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                XII‑ L`APOGÉE DE SA CARRIÈRE                

 

Après vingt ans de mariage, il était encore amoureux de sa femme,

recherchait de  nouveaux  défis  professionnels  et  suivait  le

développement académique, culturel  et physique  de son  garçon,

Simon dont il était  fier.  Simon réagissait  face à  son milieu

familial et  il  était   très  sociable;  beaucoup  d`amis!   Il

s`intéressait à  une  gamme  importante de  sujets.   Ainsi,  il

excellait dans  les sports;  en  ski  il avait  travaillé  comme

moniteur et il pratiquait la natation, le  soccer, le badminton,

le   hockey,  …    Ses  expériences   de  travail s`avéraient

enrichissantes. Il  avait déjà visité  la Jamaïque en  solo avec

des confrères de classe et Jacques croyait qu`un tel voyage était

formateur; lui permettant de  comparer lui‑même deux  régimes de

vie et par tant  de mieux apprécier  le Québec.   Jacques aurait

préféré un voyage en Europe, néanmoins, il avait été favorable à

celui‑ci.   Jacques   considérait  Simon   renseigné,  équilibré,

intelligent, honnête  et  responsable.  De  plus  toujours,  ils

échangeaient informations et idées sur tous les sujets possibles.

Jacques constatait qu`il ne pouvait expérimenter, vivre pour lui

comme il l`expliquait souvent à Suzie.                 

 

Voici les  quelques  mots  qu`il  lui adressa  le  jour  de  son

dix‑neuvième anniversaire:                         

 

« Heureux anniversaire Simon!                       

Te, voilà, bien lancé sur le chemin de la vie!              

Tes parents sont fiers de toi!                     

N`hésite pas à te dépasser!                   

Ils te seconderont toujours de leur mieux! »                 

 

Déjà, Jacques considérait  Simon comme  vieux, se  rappelant ses

frères à cet âge,  et à  plus forte raison  lui qui  touchait la

cinquantaine. Il considérait les jeunes plus francs, naturels et

moins contraints artificiellement par la société  que les jeunes

adultes de son temps.  Ils  étaient d`une certaine  manière plus

vulnérables et heureusement qu`ils étaient plus  renseignés.  Il

était   heureux  de   les  savoir   généralement  et   résolument

nationalistes et il espérait que leurs expériences de travail ne

les feraient pas dévier de leurs objectifs politiques naturels.  

 

Un   soir  à   la   télévision,  une   astrologue  décrivit   les

caractéristiques des tenants du signe astral « Poisson » et Jacques

en compagnie de son épouse y retrouvèrent  certains attributs de

Jacques; masculinité  douce,  sensibilité,  grande  intériorité,

qualité d`amoureux, intérêts multiples et diversifiés, amour des

 

gens et de  la  vie, intelligence,  …  compatibilité avec  les

« Taureaux », son épouse étant  un « Taureau ».  Jacques  ne croyait

pas à l`astrologie toutefois ce sujet  l`amusait surtout lorsque

les remarques étaient positives.   Son fils lui faisait justement

remarquer qu`il  était  difficile   pour  quiconque  de  prédire

l`avenir à des  millions de  « Poisson » à  la fois.   L`horoscope

chinois semblait  assez juste  dans  la  description des  traits

généraux de Suzie et de Jacques, étant respectivement une chèvre

d`eau et un serpent de métal.  La personnalité d`un individu est

si complexe  qu`il  était  facile pour  quiconque  de  retrouver

quelques éléments  de  vérités  dans  tout  ces  dires,  pensait

Jacques.                                

 

Un matin,   Jacques  se   rappela  exceptionnellement   un  rêve

particulier. Il avait observé un monde en détérioration dont les

éléments étaient  à   des  stades  plus  ou   moins  avancés  de

pétrification.   S`agissait‑il  d`une  image  d`un  monde,  d`une

perception du monde  actuel, de  notre environnement?   Même, le

chef du groupe  sous ses  vêtements blancs  cachait un  physique

dégoûtant! Jacques  ne savait  trop comment interprété  ce rêve!

Un autre rêve  noté  matinalement consistait  en une  exhaustive

entrevue en anglais pour  un poste d`ingénieur  en électronique.

Ayant subi plusieurs entrevues en milieu anglophone montréalais,

ce rêve témoignait de ses antécédents et de son souci d`obtenir

du travail même  en  anglais, interprétait‑il!   Par hasard,  il

consulta dans une librairie un ouvrage décrivant la personnalité

du porteur d`un nom donné.  La sienne s`appuyait essentiellement

sur un esprit de synthèse et ce personnage préférait laisser aux

autres le soucis des détails lorsque loisible. Beaucoup d`autres

caractéristiques énumérées le frappèrent! Toutefois, la personne

humaine étant   très  élaborée,  complexe   plusieurs  remarques

pouvaient convenir à bon nombre d`individus!                

 

Il avait écrit  au Vice‑président  du service  commercial de  la

General Motors à Oshawa pour lui décrire  les problèmes encourus

avec sa voiture et son  appréhension suite à l`expiration  de la

garantie.   Préalablement à  l`expiration  de  cette garantie,  il

devait en connaître d`autres et, malgré  les nombreux traitements

anti‑rouilles, les peintures     des portières étaient cernées de

rouille et la  peinture  se détachait  facilement.  La  dernière

voiture avait justement été changée       car les serrures et la

fermeture des  portières étaient  problématiques.   Heureusement

qu`avec un  quatre  portes  celles‑ci étaient  de  plus  petites

dimensions.                              

 

La réaction naturelle  de  Suzie en  était  une attentiste,  une

empreinte de prudence et féminine jusqu`à un certain point à ses

yeux. En  période de  recherches de  nouveaux défis,  Jacques se

 

sentait généralement appuyé par son épouse dans ses démarches et

elle le secondait en contribuant à la stabilité financière de la

famille. A  cinquante ans  et après quelques  mois d`inactivités

réduites, il était  plus difficile  pour Jacques  de trouver  un

nouvel emploi, semblait‑il! Il se souvenait d`avoir participer à

des comités de sélection et  d`avoir embauché du  personnel.  Il

préférait   recruter   des   professionnels   de   son   âge   ou

préférablement plus jeunes.   Elle même  avait changé  cinq fois

d`employeurs et Jacques l`avait fortement encouragée  à accepter

sa dernière offre d`emploi dans le secteur parapublic.  Quelques

fois, elle lui mentionnait qu`elle le trouvait compliqué et qu`il

analysait les situations  et  aussi son  comportement afin  d`en

tirer des leçons. Au cours  de certaines périodes, il veillait à

la préparation des repas, du ménage (qu`il détestait cependant il

en appréciait  les  résultats)   et  agissait  comme  taxi  plus

fréquemment. Il suivait  les dépenses de la famille  à l`aide de

son ordinateur,  gérait  les  portefeuilles des  membres  de  la

famille et complétait  les rapports  d`impôt.  Durant  plusieurs

mois, il entreprit  des  travaux de  rénovation des  résidences,

suivit des cours d`espagnol et ensuite les téléromans espagnols à

la télévision et s`intégra socialement en tant que bénévole dans

plusieurs mouvements actifs ou oeuvrant soit au niveau québécois,

soit au plan international.                       

 

Jacques exerçait constamment son esprit d`observation et souvent,

il décelait des failles mineures ou d`importance, le conduisant à

présenter des   recommandations,  des  suggestions   perçues  et

accueillies dans des climats positifs, réceptifs, d`indifférence,

négatifs ou rébarbatifs.  Trop souvent, ses  suggestions étaient

perçues comme des  critiques  au lieu  d`être accueillies  comme

contributions.   En  parlant  de  sujets qui  le  touchaient,  il

croyait entretenir   des  relations,  des   liens  authentiques,

véritables plutôt que de parler  de généralités et  d`offrir des

remarques flatteuses en toutes occasions.              

 

Jacques mentionna  à son  copain  superviseur  de plus  de  cent

manoeuvres que l`organigramme de son entreprise lui semblait pour

le moins faible  et que  superviser directement  cent manoeuvres

avec succès ne l`habilitait pas nécessairement à superviser cent

professionnels, par  exemple.   Il croyait  lui  rendre  service

ainsi. Quelques fois, ce genre de services était apprécié à leur

juste valeur seulement  quelques années  plus tard  car tout  le

monde aimerait à  prime abord  devenir premier  ministre demain.

Dans un geste  de désespoir,  Suzie avait  suggéré à  Jacques de

travailler comme manoeuvre pour  ce copain  de longue  date.  Il

s`agissait qu`une des mille suggestions qu`elle avança désireuse

d`aider son époux et son foyer.                    

 

 

Son épouse était nerveuse en ces périodes se refusant à accepter

qu`un professionnel qualifié  et expérimenté  perde ou  gaspille

ainsi sa vie professionnelle et sa vie. Jacques devait affronter

journalièrement des critiques de sa part ce qui lui demandait des

surcroîts d`efforts de motivation en vue de prochaines entrevues

où il se devait de vendre  ses services.  Un jour,  un important

dirigeant de l`Ordre des ingénieurs adressa ses sympathies à son

épouse qu`il n`avait  jamais rencontrée.   Jacques considéra  ce

geste comme « inélégant », non avenu, mesquin  sinon « dégueulasse »

et il lui en fit part à plusieurs occasions.   Même, si souvent,

les ingénieurs s`exprimaient ouvertement plusieurs  y ajoutaient

la forme et faisaient  preuve de délicatesse  et de  doigté.  Ce

dirigeant n`en était pas  à ses premières  armes (gaffes)  en la

matière. Ses  commentaires impératifs ne lui  avaient sans doute

pas aider dans sa carrière professionnelle.  Par ailleurs, il ne

se souvenait pas de l`avoir aperçu avec son épouse.  Après avoir

occupé des postes importants à l`Ordre des ingénieurs du Québec,

au Conseil canadien des  ingénieurs ce dirigeant  se considérait

comme le propriétaire. D`ailleurs, sa nomination comme principal

dirigeant avait été contestée  par l`ancien titulaire  du poste

lors de la dernière  assemblée annuelle car  il avait  été nommé

sans concours officiel en raison de son ascendant sur le Bureau. 

