations  nationales  en tant  que majorité  tout

comme les anglophones au Canada.  Les franco‑québécois sacrifiaient

leur nationalisme aux avantages  pécuniaires, honorifiques  et autres

devant vivre en tant que canadien plutôt que québécois.

 

Un étudiant espagnol en stage  de formation linguistique  au Québec

soulignait son attachement  à  sa langue  natale,  le catalan.   Il

évaluait comme meilleures les chances pour  l`avènement d`un Québec

indépendant que celles d`une Catalogne indépendante. Il souligna le

fait que sa langue  maternelle n`en  était pas  une internationale.

 

Jacques avouait qu`il  était plus  facile pour  un non‑espagnol  ou

non‑catalan de considérer le pays dans son ensemble  tout comme les

étrangers face au  Canada  et  au Québec.   Toutefois  en tant  que

québécois, il sympathisait aux  préoccupations nationalistes  de ce

jeune catalan.  Au  Québec  au  sujet du  français  parlé et  écrit

subissait des assauts dans  plusieurs domaines; doublage  de films,

éditions, …   visant  à  assurer  la   suprématie  non  seulement

culturelle mais économique de l`ancienne mère‑patrie.

 

Que   pouvait‑on  attendre   d`Ottawa?   Des   mesures  fédéralistes

sûrement! Une propension naturelle à la centralisation!  L`exercice

du pouvoir par la majorité anglophone! Le contrôle économique, nerf

de la querre en toute matière!   Quel était le réflexe  naturel des

dirigeants   de  l`époque   lorsque  vous   suggériez  des   mesures

québécoises? Ces mesures étaient  souhaitables mais trop coûteuses,

onéreuses! Ottawa  en préconisant  la centralisation  des pouvoirs

économiques au niveau fédéral forçait le Québec à  rentrer dans les

rangs fédéraux ou à s`affirmer en tant que pays.

 

Un autre point de vue important aux yeux de  Jacques s`avérait être

la facilité d`obtention de subventions par certains entrepreneurs à

succès pour un certain temps.  L`expression  « bien‑être social pour

riches » le frappa par  sa pertinence.   Une autre  expression mieux

accréditée était la suivante « Tout le monde commentait des dépenses

inférieures à  un  million  et   peu  de  gens  se  reconnaissaient

l`expertise d`apprécier     des projets de plus grandes envergures.

Fermer une  usine  récente  dont la  construction  avait  nécessité

l`appui substantiel de l`état méritait mûres réflexions.

 

Progressivement, des révélations  relatives aux  antécédents de  M.

Mulroney permirent d`identifier les méthodes employées par celui‑ci

dans les négociations, représentant une de  ses principales forces,

un de ses atouts majeurs  en tant qu`administrateur  et politicien,

disait‑on. Après avoir liquidé harmonieusement l`Iron Ore propriété

américaine, il était  peut‑être  le leader  idéal  pour briser  le

Canada comme répétaient invariablement les fédéralistes convaincus.

Toutefois en liquidant son  ancienne compagnie, il  l`avait réalisé

aux plus grands intérêts de ses patrons et l`on  pouvait croire que

ses nouveaux patrons étaient la majorité anglaise du Canada assistés

de ses amis américains.  Au  sujet des  déboires de M.  B. Lamarre,

Jacques en venait  à croire  qu`ils étaient  non seulement  d`ordre

administratif mais également d`ordre politique car plusieurs de ses

successeurs à  diverses  fonctions qu`il  avait  cumulées,  étaient

clairement reliés sinon identifiés au Parti libéral.

 

A prime abord, dans la défense de la démocratie en Haïti, les alliés

et les américains en particulier semblaient moins pressés d`envahir

ce pays que le  Koweit et l`Irak.   Les enjeux  économiques étaient

 

différents,   croyait‑on.     Toutefois   mieux    valait   disposer

d`informations valables avant de se prononcer et d`entreprendre des

représailles. Les  expériences américaines en ces  matières étaient

considérables et s`avéraient  porteuses de  sérieuses leçons.   Les

déclarations du Père  Aristide favorables  aux supplices  corporels

s`expliquaient possiblement par l`influence de son milieu immédiat.

Même si vous êtes président d`un organisme, son porte‑parole vous ne

pouvez imposez entièrement  vos  vues.   Probablement qu`il  devait

composer avec son  entourage afin  de conserver  son poste.   Quel

dilemme! Appuyer  un président  démocratiquement élu  qui préconise

des sacrifices  humains  au  lieu d`un  président  par  intérim  et

éventuellement un nouveau président élu dans quelles conditions? Le

député local et le PQ approuvaient le Père Aristide et son ancienne

équipe. Ici,  il fallait  viser, seconder  le respect  du processus

démocratique. Jacques repoussait la pensée morbide que les pneus de

Saint‑Amable auraient  pu être  utiles  au  Président d`Haïti.   En

certains pays, la  puissance  économique influençait  le choix  des

chefs ainsi que  l`appui  populaire  de ces  derniers  de part  les

contributions accordées  à  certains  candidats,  par  exemple,  en

mettant à pied les leaders d`opinions défavorables  à leurs thèses.

Tandis que dans d`autres pays aux moeurs plus  violents, tel Haïti,

les perturbations personnelles touchant non seulement l`emploi d`un

individu et de ses proches, son rôle social, sa qualité de vie mais

également               sa              vie,                ultime

châtiment.                                                        

 

La prédominance d`hommes  de loi  dans les  institutions publiques:

Mulroney, Bourassa, … favorisait  peut‑être la tenue  de nombreux

débats, la présentation  de  documents  intéressants, de  multiples

commissions utiles cependant  les  mesures  concrètes en  matières

économiques, notamment aux chapitres de la création  et du maintien

de l`emploi, du  développement  industriel et  technologique et  en

matières politiques se  faisaient  de plus  en  plus pressantes  et

rarissimes.    

 

Un débat interpellant M. Bourassa demandé par M.  Parizeau au sujet

des propositions préliminaires du fédéral avait été organisé plaçant

  1. Bourassa en terrain vague,  flou  où il  excellait.   Certains

disaient que ce dernier était  peu en forme  alors que ce  débat le

favorisa d`après les consultations téléphoniques auprès  du public.

Plusieurs auditeurs déploraient la carence de  nouvelles données et

des séances    d`information   formelles   par    des   formateurs

professionnels étaient  suggérées.    Un  commentateur  imputait  à

l`attitude suffisante de l`ancien professeur connaissant  la faible

appui populaire à ses propos et à sa démarche politique. En dehors,

des   débats   officiels   M.   Bourassa   semblait   aimer   flatter

personnellement les  personnalités  en  cause,  ses  interlocuteurs

politiques faisant ainsi la  promotion de vis‑à‑vis  politiques qui

 

l`accommodaient bien, somme toute! Un opposant feutré, conventionnel

convenait bien à M. Bourassa!

 

Décidément, les  autochtones  servaient   les  intérêts  du  Canada

anglais. Après avoir bloqué l`entente  du lac Meech, ils invitaient

le Premier ministre du Québec à assister à une assemblée regroupant

les premiers ministres des provinces, activités que celui‑ci s`était

refusé des derniers mois.

 

Une animatrice  vedette interviewait  un  auteur  ayant analysé  le

contexte politique québécois et conclu que les francophones québécois

se   dirigeaient   vers   une    fausse   solution   politique,   la

souveraine‑association servie à la sauce péquiste ou libérale alors

que la solution durable s`avérait être à ses yeux l`indépendance du

Québec. Jacques et  de nombreux militants en étaient  venus à cette

conclusion depuis des ans!  Cette  animatrice jouait à  la vedette,

monopolisait le débat tout en sacrifiant les auditeurs d`exposés le

moindrement complets et  en  l`interrompant à  la première  amorce.

Bravo au   « vedettaria »  superficielle!   Les  auditeurs   tout  en

sympathisant avec  l`auteur restaient  sur  leur  appétit étant  plus

intéressé au  sujet qu`à  l`effervescence  du  débat.  Si  l`auteur

méritait d`être invité, il méritait de s`exprimer et d`être entendu

sinon compris!

 

L`armée canadienne semblait faire preuve de maturité et de réalisme

influencé par des représentants  francophones et  anglophones.  Les

francophones avaient su faire valoir  les intérêts du  Québec compte

tenu de cette déclaration de principe.  Un  ancien fonctionnaire de

la défense lui confia que même à Montréal, il  travailla en anglais

seulement. Les  jeunes recrues  francophones étaient  assimilées en

moins de deux ans étant noyées intentionnellement  dans des milieux

anglophones. Ce  n`était que  récemment que les  nouveaux officiers

éprouvaient encore de  la difficulté  à maîtriser  l`anglais étaient

lorsque promus,  lui  disait‑il.   L`arrivée de  René  Lévesque  au

pouvoir avait  contribué  à  son avancement  ainsi  qu`à  celui  de

plusieurs fonctionnaires francophones.  Lui‑même était  retraité et

admettait être plus familier avec l`anglais écrit  que le français.