 

Jacques rencontra  en  une  occasion l`épouse  de  ce  dirigeant

désobligeant à l`égard de son épouse. Il hésita à lui parler des

réactions de son mari face à Suzie.  Il lui mentionna simplement

que son épouse non familière avec le sens d`humour  de son mari,

elle en avait été  traumatisée à un  certain point.   La journée

suivante, ce dirigeant n`était plus accompagné de  son épouse et

elle lui avait souligné cette brève conversation.  De plus, elle

avait manifesté son désir  d`aborder le  sujet avec  l`épouse de

Jacques, Suzie. En sus, Jacques lui  avait fait part du fait que

son mari  avait  une  personnalité  forte  ainsi  que  lui‑même.

Jacques déplorait ces  batailles  de coqs,  ces quiproquos,  ces

pertes de temps, … tant de choses demeuraient  à être réalisés

harmonieusement! Ce personnage le remercia cavalièrement pour ne

pas s`être   présenté  soit   à  la   présidence,  soit   à  une

vice‑présidence ce qui indisposa Jacques et, s`il l`avait su, il

se serait peut‑être présenté toutefois il évitait généralement de

prendre en considération de tels commentaires  tachés d`intérêts

personnels. Il aurait été motivé à se présenter s`il avait connu

la position  d`un membre  de  la  direction générale  clairement

indiqué à son épouse durant la tenue des élections.  D`ailleurs,

ce dirigeant lui avait souhaité bonnes chances malgré le fait que

Jacques lui ait mentionné ses prédictions relatives aux résultats

des élections  qui se  sont  avérées  exactes à  cent  pour-cent.

L` »égo » de Jacques n`était pas  aussi important que  certains le

croyait   ou   que   lui‑même  le   soupçonnait!    Une   missive

 

encourageante d`une personnalité politique québécoise lui parvint

quelques jours suite à la tenue des élections au  Bureau grâce à

la lenteur du courrier; plus de dix jours.   Cette lettre aurait

pu constituer un élément déclencheur ou de motivation requis à la

poursuite plus active d`une promotion.  Un fait personnel, faire

l`amour avant le  Bureau au  lieu de  le faire  après aurait  pu

également contribuer à une plus grande  affirmation personnelle.

Jacques se souvenait  de la  carte de  souhaits reçu  du nouveau

président à l`occasion de son anniversaire qui mettait en relief

son âge.                                 

 

Former un conseil exécutif de cinq membres alors que vingt‑quatre

administratrices   et  administrateurs   composaient  le   Bureau

supposait préférablement une rotation importante des  membres du

conseil exécutif. Si Jacques aurait  désiré vraiment un poste au

conseil exécutif, il aurait sollicité le candidat pressenti à la

présidence pour un poste de  vice‑président ou encore  essayé de

former son équipe au conseil  exécutif comme la  dernière année.

Deux confrères sollicités  l`année dernière  lui dirent  cette

année que c`était  le  temps  de se  présenter!   Il était  las,

semble‑il!   Non  suffisamment  motivé!  Résultat  de  nombreuses

années de bénévolat peut‑être! Des sentiments de tristesse et de

désarroi   observés  chez   des   supporteurs,   de  cadres,   de

sympathisants lui firent  regretter  sa passivité  en ce  moment

stratégique. Avait‑il cédé à la  crainte d`être battu à nouveau?

Aurait‑il aimer être plus ouvertement solliciter?  Probablement!

Généralement, beaucoup  de  composantes   forment  un  décor  et

trouvait‑il que deux confrères  au conseil  exécutif suffisait?

Et quoi  d`autres!   Désirait‑il   réserver  ses  énergies  pour

d`autres causes: l`indépendance du Québec, …, d`autres tâches:

publication d`un livre, recherche d`emploi, de contrats, … tout

en poursuivant l`acquisition de connaissances et  d`expériences à

un rythme   réduit  à   l`Ordre.   Le  mauvais   traitement  des

propositions de Jacques à sa commission par  le nouveau président

ne le motivait aucunement à le  seconder directement!  Peut‑être

manquait‑il d`étoffe, d`énergies?  Etait‑il plus un  penseur, un

politicien de salon qu`un citoyen actif? Préférait‑il pas ou peu

d`action   dans    des   circonstances    difficiles?    Etait‑il

masochiste?   Voulait‑il donner  libre  cours au  temps afin  de

permettre la diffusion progressive de ses messages, de ses vues?

Etait‑il tout simplement  médiocre?  Sa  démarche reflétait‑elle

son potentiel intellectuel  et autres?   Jacques se  méfiait des

grands parleurs qui considéraient souvent, ayant dispersés leurs

énergies à communiquer,  le travail  terminé, leur  contribution

complète après avoir discouru alors que les travaux demeuraient à

être réalisés!  En  était‑il ainsi  des écrivains!   Et, la  vie

suivait son cours à faible débit pour Jacques!  Peut‑être que ce

débit lui convenait intéressé à s`abreuver à diverses sources!  

 

 

Jacques avait pensé occuper un  poste de cadre,  de gestionnaire

nécessitant l`intégration à une équipe dirigeante et l`adhésion à

la culture de l`entreprise.  L`enseignement aurait  pu être plus

approprié d`après Suzie.   A  voir,  les gouvernants  politiques

parader avec  les  élites  universitaires  à  l`occasion  de  la

présentation et de l`annonce d`octrois et autres appuis, Jacques

n`était pas  convaincu  que ce  milieu  était  substantiellement

différent de d`autres. Une annonce de produit alimentaire disait

qu`il s`agissait de « se changer » pour que tout change.  Il était

évidemment plus facile en principe de s`adapter à l`environnement

culturel, politique, … que de tenter de modifier un contexte à

partir de faibles  moyens.   Encore, fallait‑il  le vouloir,  le

désirer, pouvoir  le  faire  pratiquement.   Suzie  n`approuvait

rarement les initiatives de Jacques  compte tenu de  ses récents

insuccès au  moins dans  le  domaine  du travail.   Elle  aurait

préféré le  voir  écrire  au  sujet de  la  gestion  de  projets

informatisé au lieu  de s`aventurer  en terrain  incertain.  Là,

encore, il  y  avait   quelques  années,  Jacques  avait  soumis

conjointement avec deux autres ingénieurs un article traitant de

ce sujet à  une  revue professionnelle  qui  l`avait refusé  en

raison de son manque d`originalité de plus il avait présenté une

approche globale d`informatisation de la gestion de projet à une

multinationale oeuvrant dans ce domaine. L`esprit de réalisme ou

la définition de la réalité de Suzie dans  la situation actuelle

consistait non seulement à reconnaître les faits mais également à

établir des  projections  plutôt  négatives,  à  prévoir  et  à

extrapoler des  situations de  même  nature  que celles  vécues.

Jacques avait vécu  avec  un esprit  positif, avec  l`espérance,

l`espoir d`avancement, de  jours  meilleurs  tout en  appréciant

jusqu`à un   certain  point   les  avantages  de   sa  situation

personnelle et familiale.   Suzie en créant de moins  en moins un

climat positif  contribuait  à  l`instauration  d`une  situation

stagnante. Evidemment, Suzie ne  faisait que réagir aux stimulus

sociétaux de son milieu et  dans un tel climat  des opportunités

intéressantes pouvaient être manquées.                 

 

Jacques se demandait s`il avait la  personnalité d`un consultant

pour solliciter les décideurs, les convaincre qu`il pouvait leur

aider, …  Il  avait  oeuvré  dans d`importantes  organisations

dotées de puissants  moyens et  il  se sentait  dépourvu sur  le

« plancher des vaches » en  solo.  Sa  tâche aurait  été facilitée

s`il avait profité de l`appui  d`un parti politique  comme c`est

généralement le cas.   Il airait pu s`associer à  un libéral.  Il

appréhendait les manoeuvres requises pour l`obtention pratique de

contrats, marchés: dîners, …                     

 

Après quelques insuccès, son épouse, qui essayait de se conformer

 

aux valeurs  sociètales  tout  en composant  avec  Jacques,  fut

quelques fois malheureuse de voir  que la carrière de  son homme

n`était pas toujours  fluorescente, après  qu`il eut  consacré ou

consenti, tant d`efforts  à des  études et  que la  contribution

financière de la  société à  son égard  s`avérait plus  ou moins

rentable strictement sur  le  plan travail.   Elle se  demandait

quelques fois, si elle n`aurait pas choisi  un meilleur conjoint

si elle avait plus  vécu avant son  mariage; connaître  mieux la

vie! Cette remarque ou ce  raisonnement était valable pour tous,

croyait Jacques.   Elle essayait de combattre  le côté pessimiste

et taciturne  de  sa  personnalité afin  de  se  concentrer  sur

l`ensemble de la situation  familiale, de mettre  en perspective

les points faibles  afin de  ne pas  ajouter à  la problématique

familiale. Il était peiné de  la voir dépenser temps et énergies

à l`épauler et à se désoler. Son époux, Jacques, réalisait qu`il

n`avait pas une carrière aussi prospère sur le plan financier et

renommée sociale que  certains de  ses confrères  et il  croyait

aussi que son épouse que nous avions un destin tracé à partir de

notre milieu natal et de nos ressources individuelles.  Dans les

périodes de  précarité  financière,   il  aurait  aimer  voyager

cependant il n`osait réduire ses fonds de retraite accumulés afin

de répondre  à  ses responsabilités  familiales.   Les  dépenses

familiales étaient comprimées le  plus possible et  les nombreux

projets retardés à plus tard.   Souvent, Jacques aurait aimé être

né aux  Etats‑Unis  ou  au   Canada  anglais  où  il  aurait  pu

s`identifier à une majorité plutôt qu`à une  minorité qui devait

se défendre constamment étant agressée  de toute part et  à tous

les instants.   Il aurait pu  ne pas être sensible  aux problèmes

sociétaux; langue, survivance de l`ethnie québécoise francophone,

…   Il croyait  que ses  séjours dans  d`autres pays  l`avaient

convaincu que les divers groupes ethniques  du globe possédaient

généralement leur pays respectif, leur espace vital, … D`autre

part,   Jacques  considérait   avoir   vécu   dans  une   société

« francophone » dans la région du Bas Saint‑Laurent. Néanmoins, il

réalisait qu`il avait reçu beaucoup de sa société!              

 

 

Jacques pensait que la vie comportait des hauts et  des bas dans

chacun de ses  aspects non  seulement pour  lui mais  aussi pour

d`autres.   Ainsi,  il   apprit,   par  hasard,   à  un   souper

gastronomique qu`un  de  ses  anciens patrons,  un  confrère  de

classe, prospère à un moment donné, avait fait faillite. Jacques

savait que  sa femme  l`avait  laissé  et  il avait  décelé  une

différence marquée de leurs vues dans la  conduite des affaires,

il apprit de plus des détails personnels de la  vie familiale de

ce confrère, somme toute, généreux, ambitieux et  essayant de se

conformer aux exigences matérialistes de la société ainsi qu`aux

références de succès.  Jacques se souvenait  avoir encourager ce

confrère à dépasser ses  capacités de  gestionnaire et  il avait

appris que ce procédé pouvait être dangereux.  Un autre confrère

quoique relativement jeune qui semblait prospère, rencontré lors

d`un voyage au  Mexique, avait  même  pris sa  retraite à  titre

d`associé principal dans un bureau d`ingénieur‑conseil.     

 

Si vous aviez  atteint  une certaine  envergure  comme cadre  ou

gestionnaire vous deviez vous appuyer sur un dirigeant important

et ne référer de préférence qu`à lui. Vous ne pouviez réintégrer

le système économique ou  politique autrement,  pensait Jacques.

Il était peu  probable que  vous  puissiez participer  à la  vie

politique sans vous appuyez ou  être appuyé par  des dirigeants.

Autrement, vous  nageriez à  contre  courant  et à  long  terme,

c`était difficile. D`autre part,  Jacques aimait se réserver des

moments pour intérioriser les  événements vécus, les  intégrer à

son schème de valeurs personnelles.                   

 

Son épouse, Suzie,  évaluait, quelques  fois, la  possibilité de

laisser Jacques,   se  sentant  exploiter  lorsque   Jacques  ne

contribuait pas autant qu`elle au plan financier. Elle déplorait

que son mari ne soit pas au travail tous  les matins.  Il aurait

dû être  fonctionnaire heureux  à  son  travail stable  et  bien

renuméré comme des voisins.  Elle  disait que le  garçon, Simon,

était encore jeune et qu`il avait besoin de  son cadre familial.

Elle s`inquiétait, avec raison, de la qualité de l`image de père,

de chef de famille que Jacques projetait à Simon, son fils.      

 

Jacques et son épouse échangeaient énormément et il croyait que,

par exemple, la lecture de ce récit ne lui apprendrait rien.  Il

avait renseigner  son  épouse  de  ses  antécédents  sexuels  et

amoureux afin  de  faciliter  les  échanges  véritables  et  les

communications interpersonnelles.  De  plus, Suzie,  de part  sa

nature généreuse et  jusqu`à un  certain point  conventionnelle,

avait toujours peur que Jacques incommode un voisin  sur la rue,

quelqu`un en voiture ou dans une file d`attente,  …  Son souci

de la justice était très présent, peut‑être trop compte tenu des

 

valeurs sociétales actuelles.  Quelques  fois, elle  pensait que

Jacques voulait progresser trop rapidement dans une organisation,

qu`il pouvait  blesser ou  indisposer  un  de ses  membres.   En

principe, Jacques voulait avancer, se réaliser  le plus possible

et le plus  tôt  possible  car la  vie  était  de courte  durée,

pensait‑il!. Dans  un premier temps, Suzie  donnait généralement

raison aux non‑membres de la famille immédiate étant traumatisée

par certains problèmes  familiaux qui  ébranlaient sa  confiance

personnelle toutefois dans  un  deuxième temps  et elle  faisait

largement la part des choses, exerçant un excellent jugement.  A

titre d`exemple, Suzie refusa  d`assister à  une parade  de mode

organisée à l`intention des ingénieures et elle admit humblement

qu`elle recevait beaucoup de vêtements  de sa soeur  cadette qui

cousait adroitement.                          

 

Il se demandait  quel  est  le point  de  non retour  lorsqu`une

personne   songe    à   se   séparer.    Quand    la   partenaire

travaillera‑t‑elle à neutraliser  celui‑ci  afin d`accélérer  le

processus de séparation, soit la méthode du pire,  du non retour

alors qu`elle amorcera et poursuivra une recherche active d`un ou

d`une autre partenaire.   Ceci peut se faire  de façon insidieuse

et subtil plus ou moins consciemment en faisant mal paraître son

mari, en soulignant, mettant en  relief les inconvénients  de la

situation familiale actuelle et passée, en refusant de participer

avec lui à des activités susceptibles de l`aider, en l`éloignant

des personnes l`appuyant,  en créant  un climat  négatif (crier,

sacrer,…), etc.  Il  serait  de mauvais  aloi, pensait‑il,  de

croire qu`une partenaire favoriserait ses intérêts personnels au

détriment de ceux de son partenaire surtout lorqu`ils sont mariés

en société d`acquêts.  Toutefois tout  était possible en  ce bas

monde! Réussir représentant un grand  défi, il était plus facile

de détruire  sinon  de   déstabiliser.   La  réussite  supposait

beaucoup de détermination, d`efforts  pour créer et  soigner une

image personnelle et professionnelle.   Tout le monde  ayant des

points faibles, il fallait en atténuer leurs  portées et attirer

l`attention sur des actions positives et valorisantes. Certaines

personnes avaient comme optique,  habitude de  gémir constamment

espérant se faire  plaindre,  prendre en  pitié comptant  ainsi,

bénéficier de  la   sympathie  et  se  faire   aider  ou  encore

réconforter.   Cependant,   les   gens   préféraient   davantage

s`associer à des personnes qui ne feraient pas étalage de leurs

problèmes car l`on en avait tous, pensait‑il.   De plus, comment

profiter de l`appui de quelqu`un qui était déjà  accablé par ses

problèmes!                              

 

Jacques   communiquait    fréquemment   avec   un    copain   qui

l`impressionnait, compte tenu de sa formation, par son équilibre,

sa vivacité intellectuelle, son nationalisme, sa ténacité, son sens

 

des valeurs et  son  engagement social.   Il avait  l`impression

qu`il pouvait lui  faire  confiance et  discutait de  politique,

d`une société humanitaire, de travail, de la famille, …  Il se

demandait, quand même, jusqu`où il devait, pouvait aller dans ses

confidences car chaque individu à  des intérêts à  promouvoir, à

défendre tant au niveau personnel que familial et  aussi que des

limites aux plans psychologique, moral, …  Jacques considérait

qu`il était dangereux de perdre un ami en étant trop personnel.  

 

A la maison et souvent au chalet suite à  l`exécution de travaux

manuels: installer et enlever le quai, mettre et sortir le bateau

de l`eau, abattre des arbres  et les débiter en  quartiers, …,

Jacques pratiquait des exercices  musculaires pour  son maintien

physique et il réalisa que ces exercices contribuaient à replacer

ses muscles et ses articulations.   Il devait découvrir une autre

technique soit la technique Nadeau qu`il pratiqua sommairement et

qu`il considérait efficace. En  utilisant un robot pour nettoyer

leur piscine creusée, Jacques se rappelait un copain sud‑africain

connu dans une avionnerie, un blanc typiquement britannique très

racé car  ce  robot  était   de  conception  et  de  fabrication

sud‑africaine.   Cet achat  fut  effectué  avant que  l`apartheid

devienne un problème identifié et reconnu internationalement. Un

courtier immobilier leur avait dit qu`en  rénovant, modernisant

leur intérieur en sus d`être plus agréable comme  milieu de vie,

ils contribuaient à accroître la valeur de leur maison d`environ

dix pour-cent.  Jacques  fut convaincu  de cette  assertion après

avoir   visité   une   résidence    très   bien   décorée   dont,

malheureusement, les décors dataient déjà d`une dizaine d`années.