Jacques avait apprécié la compagnie  de ce gentilhomme et  en avait

profité   pour  étudier   succinctement  sa   vie  de   retraité,  sa

philosophie; être actif, ouvert  aux gens,  …  Toutefois  à cette

réception, Jacques rencontra plusieurs connaissances, personnalités

du milieu de  l`ingénierie  et félicita  un  ingénieur qui  venait

d`obtenir une promotion suite entre autres à de  nombreux efforts à

la promotion  du  fédéralisme.  En  temps  qu`admininistrateur  de

l`OIQ, il considérait  ce geste  comme normal  et rituel.   Jacques

s`était vêtu convenablement sans plus et il se surprit à saluer tant

de gens qui sillonnait les  salles contingües.  Il avait  décidé de

poursuivre une  conversation  intéressante plutôt  que  de  saluer

 

brièvement de  nombreuses  personnes, activité  moins  chaleureuse.

 

Certains québécois  même à  titre  de  professionnels se  sentaient

désemparés dans  le  contexte économique;  domination  des  marchés

québécois par des intervenants internationaux, succès amoindris des

têtes de file québécoises, taux de chômage élevé chez les québécois,

perspicacité des nouveaux arrivants à se positionner  sur le marché

du travail dans des  emplois stables  et établissement  de réseaux

d`influence, décrochage et  indolence politique  des dirigeants  en

matières constitutionnelles (dédoublements, …), dans la définition

de   politiques  économiques,   de  développements   technologiques,

régionales et autres, dans la création d`emplois, dans la réduction

des déficits, en la stabilisation  sinon la réduction des  taxes et

des impôts,  dans le  décloisonnement  planifié  des marchés,  etc.

Malgré,   leurs  compétences   respectives,   ils  étaient   apeurés

d`affronter la gestion des affaires québécoises habitués  à un rôle

d`appui plutôt que  de  direction.  Jacques  croyait fermement  aux

capacités des  québécois  et  éprouvait  des  difficultés  à  faire

partager ce point de vue que les québécois étaient les mieux placés

pour promouvoir leurs intérêts en  tout milieu  et même au  GATT où

d`importantes   mesures  étaient   prises   et   devant  avoir   des

répercussions économiques et sociales considérables particulièrement

au Québec.

 

Par exemple, l`Hydro‑Québec se retrouvait dans un milieu énergétique

compétitif disposant  pourtant  de sources  locales  d`alimentation

électrique: hydraulique, nucléaire, thermique et récemment à partir

du gaz.   Des projets  au  Nouveau‑Brunswick;  turbines à  gaz,  au

Labrador; centrales hydrauliques, et  des turbines à  gaz implantés

par les américains, le tout à des  coûts unitaires (kilowatt‑heure)

projetés compétitifs.   Cette  entreprise d`état  était  soumise  à

moultes contraintes politiques limitant énormément son  maintien et

préférablement sa progression.   Elle était de plus  en plus limitée

comme un  des  moteurs  économiques du  Québec;  ses  entrepreneurs

originaient   de   plus   en   plus  de   l`extérieur   du   Québec.

L`Hydro‑Québec semblait  souffrir  des  conséquences  fâcheuses  du

piètre état  des relations  entre  les  gouvernements québécois  et

canadiens   avec  les   autochtones.    D`autre   part,  la   faible

transparence des activités hyroquébécoises ne contribuaient en rien

à son image. Là encore, l`HQ s`était probablement conformé ou avait

répondu aux attentes  du  gouvernement  québécois.  Maintenant  que

certains problèmes devenaient publics  les politiciens  jouaient au

Ponce Pilate  tenant sous  leur  tutelle  politique les  dirigeants

contraints à l`obéissance ou à une démission.

 

Le programme de  développement technologique  du ministre  Tremblay

constituait essentiellement l`identification  des pôles  actuels ou

des principaux  secteurs  technologiques du  Québec  plutôt  qu`une

 

stratégie. Le  dit programme  ainsi que  celui de  la main‑d`oeuvre

professionnelle et   d`autres  représentaient   une  amorce   à  la

définition de stratégies québécoises.   Toutefois en  l`absence des

pouvoirs constitutionnels   complets,  ces   stratégies  québécoises

étaient fragmentaires, incomplètes, …  tant dans  leur définition

comme telle que dans leur réalisation hypothétique.   Même, un pays

(indépendant) et par tant disposant  de moyens accrus  était soumis

aux contraintes internationales mais  son champs de  manoeuvre s`en

trouvait   agrandi  d`autant.    Par  ailleurs,   l`intégration  des

francophones aux milieux anglophones se poursuivait. Les travaux de

recherches, d`ingénierie, de fabrication et autres réalisés pour le

gouvernement américain notamment  les  forces  armées, les  agences

gouvernementales américaines,  …,  la documentation  devait  être

rédigée en anglais. A un degré légèrement moindre, la documentation

produite pour  le  gouvernement  canadien  l`étaient  également  en

anglais surtout lors qu`il  s`agissait de projets  d`envergure.  Le

contexte économique  et  politique  était  progressivement  préparé

intentionnellement   ou   non   pour   insécuriser   les   québécois

francophones à l`époque  du  futur référendum  possiblement sur  la

souveraineté. Les coupures de transferts fédéraux, les déclarations

antagonisantes des  anglophones  relativement  à  l`affirmation  du

Québec comme société, la multiplication des comités consultatifs, la

mise sur pied de groupes de promotion du fédéralisme à grand frais,

… en sus de la récession profonde  constituaient quelques mesures

préliminaires au référendum.                        

 

Un premier  ministre provincial  de  l`Ouest  dut admettre  que  sa

population régionale craignait le bilinguisme. Le responsable de la

politique canadienne affirma  que  l`objectif  de cette  politique

visait à permettre entre autres aux résidents de l`Ouest de vivre en

anglais ainsi qu`aux anglophones du Québec.  Ce premier ministre ne

faisait que confirmer le caractère   anglophone de sa province et la

volonté de ses concitoyens de vivre  dans un pays anglophone  et il

dénonçait l`aspect superficiel de cette politique nationale établie

d`abord pour  promouvoir les  intérêts  des  anglophones du  Québec.

Seulement, un Québec  indépendant  pouvait négocier  favorablement,

efficacement   certains   accords   de   réciprocité   en   matières

linguistiques et autres. Toutefois, de tels accords ne devaient pas

mettre en péril  la  protection  du français  au  Québec comme  tel

d`autant plus que les politiques canadiennes de bilinguisme avaient

été peu respectées ailleurs qu`au Québec.

 

Jacques fut étonné du grand nombre d`actionnaires qui participèrent

à une assemblée annuelle d`une banque montréalaise.  La présence de

personnalités de   divers  milieux   et  la  qualité   des  buffets

constituaient   des   éléments   d`explication.    L`assemblée   fut

rigoureusement conduite selon  l`ordre du  jour prévu.   Toutes les

propositions, résolutions étaient connues  à l`avance sauf  pour la

 

période de questions laquelle permit de rendre  public une présumée

fraude et  de  mettre  habilement  en  évidence  l`unilinguisme  du

président de  l`entreprise.   Ce   dirigeant  fit  un  réquisitoire

compréhensible et anticipé en faveur du fédéralisme canadien. Cette

banque oeuvrait évidemment au  Québec et au  Canada anglais  et son

siège social était au Québec ce qui la rendait hautement tributaire

des marchés québécois  et  canadiens.  De  plus,  leur expérience  en

territoire américain s`avérait fructueuse!

 

Jacques fut surpris  de  la  considération donnée  à  une offre  de

service effectuée à la Présidente d`un mouvement d`opposition d`une

commission   scolaire   importante.   L`opposition   avait   bloquée

l`embauche d`un  dirigeant  intérimaire   et  Jacques  avait  voulu

soumettre sa candidature à ce moment. Sa surprise originait du fait

que sa candidature  fut porter  à  l`attention du  Président de  la

commission scolaire, Chef  du parti  au  pouvoir.  Le  style de  la

réponse du Président témoignait du climat administratif houleux.  A

cette offre  osée en  milieu  instable,  une réponse  étriquée  fut

obtenue!    