En tant que  propriétaire‑bricoleur, ils  étaient d`autant  plus

attachés à  ces  aménagements  décoratifs,  à  cette  décoration

intérieure.                              

 

Invité par   le  directeur  d`un  département   de  génie  d`une

université, Jacques  prépara  une  conférence,  un  cours  d`une

trentaine de minutes  traitant d`hydro‑électricité  précédé d`un

exposé de ses expériences  de travail.   Son cours  traitait des

éléments d`un tel projet à  partir de la demande  d`énergie, des

turbines hydrauliques, …  De  nombreux « acétates »  avaient été

préalablement préparés et  les  courbes,  tableaux et  équations

mathématiques avaient été inscrites au tableau  en attendant les

membres du comité  de sélection.   Le texte  préliminaire de  sa

présentation avait  été  remis  au directeur  et  il  se  montra

impatient de discuter de sujets d`enseignement, de spélialisation

et de recherche tout en laissant à un membre de son personnel le

soin de répondre  à son  offre de  service.  Surprenant!   Aucun

étudiant n`assista à  la présentation  même si  cette possibilité

avait été  mentionnée.   Toutefois cette  rencontre  se  déroula

durant la période estivale.  De plus, il  avait également soumis

 

sa candidature comme doyen des  études du premier cycle  et s`il

avait été élu à la Présidence de sa corporation, il aurait eu de

meilleures chances d`accéder à ce poste qui venait d`être ouvert

à nouveau.                                   

 

Après vingt‑cinq ans de pratique, Jacques n`était pas assuré que

l`enseignement était la solution idéale à la poursuivie de sa vie

professionnelle suite à tant d`années loin de  la vie académique

et du génie  comme  tel.  Un  poste  administratif ou  politique

aurait mieux été indiqué cependant il se devait d`être réaliste,

de profiter des quelques opportunités offertes au  lieu de rêver

indéfiniment à un poste d`importance compte tenu  de ses valeurs

sociétales, de ses qualifications, de ses expériences  et de ses

appuis politiques et  professionnels.   Néanmoins, il  craignait

qu`un retour dans un milieu académique plus ou moins réussi   ne

ternissent ses  souvenirs, ses  performances  en  ce milieu,  le

principal digne de mérite, de mention.                 

 

 

En raison de ses exigences en  matières politiques: indépendance

du Québec,  approche  démocratique,   probité,  ..,  Jacques  se

demandait s`il avait sa  « place » en  politique active  car, déjà

comme observateur, il était quelques fois frustré.  Disposait‑il

de qualités,  de  connaissances,    d`habilités  en  ce  domaine

susceptibles de  lui permettre de contribuer  à l`affirmation du

Québec, de jouer un rôle significatif. Il en doutait compte tenu

de ses antécédents  dans d`autres  domaines.  Plusieurs  anciens

politiciens profitaient personnellement d`un séjour en  ce milieu

pour améliorer  leur  sort professionnel!   Qu`en  serait‑il  de

Jacques dont les talents de profiteurs lui semblaient médiocres?

Etait‑il performant en milieu multidisciplinaire ou excellait‑il

dans un champ donné de spécialisation?  Il était  intéressé à de

multiples sujets mais  il  se sentait  plus  à l`aise  lorsqu`il

possédait, connaissait en profondeur un sujet.         

 

Lorsque vous étiez  sans  emploi surtout  depuis quelques  temps

malgré vos  nombreuses  années  d`expérience,  votre  entourage:

épouse, copains et parents, croyaient que vous deviez rechercher

un poste  moins  bien  rénuméré  que  celui  que  vous  occupiez

antérieurement afin d`accroître votre « degré d`employabilité », de

solliciter des postes au plus bas niveau professionnel et même en

dehors de ce  cadre professionnel.   En pratique,  il était  plus

facile pour un professionnel  et un cadre  expérimenté d`assumer

des responsabilités administratives  et  de  supervision que  de

retourner à   la  base  dans   un  domaine  spécialisé   où  les

connaissances avait évoluées  au cours  des ans  à moins  que ce

domaine correspondait à votre domaine de spécialisation théorique

et pratique et,  là  encore,  vous vous retrouviez  à un  poste

routinier offrant peu de  défi que  vous cumuliez  qu`un certain

temps, le temps  de décrocher  un autre  emploi sans  parler des

considérations salariales. Les  employeurs hésitaient à défrayer

de telles réinsertions souvent à caractère  temporaire.  Jacques

se prêtait à de telles démarches  tout en étant conscient  de la

situation qu`il vivait.                            

 

Quelles sont  les  activités que  Jacques  préférait?   Discuter

politique avec son  copain Zéon  Labbé, lire  et réfléchir  à ce

sujet et écrire sur ces thèmes politiques et autres. Compte tenu

de ces  préférences,  il   aurait  aimé  être  éditorialiste  ou

politicien   bénéficiant   de  plusieurs   années   d`expériences

diversifiées.   Ses services  en  tant  qu`éditorialiste dans  un

grand journal n`avaient pas été  retenus, il crut en  raison, de

ses idées indépendantistes et de son  indépendance d`esprit.  Sa

soeur, Martine, étrangement l`encouragea à écrire un récit après

qu`elle eut pris  connaissance d`un  de ses  articles qu`il  lui

avait acheminé avec ses voeux des Fêtes. Il caressait le projet

 

de séjourner  quelques  mois  en  Espagne  ou  au  Mexique  pour

pratiquer son espagnol  et poursuivre  son étude  de la  culture

hispanique et latino‑américaine.                      

 

D`autre part, il avait pensé se présenter dans son comté pour le

Parti Québécois mais il ne pouvait envisager  une autre bataille

de l`indépendance de l`intérieur  même du parti  car le  PQ avait

décidé   de  cheminer   lentement   par  étapes,   six  ou   huit

mini‑référendums vers  la souveraineté  partielle  (souveraineté

association) avec  une union  monétaire,  une  banque du  Canada

conjointe, une armée commune,  …  Un vote  de blâme  contre le

chef du Parti et  également Chef  du gouvernement  lui suffisait

amplement! Jacques  se méfiait des changements  au programme que

certains partis se permettaient à  la veille des  élections afin

d`accroître leurs chances hypothétiques de succès.   Les chances

de réaliser  l`indépendance  étaient   meilleures  si  le  parti

s`engageait et présentait un programme en ce sens car en l`absence

d`engagement formel au lendemain des élections  les élus avaient

fort à  faire  pour   prendre  connaissance  de  leurs  dossiers

respectifs et administrer leurs ministères comme en témoignaient

les expériences antérieures.   Il était  favorable à  l`élection

référendaire afin d`engager le parti élu.  De plus, il avait été

surpris par la facilité avec  laquelle les anciens  partisans du

beau risque à Ottawa s`étaient ralliés à la nouvelle orientation

soit en principe l`indépendance du Québec.  Autrement, il aurait

pu rejoindre   le  chef  et   lui  offrir  ses   services  comme

candidat‑député dans  un comté  où  il  avait tant  travaillé  à

défendre la cause de l`indépendance.  On aurait  pu le rejoindre

pour discuter  de  cette  éventualité.  De  plus,  il  prévoyait

l`élection du Parti Libéral du Québec ce qui signifiait que dans

l`opposition il aurait été difficile de servir convenablement le

comté; obtenir des constructions d`écoles secondaires, promouvoir

la pétrochimie,  …  Il  aurait  fallu  que Jacques  offre  ses

services comme s`il eut  été d`un autre  emploi et  qu`il espéra

pour le mieux.   Un de ses problèmes était de  s`intéresser à ses

« causes » plutôt qu`à ses intérêts personnels!  Seuls ces proches

pouvaient facilement percevoir  cette situation  et le  réaliser

tangiblement!   De  longues  discussions avec  son  copain  aussi

expérimenté en  organisation  politique  le  motivaient  à  être

prudent ou réaliste  en ce  domaine et  le décourageaient  même à

foncer. Faisant l`objet d`un boycottage, semblait‑il, en raison de

ses efforts de promotion du français et des intérêts francophones

(francophobe), il  aurait  probablement  été  souhaitable  qu`il

procéda dans cette voie. Evidemment, le  point de vue du chef du

PQ à ce sujet ne lui était pas connu.   Malgré ces observations,

Jacques constatait que  l`option dite  souverainiste progressait

dans l`opinion publique et dans tous les milieux, semblait‑il de

part les résultats des sondages, suite  au refus d`accommodation

 

du Canada anglais qui, fort de sa position majoritaire, ne voyait

pas l`obligation à écouter un  des dix membres  de la fédération

canadienne.   D`autre part,  Jacques croyait  que le  besoin d`un

parti nettement indépendantiste existait  toujours!  L`existence

d`un tel parti aurait positionné le PQ plus près  du centre.  Il

apparaissait que le chef du PQ voulait  contrôler entièrement la

faction dite indépendantiste.   Si les  dirigeants du  parti dit

indépendantiste tergiversaient au sujet de l`indépendance comment

réussiraient‑ils à convaincre  la  population, pensait  Jacques

depuis des années!                            

 

Une personnalité locale associées au milieu d`affaires lui avait

suggéré   de  changer   de   parti  politique   si  celui‑ci   ne

correspondait pas  à ses  attentes.   Ceci  fut dit  en  période

préélectorale. Jacques savait  que ce n`était pas  si simple, si

facile à faire  en  tant  qu`indépendantiste.  Cette  suggestion

valait pour deux  partis politiques  semblables tels  les partis

conventionnels.                               

 

 

Un voisin de chalet lui demanda de lire le manuscrit d`un projet

d`écriture.   Jacques le  prévint, ainsi  que son  épouse que  le

texte était de nature à les surprendre de plusieurs façons. Deux

jours plus tard, l`époux en  avait complété la lecture  dans son

entier et  son  épouse  avait  lu  que  partiellement  le  volet

politique. Ce voisin avait été  ébranlé de diverses façons et il

réservait ses commentaires pour d`autres moments.   Une remarque

de ce voisin referait  à  la chronologie des  événements relatés

qui s`avérait parfois moins précise que souhaitée par ce lecteur,

Jacques lui expliqua qu`il avait dû regrouper les sujets pour les

traiter avec plus de  profondeur comme  le reconnut  lui‑même ce

voisin,   un   scientifique   de  niveau   du   troisième   cycle

universitaire.   A parler,  traiter de  tout simultanément  avait

apparu d`abord ardu à Jacques et ensuite impraticable compte tenu

de son désir d`approfondir certains sujets. Jacques lui expliqua

qu`il avait  essayé  de  doser  le contenu  de  son  écrit  pour

rejoindre le plus de gens possible et que son  dosage ne pouvait

plaire à  tous.   Cet  écrit  était  essentiellement  destiné  à

d`éventuels inconnus et il s`efforçait d`être le plus respectueux

possible de sa perception de la société.  L`écrit lui convenait!

La présence d`un personnage principal complémenté par de nombreux

autres   secondaires   et    tertiaires   l`enchantaient.     Il

s`accommodait allègrement des particularités et  de l`originalité

de cette démarche littéraire tout en  soulignant l`étroitesse du

marché du  livre  francophone  au  Québec  en  particulier.   En

répondant aux questions de Jacques, il admit avoir été intéressé

au texte, l`avoir lu facilement et il se  donnait quelques temps

pour assimiler ces données  car cette  perception de  la société

 

québécoise différait  de  la  sienne et  le  fait  de  connaître

l`auteur à titre de voisin  ajoutait à son émoi.   Jacques était

heureux des  réactions  qu`il  considérait  comme  raisonnables,

originant d`une personne mature. Ce voisin à l`instar de Jacques

appréciait les échanges  de services.   Sans vouloir  forcer ces

remarque, il l`encouragea à  coucher sur papier  ses commentaire

s`il le désirait, le pouvait! Tout en essayant de le prévenir du

contenu du texte, Jacques avait encouragé l`épouse de ce voisin à

lui adresser directement ses observations ce qu`elle ferait sans

doute à un moment  de son choix  car elle  communiquait aisément

avec les Laberge.   Il aurait  bien apprécié  qu`elle ait  lu en

entier le chapitre politique  car il  croyait que  seulement les

initiés à ce sujet profitaient  de ces données.  Et,  Jacques le

savait, les  initiés  utilisaient fréquemment  les  informations

mises à leur disposition pour mieux contrôler, contrer, duper les

militants et les citoyens (nes) en  préconisant des demi‑mesures

basées sur des demi‑vérités.  Les politiciens  défendaient leurs

intérêts propres et immédiats ainsi que ceux du  parti auquel il

était lié depuis quelques décennies.  Ces voisins s`étaient dits

en blaguant   non  « scandalisables »  et  ils   réagissaient  lui

apparaissait‑il à ce moment  avec beaucoup  d`appoint.  Quelques

jours plus tard, cette voisine se  dit déçu du fait  que Jacques

provienne de l`arrière‑pays  et non  pas d`une  ville régionale.

Elle lisait sortout des livres anglais malgré sa faible scolarité

qui ne l`avait pas empêché d`accéder à des postes de gestion dans

les milieux  du  vêtement.   Jacques  fut  surpris  d`une  telle

réaction d`autant  plus  que Suzie  originait  également  d`une

paroisse, d`un rang.  Cette voisine était  heureuse d`accueillir

les membres de sa famille cependant son second mari avait laissé

sa première  famille  dans  le sud  des  Etats‑Unis.   Elle  fut

défavorablement impressionnée par  le  contenu  du récit  surtout

quant à  l`expression  sexuelle   du  personnage  et  la  partie

politique ne l`intéressait pas en  raison de son  profond dégoût

pour ce milieu où les gens se dupaient à qui mieux mieux tout en

défendant leurs  intérêts personnels.   Tout  au  cours de  cette

lecture, elle avait  pensé  à Suzie,  elle  s`était identifié  à

Suzie.   Elle  et son  mari  furent un peu  embarrassés  d`avoir

sollicité ce manuscrit et Jacques   lui répondit qu`il appréciait

être lu et recevoir des commentaires.  Pour sa part, il essayait

de réagir positivement appréciant  ces commentaires.  C`est  à ce

moment que Jacques apprit qu`un roman québécois avait été refusé

par un éditeur français desservant le  marché international.  Ils

décourageaient même l`auteure de traduire elle‑même son texte en

anglais car eux  préféraient  des textes anglais  authentiques.

Jacques aurait préféré que Suzie lise et  possiblement révise ce

manuscrit car tous nous avons  peur de  l`inconnu et à  un degré

moindre de l`incertain. Il en était de même de l`indépendance du

Québec. Plus  on en décrivait  les multiples facettes  plus l`on

 

démystifiait et accréditait cette avenue nationale.   Jacques se

demandait si les nombreuses heures passées à  discuter entre les

deux partenaires  d`un  couple  étaient  surtout  constructives.

Chacun des partenaires ayant sa propre  personnalité, un minimum

de souplesse et  de  latitude devait  être  accordé, alloué  par

chacun autrement des énergies  étaient inutilement  dépensées de

part et d`autre. A subir les constantes évaluations négatives de

Suzie à son égard en raison de son manque de travail; d`emploi ou

de contrats, de marchés, Jacques craignait que Suzie pratiqua la

technique plutôt inefficace de « tirer  sur la tige  d`une plante

dans l`espoir de favoriser, d`accélérer sa croissance ».  Lorsque

Suzie l`harassait trop  et  la  sachant quand  même  près de  sa

famille, trop  intégrée pour  s`en  séparer,  c`est lui  qui  la

menaçait de se séparer si elle ne cessait pas de l`harceler ainsi

car la vie ne le gâtait pas nécessairement plus lui aussi.       

 

Suzie   parlait  fréquemment   d`aller  vivre   dans  son   petit

appartement, de se libérer  de sa  vie familiale,  d`utiliser ses

ressources personnelles à meilleur escient, …  Elle critiquait

constamment les moindres gestes  de Jacques;  mode d`expression,

conduite de  la  voiture,   …   Elle  lui  reprochait  d`avoir

antagonisé beaucoup de gens particulièrement à son travail. Même,

si Jacques avait essayé de s`affirmer, de prendre  sa place dans

la société, d`autres ne s`étaient pas gênés pour le bousculer de

maintes façons. A revoir sa situation, Jacques se demandait s`il

n`était pas aussi  dominé par  son  épouse que  certains de  ses

copains qu`il décrivait ainsi.                     

 

Une autre lectrice commenta qu`elle était habituée à lire soit un

roman soit  une biographie  ou  autobiographie.   Le format,  la

formule   de   cet   écrit   se  rapprochait   de   celle   d`une

autobiographie. Elle considérait le contenu comme étant « chargé »

ou dense.   En  fait,  cet  écrit  témoignait  de  la  puissance

intellectuelle de Jacques. Ecrit d`une façon succincte, ses idées

et ses  observations  auraient   pu  être  élaborées  longuement

cependant avant de consacrer d`autres efforts en  ce domaine, il

aurait aimer obtenir des résultats tangibles tels la publication

du présent ouvrage, une critique encourageante, des commentaires

stimulants, …   Ayant été  renseigné sur les  commentaires d`un

éminent politicien, elle les reprenait  à son compte  tandis que

Jacques lui  signifiait son  intérêt  aux  commentaires et  elle

réalisa que Jacques se réservait le droit et se reconnaissait le

devoir de   réagir  à  ces   derniers  selon  ses   valeurs,  sa

personnalité et, jusqu`à  un  certain point,  ses intérêts.   De

nouveau cette  lectrice se  disit  très  près des  réactions  de

l`épouse du personnage principal.  Déjà, il  constatait quelques

conséquences bénéfiques de cet exercice d`expression personnelle,

d`écriture. Personne n`avait critiqué la qualité de l`écriture à

 

ce jours, au contraire. En terminant, ce projet d`autobiographie

romancée car il se considérait encore  actif professionnellement

et qu`il ne souhaitait pas  indisposer son entourage.   De plus,

Suzie lui suggéra de  conclure son autobiographie  afin d`éviter

qu`elle s`apparente trop à un journal reflétant de trop près les

développements récents de sa vie d`autant plus qu`elle était peu

enthousiasme face à ce projet d`écriture susceptible de dévoiler

des aspects de leur vie personnelle, intime.  Dans ses écrits et

ses actes,  Jacques  essayait  de  considérer  l`impact  de  ses

positions, au moins,  à moyen  terme et,  de préférence,  à long

terme en autant que  possible, que  prévisible.  Il  essayait de

plus de ne pas s`enferrer dans une structure au mille contraintes

où ses actions seraient automatiquement dictées par les exigences

de son  poste.  Il  espérait  que  les  exigences du  dit  poste

coïncida avec ses croyances personnelles.  Etes‑ce trop espérer?