 

Une célébration à  caractère nationaliste  conduisit à  un appui  à

l`Indépendance du Québec, une proposition formelle à cette cause de

la part de  plus  de trois  cent  sympathisants.  Jacques  participa

activement à un atelier  traitant de  monnaie et  de la  dette d`un

Québec indépendant et, probablement, souverain à  un certain degré.

La documentation  et   les  présentations  d`économistes  prenaient

l`utilisation d`une  monnaie  canadienne surtout  en  raison  d`une

période d`instabilité  économique  et de  l`impact  potentiellement

négatif sur  les  résultats  des élections.   Un  fort  pourcentage

d`appui à une monnaie canadienne était préférable  à un pourcentage

moins élevé à une monnaie québécoise, préconisaient‑ils.  Toujours,

le même scénario pré‑électorale!  Jacques souligna  l`importance de

bénéficier de la latitude  optimale dans  les négociations  avec le

Canada anglais et que le contrôle linguistique et culturel supposait

que les pouvoirs économiques  soient aussi  et d`abord  acquis.  La

portion de  la dette  québécoise  avait  été  révisée à  la  hausse

rejoignant presque  les  données   d`un  économiste  anglophone  de

l`université McGill.   On s`alignait  sur les  capacités à  payer du

Québec.   Jacques préférait  des pourcentages  moins élevés  surtout

dans le  cadre  de négociations.   Plusieurs  participants  étaient

présents à leurs  dires pour  apprendre, obtenir  des informations.

Deux économistes présents  avaient changés  d`opinions au  cours des

derniers six mois, se ralliant  au point de  vue de M.  Parizeau de

crainte d`apeurer comme  toujours  l`électorat,  les répondants  au

prochain référendum ou les voteurs à la prochaine élection. Un d`eux

avait écrit M. Parizeau  à titre de futur  principal décideur

québécois! A défaut de présenter aucune conclusion ou une référence

à la monnaie canadienne seulement, Jacques suggéra à contre coeur au

 

moins une monnaie québécoise à long terme et une monnaie canadienne

ou autre au départ selon l`état des négociations. Les spécialistes,

les économistes croyaient se  réserver les sujets  dits techniques;

monnaie, dette, …   Pourtant des  sujets aussi  complexes étaient

débattus publiquement. Ces sujets dits techniques ne pouvaient être

traités séparément ayant une incidence importante sur les politiques

économiques d`un Québec indépendant. Dans l`ensemble, Jacques était

satisfait de la proposition d`ouverture de la rencontre, déclaration

d`indépendance du Québec et il n`éprouvait pas le besoin de se faire

voir et  entendre  au   micro.   Jacques  salua  plusieurs  anciens

militants du  PQ.  Le  PQ  était  très  présent  à  cet  événement!

L`élément féminin n`apprécia pas un  vote minoritaire quant  à leur

implication   égalitaire   dans   la  composition   d`un   assemblée

constuante.   M.  Doris  Lussier  qui s`exprima  sur  ce  sujet  fut

amicalement pris à parti en soirée.  Jacques aurait aimer assister

au banquet  mais préféra  épargner  soixante‑cinq  dollars car  les

revenus familiaux originaient surtout de son épouse. « Au cas où », il

avait quand même apporté  une chemise et  une cravate  qu`il avait

laissé dans sa voiture.  De plus, il comptait lire  cette revue, la

revue publiée par cet organisme à la bibliothèque locale plutôt que

de payer son abonnement.   Ici encore,  son député  s`était inscrit

comme par hasard au même atelier. Il reconnu un ancien président de

compagnies pour qui un confrère avait oeuvré durant quelques années.

Il s`agissait  d`un  vénérant  nationaliste,  pensait‑il.   Jacques

discuta assez longuement avec  un ancien président  de comté  du PQ

dans la jeune trentaine; des congrès à chefferie, des personnalités

péquistes et de leurs antécédents, … Il éprouvait de la réticence

à s`adresser aux présidents de mouvements présents; M. Bouthiller,

… Il se  demandait qui serait les récipiendaires des  deux prix à

saveur nationaliste. Le  dirigeant de la revue à  qui Jacques avait

présenté son  manuscrit était  absent.   Une  journée en  compagnie

d`indépendantistes lui donnait plus  de satisfaction  que plusieurs

mois en milieu souveraineté‑associationniste!

 

Quelques jours  plus  tard,  Jacques releva  que  le  Président  du

Mouvement National des québécois appuyait officiellement l`exemption

d`une nouvelle taxe dans la région près de  la capitale canadienne,

mesure régionale.   On disait  que  déjà  les taxes  sur  l`essence

étaient moins  élevées  qu`ailleurs   au  Québec.   Les  régions  à

proximité des Etats‑Unis subissaient aussi les pressions économiques

résultantes du faible coût de l`essence américaine.

 

Il était  petit  actionnaire   d`une  banque  qui  sollicitait  des

commentaires, il offrit ceux‑ci: « Suite à l`indépendance du Québec,

votre banque devra  s`adapter à  ce nouveau  contexte politique.   A

titre de  citoyen corporatif  québécois,  pourquoi  ne pas  vous  y

adapter dès maintenant!   Des  dirigeants  grassement payés,  entre

autres par les québécois  devraient représenter  les valeurs  de la

 

société québécoise et éviter  de se cramponner  dans un  status quo

reflétant des points de vue dépassés.  Des leaders plus clairvoyants

et moins coupés du citoyen  moyen, défendraient mieux  les intérêts

des actionnaires de la banque. Un club de millionnaires ne constitue

pas nécessairement  un  excellent  conseil  d`administration! »  Les

québécois avaient avantages  à exprimer  leurs opinions   auprès de

ces piliers économiques, ces centres de décision.

 

La   lecture   de   deux  livres   indépendantistes,   l`un   rédigé

professionnellement   à  titre   de  politicologue   constituait  un

plaidoyer en faveur  de l`indépendance  et un  appui au  PQ et  aux

dirigeants et le second plus près de l`histoire politique québécoise

reflétait l`implication personnelle de  l`auteur, permit  à Jacques

d`apprécier les cheminements, les arguments, les positionnements et

la nature  des  appuis respectifs  à  la  cause,  au  PQ et  à  ces

dirigeants. Ces deux indépendantistes  avaient menés un combat sans

trop échopper personnellement, les  deux avaient séjourné  dans la

Capitale nationale et  profité de  des largesses  du fédéral  à un

moment donné de  leur carrière.   Un des  livres était  structuré à

l`exemple de celui de  Jacques; antécédents personnel  et politique

incluant quelques écrits complémentaires déjà publiés  ou non.  Les

québécois y étaient interpellés et invités à s`affirmer comme tels en

se démarquant des agissements louvoyant de M. Bourrassa.

 

Jacques avait  conçu  une  pétition relative  à  l`Indépendance  du

Québec.   Elle se  lisait  ainsi:  »  Nous  soussignés, citoyennes  et

citoyens du  Québec  réclamons   l`Indépendance  du  Québec.   Nous

demandons la tenue  soit d`un  référendum, d`ici  la fin  d`octobre

1992, soit  une  élection  référendaire.   Nous  demandons  que  la

question posée soit la suivante: Je désire le statut d`indépendance

pour le Québec.  oui _____  non  _____ » Ainsi,  les gens  pouvaient

donner leur  appui  à   une  telle  démarche  indépendantiste  sans

référence à  aucun  organisme.   Les  coordonnés  du  Président  de

l`Assemblée Nationale  du  Québec   étaient  données  comme  adresse

d`expédition.   Une autre  pétition appuyant  la souveraineté  était

circulée par le Mouvement Québec, entre autres.