Peut‑être en ce drôle de pays qu`est le Québec  ou que deviendra

le Québec!                               

 

Les commentaires  d`un  autre  lecteur  furent  recueillis.   Il

soulignait son intérêt pour l`aspect, le volet familial du récit.

Du point de vue  politique, il  considérait que  chaque individu

choisit sa niche au cours de sa vie.  Le style  de cet écrit lui

apparaissait comme étant  celui d`un  gestionnaire.  Déformation

professionnelle et  grande  variété des  sujets  abordés,  pensa

Jacques! Il  y a  matière pour plusieurs  volumes, lui  disit ce

lecteur. Sans aucune qualification en  la matière et à partir de

l`autocritique de Jacques, ce lecteur croyait que des sujets plus

délicats que ceux abordés, traités ici  pouvaient être présentés

plus avantageusement dans  un style  plus raffiné  et impeccable

facilitant la présentation  des  sujets  toutefois il  réalisait

l`effort consenti par Jacques et des difficultés à satisfaire des

objectifs littéraires indéfinis alors que Jacques s`était permis

une démarche adaptée à sa position relative au sujet traité, lui

en grande partie.  L`usage  de l`imparfait semblait  s`imposer à

son point de vue à  quelqu`un qui  se refusait de  présenter son

autobiographie   trop    précisément   alors    qu`encore   actif

professionnellement et autrement.  Il avertissait Jacques  de ne

pas trop  compter sur  un  éventuel  éditeur pour  apporter  des

corrections à son écrit toutefois un minimum de suggestions et de

corrections étaient attendues  par  Jacques.   Une éditrice  lui

offrit spontanément ses souhaits de « courage » suite à une lecture

en diagonale du manuscrit et lui confirma par écrit que le sujet

traité présentait  un  intérêt   évident.   Un  exemplaire  d`un

manuscrit de Jacques avait été  acheminé à un  éditeur américain

d`envergure et près des milieux de  l`enseignement.  Ainsi, ses

opinions et lui‑même seraient un peu connu aux  Etats‑Unis et la

filière canadienne‑anglaise un  peu  contournée.  Cet  important

éditeur américain   spécialisé  dans   les  écrits   de  langues

 

étrangères du domaine  éducatif  lui suggéra  après avoir  pris

connaissance de son essai de s`adresser évidemment à des éditeurs

non spécialisés oeuvrant dans les domaines de la fiction ou non.

Il souhaitait  que  les  efforts de  Jacques  conduisirent  à  la

publication du présent ouvrage et qu`il  poursuivit ses travaux

littéraires.   Il songeait  à soumette  ce manuscrit  aussi à  un

éditeur français, pourquoi pas?   D`ailleurs, il avait déjà tenté

l`expérience avec  un  manuscrit  moins  volumineux.   Plusieurs

sujets   débattus   et    expériences   concernaient   la   gente

internationale. Il achemina donc son texte à un éditeur français

et un  autre  ontarien.   En attente  de  recevoir  une  réponse

positive, il  complétait, ajoutait  à  son  texte, son  essai  à

l`instar d`un peintre qui  renformissait certains traits  de son

personnage, soulignait des nuances, accentuait des  reliefs tout

en ajoutant des  détails complémentaires  afin de  traduire plus

fidèlement une  image  fictive ou  réelle.   L`éditeur  ontarien

écrivit qu`il avait fait circuler énormément le manuscrit et que

certains   éditeurs,  autres   que,  lui   seraient  probablement

intéressés.   Il souligna  le  mérite, la  valeur comparative  du

manuscrit et son assurance qu`un éditeur serait bientôt intéressé

à cet essai. Jacques avait pensé faciliter la tâche d`un éventuel

éditeur et même d`un imprimeur en fractionnant son texte en deux 

volumes dont l`un traitant surtout de politique.            

 

Beaucoup de professionnels de l`écriture étaient  peu occupés et

rénumérés.   Pour  cette  raison,  entre  autres,  les  écrivains

amateurs étaient sévèrement critiqués ou prier de faire appel aux

services de ces professionnels ce qui était compréhensible. Entre

temps, des  informations  importantes  n`étaient  pas  diffusées

publiquement.   Il   aurait  été  avantageux  pour   tous  qu`une

collaboration conduise  à  de nombreuses  publications  sur  des

sujets originaux  ainsi  qu`à des  formules  d`expression  moins

conventionnelles et/ou à la mode.                     

 

Un autre éditeur  un  peu nerveux  lui  fit plusieurs  remarques

constructives. Après quoi, Jacques réalisa, quand même, que très

peu de  ses commentaires  étaient  positifs  et susceptibles  de

l`encourager à poursuivre  cette expérience  et, même,  d`autres

essais.   Franchement, Jacques  savait  depuis le  début que  son

essai ne serait jamais publier par ce petit éditeur débutant car

il publiait de petits volumes « utilitaires »  selon les exigences

de sa  famille  et,  probablement,  que  son  expérience  et  ses

ressources ne lui permettaient pas d`envisager  des projets plus

ambitieux.   Il apprit  que son  texte pourrait  être traduit  en

anglais grâce  à une  subvention du Conseil  des arts  du Canada.

Ironie du système politique  actuel et  de son  autodéfense!  Il

avait travailler à son essai  en visant rejoindre  les québécois

francophones si jamais il était publié.  Ce même  éditeur le mis

 

en garde relativement à l`édition de son propre manuscrit. Il ne

réussirait pas à vendre  ses livres et  devrait les  donner.  Le

tout pourrait lui coûter cinq milles  dollars, apprenait‑il.  Un

député québécois libéral devait céder à cette tentation et il lui

en coûta quinze  mille  dollars moins  les  profits des  ventes,

présumait‑il.   Ayant   déclaré  son  manuscrit   non  publiable,

l`éditeur en cause sembla ébranlé par la suite  par les nombreux

témoignages et encouragements reçus.  Il insista  pour lui faire

réaliser qu`aucun éditeur  ne  s`était dit  près  à publier  son

manuscrit.     Il    lui   fit    d`intéressantes    suggestions;

l`utilisation d`un dictionnaire électronique était souhaitable.

Un texte « mordant », incluant des propos musclés,  acerbes et des

faits étayés auraient rendu  le texte plus  vivant et  en aurait

influencé le  style  littéraire.   Jacques luis  disit  que  des

attaques vigoureuses,  scabreuses   ne  correspondaient  pas  sa

personnalité calme  et sereine.   Il  était  d`un naturel  posé,

pondéré. Il  préférait souligner  ce qui lui  apparaissait comme

des faits susceptibles  de pénaliser  son entourage.   Il disait

souvent qu`il n`avait pas  le « killing instinct »,  l`instinct de

tueur qu`il avait  observé  chez certains  confrères, amis,  …

Cette   certaine   absence   de   morbidité,   de   sadisme,   de

supra primautés de ses intérêts personnels, du  terrassement d`un

adversaire, d`annihilation d`un ennemi l`avait peut‑être conduit

à ne pas  profiter  de  nombreux  efforts  visant  à  s`affirmer

positivement tout   en  dédaignant   des  gestes   qu`il  aurait

éventuellement regrettés en raison de son sens moral et d`éthique

personnel et professionnel. Pourtant, d`autres le faisaient sans

questionnement personnel évident!  Il semblait même  que fut la

norme, l`attitude la plus répandue.  Revenant à  cet éditeur qui

lui souhaita quand même à son  départ de trouver un  éditeur car

plusieurs écrivains avaient essuyer  de nombreux refus  avant de

trouver un éditeur  qui avait  publier leur  manuscrit dans  son

entité. L`éditeur souligna enfin  le caractère particulier de ce

récit   comportant  des   chapitres  traitants   de  sujets,   de

cheminements personnels susceptibles d`éclairer les  lecteurs sur

les points de vue exprimés.  Ainsi, les  échanges avec l`éditeur

accréditaient   sa   démarche    littéraire.    A   l`instar   de

personnalités originales ayant persévérer dans  leur affirmation

personnelle, Jacques  se  voulait authentique  et  il  admettait

volontier que   son  essai   constituait  d`abord   une  démarche

épistolaire personnelle et concevait que la lecture de ses propos

pouvait‑être bénéfiques aux québécois particulièrement et  à une

meilleure connaissance  de  ceux‑ci  dans  le  monde.   Trop  de

politiciens, d`hommes d`affaires présentaient des points  de vue

étriqués, tronqués, baisés  pour obtenir  les faveurs  du Canada

anglais. Jacques remercia chaleureusement ce petit éditeur ayant

lu « par devoir », disait‑il,  son ouvrage  et si  abondamment et,

jusqu`à un certain point, judicieusement commenté son essai.  Il

 

ne répondit que partiellement à ces remarques, ces observations,

trop heureux de poursuivre ce débat un peu paternaliste. Jacques

le questionna sur  les  aspects juridiques,  la distribution  du

livre, le style littéraires, les liens entre les chapitres et les

sujets traités; l`homogénéité  de  l`ouvrage,  la profondeur  des

débats, l`approche journalistique d`enquête, … Jacques, tel un

peintre qui joue avec les couleurs, les teintes, les motifs, …,

croyait   avoir  teinté   son  récit   d`un  fond   nationaliste,

souverainiste sinon indépendantiste.   Même  s`il était  pondéré

dans ses assertions, la persistance et la constance de ses propos

se voulaient convaincantes.   L`horizon québécois  embrassé par

l`auteur étant  très  vaste; plusieurs  sujets  étaient  abordés

sommairement et, quelques fois, sans enchaînement formel mais par

association d`idées sur un thème identique, une rubrique unique.

Vraiment, un  minimum d`intérêts  existait  de  la part  de  cet

éditeur face aux idées, à la personnalité  de Jacques.  D`autres

part, la   personnalité  de   cet  éditeur  et   son  expérience

l`accréditaient auprès de Jacques  à ce  stade de  son écriture.

Editer un auteur supposait une certaine affinité  à ses propos

surtout de la part d`un petit éditeur, c`est ce  que cet éditeur

confirma.   L`envergure  du texte  de  Jacques  rendait la  tâche

d`édition plus ardue, hasardeuse pour cet éditeur.              

 

Un éditeur  québécois  pour  le moins  astucieux  demandait  dix

dollars pour réacheminer un manuscrit alors  que les américains,

les français et les ontariens n`exigeaient rien et qu`au Québec,

les éditeurs demandaient cinq dollars et sinon ils s`engageaient

à détruire le manuscrit  respectant sensiblement  les droits  de

l`auteur. Par surcroît, ce même éditeur ne garantissait plus les

droits de l`auteur après  trente jours.  Jacques  était désabusé

d`un tel éditeur et  homme d`affaires  actif très  important.  Un

auteur québécois  avait peut‑être  avantage  à  s`adresser à  un

intermédiaire américain tel que suggéré par un éditeur américain

de New York qui avait lu avec intérêts son manuscrit.            

 

Jacques fut interviewé pour un poste chez un consultant actif au

projet de la Baie James.   Il s`agissait  d`un projet ,  le plus

important au Québec contrôlé  par trois  groupes dirigés  par au

moins deux fédéralistes, deux canadiens.  L`un  d`eux avait même

enregistré son  entreprise  dans  une  autre  province.   Voici

l`exemple du  citoyen   corporatif  modèle  québécois!   Jacques

connaissait bien ce milieu. Pour un poste offert à Montréal, des

dizaines de travailleurs professionnels, oeuvrant à la Baie James

depuis plusieurs  mois  ou  années  et  désireux  de  revenir  à

Montréal, soumettaient leur  offre  de service  en exerçant  des

pressions auprès de leur employeur respectif. Le salaire relié à

ce poste temporaire en réalité car relié à la  durée d`un projet

correspondait à  quatre‑vingt  pour-cent du  salaire  moyen  d`un

 

ingénieur gradué la même année que Jacques. En participant à ces

entrevues,   Jacques   présentait   ses   opinions   généralement

sollicitées et  il  obtenait des  informations  relativement  au

milieu de travail et d`affaires en général.  Il avait entrevu le

président de  cette  organisation,  assailli de  toute  part  et

spécialement du point  de  vue  financier, en  se  rendant à  ce

rendez‑vous suite à l`acheminement de son curriculum vitae, il y

avait deux  ans.   Jacques  se demandait  si  en  approchant  un

professionnel à  un   moment  choisi  et  en   lui  offrant  une

opportunité plus ou  moins intéressante,  on ne  l`éliminait pas

ainsi de  postes  plus   revalorisants.   On  semblait  toujours

négocier à la baisse  lorsqu`il s`agissait  d`un indépendantiste

peu « achetable »   et  l`inverse   lorsqu`il  traitait   avec  un

fédéraliste associé au parti  au pouvoir.  Quelle  victoire!  En

termes mathématiques, le  plus petit  dénominateur commun  était

recherché et  il  correspondait  au  poste  le  moins  important

imaginable. On neutralisait un dangereux   adversaire privant la

société québécoise de ses forces vives ce qui aurait eu un effet

d`entraînement.   La libre  entreprise comportait   de nombreuses

limites   avec  son   nombre   considérable   d`inactifs  ou   de

partiellement actifs,  une  concentration des  pouvoirs  et  des

ressources   de  toute   nature   entre   quelques  mains,   etc.

Définivement ce système était perfectible. Si vous acceptiez une

entrevue pour un petit poste, commandant un petit  salaire ou un

salaire moyen toues les autres portes se fermaient, semblait‑il.

Vous veniez d`atteindre votre mesure! Au cours de l`entrevue, on

lui avait demandé pourquoi il avait pensé compléter son doctorat.

Il croyait qu`il aurait pu intégrer ses connaissances techniques

et surtout   administratives  tant  théoriques   que  pratiques,

expérimentales   et  empiriques   acquises  et   poursuivre  leur

utilisation en milieu québécois.                   

 

Au cours d`un été, Jacques souffrit énormément du  fait que leur

téléphone mal raccordé au chalet les rendit presque incommunicato

du monde américain tandis qu`au Québec un répondeur téléphonique

assurait un  contact  local.   Après  avoir  reçu  les  factures

téléphoniques   d`un  anglo‑québécois,   ses  frais   de  longues

distances, il en recevait les appels.   Jacques était  conscient

que des contacts  américains constituaient  un atout  inestimable

pour toute québécoise et tout québécois.                   

 

Par mesures de sécurité, un unilingue anglophone fut congédié car

il ne pouvait communiquer avec  les usagers de son  autobus, des

enfants.   Des   citoyens  francophones  sympathisants   avec  le

conducteur plutôt qu`avec les enfants appuyèrent celui‑ci. Cette

situation   reflétait   la    mentalité   des   franco‑québécois.

Heureusement que des  mesures légales  avait été  prévues en  de

telles situations. Jacques comprenait  le peu d`admiration et de

 

respect démontrés par de  nombreux dirigeants québécois  dont M.

Trudeau pour  la  collectivité franco‑québécoise  dont  l`esprit

sociétal vacillait encore péniblement.   D`autre part, Jacques se

demandait   quel  était   l`apport   véritable  à   l`affirmation

franco‑québécoise   de  ces   nombreux  dirigeants   désireux  de

s`appuyer sur une collectivité agressive et forte.  La situation

évoluait lentement  et  les  médias  faisaient  le  jeux  de  ce

conducteur alors que de très nombreux franco‑québécois unilingues

se voyaient   refuser  depuis  toujours  des   emplois  par  les

entreprises montréalaises pour ne pas être  bilingues, pour être

contraint de travailler en anglais.                    

 

La réaction d`un jeune et  talentueux joueur de  hockey ontarien

contraint de séjourner à Québec  en disait long sur  sa formation

culturelle anglo‑canadienne.    Il  réagissait   ouvertement  et

affichait   son   refus   global  de   s`associer   à   l`élément

franco‑canadien et, plus particulièrement, franco‑québécois comme

le reste du Canada  l`avait déjà  démontré lors  du rejet  de la

proposition   du  Lac   Meech.    Mieux   valait  qu`une   équipe

hockey‑Québec soit créée  pour  représenter notre  pays au  lieu

d`encourager l`équipe‑Canada, constituant un autre moyen efficace

de promouvoir au plan international le Canada et  non le Québec.

Il ne fallait pas oublier que le hockey est le sport national des

québécois.   Tout  comme  les  jeunes  québécois,  les  ontariens

s`exprimaient de plus en  plus clairement!   Malgré leur  âge et

leurs   nombreuses   années   en   terre   québécoise,   quelques

anglo‑québécois profitaient de  leur facilité  à communiquer  en

anglais   pour   déblatérer   sur   le   Québec   majoritairement

francophone.   Ils   abusaient  de   leurs  accès   aux  tribunes

journalistiques   auprès  des   éléments  anglophones   largement

majoritaires en Amérique. Pour avoir vécu dans un pays européen,

Jacques constatait la faiblesse du groupe majoritaire au Québec.

De telles représentations baisées auraient été peu possibles et

vertement   décriées,    discréditées    par    les    autorités

démocratiquement établies.  Ici,  les  réactions officielles  se

faisaient attendre!   D`autre part,  à notre  compagnie nationale

d`électricité, les  partenaires   étrangers  impliqués  dans  la

réalisation des projets hydro‑électriques polluaient de  plus en

plus cette sphère  d`activités  originalement  occupées par  les

québécois   qui   avaient   très  bien   réussis.    Ainsi   plus

d`informations étaient disséminées  aux quatre  coins du  globe,

plus d`expertises étaient acquises par de futurs concurrents sur

les marchés internationaux.  Il était  donc temps et de  plus en

plus urgent que le Québec se donne une compétence internationale

et que  des dirigeants  défendent  nos  créneaux industriels  et

économiques, pensait Jacques.  Les percées en  d`autres domaines

au niveau international n`étaient  ou ne  devraient pas  être la

conséquence d`un recul dans des champs  d`activités déjà occupés

 

tel que semblait l`affirmer le Premier ministre.  La réaction la

plus vigoureuse dans le débat élargi au niveau américain au sujet

du développement de la Baie James vint de la ministre Lise Bacon.

Elle situa assez  bien le  problème.   A la  façon dont   Ottawa

défendait l`Hydro‑Québec  et  les  intérêts du  Québec  dans  ce

dossier, on aurait pu croire que l`indépendance  du Québec était

un fait accompli et qu`ils observaient les autochtones bousculer

les   franco‑québécois   espérant    contrer   leur   affirmation

nationales.                              

 

A voir défiler cinq président  et anciens  présidents américains

assistant à l`ouverture d`une  bibliothèque au nom  du président

Reagan, Jacques  réalisait  une  fois de  plus  l`importance  de

limiter à deux mandats présidentiels l`exercice du plus important

poste aux   Etats‑Unis.   De  cette  façon,   plusieurs  leaders

assuraient un renouvellement ordonné tout en réduisant les excès

associés à une  équipe politique  enracinée depuis  longtemps et

souvent stagnante.                                 