 

Trop de  gens  désiraient,   ressentaient  le  besoin  d`aduler  un

politicien, trop   d`intervenants  politique  collaboraient   à  la

création artificielle d`une  « super star »  politique contribuant  à

fausser le jugement politique,  entre autres,  de la  population et

aussi des  militants   politiques.   L`optimisation  visuelle  d`un

personnage politique et autres était souvent  réalisée au détriment

du respect de la vérité,  du camouflage des faiblesses  humaines et

caractérielles avec  le  concours  intentionnel ou  non  des  médias

réagissant à ces forces sociétales.  Une plus  grande maturité, une

acceptation collective des moyens  et des ressources  limitées d`un

humain aurait conduit à un encadrement plus judicieux de ces agents

 

du pouvoir qu`étaient les politiciens.  Les milieux d`affaires bien

établis dans un  ou  des créneaux  consolidaient constamment  leurs

acquis à tous les plans en scrutant toutes les avenues possibles, en

évaluant la  pertinence   et  la  rentabilité  de   telle  ou  telle

alternative en  manifestant  le  plus  de  réalisme  possible  dans

l`appréciation des  ressources  disponibles   en  rapport  avec  de

nouveaux défis envisagés.   L`estimation  à leur  juste valeur  des

performances et des  résultats antérieurement  obtenus représentait

une assise fondamentale à une telle démarche.  De plus  en plus, de

gens identifiaient et déploraient pour  ne pas dire  décriaient que

des dits spécialistes souvent au langage peu  accessible au public

utilisaient leurs connaissances pour servir d`abord ou exclusivement

leurs intérêts soit professionnels, soit personnels  et asservir la

population. Ces  intervenants sociétaux  au points de  vue officiels

fréquemment divergeants favorisaient la création et le climat flou

et imprécis et le maintien du status quo en  diverses matières dont

celles constitutionnelles. Le  non respect de la réalité  ou du moins

l`absence de  recherche de  données  réalistes  conduisaient à  des

résultats de nature éphémère et de  portée restreinte affaiblissant

globalement notre   société  relativement   à  d`autres   dont  les

dirigeants faisaient preuve de  pragmatisme, de  clairvoyance basée

sur des  éclairages  réalistes   et  recherchés  par  ceux‑ci  leur

facilitant la définition  de projets  de société,  des modalités  de

réalisation et  de l`évaluation  des  projets  définis et  acceptés

collectivement. Ces dernières lignes auraient pu constituer un bref

article lequel  aurait pu  être  intitulé  « Il  y a  politique  et

politique ».

 

             2‑ La société en général

 

Lorsque quelqu`un était actif à son travail, il disposait moins, de

temps pour exploiter ses propres faiblesses, ses fantasmes, pensait

Jacques. Sa mère lui répétait  souvent que l`oisiveté était la mère

de tous les  vices.  Une  personne  appartenant à  une société  qui

permet,   favorise   son  épanouissement   matériel,   intellectuel,

physique, culturel sera moins sujette à se tourner vers la drogue, la

boisson, …  pour oublier  ses  problèmes  et  se détacher  de  la

réalité. Ainsi, la notion de plaisir avait une connotation négative

dans l`oreille   et  l`oeil  de  Jacques.    Une  activité  futile,

secondaire par laquelle on pouvait perdre temps, énergies et argents

sans résultats   tangibles  et   durables.   Il  se   souvenait  de

l`expression « plaisir  de  la   chair »  marquant  une  réprobation.

Pourtant, le plaisir apportait  énormément à  notre qualité  de vie

lorsque l`on en élargissait la définition, la portée.

 

Actif au sein de plusieurs organismes, il se lia  d`amitiés avec un

militant politique pour  discuter surtout  de politique.   Les deux

protagonistes partageaient de nombreux points de  vue nationalistes

 

et ils  discutaient de  stratégies  en  la  matière.  C`est  en  sa

compagnie que Jacques s`impliquera subséquemment dans  un mouvement

humanitaire et  religieux.   Les   deux  familles  apprirent  à  se

connaître lors de nombreux événements sociaux.   La personnalité de

l`épouse de  son copain  lui  semblait  complémentaire à  celle  de

celui‑ci, comme c`était souvent le cas.  Ensuite, il poursuivit son

bénévolat auprès des membres de sa profession d`ingénieur.  

 

La notion de confidentialité de l`information détenue  par un parti

au pouvoir et  par  le fait  même de  l`accès  à l`information  tel

qu`observé   entre   autres   endroits  au   Québec,   l`intriguait.

Privait‑on indûment   la  population   d`informations  importantes?

Favorisait‑on la gestion en vase  clos et les  intérêts spécifiques

d`un parti, des officiers?  A  quoi bon être  élu démocratiquement!

En certains milieux, l`information dite confidentielle générée pour

les dirigeants, était utilisée seulement si ces données confirmaient

leurs approches, leurs intérêts personnels ainsi un usage partiel et

biaisé de ces  renseignements en  résultait.  La  population serait

mieux servit si l`accès à  l`information pour tous  était respecté.

Déjà, l`exigence de l`assimilation de ces  données représentait une

contrainte. Les dirigeants en  fonction maintenaient le Québec dans

l`ornière fédéraliste  en  orientant   les  efforts  des  effectifs

gouvernementaux à leurs avantages personnels et partisans au lieu de

viser, de favoriser l`épanouissement, le développement de la nation

québécoise dans son ensemble. Tant et aussi longtemps que le Québec

ne contrôlait  pas  en   entier  ses  institutions  politiques,  le

sous‑emploi serait  une  caractéristique fondamentale  du  contexte

socio‑économique québécois.

 

Lors du débat conduisant à la signature du  traité du libre‑échange

canado‑américain, plusieurs politiciens et théoriciens à l`abri des

affres de la compétition internationale à  l`assemblée nationale ou

actifs dans  les  secteurs   publics  et  parapublics  favorisèrent

intensément le  libre‑échange,  voie de  l`avenir  particulièrement

lorsqu`un pays contrôlait  d`abord  ses  politiques intérieures  et

extérieures ou  disposait  de  ses propres  outils  politiques  lui

permettant de s`assumer en tant que tel particulièrement en présence

d`un pays aux dimensions gigantestes  à presque tous les  points de

vue comme Jacques l`expliquait à un franco‑américain ouvert à un tel

débat. Plusieurs  sources d`information indiquaient  qu`une entente

officieuse était intervenue lors des négociations  du libre‑échange

conduisant à la parité des monnaies canadienne et américaine afin de

répondre aux exigences américaines.  De plus,  Jacques avait appris

que des  ententes de  réciprocité  avaient  été signées  entre  les

ingénieurs ontariens et  ceux de  certains états  américains tandis

qu`au Québec pourtant si  près, voisin  des états  de New  York, du

Vermont, … n`avait pas encore  établi des liens professionnels et

économiques semblables.

 

Lorsque Jacques  écrivait,  il  donnait,  quelques  fois,  plus  de

précisions sur les sujets qui le  concernaient à ce moment.   Il se

vit refuser en diverses occasions la publication d`articles dans des

journaux de municipalités avoisinantes même     lorsqu`une élection

québécoise approchait. Les dirigeants  des journaux réservant leurs

pages à  des intervenants  locaux.   Cependant,  leur futur  député

devait être quelqu`un de Montréal  actif (candidat défait)  dans un

parti   fédéraliste.    Toutefois,   il  était   reconnaissant   aux

propriétaires de journaux  locaux  qui  ouvraient généreusement  et

gracieusement   leurs  pages   favorisant   ainsi  son   implication

sociétale.   Au  niveau  national  québécois, La  Presse  lui  avait

toujours refusé l`accès à  ces pages et  il avait  publier quelques

articles dans le Journal de Montréal.  Souvent quelqu`un peu connu,

non reconnu comme personnalité  se voyait refuser  divers services,

publications d`articles  et de  communiqués,  droits  de parole  et

d`interventions ce qui, autrement, aurait  pu contribuer à lui créer

une image publique  ou améliorer  sa frète  image.  En  adoptant le

slogan, « Plus on  en parle,  plus  on en  vend et  plus elles  sont

fraîches! », on récrirait   celui‑ci: « Moins on en parle, moins on en

effectue la  promotion  et  moins  ils  sont  populaires,  connus ».

D`autre   part,   de    potentiels   dirigeants,   leaders   étaient

périodiquement recherchés dans  les  domaines  politiques, etc;  la

relève se prépare en tout temps  et en tout milieu!   Quelques fois

sinon souvent, l`esprit de clocher  très prononcé jouait  contre la

« régionalisation ». Sur  la Rive‑Sud, Jacques déplorait  les faibles

infrastructures montérégiennnes en matières économiques et autres et

quelques démarches avaient été amorcées en ce sens.

 

Fréquemment, les médias  publiaient  des textes  insipides et  sans

intérêts de personnalités  désireuses d`assurer  une présence  dans

l`opinion publique, de maintenir une image  vivante, récente auprès

de la  collectivité  alors  que   de  nombreux  et  sérieux  textes

d`illustres inconnus  ou de  personnes  peu  connues n`étaient  pas

publiés, ne contribuant pas au  tirage du journal.   Evidemment que

cette sélection des textes requérait  énormément de jugement  de la

part des membres des  comités éditoriaux  et ils  préféraient baser

leurs décisions   sur  la  notoriété  de   l`expéditeur  du  texte.

Fréquemment, Jacques préférait développer succinctement un  sujet au

lieu de réagir aux éditoriaux comme le suggérait les éditeurs ainsi

ils poursuivaient   le  débat  sur  des   sujets  qu`ils  jugeaient

pertinents et   relevant  à   leurs  yeux;  contrôle   indirect  de

l`information. Si vous étiez peu connu, vos idées devaient plaire à

un groupe influent de la société,  ce dernier devait y  trouver ses

intérêts sinon quelque soit la qualité d`expression, la pertinence,

la justesse   de  vos   propos,  ils  n`étaient   jamais  présentés

publiquement, publiés.  Les  médias contribuaient  à souligner  les

qualités des  fédéralistes  et atténuaient  sinon  cachaient  leurs

faiblesses.   Il   en   était    tout   autrement   des   dangereux

 

indépendantistes dont les moindres faiblesses, défaillances étaient

souvent provoquées et mises  en relief pour  ne pas  mentionner les

menaces qu`ils représentaient pour  l` »establishment » de  la patrie

anglo‑franco canadienne et  québécoise à  majorité anglophone.   Un

éditorialiste opinait qu`il valait mieux défaire des  élus dont les

performances étaient discutables au lieu de scruter le pedigree des

candidats à la députation.  On était  de loin de la  qualité totale

appliquées à toutes  les  étapes  d`un processus  et  à la  rigueur

intellectuelle d`antan.   Jacques lui  souhaitait  un  député à  la

mesure de ses exigences, à la hauteur des expectatives!

 

 

Le   journal   Le   Devoir   lui  apparaissait   perdu   dans   leur

perfectionnisme sinon snobisme littéraire et  journalistique.  Leur

formule semblait les  étouffer,  les couper  et  les dissocier  des

débats sociétaux, du réel, du quotidien!  On pouvait presque parler

d`atrophie intellectuelle non  apparente.   Jugement sévère!   Sans

doute!   Cependant, ces  remarques et  d`autres pouvaient  expliquer

leurs problèmes d`existence et de  survie.  Ce média avait  fait le

succès de plusieurs éditorialistes qui souvent occupaient une place

importante dans  l`opinion  et  la   vie  publiques  suite  à  leur

implication sociale.   Jacques n`avait  pas lu récemment  Le Devoir,

leurs opinions l`avaient éloignées malgré qu`il aimait généralement

connaître des arguments adverses aux siennes  ce qui  quelques fois

lui permettait de mûrir ses propres points de vue et de déceler les

stratégies subjacentes à leurs prises de positions.  Force était de

constater que l`absence de médias souverainistes et indépendantistes

importants ne  contribuerait  en  rien  à  la  promotion  de  cette

idéologie et à  sa  réalisation.  Quelle  nation!   Quel pays!   Il

fallait que le Canada anglais nous rejette et encore ce n`était pas

suffisant! Habitués à  exécuter les ordres, il  aurait fallu qu`ils

réalisent l`indépendance pour nous. Habituellement, l`intelligentsia

s`intéressait et défendait l`autonomie de son groupe ethnique. Ici,

elle a été  conditionnée, façonnée  au  cours des  siècles et  elle

s`accommodait de rétributions et d`honneurs inhérents  aux services

rendus à la défense du status quo et n`ayant en principe qu`une vie

à vivre, ils préféraient la vie près des dirigeants fédéralistes au

pouvoir. De plus, ce journal, comme d`autres, copiait, incluait les

nombreux articles de la Presse canadienne.  On  pouvait se demander

quand   le   Québec   profiterait  d`une   agence   qui   traiterait

l`information dans   une  optique  québécoise,  à   l`avantage  des

québécois.

 

Jacques préférait plaire à moins de  gens et d`une façon  simple et

authentique; ce  qui  signifiait discuter  sincèrement  de  divers

sujets au lieu de faire appel à des clichés  conventionnels, que de

s`attirer superficiellement ou socialement l`attention  de beaucoup

de personnes à  moins de  poursuivre  un objectif  électoral ou  la

 

recherche d`appuis démocratiques dans la  défense des causes  où la

majorité où     la loi du plus grand nombre était significative, se

refusant toutefois   à  certains   compromis  l`éloignant   de  ses

principes.

 

Jacques avait observé que  les européens se  sentaient généralement

qualifiés pour aborder quelques sujets  que se soit tandis  que les

québécois se considéraient moins à l`aise, se refusant de présenter

des généralités ou de  répéter des arguments  dont le  contenu était

plus ou moins  compris, assimilé.   Un éditeur  , en  entrevue, lui

avait apparu arrogant, alors qu`en pratique, il s`avérait peut‑être

courtois.   Il  fallait  dire  qu`il venait  de  recevoir  un  prix.

Phénomène typiquement québécois où les étrangers étaient encouragés

à abuser de notre milieu avec une arrogance qui  rappelait celle de

  1. Trudeau.   Il aurait dû se réclamer plus de l`arrogance  que de

l`excellence! En  définitive, ces  gens écrémaient  adroitement les

marchés québécois en  n`exerçant  qu`une influence  infime au  plan

culturel québécois!

 

Ses nombreuses expériences en tant que professionnel et bénévole lui

firent reconnaître le  bien‑fondé  d`assumer une  fonction la  plus

importante possible dans un organisme.  Il avait cru  à prime abord

que les personnes  agissant ainsi  recherchaient exclusivement  les

honneurs. Expériences à l`appui, Jacques avait subi l`incompétence,

le peu de motivation de trop  nombreux supérieurs pour ne  pas être

convaincu de la valeur et de  la pertinence de ses  approches et de

ses habilités.  L`expérience  additionnelle  et  la contribution  à

l`organisme étaient d`autant plus significatives à  un haut niveau.

En d`autres mots, après avoir oeuvré dans diverses organisations et

quelquefois subi  les affres  de  dirigeants  peu expérimentés,  il

reconnaissait qu`un bénévole  ou un  administrateur expérimenté  se

devait d`accéder au plus haut palier d`une organisation autrement il

devait faire preuve de beaucoup de patience.

 

Lorsque possible, Jacques  préférait acheminer  personnellement ses

envois, ses documents  sans faire  appel aux  offices des  services

postaux.   Ainsi,  il était  assuré  de  la confidentialité  de  ses

missives qui s`en  être  de nature  secrète  s`avéraient de  nature

confidentielle et  ses  documents  parvenaient  plus  rapidement  à

destination.

 

Ce québécois vécu une autre  expérience enrichissante soit  celle de

membre d`un  mouvement catholique  humanitaire  et  de son  conseil

d`administration local à  titre  de secrétaire‑trésorier.   Jacques

avait souvent été impressionné par la justesse et la pertinence des

propos des dirigeants de la communauté catholique  du Québec animée

en sus  par des  principes  chrétiens  de charité,  de  fraternité,

d`unité et  de patriotisme  au  sens  large.   Il pensait  que  nos

 

politiciens avaient  avantage à  s`inspirer  et  à puiser  à  leurs

enseignements. Toujours   avide  de  connaissances,  en   plus  de

s`impliquer   localement,  il   s`intéressa   à  l`organisation   du

mouvement, ses ramifications internationales, à ses objectifs, à ses

moyens d`action,   aux  impacts   sociétaux  québécois   et  offrit

commentaires et  suggestions  en  tant  que  bénévole  quelque  peu

expérimenté à cette époque  de sa  vie.  Sa  suggestion de  ne plus

distribuer au Québec une revue anglophone se matérialisa. Une autre

revue majoritairement  anglophone aurait  pu  l`être  aussi et  les

articles d`ordre international pourraient  être ajoutés à  la revue

strictement québécoise rédigée  en français.   Il questionnait  les

pourcentages des argents alloués à la formation de franco‑québécois

relativement aux argents perçus ici car il n`avait pas eu le loisir

de creuser, d`approfondir ce dossier.  Les présentations écrites et

orales aux congrès  internationaux,  surtout  tenus aux  Etats‑Unis

comme c`était  généralement le  cas  pour  ce type  d`organisation,

pourraient progressivement être présenté par les  autorités civiles

et religieuses en français à l`instar de d`autres groupes ethniques,

pays.   Originaire  d`un  rang,  Jacques n`avait  jamais  agi  comme

servant de messe et il en fit l`apprentissage.  Jacques trouvait en

plus à  la  confession,  le   sacrement  du  pardon,  une  fonction

thérapeutique et il aimait bien les célébrations communautaires. Il

y redécouvrit la pertinence et  la valeur des  lectures religieuses

effectuées publiquement et en privé. Il était heureux d`entendre le

mot « mystère » parce qu`il ne comprenait pas toutes les doctrines et

il essayait d`y voir clair.  Jacques fut  impressionné par quelques

homélies d`un prêtre  africain qui  venait évangéliser  avec raison

notre société qui  s`éloignait  des doctrines  chrétiennes.  Il  le

faisait avec une logique, des exemples, des  arguments reflétant sa

propre culture. Certains paroissiens  discutaient de l`accent de ce

pasteur zaïrois et peu  de commentaires  étaient entendus  quant au

contenu des homélies. Ce pasteur  retourna dans son pays d`origine.