 

En raison des nombreuses nominations gouvernementales d`officiers

aux   conseils     d`administration    et    de     la    nature

quasi‑confidentielle des  débats  en  ces  milieux,  Jacques  se

demandait  si  la  démocratie  était  adéquatement  servie.   Ces

administrateurs non élus et même élus étaient  souvent coupés de

la   base  devant   respecter  une   certaine  discrétion.    Les

administrateurs nommés se devaient de respecter les orientations

politiques   gouvernementales.     Ainsi,   les   administrateurs

acquiesçant aux désirs  gouvernementaux  pouvaient espérer  être

promus suite à quelques années de loyaux services.          

 

Jacques assista à une conférence sur les  souverainetés vues par

un cadre de  l`Organisation  des Nations  Unies.  Il  s`agissait

d`une conférence très intéressante et instructive.   Suite à des

références au débat  politique  national  par la  conférencière,

Jacques lui   demanda  qu`elles  seraient  les   conditions  qui

favoriseraient la reconnaissance internationale du Québec et son

entrée à l`ONU.   La conférencière  ne sut  quoi répondre,  elle

jugea que  la  question  relevait du  droit  international.   Sa

demande de précisions quant à la politique monétaire souhaitable

pour un pays qui demande son admission à l`ONU n`eut pas plus de

succès ou de réponse.  Jacques pensait  qu`une monnaie nationale

faciliterait les tractations avec d`autres pays et simplifierait

l`admission du   Québec  à   l`ONU  suite  à   l`élection  d`un

gouvernement   indépendantiste.   Une   réponse  basée   sur  les

statistiques actuelles  des  pays  membres de  l`ONU  aurait  pu

constituer une piste, un élément de réponse quant à l`utilisation

de   la  monnaie   d`un   pays  voisin,   une  monnaie   commune.

Visiblement, ces sujets ne  correspondaient pas à  ses intérêts,

 

probablement canadiens et sa « programmation » excluait ce type de

connaissance. L`intervention  de Jacques  auprès de ce  cadre de

l`ONU   visait,   entre   autres,  à   poser   l`éventualité   de

l`indépendance du   Québec  dans  le  milieu   universitaire  et

l`obtention de précisions à ce sujet.  Pour un pays, une monnaie

nationale serait plus facile à faire accepter par  l`ONU même si

ces mesures  étaient  d`abord  d`intérêts  nationaux.   D`autres

intervenants soulignèrent les influences prépondérantes des pays

industrialisés au sein de l`organisation et ils y suggérèrent la

représentation   des  régions   populeuses   africaines  et   sud

américaines, entre autres.   Les  dirigeants  de l`ONU  optaient

présentement pour le  statu  quo,  lui semblait‑elle.   L`équipe

dirigeante de l`Ecole  Polytechnique était  présente et  Jacques

reconnut, entre autres, un  cadre qui aurait  pu être  son futur

patron car il avait postulé un poste annoncé  dans un quotidien.

Toutefois, Jacques ne  se faisait  pas d`illusion  concernant ce

poste auquel généralement on promotait quelqu`un de l`intérieur

déjà pressenti. Le  compte‑rendu dans la revue  Ingénieur ne fit

pas mention de ces échanges entre l`audience et la conférencière

et au cours  de la  même période  un autre  conférencier Albert

Jacquard, encourageait particulièrement les jeunes  ingénieurs à

être des emmerdeurs, de ne pas accepter les  choses telles qu`on

les transmet sans poser des questions.                 

 

Les interventions de personnalités internationales favorables au

maintien du statu quo constitutionnel au Canada ne manquaient pas

encouragé par le premier Ministre du Canada.  Même  le futur roi

d`Angleterre préférait un royaume incluant le Québec.  Plusieurs

observateurs politiques se demandaient quelles faveurs obtenaient

ces personnalités en échange d`un tel appui  et les conséquences

qui en résultaient pour le Québec.  A titre d`ancien déplumé de

l`Université de  Birmingham   en  Angleterre,  Jacques  décrivit

succinctement sa  situation   professionnelle  et  indiqua  comme

citoyenneté éventuelle la citoyenneté québécoise dans un rapport

périodique.   Il  commanda  un  annuaire des  diplômés  de  cette

université qu`il paya à l`aide d`un mandat  en dollars canadiens

même s`il aurait préféré  acquitté cette  facture à  l`aide d`un

chèque en livres sterling ce qui s`avérait être plus cher.       

 

Jacques assista  à  une  conférence  présentée  en  espagnol  et

relative aux corridas ayant joint le groupe local des amis de la

culture hispanique. Tel  que prévu, il eut droit à  la parade du

député local qui promit des argents, des livres appartenant à son

père, …   Celui‑ci référa  à  la  nationalité canadienne  pour

ensuite se  corriger et  ajouter  québécoise.   Jacques fit  une

remarque au sujet de la cruauté dans la mise  à mort de taureau.

Une cinquantaine de personnes  avaient assisté à  cette première

activité forçant  les  organisateurs   à  modifier  le  lieu  de

 

rencontre. Une  autre fois,  Jacques constatait  que l`immersion

totale était la façon la plus efficace  d`apprendre à s`exprimer

dans une autre langue. Au cours d`une brève conversation avec un

des organisateurs, ce dernier constata qu`il  avait bien compris

les propos présentés.                         

 

Suite à une fin  de semaine bien  remplie, occupée,  les Laberge

auraient pu  la  fin  de  semaine  suivante  participé  à  deux

événements sociaux.  L`un,  une  fondue  chinoise organisée  par

l`association   humanitaire   et   religieuse  à   laquelle   il

appartenait et l`autre, une soirée à l`italienne au profit d`un

centre d`accueil pour personnes âgées.  Décidément,  à Varennes,

le bénévolat fleurissait! Après avoir rencontré beaucoup de gens

la semaine dernière, les  Laberge ne détestaient,  ne sentaient,

n`éprouvaient pas de  besoin social  à satisfaire  aux coûts  de

plusieurs dizaines  de  dollars.    Ici  encore,  les  principaux

dirigeants avaient eu l`obligeance  de solliciter  leur présence

aux événements à venir.                                

 

A titre de délégué de l`Ordre, Jacques participa à une rencontre

de concertation régionale  à laquelle  aucun politicien  fédéral

avait été convié  ou était  présent  alors que  la majorité  des

intervenants du  milieu  l`étaient.   On aurait  pu  croire  que

l`indépendance du  Québec  avait   été  réalisée.   Le  ministre

québécois responsable  de la  région  s`imposait  ainsi que  les

membres de l`équipe gouvernementale régionale.  La présence des

députés d`opposition   fut  soulignée   au  deuxième   jour,  se

rappelait‑il. Certains  organismes étaient  actifs au  niveau du

Québec dans  l`ensemble  et   avaient  peu  décentralisés  leurs

activités en raison  de leurs  ressources limitées  et de  leurs

approches globales. Il fut impressionné  par le nombre de sujets

rapidement abordés et résumés.  L`approche faisait  appel à des

conférenciers, comportait des ateliers et une brève plénière. De

plus, il nota que  la plus  importante municipalité  n`était pas

représentée à ces assises ainsi qu`une autre municipalité dont le

maire avait été en conflit  avec le ministre « régional »  lors de

ses élections.  Le  président  de  l`organisme de  développement

régional avait été élu maire d`une importante municipalité ce qui

pouvait le  placer  en  conflits  d`intérêts  toutefois  Jacques

l`avait perçu comme un agent unificateur, rassembleur.           

 

Il renoua aussi  connaissance avec  deux membres  de l`assemblée

nationale.   Lors d`une  discussion,  il souligna  que le  « plein

emploi » supposait non seulement la création  de nouveaux emplois

mais   également   le   maintien  des   emplois   existants   par

l`harmonisation des   politiques  économiques,  environnementales,

culturelles, etc. Le Ministre  responsable de la région souligna

qu`il préférait  l`apport  de  professionnels  formés  dans  les

 

domaines technologiques plutôt  que  politiques  se référant  au

responsable péquiste de la région, crut Jacques.  Fait important

à ses yeux;  deux  scientifiques  occupants  d`importants  postes

manifestaient leurs volontés à s`adapter à  diverses situations

politiques   incluant   l`indépendance    du   Québec.    Quelles

déclarations susceptibles  d`assainir,  de  détendre  le  climat

politique, de favoriser les échanges entre  les gouvernants, les

dirigeants et l`amorce de l`affirmation du Québec!              

 

Après avoir fait bénéficier un confrère d`un contrat  à titre de

conseil, poste  que  Jacques  ne pouvait  cumuler  sans  conflit

d`intérêts, il offrit d`effectuer  des démarches pour  un copain

sans   emploi.   Jacques   fut   surpris   d`essuyer  un   refus.

Manifestation   d`orgueil,   d`autosuffisance!    Probablement!

Pourtant, ce  copain  recherchait, en  principe,  activement  un

emploi. Face  à un  défi concret,  interpellé précisément  il se

sentait peut‑être  peu  d`attaque, non  suffisamment  préparé  à

assumer des telles fonctions!   Après vérification,  il constata

que ce  professionnel  avait  effectué une  démarche  telle  que

suggérée par Jacques.                         

 

 






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