Jacques admirait  leur foi  en  ces  doctrines.  Se  rapprocher  de

l`église, le rapprochait de son enfance, de son  adolescence, de sa

mère très dévote, de la vie de pensionnaire encadré de prêtres, …

Dans une ancienne  église, chaque  fois qu`assis  dans le  coeur et

qu`il levait les  yeux, il  se  trouvait confronter  avec un  globe

terrestre sur lequel le Canada était clairement identifié. Il aurait

préféré y voir le Québec. Au  moment du Carême, Jacques pensait que

ces jeûnes annuels  répondaient non  seulement à  un besoin,  à des

exigences religieuses mais aussi à un besoin physiologique, médical.

Il était, peut‑être, plus aisé de le pratiquer collectivement. Dans

ce mouvement, Jacques eut l`occasion de réfléchir sur  la notion du

péché et  des faiblesses  humaines  des  membres de  la  communauté

colombienne locale. Ces réflexions le conduisirent au cours des mois

suivants à une acceptation accrue de ses propres points faibles.  A

se regarder, l`on  se désole  et à  se comparer,  l`on se  console!

Plusieurs membres de cette  communauté lui inspiraient  beaucoup de

 

respect et  d`admiration.   Dans  les années  1970,  Jacques  avait

constaté que les dogmes catholiques étaient  toujours proclamés, en

ces années, à l`italienne car les papes étaient toujours italiens et

Rome étaient située en Italie ce qui accroissait  les chances qu`un

pape soit italien. La vérité  était ainsi toujours proclamée par un

italien et  il  fut   heureux  d`accueillir  l`élection  d`un  pape

originant d`un autre  pays.  Suzie  avait déjà  été plus  fervente.

Elle se désolait de voir des gens prospérer sans  jamais mettre les

pieds à l`église; réaction  peu théologique mais  humaine.  Jacques

préférait évolué ensemble en tant  que couple, le plus  possible, à

leur rythme.   D`ailleurs, elle lui rappelait  avec justesse qu`elle

avait déjà connu  des moments  où  la situation  était inversée  se

rappelait‑elle avec justesse.   Jacques  l`avait suivi  à un  bazar

local où  ils  furent  accueillis par  de  jeunes  enfants  portant

l`accoutrement de chevalier d`une secte religieuse.   Il constata à

nouveau l`importance des exigences,  des besoins spirituels,  de la

connaissance de l`au‑delà,  de notre  provenance, …   De plus  en

plus, les expériences sexuelles  des religieux  étaient mentionnées

dans les médias à l`instar de celles des civils et Jacques y voyait

une manifestation de  libéralisation sexuelle  et de  presse tout  au

moins en ce domaine.  Personne n`étant parfait,  étant tous humains

perfectibles, il considérait  souhaitable que  ces informations  de

nature sociétale soient connues.

 

Etre membre d`une association ou participer à quelques  unes de ses

activités étaient  une chose!   Etre  actif  au niveau  du  conseil

d`administration en était une autre! En tant que membre du CA, vous

côtoyiez régulièrement les  dirigeants  et  deviez‑vous y  associer

comme membre de l`équipe adhérant à ses valeurs et  à ses méthodes.

Plusieurs   politiciens   et   personnalités  étaient   membres   de

l`association et peu y étaient actifs.

 

Cette tâche bénévole se  révéla une des  plus laborieuses  sinon la

plus laborieuse  assumée.   En  sus des  réunions  mensuelles,  des

documents à préparer, des activités à organiser, il lui fallait être

disponible un soir  par  semaine  au local.   Il  en résultait  une

fraternité plutôt unique. Jacques s`était astreint sérieusement aux

exigences du poste  et  il devait  projeté  publiquement une  image

correspondante à l`envergure du  mouvement local.   Suzie admettait

volontiers qu`il avait été agréable pour les  Laberge de contribuer

et de participer à  presque toutes  les activités  tant religieuses

qu`humanitaires et   sociales  de  cet    organisme.    Les  années

subséquentes, il n`assistait qu`à une ou deux activités étant pris,

occupés     ailleurs.  En termes de temps et d`argents, il se devait

d`être sélectif tout en recherchant de nouveaux défis.

 

Un politicien local louangea les mérites du mouvement communautaire

auquel Jacques   appartenait  depuis  quelques   années.   Certains

 

auraient aimé qu`il  joignit  leurs rangs.   Toutefois, le  statut

marital de ce  politicien ne  lui  permettait pas  d`accéder à  des

postes de  direction et  même  son  admission était  problématique

malgré l`appui de personnalités locales désireuses de reconnaître un

élu parmi eux, croyait Jacques.  Même, si  ce politicien dissertait

sur le bien‑fondé de ce mouvement, il n`en avait  jamais été membre

et il aurait eu tort de s`aliéner quelques groupes que se soient de

son électorat sans raisons majeures, suffisantes.

 

Après avoir émis plusieurs suggestions à des copains qui agissaient

surtout comme conseillers plutôt  que comme dirigeants  dans divers

organismes, Jacques était heureux de voir ses idées se matérialiser

toutefois il déplorait le peu d`avantages qu`il  en récoltait.  Ils

abusaient de sa  nature altruiste,  pensait‑il.  A  procéder ainsi,

leurs sources de  suggestions  se  tariraient rapidement,  d`autant

plus, que la façon dont ses idées étaient mise  en pratique étaient

quelques fois   questionnables.   Pour  profiter  de   vos  efforts

imaginatifs, il fallait les soumettre directement aux     principaux

dirigeants si vous étiez suffisamment motivés sinon les intérêts des

intermédiaires étaient d`abord   servis.  Quoi de  plus humain!  Où

il y a des hommes, il y a de l`hommerie! De plus, si vous siégiez à

un conseil d`administration, dans un premier temps,  les leaders en

position d`autorité,   en  fonction  décelaient   rapidement  votre

puissance intellectuelle,  votre  prestance  et  votre  facilité  à

influencer les autres membres  et ils  s`évertuaient à  contrer les

actions, les influences des nouveaux arrivants. Cependant, au cours

des mois,   ils  appréciaient  progressivement  les   valeurs,  les

contributions de ces derniers.                

 

A communiquer et à  vivre aussi  avec quelques  copains de  niveaux

d`instruction   inférieurs,   il   croyait   agrandir   son   champs

d`influence, se familiariser  à  leurs soucis,  leurs versions  des

choses, leurs moyens d`actions, … Il constatait que leurs actions

étaient très limitées, un pouvoir de réaction plutôt que d`action ou

d`illusion d`action. Il ne pouvait en être autrement!  Mieux valait

qu`ils entretiennent cette illusion du pouvoir pour  le maintien de

la paix sociale.   A jaser avec ses copains occupant  des postes peu

importants, il obtenait fréquemment des suggestions  qu`il évaluait

comme   onéreuses,  peu   rénumératrices,   peu  avantageuses,   peu

valorisantes et il  avait  tendances  à s`éloigner  progressivement

d`eux. Ils énonçaient  des principes qu`ils ne  respectaient pas en

pratique, se permettaient des compromis difficilement acceptables à

ses yeux.   Sans  trop  s`en rendre  compte,  ils  contribuaient  à

rapprocher Jacques de leurs milieux.  Quoi de plus  naturel!  On ne

donne pas ce que l`on ne possède pas! Jacques avait confectionné le

premier agenda de son  conseil et la  publication d`une  annonce du

député péquiste le  laissait songeur  car le  mouvement se  voulait

apolitique toutefois il s`agissait du député élu par les citoyens.

 

Jacques s`expliquait en partie la violence des jeunes  face à leurs

parents par le fait  que les parents  donnaient à  leur progéniture

tout ce qu`ils leur demandaient.   Aussitôt qu`une demande avait été

satisfaite, les jeunes songeaient à autres choses. Il était plaisant

de pouvoir répondre positivement à leurs besoins et  à leurs désirs

cependant il   fallait  également  les  sensibiliser   aux  limites

financières familiales; les faire participer le plus  tôt possible à

la planification  financière,  à   la  préparation  du  budget,  si

nécessaire. On ne saurait hésiter  à leur faire partager les soucis

financiers de la famille.   Cette éducation financière  leur serait

utile plus tard!  De plus, l`influence  de la drogue ne  devait pas

être sous‑estimée dans de telles circonstances, pensait‑il!

 

Jacques croyait comprendre  pourquoi  souvent  l`homme décédait  au

cours de l`année qui suivait la disparition, le décès de son épouse.

Ce départ entraînait un chambardement majeur dans la vie de l`homme

l`absence   d`une  présence   active,   de   nouvelles  tâches   qui

s`ajoutaient; cuisine,  ménage,  liens avec  les  enfants,  l`oubli

progressif et très lent de la partenaire, …

 

Un certain engouement pour les écoles  secondaires privés conduisit

plusieurs jeunes  à  leur  cinquième  année  à  vivre  des  moments

pénibles. La  direction de certaines écoles  désireuse de conserver

les élèves les plus forts afin d`améliorer la moyenne académique de

leurs étudiants aux examens du ministère  de l`Education appréciait

peu des étudiants  dont  les  performances académiques  voisinaient

soixante pour-cent et  certains décidaient  ou étaient  contrains de

poursuivre leurs études dans  le secteur  public après  que l`école

privée eut  bénéficié de  revenus  afférents  au cours  des  quatre

premières années.   Le ministère  de l`Education  releva la  note de

passage   de  cinquante   à  soixante   pour-cent  sans   ajustements

pédagogiques perceptibles ou mesures supplémentaires  d`appui.  Les

intervenants du milieu  s`évertuèrent par  la suite  à trouver  des

solutions au décrochage des jeunes de  niveau secondaire pénalisant

considérablement le  Québec  en  gradués de  niveaux  collégial  et

universitaire.

 

Le haut taux  de chômage  dans plusieurs  secteurs de  grande ville

provenait partiellement des humbles  origines de gens  qui devaient

franchir moultes barrières psychologiques, morales, culturelles, …

Pour chaque  barrière  franchie  des  années  d`avancement  étaient

perdues ainsi que les pertes de rénumérations  afférentes.  Même si

vous disposiez  d`une  formation,  il vous  fallait  connaître  des

employeurs potentiels, des  parents, des  confrères et  des amis  à

l`emploi d`entreprises privées  ou  d`organismes  publics.  Si  vos

parents n`étaient pas instruits, étaient‑ils motivé à vous seconder?

Est‑ce   que le milieu vous offrait des exemples de succès parmi vos

proches?                                  

 

Une expérience simple que Jacques avait vécue illustrait à ses yeux

la vulnérabilité sinon la volatilité des  marchés québécois.  Parmi

les trois types de fournaises offertes dans le cadre des programmes

de subventions de l`Hydro‑Québec  le modèle québécois  était décrié

comme affublés de plusieurs difficultés surtout à la phase initiale

de sa mise en marché.  Même  si un produit était  acceptable, il en

fallait peu pour transformer un  tel projet de développement  en un

insuccès commercial et  par  tant  financier.  Des  recommandations

défavorables   des   installateurs,    des   préposés   au   service

influençaient les  représentants  des ventes  et  conséquemment  se

reflétaient sur les  ventes d`un  produit.  Peut‑être  que d`autres

incentifs   favorisaient  également   la   promotion  des   produits

ontariens. Jacques s`était laissé  influencer par les représentants

malgré ses   préférences  marquées  pour  un   produit  entièrement

québécois encourageant ainsi la  création d`emplois.   Toutefois il

craignait des   problèmes!   De  plus,   apparemment,  l`entreprise

québécoise avait adapté  un procédé  existant qui  était devenu  la

norme sur le marché.   Quelles incongruités!  Le  préjugé favorable

aux produits québécois  ne  prévalait  pas!  L`esprit  nationaliste

était contré  par des  éléments  extérieurs!   Heureusement que  la

fournaise en cause avait été fabriquée au Québec à défaut d`y avoir

été conçue son ingénierie.

 

La médecine québécoise telle  que pratiquée depuis  quelques années

constituait une  valeur  fondamentale  de  la  société  québécoise.

L`accès universel à des  services médicaux représentait  une mesure

égalitaire.   Au  moins dans  ce  domaine,  le principe  de  justice

sociale prévalait encore! Fréquemment, Jacques s`entendait dire que

la seule mesure, manifestation de la justice, ici bas, consistait en

la mort  que  tous  devaient  subir  quelque  soit  notre  héritage

personnel tant  aux  plans  financier  que  social  et  autres,  et

également nos  acquis suite  à  notre  naissance en  ces  domaines.

Jacques était intrigué  par la  variété des  services offerts  à un

patient donné qui  sollicitait divers  services médicaux  auprès de

plusieurs établissements   et  qui  conduisait  à   l`ouverture  de

plusieurs dossiers  et  à  leur maintien  pour  un  certain  temps.

Lorsque l`on lui disait que  le patient était responsable,  le seul

responsable de sa santé physique  et mentale, il en  visualisait la

portée réelle,  à  savoir,  qu`un  dossier  reflétant  l`historique

médical d`un  patient  incluant  la  médication  demeurait  à  être

constitué avec la nouvelle technologie électronique et informatique.

Jacques ne s`illusionnait pas qu`en aux  difficultés, aux obstacles

obstruant cette voie.   La qualité et la rigueur mises  à compiler un

tel dossier devenaient  primordiaux.  Le  contrôle des  médicaments

prescrits et vendus étaient souhaitables d`après Jacques dans le but

de protéger le  patient  et de  suivre  l`utilisation générale  des

médicaments. De  part son expérience,  le libre choix  du praticien

s`imposait toujours malgré le professionnalisme de  la majorité des

 

médecins qu`il avait rencontrés; chacun bénéficiant de connaissances

précises,   de    spécialisations   données,    de    personnalités

particulières,   d`approches   professionnelles   et   personnelles,

d`expériences diverses, …  Combien de cas  médicaux impliquant un

médecin traitant dépassé,  refusant  d`admettre  son impuissance  à

soulager, à soigner un patient qui continuait de souffrir, de gémir

et qu`il   traitait comme malade psycho‑somatique surtout lorsque le

choix de médecin était limité.  Comme  manifestation d`humour noir,

on entendait dire que les  médecins enterraient leurs  erreurs.  Il

serait souhaitable de  les  référer humblement  à  un confrère  qui

aurait   peut‑être    traiter   adéquatement   un    cas   semblable

antérieurement ou qui identifierait le problème médical et poserait

un diagnostic à propos,  adéquat.  En certains  établissements, les

diagnostics étaient établis conjointement ce qui permettait de plus

de partager, de répartir les responsabilités.

 

La   confidentialité  d`un   tel   dossier  devenait   problématique

considérant son impact  possible sur  les activités  d`un individu.

Les professionnels même tenus par le secret professionnel pourraient

éprouver des difficultés à respecter pratiquement  ce secret.  Avec

l`accumulation, la compilation de  moultes dossiers  personnels sur

chaque individu surtout regroupés, triés en fonction,  à partir des

numéros de l`assurance sociale.   Nous nous  dirigeons vers  un tel

dossier central à  moyen ou  à  long terme,  croyait Jacques.   Les

données recueillies pour des  fins de crédit  incluant probablement

des données  d`ordre médical,  ce  facteur  lui apparaissant  comme

incident à ce  sujet.   Du côté  américain,  les résidents  étaient

sollicités constamment  par  des  agences de  compilation  de  tels

dossiers.

 

Aujourd`hui, son copain lui disait que l`on pratiquait une médecine

défensive à partir d`antibiotiques, de tests de laboratoire au lieu

de diagnostics rapides  comme c`était  le cas  pour les  méningites

détectées tôt par les médecins  d`antan car cette maladie  était et

est redoutable.   Jacques avait  vécu  une  situation où  il  avait

présenté son propre diagnostic au médecin qui en avait ri et, suite

à des analyses, il  devait confirmer  ce diagnostic.   Il réalisait

qu`il n`était pas facile  à partir  d`observations d`un  patient de

diagnostiquer une  maladie  et   de  prescrire  la  médicamentation

approprié en peu de temps, de continuité et de suivi. En période de

négociations   salariales,   les   médecins  tout   comme   d`autres

professionnels forçaient l`issue  de  tels  conflits d`autant  plus

efficacement qu`ils pouvaient influer sur les soins médicaux requis

possiblement par des  dirigeants comme  ils le  disaient maintenant

ouvertement. Jacques  avait, depuis toujours, été  frappé par cette

assertion, cette possibilité.

 

Evidemment, les privilégiers  de notre  système de  santé québécois

 

n`étaient pas  uniquement ses  usagers  mais  aussi les  praticiens

dispensant les soins. Les médecins étant bien rénumérés le devaient

à leurs habilités intellectuelles, leurs efforts soutenus à l`étude

et dans  certains  cas   à  leur  encadrement  familial.   Certains

s`inquiétaient à tort ou à raison de la  qualité que dispenseraient

les médecins de demain choisis surtout en fonction de leurs côtes Z,

de leurs dossiers  académiques!   Toutefois  quels autres  critères

appliqués? Que des entrevues soient conduites était une mesure dont

Jacques avait entendu parler.  Les pharmaciens  bénéficiaient aussi

de ce généreux  système  qui faisait  l`envie  des autres  sociétés

particulièrement en Amérique.

 

Un autre sujet délicat à  traiter était le suivant.   Jacques avait

observé que, suite à une chute,  son père avait été  bien traité et

son état de santé  général s`améliorait  considérablement.  Jacques

crut, à tort  ou  à  raison, que  ses  traitements furent  arrêtés,

discontinués après qu`il eut mentionné au médecin  traitant que son

père devait aller en  institution car  sa mère  ne pouvait  plus le

reprendre à   la  maison.   En  agissant   ainsi,  ils  réduisaient

l`achalandage à de tels services.

 

Jacques suivait l`actualité et la démission d`un ministre ontarien,

pour avoir posé habillé dans  une revue spécialisée et  à caractère

sensuelle, le portait croire qu`à la raison officielle s`ajoutait un

motif à  cette  démission.   L`accueil  de  Mario  Lemieux  par  le

président Bush lui avait encore une fois fait réaliser l`absence de

notre pays.  A  titre de  joueur étoile  de l`équipe  américaine et

gagnante de  hockey,  le  Président  ne  connaissait  pas  son  nom

probablement parce qu`il était québécois, pardon canadien.  Ici, de

nouveau, en haut lieu, on parlait  du Canada plutôt que  du Québec.

Une publicité fortuite et très importante!  Au moins, une partie de

l`entrevue fut  tenue en  français  à  la demande  de  journalistes

probablement.   Il ne  fut également  pas surpris  que le  procès du

jeune Chrétien se déroula devant un juge seulement!

 

Au début de  1991, presqu`à  chaque jour,  la photo  du recteur  de

l`UQAM, apparaissait dans  les journaux.   En mars,  Jacques apprit

qu`il venait de s`être fait  accordé un  autre mandat de  cinq ans.

Même pour accéder à  un tel  poste, l`appui  de la  « grosse » presse

n`était pas à  dédaigner.   Il n`avait  pas eu  la  même chance  en

essayant de se faire nommer candidat du Parti Libéral du Québec. Sa

physionomie         correspondait         bien         à         son

nom.                                  

 

Une politicienne indépendantiste recyclée en « écrivaine » était fière

de   ses  téléromans   où  les   couples  s`inter changeaient   leurs

partenaires.   Jacques  l`admirait  comme  animatrice,  politicienne

efficace, écrivaine mais  pas  nécessairement sa  façon moderne  et

 

possiblement dite féministe de  former ou  de défaire  des couples.

Cette attitude l`avait  frappé car  il respectait  beaucoup la  vie

privée des  couples  et   en  admirait  particulièrement  l`élément

stabilité.   A  chacun son  point  de  vue!  Plusieurs  travailleurs

sociaux face à  la  complexité des  relations familiales  donnaient

l`impression à Jacques que la séparation des couples constituait la

solution magique en cette ère de libéralisme à  plusieurs points de

vue.

 

Jacques s`était fait dire qu`à Polytechnique ont était las de parler

de la tuerie du 6 décembre 1990.  Un film présentant, entre autres,

une des victimes de ce drame témoignait de la  vitalité de la gente

féminine et de son affirmation professionnelle. Avec un an de recul

et, par conséquent,  moins d`émotivité,  les images  de ces  femmes

ayant vécues intensément  de  graves situations  permettaient à  la

population de mieux  percevoir  l`importance  de certaines  valeurs

sociétales; respect de la  personne, de  leurs objectifs,  de leurs

efforts, de leur travail, …, rejet de la violence morale, verbale,

physique, …, accueil et acceptation des  éléments minoritaires et

dynamiques au sein  de la  communauté, …  

 

Une évaluation comparative des universités canadiennes  conduisit à

un très faible résultat pour cette université qui  avait réalisé un

programme de publicité agressif  visant à  souligner les  vertus de

leurs enseignements  tout en  présentant  des  gradués qui  avaient

particulièrement bien réussi. Certains disaient à la blague « malgré

leur affiliation  à  cette  université ».  Jacques  croyait  que  la

culture comme telle de cette université était en cause pour y avoir

étudié. Son image extérieure  lui apparaissait un facteur secondaire

à ce moment.   Le dilemme  qualité  et quantité était présent  en ce

milieu comme  en tant  d`autres.   Une  croissance vertigineuse  en

termes du nombre d`étudiants, de programmes  offerts, … supposait

qu`éventuellement une  consolidation  qualitative  serait  reconnue

nécessaire par la direction.

 

Les américains  en télédiffusant  le  procès  d`un membre  du  clan

Kennedy faisaient preuve de rigueur intellectuelle  et morale ainsi

que de transparence.   La gente féminine y jouait  un rôle important;

présumée victime, juge,  avocate, …   Malgré cette  transparence,

David et Goliath s`y affrontaient; les parties  disposant de moyens

différents. L`importance  des médias  et la valeur  commerciale des

informations étaient de nature à encourager la répétition de telles

poursuites.

 

Le débat au sujet du racisme  du Chanoine Groulx l`amusait  un peu.

Comment être   nationaliste  sans  favoriser   prioritairement  les

intérêts du groupe  ethnique auquel    on appartient,  se demandait

Jacques. Les citoyens  de tous les pays le font!   Pourquoi pas les

 

Québécois? Ce genre de débat contribuait à culpabiliser un plus les

Québécois au plus grand  plaisir des  détracteurs de  notre société

québécoise francophone.   En  adaptant  une  pensée  du  philosophe

Rousseau au contexte québécois, on pouvait écrire  que le québécois

était foncièrement  authentique  mais   que  le  système  politique

fédéraliste actuel l`éloignait de ses intérêts propres.

 

Un   forum  relatif   au   développement  du   Québec  fut   annoncé

professionnellement.   Il regroupait  des intervenants  de premières

instances malheureusement  seulement  une  trentaine  de  personnes

assistaient et  furent  témoin  de   ces  échanges  animés  par  un

journaliste. Les  secteurs économiques  du Québec furent  passés en

revue.   Les pâtes  et papiers  étaient en  décrépitude; équipements

désuets, coûts élevés de la production, … Le secteur de l`amiante

avait suivi  le  cycle  traditionnel  sinon  typique  des  produits

québécois; extraction  et  vente   de  matières  premières,  faible

transformation locale,  produits  finis développés  à  l`extérieur,

technologies nouvelles ou de remplacement développées à l`extérieur

du Québec. On pouvait se demander si l`absence d`identité nationale

entière ne contribuait  pas à  cet état  de chose.   L`aluminium et

l`électricité constituaient deux autres secteurs où peu de produits

transformés ou la  valeur  ajoutée  à ces  produits  de base  était

faible.

 

Face au développement durable, la recherche constante de profits de

la part des investisseurs quoique mobilisatrice s`avérait souvent un

handicap dans le domaine de la protection de  l`environnement et le

maintien   de  l`emploi   local.  Le  non   respect  flagrant   de

l`environnement,   la  violation   prononcée  de   l`éthique  social

consistaient à la disparition de produits souvent remplacés par des

substituts tout  aussi  pollueurs,  par exemple,  les  produits  de

remplacement de l`amiante et la nature très  polluante des résidus

de la fabrication du papier  recyclé.  Les ressources  ne devraient

pas être exclusivement consacrées aux projets d`envergure mais aussi

allouées aux  multiples  initiatives  régionales  industrielles  et

commerciales. De  plus, la réglementation  gouvernementale pourrait

protéger constructivement certains secteurs économiques  à l`instar

de l`Allemagne qui adroitement instaure des  mesures favorisant ces

industries, son économie.

 

Plusieurs habitudes dans le monde récréatif étaient fort discutables

et même plus que celles de certains milieux industriels nommément le

plomb des balles laissé dans la nature lors  d`excursion de chasse,

l`impact sur la vie de  quelques animaux de diverses  mesures alors

que la chasse  conduit à  l`extermination de  nombreuses bêtes,  la

réduction des espaces verts au  faîte de nos  plus impressionnantes

montagnes pour  laisser  place  à   des  pistes  de  ski,  …   Le

questionnement des valeurs courantes ou des pratiques habituelles et

 

conventionnelles était souhaitable afin  de découvrir  les avenues,

des solutions plus avantageuses pour notre société, notre économie.

 






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